30 mars

Projeté en Avant-Première ce soir à l'Acina, Le Scénariste suit... Le Con !

C'est ce soir à 18h20 que Le Scénariste - le nouveau court-métrage du réalisateur namurois François Paquay - sera projeté dans la grande salle du cinéma jambois L'Acinapolis. Nous ne pouvons que vous encourager à découvrir le deuxième bébé du papa du film Le Con. Notez que Le Scénariste est d'ores et déjà sélectionné au Brussels Short Film Festival, qui fêtera ses vingt ans du 27 avril au 7 mai prochains. Il y sera projeté à trois reprises en compétition nationale. Un gros « Bonne m... » au film, donc d'ores et déjà ! Lorsqu'il nous a annoncé ces bonnes nouvelles, François nous a rappelé que nous étions les premiers à l'interviewer à l'époque. Une interview organisée au Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF). Vous la retrouverez ci-dessous. Bonne lecture et... bonne découverte du petit frère du Con à Jambes ce soir !


1_Scenariste.jpg

L'Avant-Première du
Scénariste, c'est ce soir à l'Acina !



Pour assister gratuitement
à la projection de ce soir,
cliquez ici !




Avant Le Scénariste était Le Con !



Début octobre 2009, nous avions rendez-vous avec François Paquay, l’enthousiaste réalisateur du court métrage namurois Le Con, sous le chapiteau public du FIFF. Le film allait figurer en compétition au Festival du court-métrage Média 10-10, à la Maison de la Culture de Namur. Cet entretien nous a permis de faire plus ample connaissance avec François et d’apprendre pas mal de choses sur son premier court.


Voici le synopsis du film :


Jean-Bernard Lambillote, adjoint à la direction de la FDCBPP, est sous le choc lorsque sa candidature pour le poste de directeur est rejetée. Après 17 ans de bons et loyaux services, ce ne sera pas lui mais Carl De Strooper : un homme froid, distant, incapable de sourire…
Mais pourquoi avoir choisi un type pareil ! Il va falloir réagir et prouver que Carl n’est pas celui qu’on croit.


Le con_dessine.jpg





Notre interview de François Paquay


C
omment s’est passé ton passage du poste d’assistant-réalisateur au poste de réalisateur à part entière. Était-ce une évidence de passer à la réalisation ?

Oui, complètement parce que je suis formé à l’IAD en réalisation. J’avais déjà réalisé des émissions télé et des petites fictions. J’avais été assistant aussi. En fait, j’avais occupé tous les postes comme c’est la tradition à l’IAD malgré que ton cursus soit orienté réalisation fiction ou TV, par rapport à d’autres écoles.

Toi, tu étais en fiction, juste ?

Oui, moi, j’étais en fiction. Personnellement, j’étais plus orienté documentaires. D’ailleurs, quand je suis sorti de l’école, je suis allé rencontrer les producteurs de Strip-tease et en fait, ça a un lien avec Le Con parce que ce que j’aimais bien dans cette émission, c’était évidemment la satyre et le regard très critique qui va épingler les failles des personnes. Et ce qui était bien justement avec Strip-tease, c’est qu’ils sont justement allés vers des gens qui pouvaient maîtriser ces failles mais qui ne les maîtrisaient pas, comme des hommes politiques à responsabilités alors qu’avant, ils allaient plutôt chercher des gens handicapés. Et c’est pour ça en fait que j’ai trouvé que le scénario de Le Con était un peu lié à cela.
Je suis sorti de l’IAD en étant engagé à la RTBF comme réalisateur TV et puis mon contrat se terminant, j’ai dû trouver du boulot, tout en ayant comme premier rêve de faire de la réalisation de films.

De films de fiction alors, tu veux dire ?

Oui, mais pas de projets de scénarios que j’avais écrits. Je n’avais encore aucun projet. Nicolas Buysse m’a simplement glissé dans l’oreille qu’il y avait un jeune réalisateur namurois qui allait tourner son premier court métrage et qu’il en faisait partie comme acteur principal. J’ai donc appelé Xavier Diskeuve, que je ne connaissais absolument pas à l’époque. C’était marrant parce que Xavier était amusé que les gens viennent vers lui.

Tu avais lu son scénario avant ?

Je ne savais rien du tout. Je cherchais juste à avoir de l’expérience. Par contre, il m’a dit qu’il y avait déjà un premier assistant. Je venais d’une grosse pub où j’avais été second, où j’avais été surboosté. C’était la nuit. C’était une pub pour Meurisse, avec de gros moyens, avec des acteurs anglais. Une fois que tu vas sur ce plateau-là, une fois que tu as vu ça, t’es blindé. T’es blindé pour du court. Ça, c’est certain. Et donc, quand je suis arrivé sur le court de Xavier, j’étais très en forme
(il rit) et ça m’a permis d’avoir une grande place sur ce film. On n’en a jamais vraiment parlé avec Xavier mais on peut parler d’une place où je m’intégrais vraiment dans la mise en scène. Et donc La chanson chanson, c’était non seulement un service d’assistanat mais j’étais vraiment un peu le bras droit de Xavier, même au niveau de la mise en scène.


FP Le S.jpg

François Paquay et Serge Riaboukine sur le plateau du
Scénariste



J’ai entendu Xavier dire, une fois, que sans l’entourage qu’il avait, il n’aurait jamais réussi à faire le film…

C’est exact. Il a eu évidemment tous les problèmes qu’un premier film a. C’est-à-dire qu’il mélange des gens qui ont de l’expérience et des gens qui n’en ont pas. Il mélange des gens qui viennent de milieux différents et ce n’est pas évident quand c’est ton premier à mettre en place. Mais ça s’est super bien passé au final puisque le film est encore maintenant sélectionné pour représenter les courts métrages belges alors que c’est un film qui a été tourné il y a bientôt dix ans. Il s’agissait donc d’une première expérience. Xavier m’a ensuite rappelé pour Mon cousin Jacques mais là, j’ai eu des problèmes privés, qui ont fait que je n’ai pas su le faire. J’ai ensuite repostulé auprès de Xavier pour Révolution. Il m’a alors réengagé. Mais je n’avais toujours pas de réel projet de réalisation. J’étais aussi sur un long métrage de Frédéric Ledoux comme assistant-réalisateur. J’ai fait toute la préparation puis j’ai arrêté pour des raisons personnelles également.

J’ai rencontré Damien Chemin aussi, avec qui j’ai travaillé sur Le généraliste. Il m’a ensuite demandé de faire l’assistanat sur La Monique de Joseph mais là je n’ai pas pu le faire pour des raisons financières. Ce qu’il faut savoir, c’est que le cinéma est un secteur où tout le monde a envie d’aller mais au niveau économique, c’est une catastrophe. Il faut bien le dire. Les gens sont payés entre zéro et cinquante euros par jour, quand tout va bien. Dans le court métrage en tout cas. Dans le long métrage, c’est un peu mieux. Mais pour en vivre, il faut bien se dire que les gens rament.

Heureusement que tu as la pub sur le côté alors ?

J'ai pu réaliser Le Con parce que j’ai fait des films d'entreprise et de la pub, qui m'ont permis de mettre de l'argent de côté pour des projets personnels. On ne gagne pas sa vie avec des courts, au contraire, car c’est vraiment la débrouille. Je dis souvent que c'est un « sport de riches ». Xavier m’a dit qu’il avait écrit une nouvelle qu’il avait proposée au concours des nouvelles polar de la RTBF. Il m’a dit qu’il ne pensait pas qu’il mettrait en scène le court qui en découlerait. Ce qui est fou, c’est que c’est lui qui l’avait écrite ! Il m’a dit qu’il y avait, dans Le Con, des choses qu’il n’avait pas envie de réaliser. Je pense qu’il parlait du robot et du côté un peu polar qu’il y a dans son histoire, par rapport à ses films qui ne sont pas vraiment des polars.

Il avait déjà remporté le concours polars avec La chanson chanson...

Oui, alors que ce n’est pas vraiment un polar. Il y a une tension dramatique mais ce n’est pas un polar à proprement parler. Il m’a dit qu’il pensait que c’était le genre de films qui m’iraient bien. C’est marrant parce que Xavier me connaît mieux que moi-même en fait (il rit). Au départ, quand j’ai lu la nouvelle, j’ai réalisé que c’était exactement le genre de thème que j’ai envie d’aborder dans tous mes scénarios, que je commence et que je ne fais jamais aboutir, notamment la prise de conscience d’un personnage. Mais une prise de conscience qui soit délirante, qui soit absurde. La parano. Dans Le con, le personnage principal part dans une sorte de délire proche de la paranoïa. Tout ça traité avec beaucoup de satyre, beaucoup d’humour sur le fonctionnariat. Il y avait quelque chose de risible dans ce personnage-là qui me ramenait à ce que j’aimais bien dans les Strip-tease.

J’y trouvais donc mon bonheur total. Le lendemain, j’ai dit à Xavier que j’avais envie de réaliser le film et il m’a proposé d’être mon producteur. Alors là, c’était l’orgasme complet ! (il rit) En réalité, j’avais du mal à trouver un producteur pour mes projets. Rien de concret donc. Et là, j’ai un producteur. Avec qui je m’entends bien. Avec qui je suis sur la même longueur d’onde, qui me propose un scénario et qui en plus me propose d’être mon producteur. J’aurais dit non, je crois que j’aurais vraiment été… un con. (il rit).

Le choix des trois acteurs principaux - Jean-Philippe Lejeune (Jean-Bernard Lambillote), Koen Van Impe (Carl De Strooper) et Nathalie Delhaye (Claire Lambillote) était-il une évidence ?

De nouveau, Xavier, comme producteur, m’a aidé énormément. Je ne sais pas si c’est normal ou pas mais en adaptant sa nouvelle, il fallait que je me l’approprie, que ça devienne le film que je voulais faire, avec le message que je voulais faire passer. Il fallait vraiment que je le retransforme. C’était pareil avec les comédiens. Pour Le Con, j’avais pensé à Serge Larivière mais c’était trop évident parce qu’il jouera toujours des antihéros.

Comme dans Formidable finalement…

Oui, voilà ! Mais j’avais envie que ce soit un peu moins évident donc en réfléchissant, on s’est dit que Jean-Philippe Lejeune serait vraiment bien dans ce rôle-là et Xavier me l’a tout de suite proposé. Et effectivement, je l’avais déjà vu dans une pièce de théâtre.


Le con en quatre images clés.jpg

Le Con en quatre images-clé



Était-ce alors sa première apparition au cinéma ?

Oui et non. Il avait déjà fait une pub pour Pure FM où il jouait un chasseur qui réanime une biche après lui avoir tiré dessus. Mais quand on prend un acteur de théâtre, on se demande toujours comment ça va aller. Est-ce qu’il ne va pas en faire de trop ? Est-ce que ça ne va pas être trop surligné ? Finalement en fait, en voyant cette pub, il y a un plan dans lequel il était déjà dans le personnage du con, lorsqu’il est dans la voiture. Quand j’ai vu cette pub, je n’ai eu aucun doute.

Puis pour interpréter Carl De Strooper, il fallait trouver un personnage. On a pensé à Jan Hammenecker parce qu’il a un côté comique qu’on voulait donner dans ce film. Je l’ai contacté et il était d’accord. Il est arrivé, on a fait un essai et là, j’étais moins sûr de mon choix parce que le côté comique était trop souligné. Il s’en est rendu compte aussi et m’a appelé pour me dire qu’il estimait que ça n’irait pas. Et je le remercie parce que c’est toujours délicat. À un moment donné, tu commences, t’as déjà fait une première répétition sans être tout à fait certain. T’es sûr à 90% mais il y a un truc qui ne passe pas et finalement, c’est lui qui a eu le courage de le dire. On peut très bien s’embarquer et quand c’est fait, c’est trop tard.
En fait, j’avais vu Tanghi Argentini, avec Koen Van Impe. Il y jouait déjà un personnage de chef glacial et austère, avec un employé qui était une tête de con lui-aussi. Si tu veux, la relation hiérarchique, elle est là. Et moi, dans Le Con, je voulais un type qui soit glacial puisqu’il fallait faire croire dans l’histoire que ce type était peut-être un robot. Je voulais que le spectateur y croit, ait un doute.

Pour l’actrice, il fallait quelqu’un qui soit borderline parce que c’est elle qui va amener le côté « pétage de plombs ». Dès la première scène, il fallait qu’on sente qu’il y a une faille dans cette personne. Il était par conséquent nécessaire qu’elle soit crédible dans le rôle de l’épouse de Jean-Bernard. J’ai donc cherché une comédienne du même âge, du même profil, etc. Il fallait qu’il y ait déjà quelque chose de cassé, qu’on sente qu’il y a une grande frustration qui soit déjà là, ne fût-ce que par son attitude. Je ne trouvais pas d’actrice. C’est ma femme qui a rencontré, lors d’une incentive, une comédienne qui est habituée à jouer pour les entreprises. Elle s’appelle Nathalie Delhaye et n’avait jamais joué dans une fiction. Elle faisait un peu de théâtre mais travaillait surtout pour des entreprises. C’est une comédienne qui est bonne élève. Il faut absolument que tous les plans soient parfaits à ses yeux. Elle est prête à refaire une scène cinquante fois s’il le faut. Elle s’est vraiment montrée au service du film.

Je suis très content du résultat du film parce que ce que je voulais, c’est que le spectateur puisse regarder le film en regardant les personnages comme des cobayes dans une cage. Réussir à créer une distance et que ça fasse l’effet de la satyre et non pas donner la possibilité au spectateur de rentrer dans le film sans se distancer.

Jean-Philippe Thiriart

10:29 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films, Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le, scénariste, con, françois, paquay, acina, acinapolis, avant, premiere | |  Facebook | |  Imprimer |

Les commentaires sont fermés.