08 avril

WHAT IFFF… Chapitre quatrième - « Tue, quoi que mon fils… »

Rêve prémonitoire, abus de psychotropes bio ou délire paranoïaque, le sang coulera lors de cette 35e édition du BIFFF. Qui ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? Il nous reste quelques jours pour le découvrir…

 

IMG_20170408_133747.jpg3h42 du matin. Après  avoir avalé les kilomètres, il s’installe rapidement derrière son Christian – surnom qu’il a donné à son clavier d’ordinateur suite à la déprogrammation de dernière minute des Visiteurs 3 à l’édition 2016 du BIFFF – pour taper avec acharnement un papier sur le dix-septième film visionné en à peine quatre jours. « Ce soir, elle devait venir… et je suis parti ! », ce sont là les seuls mots qui lui viennent à l’esprit. Cette fois encore, les minutes s’égrainent et l’écran reste désespérément blanc. Il se couche et ferme les yeux. Cette fois encore, il espère qu’avec la tête reposée et les vapeurs de Troll dissipées, l’inspiration viendra. C’était sans compter la persistance rétinienne du clignotement hypnotique de la barrette de son document Word qui le poursuit la nuit et le jour. Peut-être ce jour de trop au cours duquel, dans un moment de lucidité, il se décidera enfin à écrire son propre scénario en lettres de sang… avec, bien entendu, le public privilégié du BIFFF au premier rang !

 

Déception, frustration et ambition, ne sont que quelques-uns de ces savoureux ingrédients qui poussent parfois au crime… et qui alimentent également le quotidien de vieux briscards de la presse spécialisée qui arpentent les allées du festival. Même les plus jeunes d’entre eux paraissent vieux avec leurs poches sous les yeux et le teint pâle à force de visionner une majorité de mauvais films en quête de la perle rare qui pourrait les faire sortir de l’anonymat scribéen. Lequel d’entre eux n’a jamais caressé le rêve de voir son nom, écrit en grand, dans le haut du pavé de l’article de presse étalé sur cinq colonnes plutôt qu’au bas d’une énième chronique anodine ? Pour passer de spectateur à acteur, il n’y a qu’un petit pas à franchir…

 

Eh oui, cher public du BIFFF ! Vous qui adulez des actrices de 12e rang pour leur tour de poitrine, qualifiez de culte des films qui ne franchiraient même pas la première marche du sous-sol de Cannes, je vous défie de citer sous cette rubrique le nom d’au moins trois journalistes présents au BIFFF. C’est peut-être cette année une question de vie ou de mort !

 

"WHAT IFFF…",

une journalistico-fiction de Serge Adeline

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