23 Juil.

Sortie DVD de " L'enfant " - Interview de Déborah François et Jérémie Segard

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Le DVD de L'enfant et ses bonus à petit prix ? C'est dans " La collection " !

Le mois dernier, le distributeur belge Cinéart sortait L'enfant en DVD, dans le cadre de son catalogue " Cinéart - La Collection ". Il s'agit là d'une série de " grandes œuvres à petit prix " accompagnées des bonus des premières éditions. Le DVD dont il est ici question n'échappe pas à la règle puisqu'il propose différents suppléments intéressants. À savoir une interview des réalisateurs Jean-Pierre et Luc Dardenne par Frédéric Bonnaud, journaliste à France Inter. Longue d'une demi-heure, celle-ci a été réalisée dans le cadre de la sortie du film dans les salles obscures de l'hexagone. Mais aussi La fabrique de l'image, où la parole est donnée, pendant près de vingt minutes, à deux collaborateurs essentiels des frères Dardenne : le directeur photo Alain Marcoen et le cadreur Benoît Dervaux.

L'occasion pour nous de publier une interview de Déborah François et Jérémie Segard réalisée peu avant la sortie du film dans notre pays.

C’est à Verviers, un soir de septembre 2005, que nous avons eu l’occasion de rencontrer deux des trois interprètes principaux de L’enfant, métrage plus accessible que les réalisations précédentes de Jean-Pierre et Luc Dardenne. Si le film des frères, palmé d’or en 2005, met en vedette deux de leurs acteurs fétiches (Jérémie Renier et Olivier Gourmet), il révèle aussi le talent de deux nouveaux venus : Déborah François et Jérémie Segard.

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Déborah François et Jérémie Renier forment un touchant couple de cinéma


Déborah François, Est-ce que vous vous sentez plus actrice maintenant qu’avant le film, avec tout ce que vous avez vécu ?

Déborah François : Disons que j’ai plus l’habitude maintenant de répondre à des questions. Mais « se sentir actrice », ça fait un peu statut. Je n’aime pas trop quand quelqu’un arrive et dit : « je suis acteur ». Me sentir actrice, non. Si on me demande mon métier, je ne dirai pas forcément comédienne. Je répondrai que j’étais lycéenne et que maintenant, je vais être universitaire. Je ne considère pas vraiment cela comme mon métier. Si je continue à faire des films et que je vois que j’ai une petite carrière qui se dessine, j’éprouverai ce sentiment. Mais ce n’est pas le cas pas pour le moment.

Et vous comptez poursuivre vos études et continuer le cinéma en parallèle ?


Déborah François : J’aimerais bien continuer mon travail de comédienne, continuer à faire des films, et poursuivre mes études en parallèle. Mais si un jour je dois faire un choix, ce sera le cinéma qui passera avant.

Qu’étudiez-vous ?

Déborah François : Les langues romanes.

Vous avez des projets cinéma ?

Déborah François : Oui, je commence à tourner dans deux semaines, le 26 septembre (2005, NdA), avec Catherine Frot comme actrice principale.
 

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Déborah François est très juste dans le rôle de jeune maman que lui ont offert les frères

Comment s’est déroulée votre première rencontre avec les frères Dardenne, votre premier casting ?


Jérémie Segard : Personnellement, je n’étais au courant de rien. C’est ma mère qui avait vu une annonce dans un magazine féminin. Elle y a répondu et un jour, en revenant de l’école, j’ai vu sur la table l’annonce et une lettre. Ça m’a complètement surpris. Je suis ensuite allé au casting où j’ai du faire un peu d’improvisation, répéter des phrases.

Déborah François : Quant à moi, j’ai reçu des bouts de texte. Mais vu qu’il n’y a pas énormément de texte, les frères m’ont donné quelques phrases à mémoriser en vitesse. Des phrases quelque peu changées, pour qu’on ne devine en rien la teneur du scénario. Il y avait également des jeux de regard. Des choses simples aussi, comme voir si on résiste à la lumière.
(elle rit)

 

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Dans L’enfant, Jérémie Segard joue le rôle d’un jeune voleur

Était-ce votre première expérience cinématographique ou aviez-vous déjà fait un peu de figuration auparavant ?

Déborah François : C’était notre première expérience.

Jérémie Segard : Et le premier casting aussi.

Est-ce que vous avez eu l’occasion de rencontrer d'autres acteurs que les frères ont révélé, comme Émilie Dequenne ?

Déborah François : Olivier Gourmet était sur le film. Émilie Dequenne, pas encore. Mais elle va venir à l’avant-première à Paris normalement.

Jérémie Segard : Moi, Olivier Gourmet, je l’ai vu à la fête de fin de tournage.

Est-ce que vous avez eu l’impression d’intégrer une grande famille avec les frères ?

Jérémie Segard : Vraiment une famille, oui ! Il y avait une bonne ambiance, une ambiance familiale.
 

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Les frères Dardenne à Cannes avec leurs deux acteurs principaux


Déborah François : Surtout après le tournage pour ma part puisque pendant le tournage, comme nous n'avions pas les même rôles, ils ne se sont pas non plus comportés de la même manière. C’était quand même plus relax pour Jérémie parce qu’il avait parfois des scènes qui l’étaient davantage que les miennes.


Jérémie Segard : Oui, on rigolait bien. On faisait les voleurs et tout ça ! (il rit)

Déborah François : Et puis, pour moi, c’était un peu plus difficile car beaucoup de scènes étaient plus dures. Mais il y en a eu de nombreuses autres pendant lesquelles on a rit. Ils étaient par conséquent peut-être un petit peu plus durs avec moi, justement. Mais après, ça s'est vraiment très bien passé : ils nous téléphonent, ils prennent de nos nouvelles. Là, ils savent que je vais commencer à tourner donc ils me téléphonent et me demandent comment les répétitions se passent. C’est chouette !

Est-ce que c’est difficile de s’imposer comme jeunes dans un monde de grands ? Comment vous regarde-t-on dans ce milieu-là ?

Jérémie Segard : Justement, avec eux, il était facile de s’intégrer car ils nous ont pris en charge. Commencer avec eux, c’était vraiment génial !

Déborah François : Les frères Dardenne ont l’habitude de tout ça. Donc vis-à-vis d’eux, ça allait. Et vis-à-vis d’un certain milieu, on n’a pas encore pu vraiment s’intégrer. On n’a pas rencontré des tas d’acteurs et de réalisateurs donc il n’y a pas peut-être pas de véritable intégration pour le moment.
 

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Quand les Dardenne voient la vie en... cinémascope ?!

 

Que pensez-vous de la vision que les frères Dardenne ont de la vie ?

Déborah François : C’est réel ! Ce n’est ni gai ni triste. Le film n’est pas triste parce que les personnages présentés ne sont pas tristes par leur condition. Ce n’est pas un film misérabiliste.

Qu’est-ce qui vous a séduit dans le scénario de L’enfant ?

Déborah François : Quand on lit un scénario des Dardenne, les lieux ne sont pas encore précis parce qu’ils ne savent pas encore où ils vont tourner. Les caractéristiques physiques ne sont pas décrites. Il y un âge qui est donné mais c’est vague. Les gestes et les paroles des personnages sont décrits, pas ce qu’ils ressentent. C’est à nous de donner vie aux personnages. Pour m’aider, j’ai inventé une histoire à Sonia. J’avais besoin de savoir d’où cette fille venait, pas où elle irait. Voir les lieux, voir l’appartement, aide beaucoup.

21:40 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de DVDs, Critiques de films, Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : enfant, dardenne, deborah, francois, jeremie, segard | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

Pusher sort au Ciné, en DVD et en VOD !

 

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Réalisé par Luis Prieto
Avec Richard Coyle, Bronson Webb, Agyness Deyn et Zlatko Buric
Thriller, action - Environ 1h30

Le film   **

Quand le réalisateur de Drive, Nicolas Winding Refn, produit le remake en anglais de son premier film, ça donne un Pusher cuvée 2012. Alors, grand cru que ce film de Luis Prieto ?

Présent à Cannes en compétition officielle avec le petit frère de Drive - Only God Forgives - Nicolas Winding Refn a accepté qu'une nouvelle version de Pusher soit réalisée en langue anglaise. Datant de 1996, ce métrage était le premier opus d'une trilogie narrant l'histoire d'un petit narcotrafiquant, Frank, qui tente vaille que vaille de se dépêtrer des situations périlleuses dans lesquelles il se fourre. Cela pour régler une dette auprès d'un trafiquant d'un autre calibre, Milo. Échouant dans son entreprise, il entre alors dans un cercle vicieux dont il aura toutes les peines du monde à se sortir.


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À première vue, on peut légitimement se demander en quoi un remake de Pusher était nécessaire, tant le film de Nicolas Winding Refn, mais aussi les deux autres volets de la trilogie, envoyaient un uppercut au visage du spectateur. Ce coup de poing, cette tension, sont absents de cette nouvelle version. Ses côtés un peu trop propre et un peu trop lisse dérangeront peut-être les fans du premier Pusher. Comme si le Danois avait voulu collaborer au remodelage de son premier essai avec une réalisation ouvertement calquée sur son autre chef-d'œuvre, Drive. On aurait volontiers aimé voir ce côté crade qui aurait dû être associé au Londres de Pusher, comme il l'était, dans l'original, à Copenhague.

Ce remake n'en reste pas moins une relative réussite. Si Richard Coyle, qui interprète le personnage de Frank, ne rivalise pas avec le Mads Mikkelsen du milieu des années 90, sa prestation reste néanmoins convaincante. La descente aux enfers du dealer qu'il interprète, est crédible. Le reste du casting tient lui-aussi la route. Luis Prieto a notamment eu la très bonne idée de garder Zlatko Buric dans le rôle de Milo, le baron de la drogue à qui notre antihéros doit un paquet de fric. Il garde en effet incontestablement la gueule de l'emploi, même après autant d'années.


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Notons enfin que c'est sur une musique hypnotique d'Orbital - qui n'est pas sans rappeler celle des Daft Punk -, que le directeur photo, Simon Dennis, nous en fait voir... de toutes les couleurs. Notre plongée dans le monde de la nuit made in London se fait ainsi dans des lumières assez magiques. Une des réussites du film.

Les bonus   **

Près de vingt minutes de making of et une bonne dizaine de minutes d'interviews réalisées lors de la première du film. Parole est ainsi donnée aux acteur et actrice principaux du film - Richard Coyle et Agyness Deyn -, à Luis Prieto et à Nicolas Winding Refn.


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16:42 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de DVDs, Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pusher, nicolas, winding, refn, drive, only, god, forgives | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

Sortie DVD de Tango Libre

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De Frédéric Fonteyne (2012)

Avec François Damiens, Sergi López, Jan Hammenecker et Anne Paulicevich.
Mais aussi Zacharie Chasseriaud et Chicho Frumboli.

Environ 1h35
Drame, romance

Le film ***

Tango libre est un film qui parle de liberté. Une liberté qui se décline sous toutes ses formes.

JC, gardien de prison fait la rencontre d'Alice lors d'un cours de Tango. Un homme solitaire qui tombe sous l'emprise d'une femme qui l'est beaucoup moins.

Alice et JC se croisent à nouveau lors des rencontres au parloir de la prison où travaille ce dernier. Elle vient rendre visite à Fernand et Dominic. Les deux hommes sont amis, compagnons de cellule, et amoureux d'Alice. Cette liaison triangulaire intrigue JC. Ses sentiments pour Alice ne cessent d'augmenter, ce qui l'amène à enfreindre le règlement. Un règlement qui l'empêche d'entretenir quelque relation que ce soit avec les proches des détenus.

Le film s'articule autour de ces personnages : trois hommes pour une femme, la prison, et une danse : le tango. Cette danse incarne en elle-même la notion de liberté par ses mouvements à la fois provocants et insolents. Le concept d'agir sans contraintes.


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Agir sans contraintes, en prison ? Un paradoxe. Tant les conditions de vie des prisonniers sont dures, ces derniers devant se montrer infaillibles et forts. Impossible de se rendre compte de ce que cela signifie tant que l'on n'a pas été confronté au monde carcéral.

Tango libre nous ouvre les portes de ce lieu sous un aspect différent : la recherche de liberté, le temps d’une danse. Les tabous sont levés, la sensibilité des hommes est dévoilée. Elle va jusqu'à toucher les gardiens.

Le film nous donne sujet à réflexion : que sommes-nous prêts à faire pour obtenir cette liberté tant recherchée ? Pouvons-nous aller jusqu'à la transgression pour nous sentir vivre ?

Tango libre est un film émouvant et touchant, joué par des acteurs étonnants.


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Le DVD ***

Bonus :

Quatre scènes coupées qui ne manquent pas de nous faire sourire, et un documentaire de 37 minutes intitulé Frédéric Fonteyne : Un cinéma de famille.

Dans ce documentaire, la parole est notamment donnée aux proches du réalisateur bruxellois. Ceux-là même qui l'accompagnent depuis ses débuts derrière la caméra : sa chef-opératrice Virginie Saint Martain, son assistant réalisateur Manu Kamanda et son producteur Patrick Quinet. Mais aussi sa compagne, scénariste et actrice Anne Paulicevich. Ils parlent d'un réalisateur qui sait où il va mais n'en demeure pas moins à l'écoute de ses collaborateurs. Un excellent directeur d'acteurs, comme le confie Nathalie Baye. Un cinéaste pour qui il faut du vécu dans la fiction.

N'hésitez pas à lire nos interviews de Frédéric Fonteyne et Jan Hammenecker ! Nous avions rencontré les deux hommes le second jour du FIFF 2012. Un Festival qui s'ouvrait, vous l'aurez compris, avec ce Tango libre !

C'est ici :

http://encinemascope.skynetblogs.be/archive/2012/11/07/fr... , et
http://encinemascope.skynetblogs.be/archive/2012/11/05/ja... !

Sylvia Ardizzone et Jean-Philippe Thiriart

22:27 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de DVDs, Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tango, libre, frederic, fonteyne, francois, damiens, sergi, lopez, fiff | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

Le CollectIFFF ? Un hommage explosif à leur BIFFF !

 

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Voici quelques années maintenant que Stéphane Everaert est le présentateur attitré des séances du Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF). C'est aussi un des initiateurs d'un projet un peu fou : le CollectIFFF. Malgré la tentative du gaillard de nous obtenir un exemplaire presse du DVD du même nom, rien n'y a fait : nous avons du acheter cet obscur objet du désir. Ô rage ô désespoir ? Que nenni ! Car 20 euros - c'est son prix - pour un produit au contenu aussi explosif que varié et au package aussi léché, c'est correct pour le moins.

Jacquette cartonnée comprenant, outre les 12 courts métrages du groupe de trublions, un DVD bonus reprenant les interviews des réals, le tout séparé par un beau livret en papier glacé d'une petite trentaine de pages. Voilà pour le produit.






Mais quid de l'idée qui lui a permis de voir le jour ? Parlons-en justement...

Elle a jailli voici deux ans - soit une année avant les 30 ans du BIFFF - dans l'esprit de dix-neuf potes. Qui décident de réaliser une série de courts métrages de genre. Au bout de l'aventure, douze verront le jour, les différents CollectIFFFeurs s'aidant mutuellement sur les différents films réalisés.

Cet « All in One Deadly Horror Action Packed Show » comprend douze « Kick Ass Movies » réalisés par autant de jeunes réalisateurs et réalisatrice. Car oui, que ce serait ce monde de brutes sans une femme ? Une femme dont le film est malgré tout assez... brutal ! Elle, c'est Katia Olivier. Son film, Belgian Psycho.


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N'hésitez pas d'ailleurs à lire nos interviews de deux CollectIFFFeurs bien sympas, réalisées l'an dernier avant et pendant le Festival. Leurs noms ? Sébastien Petit pour Bowling Killers et Jérôme Vandewattyne pour Stlutterball. AKA respectivement Seb et Jerry. Au petit jeu de savoir qui du chat et du souriceau va manger l'autre, la réponse est toute trouvée : aucun des deux ! Tous deux, et cela est valable pour l'ensemble de leurs camarades de jeu, sont en effet parvenus à atteindre un but bien précis : rendre, dans des styles très différents, un très bel hommage au cinéma qui les passionne. Le cinéma de genre. Mais, surtout, à un des Festivals majeurs en la matière. Celui-là même qu'ils fréquentent depuis un p'tit temps et qui n'a pas manqué de sculpter leur cinéphilie ou cinéphagie - c'est selon - fantastique... Le BIFFF, bien sûr !

Une fois l'objet acquis, nous sommes évidemment partis à la chasse aux dédicaces des différents artisans du CollectIFFF. Avec une démarche sensiblement comparable au gosse que nous étions voici une bonne vingtaine d'années. Un gosse qui venait de recevoir, après maintes supplications, son album Panini du Mondial Italia 90 et qui n'avait qu'une envie : le remplir au plus vite !


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Bowling Killers



Comptez, au total, environ 2h de film, et un peu plus encore de bonus...

Et comme le dernier numéro du Cinémag Fantastique de la bande à Damien Taymans (les Quentin Meignant , Alan Deprez, et autres Jonathan Lenaerts, pour ne citer qu'eux) est gratuit à l'achat du coffret (demandez votre bon !), ce serait un tort de se priver...


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Le tout est en vente au Little shop du BIFFF.

Ajoutons, enfin, que le trailer off du BIFFF 2011 - She's a slut, signé Jérôme Vandewattyne - figure également sur le DVD.

Plus d'infos sur le site du CollectIFFF : www.collectifff.com .
Pour l'achat hors-BIFFF, envoyez un mail à sales@zenopictures.be .

Et pour les interviews de Sébastien et Jérôme, c'est ici :

- http://encinemascope.skynetblogs.be/archive/2012/04/04/bo... , et

- http://encinemascope.skynetblogs.be/archive/2012/04/07/sl... !


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Avec Sébastien Petit

 

17:15 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de DVDs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : colectifff, bifff, bowling, killers, slutterball, everaert, olivier | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

Balada triste de Trompeta

Quand Álex de la Iglesia exorcise ses démons...

Environ 1h50
Comédie dramatique
Déconseillé aux moins de 12 ans

De Álex de la Iglesia (2011)
Avec Carlos Areces, Antonio de la Torre et Carolina Bang
Mais aussi Sancho Gracia et Carmen Maura

Le film ****



Grâce à sa Balada triste de trompeta, Álex de la Iglesia a quitté la 67e Mostra de Venise avec deux récompenses majeures sous le bras : le Lion d'Argent du Meilleur Réalisateur et le Premier Prix, récompensant le Meilleur Scénario. Nous allons tenter de vous expliquer les raisons de ce succès...

Balada triste de trompeta, c'est la révolte d'un réalisateur contre la guerre en général mais, bien évidemment contre la guerre civile qu'a connu l'Espagne, entre 1936 et 1939, en particulier.

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Álex de la Iglesia portait ce projet en lui depuis longtemps mais ne se sentait, à ses débuts, pas prêt à exorciser ces démons qui, à l'instar de nombre d'Espagnols, le taraudaient.

Tout le film est parti d'une image : celle d'un clown armé d'une mitraillette, image autour de laquelle toutes les autres sont venues se greffer. Le métrage raconte l'histoire d'un jeune homme devenu adulte, Javier, dont le père, clown Auguste de son état, le quitte, trop tôt, tué par les hommes de Franco. Ce jeune homme veut, lui aussi être un payaso tonto - ce clown qui fait rire les enfants. Mais pour son père, c'est au contraire le clown triste, son exact contraire et complément nécessaire, qu'il devra incarner. Avec un seul objectif en tête : le venger.

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La vengeance : voilà un thème pour le moins intéressant qui a, on le sait, déjà permis à pas mal de réalisateurs d'accoucher d'œuvres fort intéressantes. Comme les Old Boy et autre Lady Vengeance de Park Chan-wook ou encore I saw the Devil, de Kim Jee-woon. Trois films sud-coréens, trois films avec Choi Min-sik. Pour Álex de la Iglesia, la vengeance constitue, dans le film, une manière d'atteindre une forme de plénitude, sentiment qu'il fait éprouver à son personnage principal, interprété par Carlos Areces.

Le réalisateur espagnol rend très bien le monde du cirque, cadre de départ de l'histoire. Une fois qu'il a rejoint le cirque de Rafael, Javier a tôt fait de comprendre que la belle Natalia (Carolina Bang, à la beauté envoutante), appartient littéralement à Rafael. Très dur, le film n'est pas pour autant dénué d'humour, ingrédient présent dans chacun des films de de la Iglesia. Mais ici, il est pour le moins noir. Balada triste de trompeta constitue sans doute le film le plus sombre réalisé par l'Espagnol depuis ses premiers pas derrière la caméra, avec son court métrage Mirindas asesinas, d'abord et son premier long métrage, Acción mutante (1993), ensuite.

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Álex de la Iglesia se joue aussi de la religion dans une Espagne où celle-ci, catholique en l'occurrence, est toujours bien présente à l'heure actuelle. Balada triste de trompeta est déjà le dixième long métrage du metteur en scène basque, lui qui commet un nouveau film tous les deux ans.

Quelques éléments cruciaux font de ce film un must see (et un must have d'ailleurs : le film est disponible en DVD et en Blu-ray depuis fin 2011). Un maquillage très réaliste, comme en témoigne celui de Antonio de la Torre (Rafael) à partir d'un certain moment du récit. Un Rafael qui ne manque alors pas de nous faire penser à un certain... Seth Brundle ou plutôt Brundlefly en l'occurence dans le film entomologique d'un de nos réals cultes, j'ai nommé David Cronenberg. Le scénario est pour le moins original. La mise en scène, dynamitée et la bande originale, de bonne qualité, avec un thème musical de toute beauté.


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Quant au jeu des acteurs, chacun semble avoir sa place dans le film tant tous interprètent leur personnage avec brio. Carolina Bang, que nous avons interviewée, bouffe la pellicule. Álex de la Iglesia est très fidèle à ses acteurs. C'est ainsi qu'il fait à nouveau appel à Santiago Segura par exemple. S'il a un petit rôle dans Balada triste, Ezequiel dans Acción mutante et José María dans Él día de la bestia, c'était déjà lui. Il a en effet tourné dans la moitié des films du réalisateur espagnol. Et ce n'est pas le seul acteur à qui de la Iglesia fait régulièrement appel.

À voir et à revoir donc !

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Le DVD
**

Bonus : près d'une demi-heure d'interviews de Álex de la Iglesia et de Carolina Bang au BIFFF 2011, dont le film faisait l'ouverture.

Le Blu-ray ****

Bonus : un making-of de 15 minutes, un zoom sur cinq scènes-clés commentées par Álex de la Iglesia, une capsule sur les effets spéciaux (10 minutes) et la bande annonce ciné.

On découvre notamment dans les suppléments pourquoi ce film du réalisateur basque ne fut pas son premier. Y est expliquée l'importance du maquillage. Et la parole est donnée aux différents membres-clés de l'équipe technique du film. Rayon effets spéciaux, le film comprend plus de 600 plans d'effets visuels. Il a fallu pas moins de 47 artistes numériques pour concrétiser les idées, nombreuses et ambitieuses, du réalisateur basque. Cela et bien plus encore, on l'apprend dans ces bonus tout à fait honnêtes.

Jean-Philippe Thiriart

12:26 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de DVDs, Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : balada, triste, trompeta, alex, iglesia | |  Facebook | |  Imprimer |