26 août

LA TOUR SOMBRE, loin d'être clair

De Nikolaj Arcel (D'après la saga littéraire de Stephen King)
Avec Idris Elba, Matthew McConaughey, Tom Taylor
Fantastique
1h35

Cote : *

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La Tour sombre est un film de Nikolaj Arcel. Le réalisateur, connu pour son scénario du film Millénium en 2009, offre ici une réalisation plutôt moyenne. L’histoire se base sur la série de huit romans de Stephen King. Il est bien évidemment toujours délicat de s’attaquer à la réalisation d’un film en se basant sur les romans d’un écrivain au succès incontestable.

Les acteurs principaux sont Idris Elba (Prometheus, Thor, Mandela : un long chemin vers la liberté) et Matthew Mcconaughey (Interstellar, Le Loup de Wall Street). Leur jeu, bien qu'assez bon, ne permet pas de relever le niveau du film - moyen - à celui qu'on aurait pu espérer.

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Lorsqu'on lit les livres de Stephen King, on est directement plongé dans une ambiance sombre et on ressent une certaine tension. Ici, cette tension n’est pas assez perceptible et la noirceur du film n’est pas assez proche de celle des livres. On a par moment envie de croire à l’histoire mais des effets spéciaux grotesques viennent parfois nous en empêcher.

La seule évolution intéressante dans le fil de l’histoire est celle du Pistolero (Idris Elba). On sent en lui une réelle interrogation sur sa capacité à influencer son monde. C’est sans doute l’élément le plus réussi du scénario mais c’est sans doute un peu trop faible pour emmener tous les spectateurs avec soi.

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De plus, certaines scènes sont inexpliquées et même inexplicables. On ne parvient pas dès lors pas à comprendre leur intérêt dans ce film. Elles n’aident ni l’évolution de l’histoire ni celle des personnages et laissent donc le spectateur perplexe sur leur utilité.

On ne saurait pas réellement vous conseiller d’aller voir ce film mais plutôt de vous limiter aux huit livres de Stephen King sur La Tour sombre. Si, par contre, vous souhaitez absolument voir des adaptations de romans de Stephen King, Shining et La ligne verte sont d’un tout autre calibre et vieillissent très bien.

Raphaël Pieters

08:27 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la, tour, sombre, stephen, king, matthew, mcconaughey, idris, elba, dark, tower | |  Facebook | |  Imprimer |

19 août

THE CIRCLE ou le film qui n'avait pas lieu d'être

De James Ponsoldt
Avec Emma Watson, Tom Hanks, John Boyega, Karen Gillan
Thriller
1h50

Cote : *

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Mae (Emma Watson) est engagée chez The Circle, une gigantesque entreprise à la tête du réseau social le plus puissant du monde. Elle va rapidement grimper les échelons de la hiérarchie jusqu’à ce que Eamon Bailey (Tom Hanks), le fondateur de l’entreprise, lui propose de participer à un programme de test bousculant les limites de la vie privée.

En une phrase : Facebook c’est des méchants et vous allez tous finir à poil sur internet si ça continue, peu importe ce que vous en pensez.

Mais est-ce vraiment ça The Circle ?

Impossible d’identifier le message du film, la morale que voudrait nous transmettre le réalisateur. Ici, pas d’évolution des personnages, pas d’éléments venant perturber ou modifier leur façon de penser. Leurs décisions paraissent si éloignées de la réalité qu’il est impossible de ressentir quoi que ce soit pour eux (coucou John Boyega).

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Vous vous souvenez d’Indiana Jones et les Aventuriers de l’Arche Perdue ? Vous vous rappelez que le film arriverait à la même conclusion sans son personnage principal ? Eh bien The Circle souffre du même syndrome. Emma Watson n’est là que pour accélérer un peu un processus qui semble inévitable. L’archétype du personnage-fonction pour lequel, comme précisé plus haut, on aura du mal à avoir de l'empathie.

The Circle se termine d’une manière abrupte après presque deux heures de vide. Il laisse le spectateur sur sa faim, qui se demandera peut-être où sont passées les 10 dernières minutes qui aurait pu lui permettre de corriger les aberrations d’un scénario sans réel intérêt.

Où est ce foutu bouton « dislike » ?

Antoine Leroy

 

09:02 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the, circle, emma, watson, tom, hanks, facebook | |  Facebook | |  Imprimer |

09 août

Valérian et la Cité des mille planètes, un Besson en pleines formes !

De Luc Besson
Avec Dane Dehaan, Clara Delevingne, Clive Owen, Ethan Hawke, Rihanna
Science-fiction
2h18

Cote : ***

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Le premier album de la série de bandes dessinées de science-fiction Valérian et Laureline date de 1967. Les premières histoires des héros apparaissent dans le magazine hebdomadaire français Pilote, consacré presque exclusivement au neuvième art dès le milieu des années soixante. Cette série de BDs comporte 23 albums écrits par Pierre Christin entre 1971 et 2007.

Bien évidemment, Luc Besson a dû faire un choix pour réaliser son dernier bébé. Il a dès lors décidé de se baser sur le sixième album : L’ambassadeur des ombres, paru en 1975. Tout en prenant certaines libertés bien sûr. En effet, si les références sont nombreuses, la trame s’avère pour sa part bien différente de l’album dont le réalisateur s’inspire ici.

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Rayon acteurs, on retrouve Dane Dehaan, surtout connu pour son rôle du Bouffon Vert dans The Amazing Spiderman : le destin d’un héros. Il joue ici le rôle central de Valérian. Si cet acteur peut-être un rien méconnu du grand public semble bien expérimenté pour son jeune âge, c'est que ce jeune âge est tout relatif. Il est en effet trentenaire. Rien d'étonnant dès lors à ce qu’il joue tantôt la malice tantôt la sincérité, non sans une certaine justesse. On retrouve également la très belle Clara Delevingne, plus connue comme mannequin que comme actrice... quoique. Elle tenait déjà le rôle principal de La face cachée de Margo, sorti en 2015, lequel fut plutôt une belle réussite. Les acteurs plus expérimentés sont sans doute à chercher du côté des seconds rôles. On retrouve en effet Clive Owen (La mémoire dans la peau, Le Roi Arthur ou encore Inside Man) Il joue ici le rôle du commandeur Arün Filitt avec nuances. Au casting également Ethan Hawke (Before Sunrise il y a plus de vingt ans déjà mais aussi Lord of War, Before Midnight ou plus récemment Les sept mercenaires). Plus surprenante est l’apparition de Rihanna dans un rôle que nous qualifierons de très... élégant !

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L’intérêt majeur de ce film de science-fiction ne réside sans doute pas dans le jeu de ses acteurs mais bien dans les effets spéciaux ou dans les messages qu’il transmet. En effet, le film de Luc Besson s'inscrit dans la lignée de deux de ses rejetons : Lucy, dans une certaine mesure, et, bien sûr et surtout Le Cinquième élément. Tandis que ces deux films de science-fiction s’adressaient à un public déjà sorti de l’enfance, Valérian et la Cité des mille planètes s’adresse à un public allant de 9 à 99 ans. Pas de véritable scène violente en effet et une technologie qui dépasse de toute manière tout spectateur. Les plus jeunes ne sont-ils pas, dès lors, les plus à même d’imaginer et de s’identifier aux personnages présents dans le film ? Poser la question... Les effets spéciaux permettent au réalisateur de nous emmener d’une planète à une autre en moins de temps qu’il ne faut pour le dire et de faire cohabiter des créatures plus invraisemblables les unes que les autres.

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Niveau messages, ce film, comme la plupart des films de science-fiction actuels, imagine une vie humaine spatiale après un cataclysme sur Terre ou ailleurs. Ce qui marque ici, c'est le peu de conflits entre les espèces, ceux-ci s'étant déroulés en dehors de la période couverte par le métrage. Nous nous sommes par ailleurs interrogés sur un des choix du réalisateur du film présenté ou de l’auteur de la bande dessinée dont il est issu. Celui de voir six millions d’habitants anthropomorphes de la planète Mül décéder dans une guerre à laquelle ils ne participaient pas. Ce chiffre ne peut que directement évoquer la seconde guerre mondiale et les six millions de Juifs exterminés dans les conditions que nous connaissons tous. Le fait que ces êtres anthropomorphes se soient instruits fortement après la destruction de leur planète et nous conseillent d’accepter notre passé pour continuer à aller de l'avant est également à souligner. Quoi de plus formateur en effet qu’un film qui nous conseille de nous instruire, nous et nos enfants et qui montre qu'une cohabitation possible entre différentes espèces est envisageable ?

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Le scénario du film est bien entendu cousu de fil blanc et les acteurs en présence n’ont pu interpréter ici les plus grands rôles de leur carrière respective. Mais tel n'est pas l'objectif numéro un des films de science-fiction. Certains auront peut-être vu du sexisme dans ce film. Nous leur demanderons alors de nous expliquer la discussion entre les deux personnages principaux que l’on pourrait qualifier de... « ce que femme veut, Dieu le veut ». Nous leur demanderons, aussi, comment ils analysent le made in Besson, un cinéma dans lequel la femme occupe bien souvent une place centrale. Si les films de science-fiction parviennent à nous aider à reconnaître nos erreurs passées individuelles ou collectives, à les accepter, et à nous en défaire afin de nous permettre d’envisager l’avenir sous un jour meilleur ; alors ils peuvent sans aucun doute être qualifiés de grandes réussites. Le dernier Besson y parvient sans nul doute !

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Raphaël Pieters et Jean-Philippe Thiriart

09:22 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : valerian, cite, mille, planetes, luc, besson, clara, delevingne, rihanna | |  Facebook | |  Imprimer |