28 nov.

Sorties cinéma : Le Prodige, Je suis un soldat et Human

Le regard critique de Sandrine David


Le Prodige (Pawn Sacrifice)

Film d'ouverture du Festival du Film Historique de Waterloo, Le Prodige est un excellent film... historique justement.

Edward Zwick met en scène l'histoire vraie de l'autodidacte des échecs Bobby Fischer qui, depuis son enfance, rêve d'être le plus jeune champion du monde et de battre les plus grands. A l'apogée de son jeu, il défie Boris Spassky, champion russe jusqu'alors invaincu. Ce qui pourrait n'être qu'un jeu au sommet se déroule en pleine guerre froide et le match entre Bobby Fischer, joué par le très convaincant Tobey Maguire et Boris Spassky, interprété, lui, par Liev Schreiber, devient un enjeu crucial dans le conflit entre les États-Unis et l'Empire soviétique.

Le film mêle habilement trois sujets : les échecs, d'abord, les enjeux de la guerre froide, ensuite, et, enfin, la « chute » de l'Américain dans la maladie mentale. Petit à petit, Bobby Fischer a en effet sombré, durant de longues années, dans une paranoïa dont il n'avait pas conscience et qui s'appuie sur des éléments objectifs. Des éléments vécus également, bien que dans une moindre mesure, par Boris Spassky.

La forme photographique du film est intéressante : de « vraies » images d'archives - ce championnat d'échecs, dont l'issue fut qualifiée de match du siècle, a défrayé la chronique en 1972. Des images tournées « à la manière d'images d'archives », aux couleurs délavées et sautillantes. Et des images actuelles. Le spectateur est ainsi entraîné dans le passé, a l'impression d'assister aux parties en direct, et vit ce suspense tout en pouvant se projeter dans le ressenti des joueurs.

Ce film intéressera même ceux qui ne se passionnent pas pour les échecs tant le jeu des acteurs et la mise en scène sont forts.

Du grand cinéma !

Le Prodige01.jpgLe Prodige, avec Tobey Maguire


Je suis un soldat

Je suis un soldat est un film de Laurent Larivière, avec Louise Bourgoin et Jean-Hugues Anglade.
Une Louise Bourgoin dure, au jeu juste, et un Jean-Hugues Anglade sans scrupule.
Dans un film... réaliste.

Avec une belle interprétation, c'est à souligner, de Laurent Capelluto, lequel campe un vétérinaire amoureux et sous emprise.
Un film fort et violent sur fond de trafic de chiens qui n’est, cependant, que prétexte à une étude de société. Le réalisateur pose la question suivante : « En période de crise et de chômage, jusqu’où peut-on aller pour " s’en sortir " ? » Peut-on s’oublier, oublier ses principes, oublier ses valeurs pour vivre ou survivre ?

Louise Bourgoin - Je suis un soldat.jpgLouise Bourgoin, l'actrice principale de Je suis un soldat



Human

Human, de Yann Arthus-Bertrand est un long film documentaire de pas moins de 3h10. Mais le temps passe vite, très vite !

Le film débute par le récit d'un homme condamné à perpétuité pour avoir tué une femme et son enfant. Il raconte son rapport à l'enfance, à la violence et à l'amour.

Ce premier d'une (longue) suite de témoignages fait entrer le spectateur de plein pied dans le film. Une alternance de récits de vie touchants, tristes ou joyeux, voire drôles, mais toujours humains, tellement humains ! Des images aériennes sublimes - quoiqu'ayant un goût de déjà vu quand on connait l'œuvre de Yann Arthus-Bertrand - viennent ponctuer des séries de témoignages. Elles permettent de s'évader des souvent dures réalités évoquées par les personnes interviewées et parfois de reprendre son souffle, de ravaler ses larmes, de réfléchir à ce qui vient d'être donné à voir.

Les sujets abordés sont excessivement variés et touchent juste : l'amour, la mort, l'homosexualité, la violence, la pauvreté, le bonheur... et, surtout, toute la complexité de la condition humaine.

La forme de la narration est simple : des personnes filmées en gros plan, sur un fond foncé, s'exprimant dans leur langue maternelle, sous-titrée bien sûr. L'interviewer n'est pas présent, ni en image, ni sur la bande-son. Aucun élément de décor ne donne d'indice sur le lieu de tournage : le spectateur ne peut que deviner - à la langue parlée, à la couleur de peau, à des détails du discours - d'où la personne est originaire. Mais ce qui apparaît vite est que l'on touche là à de l'universel, à l'Humanité.

Ce film d'une beauté incroyable, tant par ses images que par la richesse des témoignages qu'il propose, ne laisse pas le spectateur indemne. Il ne peut que faire réfléchir et permet à tous de s'interroger sur soi, et sur son rapport aux autres et au monde.

À voir absolument !

Human.jpgUne des très belles images du Human de Yann Arthus-Bertrand



Et le regard, tout aussi critique du... fiston de Sandrine,

Juan Honorez David, âgé de 13 ans.



Human

Human, de Yann Arthus-Bertrand, est un film magnifique aussi bien par les témoignages qu'il contient que par les superbes images filmées. Il est tout simplement extrêmement humain, franc et touchant. Les personnes interrogées viennent toutes d'un milieu radicalement différent. Et c'est justement cela qui fait la richesse de ce film. Il y a des avis de personnes venant aussi bien d'un lieu défavorisé que non. Des personnes ayant commis un crime et ayant écopé d'une énorme peine de prison - le plus souvent la perpétuité. D'anciens soldats marqués à tout jamais par la guerre. Notamment.

C'est également extraordinaire de pouvoir entendre l'opinion de ces personnes sur des sujets tels que l'homosexualité, la guerre, la vie, la mort.

C'est une expérience très enrichissante que je recommande aussi bien aux petits qu'aux grands.


Sandrine David, Juan Honorez David et Jean-Philippe Thiriart

16:24 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : prodige, pawn, sacrifice, suis, soldat, louise, bourgoin, human, arthus | |  Facebook | |  Imprimer |

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