11 avril

Les jurys et le public du BIFFF 2016 ont livré leurs verdicts !

Plus de 53 000 spectateurs se sont rendus au BIFFF lors de cette édition 2016 du Festival, qui s'est clôturée hier soir au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Une fréquentation en légère baisse par rapport à ces dernières années, imputable aux événements tragiques qui ont frappé Bruxelles le 22 mars dernier. Nombreux sont ainsi néanmoins les festivaliers qui ont choisi de rester fidèles à la grand-messe belge - une des grands-messes européennes pour ne pas dire mondiales - du cinéma de genre.

Les palmarès longs-métrages

Un palmarès international 100%... asiatique !

Le jury International, présidé par Jaume Balaguero et composé de Bai Ling, Marc Caro, Luigi Cozzi et Jasna Kohoutova a décidé de récompenser les films suivants :

- Mention spéciale pour The Arti: The Adventure Begins de Huang Wen Chang
- Corbeau d'Argent : Seoul Station de Yeon Sang-ho
- Corbeau d'Argent : The Phone de Bong-joo Kim
- Corbeau d'Or : I Am a Hero de Shinsuke Sato

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I Am a Hero, Corbeau d'Or du BIFFF 2016


Les autres palmarès longs-métrages

Européen

Le jury Européen (Olivier Mortagne, Monique Licht, Nancy Ngoma, Freddy Thielemans, Pierre Beaudot, Manu Dacosse et Sacha Feiner) a décidé de remettre le Méliès d'Argent à Demon de Marcin Wrona.

Thriller

Le jury Thriller (Ana Garcia, Joëlle Baumerder, Gorian Delpâture et Michel Dufranne) a décidé de récompenser The Photographer de Waldemar Krzystek.

7e Parallèle

Le jury 7e Parallèle (Georges Lini, Maxime Dieu, Joost Vandecasteele et Geoffrey Claustriaux) a décidé de récompenser Traders de Rachael Moriarty et Peter Murphy.

Prix du Public

Il revient pour la deuxième fois, après Ghost Graduation en 2013, à Javier Ruiz Caldera pour Spy Time.

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Le Public du BIFFF a récompensé l'espagnol Spy Time


Le palmarès courts-métrages belges

- Grand Prix et... Méliès d'Argent ! : L'Œil silencieux de Karim Ouelhaj
- Prix BeTV, SABAM et... de la Presse ! : XYZ de M. Tikal
 Prix RTBF (La Trois) et FEDEX : Voltaire de Jan Snoekx
- Prix Jeunesse : Ice Scream de Vincent Smitz


Concours Body Painting

- 1er prix : Catherine Nicaisse - Joker de Vasarely
- 2e prix : Élodie Hance - Quintessence d'un rêve tropical
- 3e prix : Jana Van der Veken - Holy Body de Gray
- Mention spéciale du jury pour Émilie Martin - Pop Art Vivant

Concours Maquillage Visage

Amateurs

- 1er prix : Guillaume Barachin
- 2e prix : Nora Marziale
- 3e prix : Anna Maria Kovacs

Semi-pros

- 1er prix : Sandrine Lahou
- 2e prix : Viviane Dewals
- 3e prix : Céline Yetters

FX

- 1er prix : Tiffany Foglia
- 2e prix : Amandine Fourny
- 3e prix : Anais Arandia

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Le Maquillage Visage, un grand classique du BIFFF ! - Copyright Paul Janssens


Enfin, notez que le jury du 1er Art Contest a décidé de récompenser MONSTREune œuvre réalisée par Nathan Vranckx.

À vos agendas ! : plus qu'un peu plus de 350 fois dormir avant la prochaine édition du Festival, qui se tiendra à Bozar du mardi 4 avril au dimanche 16 avril 2017.

Jean-Philippe Thiriart

22:44 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Bilans de festivals | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bifff, festival, international, film, fantastique, bruxelles, palmares, 2016 | |  Facebook | |  Imprimer |

07 avril

Masterclass Effets spéciaux et CollectIFFF 2 au BIFFF 2016 !

Ce jeudi 7 avril à 16 heures aura lieu, en salle Ciné 3 à Bozar, la Masterclass du BIFFF 2016 la plus attendue par les festivaliers fans d'effets spéciaux. Elle sera donnée par le Squid Lab, soit Daphnée Beaulieux et Erwan Simon, professionnels de la discipline qui ont notamment travaillé sur le dernier bébé d'Alan Deprez : Cruelle est la nuit.

Nous avions rencontré Daphnée et Erwan lors du BIFFF 2015, où ils exposaient dans le cadre du Festiv'art, pour une interview filmée. Bon visionnage !



Demain, vendredi 8 avril à 12h en salle Ciné 2, seront cette fois projetés les courts métrages du CollectIFFF 2. Soit huit films de genre et autant de déclarations d'amour au Festival de la part de réalisateurs qui se considèrent comme ses rejetons. N'hésitez pas à découvrir nos articles sur le premier CollectIFFF :

- Le CollectIFFF ? Un hommage explosif à leur BIFFF !

- Bowling Killers? A Killing Comedy!, interview du réalisateur Sébastien Petit

- Slutterball : Interview de Jérôme Vandewattyne, un autre membre du premier CollectIFFF.

Bonne suite de BIFFF à tous !

Jean-Philippe Thiriart

06 avril

Saint Amour - Interview du duo de réalisateurs Gustave Kervern - Benoît Delépine

Depuis Berlin.

La Berlinale touchait tout doucement à son terme et rendez-vous avait été pris dans la suite d'un hôtel berlinois avec le duo Gustave Kervern - Benoît Delépine. Les réalisateurs d'Aaltra, Louise-Michel et autre Mammuth présentaient cette année leur film Saint Amour dans la capitale allemande. C'était parti pour une interview qui allait vite sentir bon, très bon la déconne. Quand nous avons quitté le salon où avait lieu l'interview et réalisé que Gustave Kervern nous avait dédicacé le livret presse du film d'un « À Jean-Philippe, mon frère ! », nous avons eu le sentiment d'éprouver définitivement un réel Saint Amour pour lui et son comparse ! Ainsi que pour leur film, ce que nous savions déjà. Notez que Saint Amour est toujours en salles à Bruxelles, Namur et Liège. Courez donc le voir !

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Votre film est empreint de moments de grâce et, plus généralement, d'une vraie poésie, une poésie que l'on retrouve dans des scènes qui sont, à la base, à des années-lumière de cela. C'est aussi là que se trouve tout votre décalage avec ce film : la tendresse dans l'absurde. C'était important pour vous, ces contrastes ?

Benoît Delépine : Effectivement : on a du mal à aller complètement dans la sensiblerie. On préfère le sensible à la sensiblerie. Donc dès qu'on sent qu'une situation devient un peu trop lourde, on ne peut pas s'empêcher de l'alléger par un sourire. Ou par un rire, j'espère.

Gustave Kervern : C'est pareil pour les situations comiques : on ne va pas dans le gag, on n'appuie pas les effets, ni dans le comique ni dans l'émotion. On essaie toujours de faire une pirouette au dernier moment qui fait que l'on s'échappe des situations lourdes. Mais c'est difficile de faire des films comme ça, un peu sur le fil du rasoir entre l'émotion et l'humour. C'est l'objectif à chaque fois qu'on en fait un et avec celui-là, je crois qu'on y est arrivé à peu près.

C'est assez rare dans le cinéma français.
Alors petit questionnaire à choix multiple : Saint Amour, c'est avant tout :
- petit A : une description de la France authentique à mi-chemin entre la France et la présipauté de Groland ?
- petit B : une réflexion sur la société française et, plus généralement européenne voire occidentale, avec tout ce qu'elle compte d'humains en marge du système et qui n'ont d'autre choix que de le subir ?
- petit C : un regard sur les relations père et fils et sur les différences de manière plus générale ? ou
- petit D : un gros délire de deux potes partis du sujet de l'alcool pour offrir au spectateur, avec un plaisir communicatif, une vraie grosse bonne poilade ?

B. D. : A, B, C, D ! Bravo ! (il rit) C'est vraiment un peu tout ça. C'est ce qu'on a essayé de faire. On a à la fois envie de rire et de faire rire comme toujours bien sûr, mais en en profitant pour faire un petit état des lieux de la société française. Et pas forcément du tout de la société parisienne mais plutôt de notre belle province. On en donc effectivement profité pour se balader dans ces marges aussi, pour montrer à quel point la vie, même si elle n'est pas toujours simple, voit l'amour nous sauver de tout.

G. K. : Une bonne poilade, c'est vrai : on avait rarement vu des acteurs se marrer autant. Du coup, nous, ça nous faisait un peu moins marrer parce que le temps qu'ils se marrent, nous perdions, nous, beaucoup de temps. Mais, en même temps, c'est ce qui fait un peu notre force. C'est de mettre les acteurs dans des conditions idéales pour être en confiance. Et puis de s'éclater, d'avoir une certaine liberté. On attend le bon moment pour faire les prises mais à la fois, c'est ce que les actrices et les acteurs recherchent un peu sur nos tournages : une façon de faire qui est la nôtre qui fait qu'on perd pas mal de temps mais que, finalement, on obtient ce qu'on veut.

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Gustave Kervern et Benoît Delépine sur le roter Teppich berlinois

 

Dans Saint-Amour, vous retrouvez à la fois Gérard Depardieu ET Benoît Poelvoorde. Il est indéniable que Gérard Depardieu est et sera sans doute à jamais un des monstres sacrés du cinéma français. Il propose un jeu tout en retenue dans votre film. Comment définiriez-vous ce Gérard Depardieu-là ?

B. D. : il faudrait lui poser la question à lui mais c'est vrai que dans le texte qu'on avait écrit, le personnage du père paysan était un petit peu plus bourru que ce que lui en a fait. Je ne sais pas dans quelle partie de sa vie à lui il va chercher tout ça.

Dans la relation qu'il a eue avec son père à lui peut-être ?

B. D. : Plutôt, oui. Puis surtout dans ses relations père-fils. Il a vraiment un regard de bonté hallucinante vis-à-vis de son fils. Et peut-être, aussi, de l'acteur Benoît Poelvoorde, qu'il respecte beaucoup et qu'il aime beaucoup. Donc ce regard-là, il est inimitable, il est extraordinaire. Il est d'une douceur infinie dans ce film, ce qui le change de beaucoup d'autres films. C'est ça qui nous a vraiment étonné et même renversé. Parce que si, pendant le tournage, on sentait que c'était le cas, découvrir ce type de regard pendant le montage et puis, ensuite, pendant les projections, ça nous remue beaucoup.

Venons-en à Benoît Poelvoorde si vous le voulez bien... Il est pour moi l'un des comédiens francophones les plus doués de sa génération. Et j'ai le sentiment qu'il ose presque tout jouer. Ça doit être une vraie Rolls-Royce pour des réalisateurs. Surtout qu'il est en toute grande forme dans votre film...

G. K. : Oui, je crois que c'est un rôle à la fois extraordinaire et à la fois difficile parce que jouer quelqu'un qui est un peu porté sur l'alcool, c'est ce qu'il y a de plus dur à mon sens pour un acteur. Et lui, il le fait avec un naturel extraordinaire. Et nous, ce qu'on cherche avant tout, c'est un maximum de naturalisme. En ne forçant pas les traits, en n'appuyant pas les effets. Ce sont les situations qui sont parfois absurdes mais les acteurs jouent de manière très naturelle, sans appuyer. C'est vrai que dans ce film-ci, Benoît Poelvoorde a bu un petit peu de temps en temps. Mais je pense qu'il n'y a pas beaucoup d'acteurs qui seraient capables de faire ce qu'il a fait. Avec de l'émotion, parce qu'on sent un personnage perdu et très solitaire. Donc c'est vrai ; merci de le dire ! Ce n'est pas du chauvinisme. On a les deux meilleurs acteurs de leur génération, avec lui et Depardieu. On est donc heureux de travailler avec des gens comme ça.

B. D. : Il faut aussi saluer leur générosité parce qu'ils ont tous les deux tout donné. C'est incroyable ! Il y a des scènes pour lesquelles on ne pensait même pas qu'ils iraient jusque-là. Ils sont tellement généreux ! Ils n'ont pas, contrairement à beaucoup d'acteurs, des petites caméras de vidéosurveillance dans un coin de la tête, en train de se dire qu'ils ne peuvent pas faire telle ou telle chose, par rapport à leur image. On peut dire qu'ils ont vraiment tout donné. Aussi bien physiquement que psychologiquement. À tous les niveaux. Il n'y a rien qui les arrête. Ils sont un peu fous et c'est pour ça qu'on les aime. C'est inouï. Quand on voit le film, on ne se rend pas compte qu'ils aient pu se donner à ce point-là.

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Depardieu et Poelvoorde jouent un père et son fils très touchants


C'est clair ! Saint Amour est un film franco-... belge ! Vous avez tourné avec plusieurs grands de notre petit pays : Yolande Moreau, Bouli Lanners, Benoît Poelvoorde... Sur une échelle de un à dix, à combien estimez-vous chacun votre niveau de Belgitude ?

G. K. : Tu as oublié d'autres Belges qu'on a fait tourner : Serge Larivière et Noël Godin. Comme nous, on recherche le naturel chez les acteurs, les acteurs belges nous conviennent bien parce qu'ils ont cette faculté à la fois de facétie et de naturel qu'il est parfois difficile de trouver en France et qui nous correspond bien : ne pas se prendre au sérieux, aller dans des délires absurdes ou surréalistes. Donc c'est pour cela qu'on se sent très proche de la Belgique. Quant à notre degré de Belgitude, j'espère qu'il est à dix. Parce que cela voudrait dire que, soudainement, on n'est plus français.

Monsieur Delépine, sur dix aussi, ça fait un dix ?

B. D. : (il rigole) Il y a les dix stades de l'ivresse dans notre film. Alors, est-ce qu'il y a les dix stades de la Belgitude ? Je n'en sais rien ! Mais quelque part, l'ivresse de la liberté. Parce que ce que l'on peut reprocher souvent aux Français, c'est de se bloquer eux-mêmes, de perdre en simplicité justement. Et j'espère qu'on est très haut dans cette échelle de valeurs. Et d'ailleurs, vous avez oublié Joël Robert, qui est quintuple champion du monde de motocross. Je ne comprends pas, c'est honteux ! (il rigole)


Je suis désolé : je ferais sans doute un mauvais citoyen de Groland, comme je suis peut-être un mauvais citoyen belge. Je devrais sans doute quitter la Belgique et aller vivre en France. C'est peut-être une solution pour moi ; je m'excuse platement. (ils se marrent) Assister à la lecture par Depardieu d'une description sur le vin, qualifiée par Poelvoorde de scientifique, on est bien d'accord qu'il n'y a que dans l'un de vos films qu'on peut voir ça quand même !

B. D. : On y apprend des choses !

G. K. : Vous avez notez tous les chiffres, c'est bien ! Bon, il y en a peu mais ce sont des chiffres forts, qui marquent la vie d'un homme. Et puis on apprend que les caudalies, c'est, quand on boit un vin, le temps qu'il reste en bouche. Nous-mêmes, nous l'avons appris !

B. D. : Nous l'avons appris dans ce formidable ouvrage qui est montré dans le film. C'est un ouvrage scientifique, véritablement une source d'informations énorme pour tout scientifique. C'est ce fameux trois pages qu'on peut trouver dans toutes les stations-services et qui concerne le vin !

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Gérard Depardieu entouré de son duo de réalisateurs lors du traditionnel photocall


Avec un demi-cru dans une espèce de pizzeria...

B. D. : Ne vous moquez pas de ce petit fascicule parce que nous, nous avons appris le cinéma avec celui qui concerne cette discipline.

J'aimerais bien le découvrir aussi dès lors car j'aimerais réaliser un jour quelque chose aussi. Mais je ne me moque pas, je n'oserais pas ! Comment vont les Grolandais Michael Kael et Gustave de Kervern ? Et comment se porte la présipauté ? Mieux que son voisin la France ?

B. D. : Heureusement, oui ! (il rit) Non non : ça va. Mais chez nous, la présipauté est directement liée à la forme de notre président. Et notre président est généralement en très grande forme ! On peut le joindre à n'importe quelle heure du jour et de la nuit dans le même bar. On peut donc dire que la présipauté ne s'est jamais portée aussi bien.

G. K. : C'est vrai qu'on a perdu notre triple A depuis longtemps. On en est au triple Z. Mais nous vivons très bien. Comme quoi les économistes peuvent dire beaucoup d'âneries.

Ils devraient peut-être lire le trois pages sur l'économie et Groland en deviendrait un exemple pour son voisin la France ! Le moins que l'on puisse dire est que vous avez le sens de la formule. Aaltra était ainsi je crois le « premier road-movie en chaises roulantes ». Saint Amour est lui-aussi un road-movie. Qu'est-ce que ce genre cinématographique a de si singulier à vos yeux ?

B. D. : Comme on est assez limité en termes de psychologie, les personnages n'évoluent que très peu à ce niveau-là. Il faut donc bien les faire avancer d'une façon ou d'une autre. Les véhicules sont tout ce qu'on a trouvé pour les faire progresser. Et en les faisant progresser sur la route, nos personnages rencontrent de nouvelles personnes qui font progresser la psychologie de nos personnages.

G. K. : C'est vrai que ça commence à se voir qu'on fait toujours le même film. Je suis bien d'accord avec vous ! (Benoît Delépine se marre.) Les chaises roulantes, les taxis, les motos... Heureusement, il reste encore la charrette et la chaise à porteur et donc encore plein de possibilités.

Vous proposiez pour rappel avec Aaltra, en 2004, la plus belle réplique du cinéma avec votre fameux « Rendez-nous nos jambes ! »...

B. D. : « J'ai bon mes jambes. » Mais ça, c'est une trouvaille de Benoît Poelvoorde. Et dans ce film-ci, il a eu une phrase qui est magnifique également, quand il dit : « Mais quelle heure il est aujourd'hui ? » quand il est ivre-mort. Ça m'a faut beaucoup rire ! Il en a eu quelques-unes comme ça, à peu près sur chaque film. Il me sidère.

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Vous cadrez très fort les visages, en étant proche du docu parfois en matière de mise en scène... Est-ce important pour vous de vous focaliser sur l'acteur, sur l'homme, sur le personnage ? Et, partant, de laisser moins de place à l'artifice ?

B. D. : On a changé complètement notre fusil d'épaule par rapport au film précédent, où on était vraiment sur des cadres magnifiques, à la limite du pictural. On essayait de trouver des idées visuelles. Mais là, comme on savait qu'au salon de l'agriculture, ce serait à la limite de la panique - parce qu'on a tourné quasiment en caméra cachée -, on était obligé de tourner avec deux caméras et d'aller voler des plans avant que le public ne sorte son portable pour faire des selfies avec Depardieu ou Poelvoorde. C'était par conséquent assez extrême comme ambiance. Donc ensuite, on ne pouvait pas repasser à notre ancien style quand on était dans le taxi. On s'est donc dit qu'on allait continuer à être sur ces visages et donc sur les émotions. Et en plus, on avait envie de filmer nos acteurs de près. Contrairement à notre premier film, Aaltra, dans lequel on n'avait filmé que le cul de Benoît Poelvoorde et jamais son visage, on s'est dit que ça pouvait être une bonne façon de découvrir enfin la tête de cet homme. (il rit)


Messieurs, puis-je vous demander un petit mot pour les visiteurs d'En cinémascope ?

B. D. : Oui ! Franchement, notre film est plus qu'en cinémascope, même si je parle ici pour En cinémascope. Je vous propose de regarder ce film avec des lunettes. Pas des lunettes 3D, mais des lunettes 12 degrés. Grâce à ces lunettes, on peut encore mieux en profiter !

G. K. : Écoutez, je n'ai pas l'habitude de contredire mon collègue. J'appuie donc ce qu'il vient de dire ! Et je ne trouverai pas mieux, comme d'habitude. Et c'est pareil sur les tournages. (Benoît Delépine se marre.)


Jean-Philippe Thiriart

01 avril

Le remake du Martyrs de Pascal Laugier ? Ce soir au BIFFF 2016 !

Non, ce n'est pas un poisson d'avril : ils ont osé réaliser un remake du Martyrs de Pascal Laugier ! Ils, ce sont les Américains bien sûr. Les frères Michael et Kevin Goetz pour être précis, à qui l'on doit déjà Scenic Route (Route vers l'enfer) voici trois ans et Mass Transit voici près de 20. C'était en 1998. Nous n'avons pas encore vu le remake des frères Goetz, projeté ce soir à 22h30 au BIFFF (salle 1), mais avions envie, aujourd'hui, de revenir sur l'original. Petite critique du film sorti en 2008 et du DVD distribué dans la foulée.

MARTYRS

Thriller horrifique
Interdit en salles aux moins de 16 ans

LE FILM ****
LE DVD **

Cinéart / Twin Pics – 1h40
De Pascal Laugier (2008)
Avec Morjana Alaoui, Mylène Jampanoï

Nous avons accordé quatre étoiles à ce film parce que dans le genre auquel il appartient – le thriller horrifique –, le long métrage de Pascal Laugier est terriblement bien réalisé. Il n’est donc pas à mettre sous tous les yeux, tant il atteint son but à merveille : choquer le spectateur comme jamais.

Estampillé film le plus traumatisant de ces trente dernières années, Martyrs ne plaira pas seulement aux aficionados de la saga Hostel car il est beaucoup plus intelligent que les films d’Elie Roth. Tandis que le protégé de Quentin Tarantino ne surprend jamais vraiment, le Français Pascal Laugier repousse toujours plus loin les limites de l’insoutenable. En un mot comme en cent : âmes sensibles, s’abstenir.

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Tantôt adulé par la critique, tantôt démoli par celle-ci, Martyrs donne à voir la descente aux enfers de deux femmes unies par une amitiés sans faille. Il marquera sans doute pendant de longues années encore le film d’horreur français et mondial. Méliès d’Argent du Meilleur film européen, le deuxième film de Laugier est produit par Richard Grandpierre, qui était déjà derrière l’Irréversible de Gaspar Noé (qui avait fait scandale à Cannes en 2002).

Le DVD n’offre malheureusement pas d’autre bonus que la bande-annonce du métrage. Une interview du réalisateur nous expliquant ses motivations quant à son choix de réaliser un film si singulier au parti pris extrême et des entretiens avec les deux actrices principales n’auraient pourtant pas étés de trop.


Bon film ce soir au BIFFF si vous en êtes et excellente suite de Festival à tous !

Jean-Philippe Thiriart

09:04 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de DVDs, Critiques de films, Présentations de festivals | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bifff, martyrs, pascal, laugier, goetz | |  Facebook | |  Imprimer |