02.05.2012

Le 30e BIFFF est mort, vive le BIFFF !

Le BIFFF cuvée 2012 s'est éteint voici deux semaines déjà mais la flamme de ce festival... fantastique brûle encore en nous ! Nous nous devions de revenir, même brièvement, sur la grand-messe belge (et une des principales européennes, avec Sitges) du cinéma de genre et, foi de fan de ce Festival, ce fut une belle fête. Amen !

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Le BIFFF, c'est aussi un public hors norme !

Avant toute chose, nous tenons à adresser un grand, mais alors là, un tout tout grand MERCI à la press team : Jonathan Lenaerts et ses Jonathanettes, j'ai nommé Alex, Elli, Laura, Sophie. Et, ah oui, nous allions oublier, une certaine Roxane aussi. Elle comprendra...

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Jonathan et ses Jonathanettes ! © Richard Bourderionnet de Sci-Fi Universe

Sans eux, pas de belles interviews, notamment. Pas d'accès à différents moments particuliers non plus. C'est que le Danemark et Hong Kong ont gagné des miles depuis ce Festival !

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Le maquillage corps réalisé par Lynn Schockmel, lauréate du Body Painting Contest

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Le deuxième Prix...

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... Et le troisième

Mais arrêtons-nous un instant sur ces entretiens...

Ladies first: Barbara Steele (sacrée Chevalière - paraît que c'est comme ça qu'on dit - de l'Ordre du Corbeau et venue présenter The Butterfly Room) pour une heure d'interview avec d'autres médias et Julie Gayet (Carré Blanc), dont l'interview est en ligne, avec qui nous avons eu le plaisir de nous entretenir en seul à seule. Deux grandes dames, très différentes l'une de l'autre.

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Deux grands bonshommes aussi : Terry Gilliam (Premier Chevalier de l'Ordre du Corbeau de ce BIFFF-ci et venu présenté, en ouverture du Festival, son court métrage The Wholly Family) et Lloyd Kaufman (le boss de la Troma a fait une halte au BIFFF pour une master class, Make your own damn movie, et une Midnight screening avec la projection de Father's Day, film qu'il a produit et dans lequel il joue).

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Lloyd Kaufman, en forme !

Deux courts métragistes : Sébastien Petit et Jérôme Vandewattyne, dont les interviews sont en ligne, présents dans le cadre du ColectIFFF, avec Bowling Killers et Slutterball respectivement. Signalons au passage que Miguel Zuleta a signé les affiches de deux films de ce même ColectIFFF : Halloween La colocation (de Michael Lowyck et avec Monsieur (Damien) Maréchal) et Sanctuary's Battle (de Emre Olcayto), court métrage dont il a également réalisé le story-board.

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Le Bal des Vampires, une première pour nous cette année. Yannic Hard Bass, tu cartonnes !

Nous nous sommes également entretenus avec cinq autres invités du Festival, dont Stéphane Bourgoin, spécialiste des tueurs en série et venu donner une master class sur ce thème. Un merci particulier à Guillaume SNIFFF Triplet pour son aide en amont de cette interview !

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Une des animations lors de la Soirée de clôture de ce BIFFF 2012

Qui dit pas mal d'interview dit peu de films visionnés, malheureusement. Quelques coups de cœur, cependant : Calvaire, La Chispa de la vida, Carré Blanc, Father's Day, Iron Sky et Elevator.

À vos agendas : l'an prochain, le BIFFF se tiendra du jeudi 4 avril 2013 au mardi 16 avril 2013 !

Merci beaucoup à Raymond Widawski, auteur de l'ensemble des photos de cet article, à l'exception de la deuxième, photomontage réalisé par Richard Bourderionnet, de Sci-Fi Universe !

03:09 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Bilans de festivals | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bifff, lenaerts, jonathan, gilliam, kaufman, steele, gayet |  Facebook |

20.04.2012

Julie Gayet - Carré Blanc

C'est dans le bus Jameson du BIFFF que nous avons rencontré l'actrice française Julie Gayet. Venue présenter au Festival son dernier film, Carré Blanc, elle s'est montrée très souriante et accessible. Elle nous dit que c'est avec plaisir qu'elle accepte notre entretien. Nous avons envie de lui répondre que tout le plaisir est pour nous.

C'est que le Carré Blanc de Jean-Baptiste Leonetti nous a beaucoup plu. S'il faut certes un peu de temps pour entrer dans l'univers du réalisateur français, on est au final loin de regretter d'y avoir pénétré, tant son sujet est maitrisé de A à Z. Parmi toutes les interviews que nous avons déjà eu le plaisir de réaliser depuis un peu plus de huit ans maintenant, celle qui nous a vu nous entretenir avec Julie Gayet est probablement une des plus belles !

Vous pourrez retrouver Carré Blanc à Bruxelles, au Cinéma Aventure (tous les jours à 14h20 et 21h15) et à Namur, à l'Eldorado (tous les jours à 20h30). Le film sortira également à Mons le 9 mai (Plaza Art), et à Liège le 22 mai (aux Grignoux).


En cinémascope : J'ai beaucoup aimé le film et vous remercie par conséquent d'avoir joué dedans. Comment le réalisateur de Carré Blanc, Jean-Baptiste Leonetti, vous a-t-il présenté son projet et votre rôle en particulier ?

Julie Gayet : En fait, j'avais tout simplement vu son court métrage. Il a eu le Grand Prix à Clermont-Ferrand, ce que j'ai su après accepté le rôle en réalité. Et c'était très intéressant. Il y avait un univers visuel déjà très présent. Il traitait du thème du travail, de la même manière, dans cette société futuriste mais très proche de la société actuelle. C'est vraiment une référence à aujourd'hui. Je trouvais donc son travail absolument incroyable et intéressant d'un point de vue visuel. Et puis j'ai lu son scénario, qui est quand même le point de départ d'un OVNI dans le cinéma aujourd'hui. Je me suis donc dit que j'allais y aller.

J'avais pas mal de questions parce que le personnage féminin est moins dans la narration que celui de Sami Bouajila, qu'on suit vraiment de bout en bout. Elle donne vraiment le contrepoids et elle fait le choix à un moment donné de dire :
« toi tu fais semblant dans la société, tu n'es pas dupe, mais à force de faire si bien semblant, finalement tu joues ce jeu-là. » Donc qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'on devient tous un peu complices, acceptant certaines choses. Il faut donc pouvoir dire non. Jusqu'à quel point ne faisons-nous finalement pas partie de cette société en ne disant rien ?

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Votre personnage est souvent dans l'émotion, contrairement peut-être à celui interprété par votre partenaire de jeu, Sami Bouajila, qui lui joue tout en retenue. Comment avez-vous préparé votre rôle ?

On a fait beaucoup de lectures avec Sami et Jean-Baptiste pour essayer de trouver la violence extérieure. Mais comme c'est une société où ils ont été élevés de façon très carrée, il y a cette idée que lui est dans la retenue. Mais elle aussi d'une certaine manière. C'est-à-dire qu'elle doit exploser aussi mais avec une violence très étrange. Il fallait qu'on trouve cette étrangeté dans sa violence. J'espère qu'on a réussi ! (elle rigole) En tout cas, on a cherché à donner cette sensation, d'arriver à ce moment où elle n'en peut plus, où c'est fini.

Est-ce que Carré Blanc est un film carré blanc ?

Ce n'est pas du tout un film érotique. Non, je vous rassure, il n'y a pas de carré blanc. Je comprends que ce soit interdit aux moins de 12 ans. En France, le film a été interdit aux moins de 16 ans, ce que j'ai trouvé un peu excessif. Ils ont eu très peur, les Français. Mais c'est quand même assez violent, psychologiquement : tous ces examens que fait passer le personnage de Sami Bouajila sont atroces. Qui se font dans la réalité d'ailleurs. Il y a une société dans laquelle se font des trucs pas très cools comme ça aujourd'hui.

Ce qui est resté de ce tournage comme quelque chose de marquant pour moi, c'est le moment où je me jette par la fenêtre. C'est très étrange. Je n'ai pas le vertige à la base. Mais j'ai toujours eu cette sensation, quand je me penche de très haut, d'avoir un appel du vide. Et depuis ce film, je suis un peu comme ça dès que je m'approche d'un balcon. (elle rit) Il y avait vraiment une espèce de violence. Ou les scènes quand on tombe dans le filet... Ça m'a marqué : j'ai mis du temps pour en sortir. Ce fut plus difficile de sortir du film que d'y rentrer en réalité.

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Nous nous trouvons, pour cet entretien, dans le bus Jameson du BIFFF, un bus anglais à un étage. J'espère que ça ne vous dérange pas trop au niveau du vide...

Là, ça va encore. Mais je commence à avoir un peu le vertige depuis ce film.

Vous avez tourné avec de grands metteurs en scène. Je pense, par exemple, à Kieskowski, Agnès Varda ou encore Lecomte. Pourriez-vous nous dire quelques mots sur Patrice Lecomte, qui a dit un jour qu'un réalisateur doit être amoureux de ses acteurs.

C'est vrai que c'est comme une histoire d'amour de partir dans un film. Mais ça ne veut pas dire une histoire d'amour comme dans la vie : on ne va pas se rouler des pelles avec Patrice Lecomte ! Mais c'est il y a cette relation dans le sens où, oui, on s'abandonne à quelqu'un. C'est mon œil extérieur. Et comme dans les histoires d'amour, il est difficile de se dire qu'on ne fera plus telle ou telle chose. On est obligé de s'abandonner, d'y aller donc. Il ne faut pas être en haut de la pente et puis se dire qu'on va compter le nombre de bottes pour savoir si on y va ou pas. C'est-à-dire qu'à un moment donné, on apprend ou on apprend pas. Et on y va. Certaines fois, ça se passe bien. D'autres fois, on se prend de grosses gamelles et on réalise qu'on ne fera plus telle ou telle chose. Et on repart. On refait.

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Donc oui, il y a quelque chose de l'ordre de l'amour, de l'abandon, donc d'une confiance absolue. C'est vraiment difficile. Même avec ses partenaires. Que j'appelle des frères : on se connait, on sait comment on fonctionne, je connais leurs trucs... Je n'ai donc pas vraiment d'admiration pour les acteurs puisqu'ils sont de la même race que moi. Et en même temps, c'est très étrange parce qu'on ne se connaît pas : on n'est pas amis. Et puis là on va se mettre, pour le coup physiquement, à se rouler des pelles alors qu'il n'y a aucun lien entre nous. Moi, je joue : j'embrasse comme mon personnage embrasserait. C'est donc un métier un peu étrange. Mais il y a presque plus de proximité avec un réalisateur qu'avec un acteur avec lequel on aurait des scènes d'amour. Comme diraient les enfants, « on joue à faire semblant de ». Donc je joue à faire semblant d'aimer, de mourir, de prendre des coups. Mais je ne meure pas pour de vrai - ce n'est pas un snuff movie -, je ne fais pas l'amour pour de vrai et je ne me prends pas des coups pour de vrai.

Par contre, on travaille dans les émotions, notamment, pour me rendre la plus crédible possible. Donc après, il y a des phrases, des films qui résonnent. Dans Carré Blanc, il y a des choses qui m'ont marquée, qui résonnent dans ma vie maintenant. Mais je rentre dans des univers pour rentre ensuite dans d'autres et ainsi de suite. Patrice Lecomte, ça a été une tellement belle rencontre. Personnellement, j'adore son travail. Il cadre et donc il est vraiment derrière l'œil. Il y a souvent la sensation qu'il est là, avec la caméra. C'est un trublion : il a beaucoup d'humour et j'ai adoré travailler avec lui. J'ai beaucoup aimé ces échanges-là. Mais j'ai peu tourné avec ces trois-là en réalité. J'ai fait beaucoup de premiers longs, beaucoup de films de jeunes cinéastes, qui sont devenus de grands cinéastes par la suite.

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Le contraste entre les scènes d'extérieur et d'intérieur est saisissant. Pouvez-vous nous parler de celui entre la végétation extérieure par exemple, à l'arrêt, tandis que celle intérieure est luxuriante...

Tout le film est pensé comme ça, avec beaucoup de références à la photo d'art contemporaine. Il y a cette idée. Tout ce qui est sous serre, à l'intérieur, est vert effectivement. Et toute la vie dehors est morte. Ce sont de tous petits détails. C'est marrant que vous l'ayez vu : peu de gens en parlent. Et tout est comme ça. On a réfléchi aux sons, à ce qu'entendent les gens... Jean-Baptiste fait très attention aux petits détails. Mais ça me fait plaisir que vous l'ayez vu ! Il y avait effectivement une vraie volonté esthétique. L'esthétique est froide mais pas aseptisée. Il n'y a pas un côté médical non plus. Il fallait que ce soit un peu pourri, qu'on sente quelque chose du béton. J'ai vraiment beaucoup d'images de photo contemporaine, d'artistes contemporains qui me viennent en tête.

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Des détails qui sont de taille donc finalement ?

Des détails qui sont de taille, exactement ! (elle sourit)

Vous avez remporté plusieurs Prix d'Interprétation, notamment le Prix Raimu et le Prix Romy Schneider, ainsi que le Prix d'Interprétation Féminine à Tokyo pour le film Huit fois debout. Ces Prix, ça représente quoi à vos yeux ? Certains vous ont-ils plus touché que d'autres ?

Les Prix, c'est pour les films. Un réalisateur a un jour été très vexé quand il a entendu dire que j'étais super bien dans son film mais que le film n'était pas bien. Je lui dis que c'était un super compliment pour lui car je ne pouvais pas être bonne si lui ne l'était pas. C'était con cette critique. Comment voulez-vous qu'un actrice soit bonne si le réalisateur n'est pas bon ? C'est lui qui rend une actrice belle. Quand on a un Prix d'Interprétation, c'est un Prix pour le réalisateur. C'est pour lui dire merci d'avoir été mon repère extérieur et de m'avoir si bien dirigée et mise en valeur. Je ne le prends jamais pour moi : c'est un Prix pour le réal ou pour le film. Et je suis super contente pour le film parce qu'on en parle davantage.

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Le Prix Romy Schneider a peut-être eu une signification particulière à mes yeux dans le sens où c'est un Prix pour une carrière, pour une personne. Ça correspond à un moment d'honnêteté. Le but est de récompenser une actrice pour la façon dont elle a fait ses choix. C'était donc très touchant. À l'époque, je venais de faire trois films très différents : Select Hotel, d'abord : un film très trash sur une prostituée droguée au crack qu'on a tourné comme ça à l'arrache. Delphine 1 - Yvan 0 ensuite : le film de Dominique Farrugia, une comédie potache démente que j'adore, culte. Enfin, je venais de faire un film qui n'avait rien à voir avec les deux autres. (NdA : Les Menteurs) Un film à donf dans les émotions, avec Jean-Hugues Anglade. De Elie Chouraqui. Avec plein de violons. Un truc très sensuel, très beau, très poétique. J'ai adoré bosser avec Jean-Hugues parce que c'était quand même Jean-Hugues Anglade ! Et j'enchaînais sur Pourquoi pas moi ?, film dans lequel je jouais une lesbienne.

Et du coup, quand j'ai reçu le Prix, chaque journaliste, suivant le journal pour lequel il écrivait, estimait que je l'avais reçu pour un film bien précis. C'était tellement des univers différents que personne ne savait vraiment très bien ce qu'il en était. C'était cool parce que ça montrait que je pouvais faire des choses différentes. C'était pour moi une reconnaissance de la diversité de ce que je faisais parce que les gens me reconnaissaient vraiment pour un film et pas pour un autre. Suivant la personne que j'avais en face de moi, je savais ce qu'il avait vu, ce qu'il savait de moi, et qu'il ne connaissait pas du tout l'autre côté. C'est peut-être la première fois où je me suis dit que je devais continuer cette diversité dans mes choix.

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J'aimerais vous demander un petit mot pour un ami réalisateur qui adorerait vous diriger. Son prénom, c'est Xavier...

Bon ben Xavier, moi je veux bien ! (elle rigole) Rencontrons-nous, prenons un café ! Ça commence comme ça...

Un grand merci à un certain Jonathan Lenaerts, le Monsieur Presse du BIFFF, aka Johnny les bons tuyaux pour le coup et plus fort que Huggy en l'occurrence ! Il comprendra...

23:46 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films, Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

18.04.2012

BIFFF 2012 - le Palmarès

Le Jury International a attribué deux Corbeaux d'Argent :
- un à Juan of the Dead d'Alejandro Bruguès, et
- un à Tormented de Takashi Shimizu.

Le Corbeau d'Or est allé à The Awakening de Nick Murphy.

Le Jury Européen a attribué une Mention Spéciale à The Sandman de Peter Luisi.
Le Méliès d'Argent est quant à lui allé à Iron Sky de Timo Vuorensola.

Le Jury Thriller a accordé une Mention Spéciale à Paul Rhys pour « sa performance exceptionnelle » dans Eliminate Archie Cookson de Rob Holder.
Et le Prix Thriller a été attribué à The Whistleblower de Larysa Kondracki.

Le Jury 7e Parallèle a attribué une Mention Spéciale à Shuffle de Kurt Kuenne.

Le Prix 7 e Parallèle est venu récompenser Himizu de Shion Sono.

Les abonnés ont remis le Prix du Public, le Pégase, à Iron Sky, encore lui, de Timo Vuorensola.

Quant à la Compétition belge des courts métrages, le Grand Prix est allé à Karkas de Maxim Stollenwerk.

Le Premier Prix du 25e International Body Painting Contest a été remis à Berry Arnould pour Christonique.

Enfin, le 29e Make-Up Contest a vu récompensés Lynn Schockmel dans la catégorie Amateur, Rebecca Flores dans la section Semi-Pro et Thibaut Franssen dans celle dédiée aux Special FX.

00:38 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Bilans de festivals | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : bifff, awakening, juan, dead, tormented, iron, sky |  Facebook |

12.04.2012

Le SNIFFF est lâché !!!

21:33 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : snifff |  Facebook |

07.04.2012

Slutterball : Interview de Jérôme Vandewattyne

Jérôme Vandewattyne, c'est le réalisateur de She's a Slut, trailer-off du BIFFF 2011. Cette année-ci, il nous revient avec Slutterball, présenté dans le cadre du CollectIFFF. Interview...

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En cinémascope : Jérôme, quelles sont tes influences en général et pour Slutterball peut-être en particulier ?

Jérôme Vandewattyne :
Slutterball et She's a Slut sont un petit peu deux courts à prendre en un dans le sens où l'un est un peu la suite de l'autre. Mes influences, ce sont les films Grindhouse des années 70. Avec principalement les Midnight Movies de cette décennie. Donc j'entends par là des films du style de Pink Flamingos de John Waters, Eraserhead de David Lynch, etc. Et l'influence première, c'était surtout le film Rollerball, des années 70 à nouveau. Le but était de reprendre l'idée des jeux remis dans un esprit futuriste. Et de retransposer les choses mais avec des nanas sur des patins cette fois. Avec des personnages totalement loufoques et en gardant la totale liberté des films Grindhouse et typiquement de Russ Meyer, avec un mélange de sexploitation et de films d'action. Avec une partie de freaks aussi. Mais je pense aussi à Faster, Pussycat! Kill! Kill! du même Russ Meyer, et aux films Troma de Lloyd Kaufman.

Est-ce que tu peux nous parler des conditions de tournage, assez rock'n'roll je crois...

C'était compliqué parce que ça a été réparti sur plusieurs mois. On a commencé à tourner en septembre et on a eu fini fin mars. La deadline approchait à grands pas et ça a généré pas mal de stress. Dès le départ, j'ai su que je devais monter le film pendant que je le tournais.

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Comme Gus Van Sant dans Last Days...

Oui, tout à fait ! Ou même Lynch dans
Inland Empire qui, je pense, a également procédé de la sorte. Bien que lui réécrivait l'histoire, ce qui est un peu différent. Mais je n'ai pas la prétention de me comparer à Gus Van Sant. C'était plus dans le souci de l'organisation parce que c'était fort précipité. Si ça s'est réparti autant, c'est parce que je voulais que le niveau soit un peu supérieur à She's a Slut. Donc du coup, je voulais y mettre plus de moyens et de préparation mais le problème c'est que, comme toute mon équipe est entièrement bénévole, je ne pouvais pas avoir les gens à ma disposition comme je le voulais, tout le temps : il fallait à chaque fois trouver un jour qui arrangeait tout le monde et comme on était minimum entre 15 personnes, ce n'était pas évident. Des fois, on était un peu plus - une trentaine, surtout pour les scènes de roller. Ce n'était donc pas évident de trouver des emplois du temps qui arrangent tout le monde. C'est pour ça que c'était un peu rock'n'roll. Et puis je voulais aussi garder cette ambiance bon enfant donc on n'était pas trop formaté dans une façon de faire le cinéma, dans une façon scolaire, comme on peut l'avoir dans les écoles de cinéma belges par exemple. Je voulais par exemple avec mes techniciens qu'on discute de ce que je voulais. Et une fois qu'on arrive sur le tournage-même, je leur répétais exactement ce que j'attendais. Je leur donnais une deadline, donc une heure fixe : à telle heure, j'ai envie que les maquillages soient faits. Et une fois que c'était prêt, je leur ai laissé une liberté artistique aussi. Je trouve que c'est important. Je pense qu'on sent à travers le film que c'est complètement chtarbé !

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Peux-tu nous parler des couleurs à présent ? L'étalonnage a été particulier dans le sens où tu as vraiment des couleurs flashy...

C'est une intention que j'avais dès le départ : dès l'écriture, je savais que je voulais que la scène où Rémi (Legrand) meurt, je voulais qu'il y ait plein de peinture dans tous les sens. C'était une intention de base et c'est pour ça que dans les maquillages et les costumes par exemple, on a vraiment poussé les couleurs un maximum pour qu'elles jurent. Au final, ça crée un univers un peu surréaliste en fait. Le but est qu'on ne sache pas trop bien où on est. Le ciel a été beaucoup retouché : il est souvent très bleu, très lumineux, un peu dans l'ambiance des Simpson. On a beaucoup joué avec les perruques : rouges, vertes, bleues.. On a aussi joué avec des lentilles de couleur au niveau du maquillage. Au final, ce qui est marrant, c'est qu'on se rend compte que le personnage qu'est Carlos, un pédophile, est peut-être bien le personnage le moins loufoque de cet univers-là. J'aimais donc bien cette contradiction pour qu'on se demande, au final, ce qu'on est en train de voir. C'était voulu.

Et au moment de l'étalonnage, j'ai vraiment souhaité qu'on pousse les couleurs au maximum et j'ai eu à un moment une hésitation quant à savoir si j'allais remettre les griffures de pellicule, comme c'était le cas dans She's a Slut, pour donner un effet Grindhouse, parce que je trouvais ça vraiment magnifique de voir cette succession de couleurs flashy qui piquaient limite les yeux. Je trouvais que ça donnait un univers tellement particulier que j'ai vraiment hésité à enlever ce filtre-là. Et au final, je voulais quand même respecter mes engagements de départ et mes intentions donc c'est vrai que le filtre atténue un peu ça. Et comme tu me dis que tu relèves les couleurs, je trouve ça cool parce que, au final, ça se voit quand même et c'est important !

C'est notamment ton groupe, VHS from Space, qui est présent à la musique...

Quand on fait des chansons pour mes films, ce n'est pas du tout notre style de base. Ça reste rock mais disons qu'on compose uniquement pour le film. On va commencer les concerts. Notre Myspace est prêt donc si les gens veulent aller écouter ce qu'on fait, c'est possible. (http://www.myspace.com/vhsfromspace) C'est donc, je le répète, différent des simples riffs très cons et très grunges qu'il y a dans Slutterball.

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Les génériques du film sont très léchés. Quelle importance revêtissent-ils à tes yeux ?

J'accorde vraiment énormément d'importance aux génériques parce que c'est, à mes yeux, un art à part entière : ça raconte quelque chose. Je trouve ça hyper dommage quand je regarde un super bon film mais que le générique n'est pas du tout travaillé. C'est bâclé et j'estime que le film doit être fait du début à la fin et assumé totalement. Le générique de Slutterball a été réalisé par Jean-Michel Degoedt. Ça représente directement l'univers, te situant où tu es - un truc complètement flashy, qui pète dans tous les sens. Comme la durée du film est un peu longue, on a mis des petites flèches en bas à droite du générique pour indiquer qu'on accélère un peu. On a en effet bien compris que c'était long. On va ressortir le générique et le mettre sur internet pour que les gens puissent le voir à la vitesse normale.

Le BIFFF, ça représente quoi à tes yeux, toi qui a grandi avec le Festival ?

C'est le lieu de tous les possibles. Un lieu de rencontre avec tous les professionnels aussi. Avec des fans du genre. C'est un peu la cour de récré des sales gosses. Dans la salle, on peut crier ce qu'on veut et les gens vont se marrer. Donc c'est cool. C'est un défouloir total et c'est pour ça que j'ai voulu rendre hommage à ce public complètement fou avec Slutterball. Surtout les séances de minuit. Comme tu le sais, les gens sont un peu pétés et ils gueulent n'importe quoi. Je voulais faire du cinéma un peu popcorn pour un peu les titiller...

Faire partie du ColectIFFF, est-ce que c'était une évidence ?

J'avais déjà l'idée de Slutterball un peu après She's a Slut. Je me suis dit que ce serait hyper cool de mettre des nanas sur des patins comme dans Rollerball. Mettre des nanas sexys qui poursuivent un gars. J'avais un peu émis l'idée à Youssef (Seniora) et Stéphane (Everaert) qui, eux, m'ont parlé du ColectIFFF. Slutterball, m'ont-ils dit, rentrerait complètement dans ce cadre-là. De là à dire que c'était une évidence, je ne sais pas... Ce serait hyper prétentieux. Je pense qu'ils me l'ont demandé parce que quelques personnes avaient apprécié She's a Slut. Ce qui est surtout intéressant dans le ColectIFFF, c'est que chaque réalisateur a une personnalité bien à lui. Tu m'as fait la réflexion que mon film était assez hard et c'était voulu. Je l'ai réalisé pour ce public, qui attendait des choses qui prennent un peu aux tripes et qui veulent se prendre des images ou des idées un petit peu fortes. Et au final, ça reste un film bon enfant avec un côté un peu punk.

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Pourquoi avoir choisi de filmer Jasmine Arabia en particulier ?

À la base, c'est quand j'ai fait lire mon scénario à Alan Deprez, mon assistant-réa, qui m'a dit que ce serait hyper-chouette que les assistantes de ma petite marionnette soient des actrices de films X. Comme Alan avait écrit
Le loup derrière la bergerie, il connait un peu tout ça et il m'a donné les contacts de Jasmine et de Lavandra May, une ex-actrice qui est à l'affiche du film Echap. J'ai contacté d'autres hardeuses mais Jasmine et Lavandra sont les deux premières à m'avoir vraiment répondu avec beaucoup d'engouement pour le projet. Et elles y ont vu un côté auto-parodique certes mais respectueux en même temps. Je voulais aussi travailler avec des femmes qui ont l'habitude de montrer leur corps devant le caméra. Et de se mettre simplement nues car il n'y a rien de porno dans le film. Mine de rien, ce n'est pas évident de trouver des filles qui se mettent facilement nues dans des films de genre en Belgique. On a vraiment cherché et puis on a pensé à aller vers des hardeuses et ça s'est vraiment hyper bien passé. Ce sont des noms connus et ça ajoute une plus-value au film. Il y aura peut-être un plus grand nombre de visionnages par ce fait-là et nous, on ne demande pas mieux !

En parlant de visionnages, She's a Slut en comptabilise plus de 4 000...

C'est vrai ? C'est super, d'autant que ça démarrait d'un travail de fin d'études dans une école de communication, l'ISFSC. Et c'était un premier essai. Les gens semblent avoir apprécié la petite blague. J'espère vraiment qu'ils aimeront Slutterball, qui est vraiment un cran au-dessus dans l'humour poisseux, dans la violence, et dans le sexy aussi. On a fait ça avec tout notre cœur en tout cas, que ce soit dans les maquillages, les costumes, la musique, les effets spéciaux, mais aussi au niveau des acteurs.

Un grand merci à Belgin Aka pour la captation et à Gaël Dupret (www.gaeldupret.com) pour les photos prises lors de cet entretien !

12:51 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : slutterball, vandewattyne, jerome, she, slut, colectifff, bifff |  Facebook |