26 oct.

Lumière ! L’aventure commence – Interview de Thierry Frémaux

Cette semaine, sort en salles le très beau documentaire que Thierry Frémaux a consacré aux Frères Lumière et à la naissance de leur cinéma : Lumière ! L’aventure commence. Nous avons interviewé le Délégué Général du Festival de Cannes avec d’autres médias au Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF) lors d’une table ronde. Voici, pour vous, les meilleurs moments de cette dernière.

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Thierry Frémaux, de quelles missions vous sentez-vous investi ?

Les Américains disent « The Labour of Love ». Il s’agit de mission sacrée parce que j’ai quand même le sentiment d’un immense privilège là où je suis. C’est-à-dire que je suis dans les deux plus belles avenues du monde : la Rue du Premier Film et la Croisette. Il y en a une troisième - Hollywood Boulevard mais ça, on leur laisse. Cette mission mêle le très contemporain et le très historique et je pense qu’en fait, c’est la même chose. On se bat tous pour dire que nous devons cesser de parler de « vieux ». Le mot « patrimoine » est joli mais pourquoi ne pas garder le mot « classique » ? On le dit pour la musique, la littérature et la peinture. Accolons le mot « classique » au mot « cinéma ». Aucun film ne sera jamais plus vieux qu’une pièce de Shakespeare. Et on ne dit pas : « Dites donc, hier, je suis allé voir un vieux Shakespeare ». Non, il n’y a pas de vieux Shakespeare. Et donc le cinéma, il est là. Je cite souvent cette phrase que Tavernier avait mise dans un de ses films - Mississipi Blues : « Le passé n’est pas mort, il n’est même pas passé. ».

Quand on voit les films Lumière – en tout cas quand moi je les vois et j’espère que c’est votre sentiment aussi - on ne se dit pas que c’est de l’archéologie. On se dit que c’est là, le cinéma est là tel qu’il est aujourd’hui et sans doute pour après. Évidemment, à Cannes, c’est le très contemporain. Dans les deux cas, il faut faire preuve à la fois de générosité et d’enthousiasme. D’une certaine modestie aussi. Et je suis un cinéphile qui aime. Je ne suis pas un cinéphile qui n’aime pas. Je veux dire par là qu’il y a des cinéphiles qui, dès qu’ils ouvrent la bouche, disent ce qu’ils n’aiment pas. Et ça me peine mais il y des critiques qui agissent de la même manière. Je préfère parler de ce que j’aime. C’est beaucoup plus difficile de dire ce qu’on aime et pourquoi un film, c’est bien, que pourquoi ce n’est pas bien. De mon livre, les gens ont dit : « oui, c’est un bouquin sympa ». J’ai répondu : « encore heureux, je n’allais pas parler des cons ». Mais c’est aussi une question de générosité. Cela ne veut pas dire naïveté mais que quand on dit on aime, cela ne veut pas dire qu’on aime tout.

Il y a quelque chose d’un aller-retour permanent entre passé et présent, entre Lyon et Cannes, qui me sert pour Cannes, qui me sert pour Lyon. Si je peux faire ce questionnement sur les films Lumière, c’est parce que je suis un cinéphile contemporain. Et, en même temps, quand on est dans le processus de sélection à Cannes, il peut m’arriver de parler des films d’une manière qui ressemble plus à comment je vais parler du Crime de Monsieur Lange de Renoir, que j’ai revu samedi, ou du dernier film des frères Coen. Et tout ça pourquoi ? Parce que c’est la même chose. Celui qui aime la musique, il aime la musique. Il n’aime pas la vieille musique ou la nouvelle musique. Le cinéma c’est pareil.

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Auguste et Louis Lumière


Comment vous êtes-vous rendu compte que vous pouviez, à partir des film Lumière, démontrer qu’ils avaient déjà les bases de la grammaire cinématographique ?

C’était évident parce que je connaissais les films. Donc on revient à ça : j’avais ce privilège de connaitre les films, il n’y avait pas de raison que je garde ça pour moi. Mais le film est aussi destiné à combattre pas mal d’idées reçues, de clichés sur Lumière. Des belles légendes, dont la plus formidable : « celui qui a inventé le cinéma n’y croyait pas ». Évidemment, il n’a jamais dit : « le cinéma est un art sans avenir ». Mais c’est beau, l’idée de savoir qu’un inventeur puisse l’avoir dit. Et sa place dans l’histoire était bizarre : pas vraiment un inventeur, pas vraiment un cinéaste. Et moi je voulais dire qu’il est complètement un inventeur et qu’il est complètement un cinéaste. Comme inventeur, évidemment qu’il n’est pas tout seul. Et lui-même l’a dit. Il faut citer les noms de Marey, Muybridge, Edison, Le Prince, Émile Reynaud… Celui qui va inventer le vaccin contre le sida, il n’aura pas inventé le microscope. Toute grande invention humaine est donc un processus collectif. Sauf que Lumière a fait ce qu’il fallait pour finir et il n’y a aucun inventeur après lui. Cela prouve que quand c’est fait, c’est fait. Et puis il est totalement un cinéaste et là c’est ce que prouve le film. Parce que le cinéma est là, c’est une évidence.

C’est pour cela que je me sers de cinéastes après lui et que je fais ainsi du futur historique. Je parle de Raoul Walsh ou encore de James Cameron. Pourquoi ? Parce que cela prouve que les questions que les cinéastes se sont posées tout au long du siècle, Lumière se les est posées en premier. Parce qu’il avait une caméra, il s’est dit : « je fais quoi ? », comme un cinéaste chaque matin lorsqu’il est sur son plateau et se demande où les éclairages et les caméras vont être placés. Lumière fait donc partie de cette famille-là et en était exclu. Le côté « Lumière invente une machine mais Méliès invente le cinéma ». « Lumière c’est le documentaire, Méliès c’est la fiction. » Non, tout cela n’est pas vrai. Et cela a aussi cette vertu de dire aux gens : « n’écoutez pas ce que l’on vous dit ». Billy Wilder disait toujours : « ne dites jamais au public qu’un plus un égale deux, laissez-les calculer ». Là, c’est pareil : c’est pour donner ces films aux gens et puis après, ils se débrouillent. Moi, je guide, je pose des questions, je formule des hypothèses.

 

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La Sortie de l'usine Lumière à Lyon


Comment avez-vous procédé pour la sélection des 108 films Lumière qui composent votre film ?

Ce sont des films que je connaissais très bien. Je les connais tous mais ceux-là et quelques autres particulièrement parce que j’avais l’habitude de faire cela en live. Je faisais des commentaires en direct et donc je savais à peu près quoi faire. Et j’avais chapitré de la même manière. J’avais même fait une VHS à New-York il y a vingt-cinq ans. On m’avait enregistré. J’avais dit que je ferais pareil. J’arrive en studio et je dis de ne pas s’inquiéter, que je connais tout ça par cœur. Je demande un micro, de me montrer les films et je le fais. Ça allait durer une heure et demi. Bon, évidemment, ce ne fut pas le cas. Le ton du live n’est pas le ton d’un film qui tout de même allait faire trace. Il fallait par conséquent que je fasse un peu attention. J’ai ainsi tout recommencé, tout réécrit, puis enregistré sagement, normalement en fait.

Et ces 108 films permettent de faire un premier voyage dans le cinéma de Lumière. C’est pour cela que je les ai séparés dans ces chapitres qui permettent d’avoir une sorte de premier aperçu de ce qu’était le cinéma. Et, en effet, on s’aperçoit que c’est dingue. Ils ont fait telle et telle chose. Mais pourquoi ? Parce qu’ils n’avaient pas de recette, qu’ils étaient ouverts. Et l’histoire du premier travelling à Venise est intéressante. Quand il a fait le film, le collaborateur de Lumière l’a envoyé à Lyon – comme ils le faisaient tous - avec une lettre : « Monsieur Louis, j’ai pensé à un truc là, j’ai mis la caméra sur un bateau, j’ai pensé que cela pouvait faire joli mais attention, si cela ne vous plait pas, détruisez le film, ne me renvoyez pas». Donc, il y a quelque chose qui prouve que tout était des hypothèses. Et c’est pour cela que c’était un cinéma si moderne. La modernité est de poser des questions. Ce n’est pas d’apporter des réponses. La modernité, c’est de dire : « Et pourquoi pas ceci ? Et pourquoi pas cela ? ».

 

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L'Arroseur arrosé


Il y a des gens qui ne savent pas ce que c’est qu’une vidéo, ce qu’est un film…

Oui et c’est pour cela que le premier film me plait tant : le sujet, le peuple, les hommes, les femmes, les ouvriers à l’usine… On ne sait pas où la littérature, la musique et la peinture ont été inventées. On ne le saura jamais. Le cinéma - désolé pour les Américains -, on sait. C’est ici, c’est chez nous. Mais surtout, vous imaginez un art qui s’ouvre par des portes qui s’ouvrent ? Ensuite, c’est un cortège. Donc, il n’y a pas une image qui est semblable à la suivante et à la précédente. Et cela se termine par une porte qui se ferme. C’est tout de même un truc fou ! Et dans ce vingtième siècle qui sera celui de la foule et de la multitude, ça commence par cela. Si ça avait été un film d’enfants, je serais en train de vous dire : « c’est génial, c’est un film d’enfants ». Mais il y a, dans le choix des sujets, des symboliques assez fortes de ce qu’était ce monde-là, monde qui n’a pas changé par rapport au nôtre. Et on reviendra à tout cela. Aujourd’hui, on parle de transhumanisme. C’est comme la nourriture bio. Il faut parler de films bio : des films comme ceux-là dont l’image n’est pas manipulée, pas truquée, pas digitalisée, pas Photoshopée. Voilà, c’est cela : ce qu’on voit, on le voit.

Ce sont aussi les incidents qui vous plaisent dans ces films-là ?

Oui, ainsi que dans le cinéma en général. Évidemment, la perfection a quelque chose d’ennuyeux. C’est toujours bien quand il y a des imperfections. C’est pour cela que j’ai laissé, dans la restauration, les poils caméra. Je ne les ai pas enlevés. Ils font partie des films. Il y a même des films qui ont des petits sauts. Il y en a aussi qui ont l’écriture. On l’a gardée. Les fins des plans, on les a gardées. On voit même parfois les perfos qui reviennent dans l’image, parce que c’était le cas. Mais, cela n’empêche que vous voyez le film comme vous ne l’avez jamais vu. C’est émouvant les différents bruits. Un cinématographe Lumière, c’est cela. Vous le lancez et l’arbre à came de la manivelle fait que vous avez un certain rythme. Vous le gardez, c’est obligatoire. C’est presque votre bras qui est comme cela et qui est entrainé. Mais, il y a quelque chose d’une incertitude. C’est pour cela que j’aime bien ce film sur le ballon de captif. Cela bouge et le flou est beau dans cette non-perfection qui fait que le type dit : « et pourquoi ne filmerais-je pas comme cela ? ». Les photos des années trente sont faites comme cela. C’est d’une beauté !

 

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L'arrivée d'un train en gare de La Ciotat


Quand l’idée du projet est-elle née ?

L’idée du projet est partie d’un premier commentaire pour un DVD réalisé pour un musée. Un film de musée n’est pas un film de cinéma. J’ai donc refait cela avec un générique qui est un hommage à 1900 de Bertolucci, qui commence de la même manière : une image où on dézoome. Et puis je voulais mettre Scorsese à la fin pour là aussi faire un lien avec le contemporain. Les gens voulaient que je me présente au début du film mais personnellement, je voulais que le film ne soit composé que d’images Lumière.

De quelle manière votre travail à l’institut Lumière influence-t-il éventuellement vos sélections ?

Je n’aime pas trop parler de Cannes en dehors de Cannes, surtout que j’en ai parlé en Espagne et que cela m’a coûté cher. Disons que les deux me sont utiles. C’est-à-dire bien connaitre le cinéma contemporain et même être ici, vous voir, voir les professionnels. Je voyage grâce au film Lumière et aussi parce que je voulais venir en Belgique, où je viens de temps en temps mais jamais professionnellement, ou en Suisse, à côté de Lyon. Je dis aussi parfois à mes camarades en sélection : « arrêtons de faire “ j’aime, j’aime pas ” ». Qu’est-ce qui donne sa valeur aux choses ? C’est le temps. C’est le meilleur critique du monde. On sait tous que La règle du jeu fut un désastre, que Heaven’s Gate fut un désastre. Des exemples, on en a plein. Et puis, tout à coup, le temps a dit : « Mais non, attendez, La règle du jeu est le meilleur film français. » Oui mais à l’époque, l’avant-première a été catastrophique. Donc, parfois, quand on procède comme évoqué en sélection à Cannes, j’appelle au calme. Une sélection cannoise, ce n’est pas la vérité mais une proposition, un instantané non pas de la production de l’année, mais d’un certain état du cinéma chaque mois de mai de chaque année.

 

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Thierry Frémaux au FIFF - Copyright Florent Marot


Le choix de Saint-Saëns pour la musique, cela rappelle qu’il n’y a pas de son sur les bandes des Lumière mais pourquoi l’avoir choisi ?

C’est parce que je me suis posé la question de Louis Lumière et de la culture de son époque. Il n’y a rien, aucune archive. Il fallait donc faire des hypothèses. Je ne voulais pas qu’il n’y ait que ma voix. Je ne voulais pas faire d’autre choix qu’un musicien de cette époque-là. C’est donc l’atmosphère musicale de la musique française de l’époque. Lumière est très français. Je parle de Marcel Proust à plusieurs reprises. La musique, il fallait par conséquent qu’elle accompagne avec la même atmosphère et la même tonalité et puis, pour l’anecdote, Camille Saint-Saëns est le premier musicien officiel de l’histoire du cinéma puisqu’il est le premier à qui on a commandé une musique de film.

Vous n’avez donc jamais songé à Born to Run comme générique ?

Si, j’ai pensé à Born to Run, puis j’ai pensé qu’on allait un peu se moquer de moi. Mais, par contre à Cannes, la première et la dernière chanson en montée de marches, c’est toujours Born to Run.

Vous êtes également supporter de l’Olympique lyonnais. Que pensez-vous du changement nom du stade, anciennement « Stade des Lumières » ?

Stade des lumières avec un « s ». Je leur avais proposé de leur donner 10 000 euros s’ils enlevaient le « s ». Cela les a fait rire mais ce n’était pas très sérieux comme offre. C’est la vie d’aujourd’hui. Si c’est pour qu’on ait une meilleure équipe et que le club soit solide, tant mieux. C’était de toute façon un nom provisoire. Le Stade des Lumières, c’était un joli nom mais Lumière est un beau nom et ce n’est pas un pseudonyme et ils l’ont inventé dans un quartier qui s’appelle Mon Plaisir. Un jour, un enfant m’a dit : « ils ont tourné leur premier film Rue du Premier Film ». Je lui ai dit : « non, Rue du Premier Film, cette rue a reçu ce nom plus tard ». (il rit).

Propos recueillis par Raphaël Pieters, avec la participation de Jean-Philippe Thiriart

08:40 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films, Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lumière, aventure, commence, thierry, frémaux, cannes, fiff, festival, international, film, francophone, namur | |  Facebook | |  Imprimer |

18 oct.

Le WAHFF à Waterloo, clap cinquième dès ce 19 octobre !

De ce jeudi 19 au dimanche 22 octobre, Waterloo accueille le WAHFF, le splendide et diversifié Festival du Film Historique de Waterloo.

La compétition officielle met en concurrence huit films dont le très ancré dans l’actualité Insyriated de Philippe Van Leeuw, actuellement sur nos écrans ; La Passion d’Augustine, film canadien de Léa Pool ou encore L’Echange des Princesses de Marc Dugain avec les remarquables Lambert Wilson et Olivier Gourmet.

L
e Festival propose également une compétition de films documentaires. Huit films également pour autant de portraits de figures historiques ainsi que de nombreuses Avant-Premières dont l’attendu Au-revoir là-haut d’Albert Dupontel, mettant en scène l’excellent Niels Arestrup et la pétillante Emilie Dequenne.

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Mais le WAHFF, c’est aussi l’occasion de croiser des figures connues du petit et du grand écran puisque le jury de la compétition officielle se compose cette année de Véronique Jannot, Présidente du jury, Jean-François Balmer, Francis Lalanne, Joyce Bunuel… Vous aurez aussi peut-être l’occasion de croiser la sublime Anouk Aimée, prestigieuse invitée d’honneur de cette cinquième édition du Festival.

Rendez-vous donc dès ce jeudi à Waterloo avec En cinémascope !

Sandrine David

08:19 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Présentations de festivals | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : wahff, festival, film, historique, waterloo, jannot, dequenne, dupontel, arestrup, gourmet, lambert, wilson | |  Facebook | |  Imprimer |

10 oct.

Entretien avec Martin Provost, réalisateur de VIOLETTE, ce mardi soir sur France 3

Suite à la diffusion ce mardi soir à 23h20 sur France 3 de Violette, nous avons choisi aujourd’hui de donner la parole à son réalisateur, Martin Provost.

Voici un peu moins d’une semaine, nous avons eu le plaisir d’interviewer le réalisateur au Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF). Le Président du Jury de la Compétition officielle, auteur de Séraphine et Sage Femme, nous a répondu avec sincérité.

Il nous explique tout d'abord ce qu'évoque chez lui la phrase : « La femme est l'avenir de l'homme », issue de la chanson éponyme de Jean Ferrat. Cette phrase trouve son origine dans un poème de Louis Aragon : « Le Fou d'Elsa », publié en 1963. Il nous parle également de François Truffaut et de la place de la femme dans sa propre filmographie ainsi que de l'évolution de la place de la femme dans les films récents et la société contemporaine.

Il nous fait ensuite part de ses impressions sur le Quai 22 - salle dans laquelle le Jury a visionné plusieurs films en compétition - mettant en avant le caractère ancien et solennel de l'endroit. Le réalisateur évoque également Séraphine et son regard sur le film 12 Jours de Raymond Depardon.

Il nous parle par après de ses critères d’évaluation des différents films qui lui ont été donnés à voir durant le FIFF.
La nostalgie tient notamment une place fondamentale dans son travail.
Il répond alors à notre questionnement sur les fondamentaux du cinéma. L’occasion pour nous de prendre conscience de son engouement pour le travail de Jean Renoir.

Il conclut cet entretien en évoquant la place de la Belgique et de ses professionnels du cinéma, acteurs et techniciens confondus, sur le tournage de Sage Femme et la bienveillance des Belges.

Bonne écoute de cet entretien !


Propos recueillis par Raphaël Pieters, avec la participation de Jean-Philippe Thiriart

09 oct.

Palmarès du 32e FIFF et Interviews de Vanessa Paradis, Samuel Benchetrit et Martin Provost

Ce vendredi soir avait lieu la Cérémonie de remise des Bayard et autres Prix du Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF). Les différents prix décernés lors de cette dernière soirée de cette 32e édition ont permis à certains films d’être particulièrement remarqués.

Palmarès de la Compétition Officielle longs métrages

Le Jury de la Compétition Officielle longs métrages était présidé par Martin Provost, qui nous a fait la gentillesse de commenter le Palmarès de celle-ci.


Le Bayard du Meilleur comédien a été attribué à Vincent Macaigne pour son rôle dans Chien de Samuel Benchetrit. En l’absence de Vincent Macaigne, le réalisateur a déclaré : « Vincent a à la fois neuf ans et cent ans. Il est insaisissable. »
Le Bayard de la Meilleure comédienne a été octroyé à Camille Mongeau pour son rôle dans Tadoussac de Martin Laroche.
Le Bayard de la Meilleure photographie a été décerné à une légende vivante : Raymond Depardon pour son film 12 jours.
Le Bayard du meilleur scénario revint à Samuel Benchetrit pour Chien.
Le Prix Spécial du Jury est venu récompenser Maman Colonelle de Dieudo Hamadi.
Enfin, le Bayard d’Or du Meilleur film était décerné – jamais deux sans trois - à Chien de Samuel Benchetrit !


Premières œuvres de fiction

Le Prix Découverte a été attribué à Ivana Mladenovic pour son film Les Soldats.
Le Bayard de la Meilleure première œuvre de fiction était quant à lui décerné à Sofia Djama pour son film Les bienheureux. Elle a déclaré, avec une certaine émotion, que « l’Algérie est condamnée à passer à autre chose ». Elle qui aimerait « dire aux ministres algériens de la culture que nos rêves sont plus grands qu’eux ».

Compétition Officielle courts métrages

Une Mention a été décernée à Luka Sauke pour son rôle dans Le Petit de Lorenzo Bianchi.
Le Prix Spécial du Jury revint au libanais Salamat From Germany de Una Gunjak et Rami Kodeih pour qui ce prix montre que « un cri a été entendu dans un monde qui devient divisé et absurde ».
Le Bayard d’Or du Meilleur court métrage a été attribué à Written/Unwritten du Roumain Adrian Silisteanu.

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Clotilde Hesme a remis le Bayard d'Or du Meilleur court métrage à Written/Unwritten


Compétition Nationale Fédération Wallonie-Bruxelles

Une Mention a été décernée à Kapitalistis de Pablo Muñoz Gomez.
Piotr Biedron et Tijmen Govaerts ont reçu le Prix d’interprétation pour leurs rôles dans Passée l’aube de Nicolas Graux.
Le Prix de la Meilleure photographie revint à Olivier Boonjing pour son beau travail sur Le film de l’été d’Emmanuel Marre.
Le Prix spécial du Jury a été attribué à L’enfant né du vent de David Noblet.
Et c’est Emmanuel Marre qui a remporté le Prix du meilleur Court métrage pour Le film de l’été.

Autres Prix

L
e Prix du Jury Junior revint au très touchant Petit paysan de Hubert Charuel qui a confié, non sans humour, être « ravi de voir que ce petit paysan qui tue ses vaches à coups de hache a plu à un jeune public », y voyant « un signe d’espoir ».

Les Prix du Public Court métrage, Documentaire, et Long métrage Fiction ont été décernés respectivement à Kapitalistis du Belge Pablo Muñoz Gomez, Carré 35 du Français Éric Caravaca et au film burkinabé Wallay du Suisse Berni Goldblat.

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Berni Goldblat, réalisateur de Wallay, un des Prix du Public


Prix Off

Le Prix Cinévox et le Prix de la Critique du Meilleur long métrage belge ont été attribués à Drôle de père d’Amélie van Elmbt.
Le Prix Be TV du Meilleur long métrage est venu récompenser Petit paysan du Français Hubert Charuel.
Le Prix Arte du Meilleur court métrage et le Prix RTBF du Meilleur court métrage belge reviennent tous deux au film Les corps purs de Bérangère Mc Neese et Guillaume de Ginestel.
Enfin, le Prix Be TV du Meilleur court métrage belge a été octroyé à Icare de Nicolas Boucart.

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Pablo Munoz Gomez, réalisateur de Kapitalistis, lauréat de deux Prix cette année


N
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Vive le cinéma francophone et à bientôt à Namur et... ailleurs !

Jean-Philippe Thiriart et Raphaël Pieters