07 avril

Cruelle est la nuit - L'issue sera la même pour tout le monde

Cruelle est la nuit

D'Alan Deprez (
2016)

P
rojeté ce vendredi 7 avril dans le cadre de la sélection des courts-métrages belges hors-compétition du BIFFF 2017, Cruelle est la Nuit d’Alan Deprez est la bande qu’on attendait depuis un bail tant sa conception et sa sortie furent repoussées. L’occasion nous est donc enfin donnée d’en parler, histoire de mettre en avant la créativité dont la Belgique peut encore déborder mais aussi l’indépendance de ses créateurs pour qui le mot « limite » n’a peut-être pas le même sens que pour le commun des mortels.

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Un condensé de violence, de poitrines opulentes, de révolte et d’humour noir. Voilà ce qui pourrait donner une idée somme toute exhaustive de la vingtaine de minutes que représente Cruelle est la Nuit.
Un soir, Kel (le boss), Arno et Sid du collectif Aetna préparent batte de base-ball et flingues pour une expédition punitive. Ils doivent se rendre chez le politicien véreux Hein Stavros avec comme seul but de l’éliminer. Le problème est que lorsqu’ils débarquent chez lui, les trois « activistes » se retrouvent en pleine partie fine, ce qui va quelque peu les contraindre à adapter leur plan.

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Les moyens les plus classiques sont souvent les plus efficaces


Doté de personnages singuliers et même parfois attachants, Cruelle est la Nuit est le genre de bande soignée tant au niveau du scénario que de la réalisation. En effet, si le concept de base surfe sur quelques poncifs presqu’obligatoires du genre, il n’en est pas moins original. On est bien loin de l’histoire basique du cassage de gueules simpliste. Ici, le contexte sociopolitique a son rôle à jouer et la morale de la vanité de la révolte apporte une symbolique réfléchie sans non plus tomber dans l’intello. Le film doit tenir le spectateur jusqu’au bout et les créateurs l’ont parfaitement assimilé au point d’offrir à celui-ci son lot de démonstration des plaisirs de la chair et d’exagération des scènes gores.
Mais les autres points forts de Cruelle est la Nuit sont sans nul doute le traitement photo et la musique offrant une qualité sombre mais propre de l’image et une tension plombante grâce aux rythmes industriels de la bande originale.
Le réalisateur Alan Deprez s’est fait plaisir en mêlant ses différentes influences esthétiques et cinématographiques tout en insufflant une vision pour le moins nihiliste de l’existence.

Guillaume Triplet

09:58 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans BIFFF, Critiques de films, Présentations de festivals | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bifff, festival, international, film, fantastique, bruxelles, cruelle, est, la, nuit, alan, deprez | |  Facebook | |  Imprimer |

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