18 juil.

L'excellent thriller « La Isla Mínima » ? Detectives Verdaderos !

Andalousie, 1980. L'Espagne lèche encore les plaies infligées par 35 années de franquisme. Un flic, Pedro (Raúl Arévalo), est muté dans une région rurale en raison de ses opinions politiques progressistes qui dérangent. Là-bas, son nouveau coéquipier, Juan (Javier Gutierrez), a déjà une réputation qui le précède. Certains disent qu'il aurait été l'un des pires bourreaux de la police politique de Franco.

Leurs différences seront bien vite mises de côté lorsque deux jeunes filles disparues sont retrouvées mortes. Violées et torturées, elles sont découvertes en pleine décomposition dans la petite rivière locale.
L'enquête commence...

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Le film d'Alberto Rodríguez avait quasiment tout raflé aux Goyas 2015 (entre autres : Meilleur scénario, Meilleur acteur pour Javier Gutierrez et Meilleur réalisateur). Ce qui est, en général, de bon augure. Il a également remporté le Prix du Thriller lors du dernier Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF).

On ne peut toutefois pas s'empêcher, en regardant La Isla Minima, de remarquer une certaine patte inspirée de la série d'HBO True Detective. Les marais de Guadalquivir n'ont rien à envier aux marécages de la Louisiane. Les culs-terreux espagnols et américains sont en fait très similaires mais c'est, malgré tout, un plaisir de plonger dans les secrets de ces gens simples et inquiétants en même temps. Tout ça à travers les yeux d'un flic citadin qui vit sa mutation comme une punition (ce qu'elle est).

 

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La mise en scène de Rodriguez est particulièrement soignée. On découvre une Espagne rurale insoupçonnée, loin des clichés des sierras désertiques dignes des westerns. Le coup de génie est ici l'utilisation bien calibrée de plans aériens à la verticale, presque satellitaires (probablement filmés avec un drone), mais toujours inscrits dans un mouvement (la voiture des héros qui démarre, etc.). Ces plans magnifiques ne viennent ainsi jamais interrompre une action, mais plutôt les conclure.

En résumé, même si l'impression de déjà-vu persiste, La Isla Mínima, entre Espagne post-Franco, crimes ruraux et secrets de villages, ne manque pas d’arguments pour rivaliser avec les meilleurs films noirs de ces dernières années.

Simon Van Cauteren pour En cinémascope

 

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08:57 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Bilans de festivals, Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : isla, minima, thriller, goyas, alberto, rodriguez, javier, gutierrez, bifff | |  Facebook | |  Imprimer |

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