23 Juil.

Sortie Blu-ray et DVD de " The Babadook "

Pas évident pour Amelia, mère célibataire, de se retrouver seule à élever un gamin. Alors quand celui-ci est, en plus, sujet à des cauchemars récurrents et à des hallucinations, autant dire que le bonheur maternel est loin d’être au rendez-vous. Un soir, afin de calmer son mioche, qui pense que sa chambre est habitée par on ne sait quel monstre, la jeune femme suit la recette de beaucoup de mamans qui se respectent : elle lui lit une petite histoire. Sauf que le bouquin qu’elle choisit cette fois-ci a plus d’un tour dans ses pages et aura pour conséquence de libérer une entité dont elle se serait bien passée.

01.png
Le film est disponible en DVD et en Blu-ray



On ne peut pas véritablement parler de surprise pour évoquer notre découverte de The Babadook au Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF). C'est que les organisateurs des festivités avaient bien fait monter la sauce en reprenant les mots de William Friedkin, un de ses Chevaliers de l'Ordre du Corbeau, pour présenter ce premier film réalisé par l'Australienne Jennifer Kent.

Le réalisateur de L'Exorciste, métrage déjà estampillé à sa sortie « film le plus terrifiant de tous les temps » disait justement de The Babadook qu'il était, selon lui cette fois, « un des films les plus... terrifiants jamais vus ».

Là où d'aucuns penseraient déceler dans le film une série de plagiats, c'est plutôt des hommages qu'il faut y voir. Nombreuses sont en effet les références au chef-d'œuvre de Friedkin, notamment. Nous vous laissons découvrir lesquelles.

 

02.jpg
Oh Yes: Let Him In!


Clairement inscrit dans la vague de l’épouvante classique, The Babadook est intéressant à maints égards, notamment de par la construction de son récit et un jeu d’acteur foutrement convaincant. Les personnages principaux sont ainsi interprétés par des acteurs de talent, à commencer par Noah Wiseman, le jeune comédien qui joue le rôle de Samuel, le garçonnet qui fera donc tôt connaissance, bien malgré lui, du fameux Babadook. Un des intérêts du film réside également dans les très nombreuses références à d'autres films de fiction et d'animation.

N
ous tirons clairement notre chapeau à Jennifer Kent, qui surfe de bien belle manière, avec ce premier long-métrage, sur la vague du film de croquemitaine. Elle respecte en effet les codes du genre sans tomber dans l’avalanche de clichés. Et si nous n'irons pas jusqu’à tenir les mêmes propos que le père Friedkin, nous sommes tout de même forcés d’admettre que le film nous aura fait passer un moment de trouille cinématographique assez sympathique.

Remarqué dans les nombreux festivals par lesquels il est passé, dont Sundance, The Babadook vaut immanquablement le détour !

 

03.jpg
Noah Wiseman et Essie Davis


Le Blu-ray

Parmi les bonus du film, on retrouve la bande-annonce du film, glaçante. Mais aussi plus de trente minutes d'interviews, dont :
- dix bonnes minutes d'interview de l'actrice principale, Essie Davis, qui nous parle notamment de son travail avec le jeune acteur qui joue son fils à l'écran et établit des liens entre The Babadook et The Shining en matière de jeu ;
- des entretiens avec Hayley McElhinney et Daniel Henshall, qui interprètent respectivement la sœur et le collègue de la mère courage imaginée par la réal ; et
- une interview de Jennifer Kent, laquelle nous parle entre autres choses de la naissance du film et de ses intentions.

 

04.png
Une scène issue du court-métrage Monster, déjà réalisé par Jennifer Kent

 

Figurent également sur la galette un making of, trois scènes coupées et, enfin, cerise sur le gâteau : Monster, le court-métrage réalisé par Jennifer Kent avant The Babadook et qui a inspiré son long à la réalisatrice australienne.


Guillaume Triplet et Jean-Philippe Thiriart

15:33 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Bilans de festivals, Critiques de DVDs, Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : babadook, jennifer, kent, friedkin, bifff, exorciste | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

Quand Noé nous emportait dans son arche... psychédélique !

Enter the Void - Sortie DVD

Cinéart / Twin Pics – environ 2h35
DRAME FANTASTIQUE
Interdit aux moins de 16 ans.

De Gaspar Noé (2009).
Avec Nathaniel Brown, Paz de la Huerta, Cyril Roy.

LE FILM : ****
LES BONUS : ****

enter,the,void,gaspar,noé,love,cannes
DO Enter the Void!


Expérience ?
Trip ?
Orgie ?
OVNI ?

Un peu les quatre à la fois que ce Enter the Void, le dernier Gaspar Noé avant son tout nouveau bébé, Love. Notons que film était présenté en compétition à Cannes.

Avec Enter the Void, le Français nous emmène à la découverte des cheminements croisés d'un petit monde d'expatriés naviguant tant bien que mal dans le grand Tokyo au travers de la vie de son personnage central, Oscar, jeune occidental à la dérive. Il y parvient, notamment, via la manière dont il utilise sa caméra, subjective d'un bout à l'autre du métrage. Celle-ci nous expose ainsi l’univers très glauque et l’entourage restreint du protagoniste central du film, constitué notamment de sa sœur, à qui il est uni par une histoire tragique et de très puissants liens fraternels.

enter,the,void,gaspar,noé,love,cannes
Oscar, personnage central d'Enter the Void


Son chemin de vie chaotique, son ennui, son désœuvrement, son déracinement, son fourvoiement psychologique et sa descente, enfin, dans la marginalité, se cristallisent rapidement, à travers ses expériences hallucinatoires, en un voyage psychédélique flirtant avec la spiritualité. Ce voyage nous apporte des réflexions sur le mystère et les tentatives de recherche du sens de la vie et sur de grands thèmes tels que la fraternité, l'amour, la sexualité, l'amitié, la fidélité, la trahison, les errances, ou encore la réincarnation et l'éternelle répétition polymorphe des traumas et malédictions.

enter,the,void,gaspar,noé,love,cannes


Esthétiquement, Enter the Void se démarque, outre par le choix d'une caméra exclusivement subjective donc, incarnée par un seul personnage, par la greffe originale d'un univers sombre dominé par les drogues et le sexe avec celui, criard et exotique, d'un Tokyo inondé de rouge et d'enseignes lumineuses bariolées au goût douteux.

C
e qui nous a principalement marqué, est, d'une part, l'esthétique et la photographie uniques du film ; et de l'autre, la technicité et la créativité géniales des mouvements de caméra, dont le rythme rapide et saccadé, parfois brutal, empoigne le spectateur dès les premières secondes du voyage et le lache, vidé (le titre du film dans certaines salles belges était Soudain le vide), à son autre extrémité.

enter,the,void,gaspar,noé,love,cannes


Un des films les plus forts de ces dix dernières années, Enter the Void n'est
 pas une oeuvre à regarder en famille le dimanche après-midi. Ce n’est pas La Mélodie du bonheur ; c’est rien de l’écrire… Le film met bien souvent mal à l’aise et est par moments peut-être trop provocateur. On pourrait alors se demander quel intérêt Gaspar Noé a eu à filmer certaines scènes. Mais tout apparaît finalement comme étant fort logique car le réalisateur de Seul contre tous va toujours au bout de son propos. Il parvient ainsi à choquer les spectateurs les plus difficiles à… choquer justement ! Et le moins que l’on puisse écrire est que le bougre réussit cette entreprise avec brio.

enter,the,void,gaspar,noé,love,cannes
Tiens, tiens, un LOVE Hotel...


Les bonus

Le coffret 2 DVDs vaut vraiment le détour pour tout qui veut aller plus loin que le film.

Tout est psychédélique, jusqu’au menu des deux galettes.

La première propose deux versions du film. La version cinéma, d’abord. Soit 2h34 quand même, et une version alternative (2h19).

Quant au deuxième DVD, il offre 55 minutes de bonus, à savoir :

- huit scènes coupées, certaines excessivement courtes ; d’autres, plus longues ;
- un making-of des effets spéciaux, qui permet de prendre conscience du travail énormissime ayant permis l’arrivée à bon port de ce porte-avion noéien ;
- pas mal de séquences hallucinatoires, permettant de créer chez le spectateur l’illusion qu’il vient de prendre de la DMT ;
- VORTEX ;
- Énergie, un court-métrage de Thorsten Fleisch à ne pas regarder, tout comme et même encore d’avantage qu’Enter the Void, si vous êtes épileptique ;
- différentes bandes annonces, coup de poing, du film, tant françaises qu’internationales ;
- une vingtaine de projets d’affiches et de visuels du film ; et pomme d’amour sur la pièce montée…

- le scénario original du film sur la partie .rom de la galette !

enter,the,void,gaspar,noé,love,cannes
Psychédélique, on vous disait !


Seul bémol : l’absence de commentaires du réalisateur sur son dernier bébé. Peut-être s’agit-il d’un parti pris. Dieu, euh pardon… Noé seul le sait !

10:57 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de DVDs, Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : enter, the, void, gaspar, noé, love, cannes | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

Sortie DVD de " L'enfant " - Interview de Déborah François et Jérémie Segard

deborah,francois,jeremie,segard,enfant
Le DVD de L'enfant et ses bonus à petit prix ? C'est dans " La collection " !

Le mois dernier, le distributeur belge Cinéart sortait L'enfant en DVD, dans le cadre de son catalogue " Cinéart - La Collection ". Il s'agit là d'une série de " grandes œuvres à petit prix " accompagnées des bonus des premières éditions. Le DVD dont il est ici question n'échappe pas à la règle puisqu'il propose différents suppléments intéressants. À savoir une interview des réalisateurs Jean-Pierre et Luc Dardenne par Frédéric Bonnaud, journaliste à France Inter. Longue d'une demi-heure, celle-ci a été réalisée dans le cadre de la sortie du film dans les salles obscures de l'hexagone. Mais aussi La fabrique de l'image, où la parole est donnée, pendant près de vingt minutes, à deux collaborateurs essentiels des frères Dardenne : le directeur photo Alain Marcoen et le cadreur Benoît Dervaux.

L'occasion pour nous de publier une interview de Déborah François et Jérémie Segard réalisée peu avant la sortie du film dans notre pays.

C’est à Verviers, un soir de septembre 2005, que nous avons eu l’occasion de rencontrer deux des trois interprètes principaux de L’enfant, métrage plus accessible que les réalisations précédentes de Jean-Pierre et Luc Dardenne. Si le film des frères, palmé d’or en 2005, met en vedette deux de leurs acteurs fétiches (Jérémie Renier et Olivier Gourmet), il révèle aussi le talent de deux nouveaux venus : Déborah François et Jérémie Segard.

deborah,francois,jeremie,segard,enfant
Déborah François et Jérémie Renier forment un touchant couple de cinéma


Déborah François, Est-ce que vous vous sentez plus actrice maintenant qu’avant le film, avec tout ce que vous avez vécu ?

Déborah François : Disons que j’ai plus l’habitude maintenant de répondre à des questions. Mais « se sentir actrice », ça fait un peu statut. Je n’aime pas trop quand quelqu’un arrive et dit : « je suis acteur ». Me sentir actrice, non. Si on me demande mon métier, je ne dirai pas forcément comédienne. Je répondrai que j’étais lycéenne et que maintenant, je vais être universitaire. Je ne considère pas vraiment cela comme mon métier. Si je continue à faire des films et que je vois que j’ai une petite carrière qui se dessine, j’éprouverai ce sentiment. Mais ce n’est pas le cas pas pour le moment.

Et vous comptez poursuivre vos études et continuer le cinéma en parallèle ?


Déborah François : J’aimerais bien continuer mon travail de comédienne, continuer à faire des films, et poursuivre mes études en parallèle. Mais si un jour je dois faire un choix, ce sera le cinéma qui passera avant.

Qu’étudiez-vous ?

Déborah François : Les langues romanes.

Vous avez des projets cinéma ?

Déborah François : Oui, je commence à tourner dans deux semaines, le 26 septembre (2005, NdA), avec Catherine Frot comme actrice principale.
 

deborah,francois,jeremie,segard,enfant
Déborah François est très juste dans le rôle de jeune maman que lui ont offert les frères

Comment s’est déroulée votre première rencontre avec les frères Dardenne, votre premier casting ?


Jérémie Segard : Personnellement, je n’étais au courant de rien. C’est ma mère qui avait vu une annonce dans un magazine féminin. Elle y a répondu et un jour, en revenant de l’école, j’ai vu sur la table l’annonce et une lettre. Ça m’a complètement surpris. Je suis ensuite allé au casting où j’ai du faire un peu d’improvisation, répéter des phrases.

Déborah François : Quant à moi, j’ai reçu des bouts de texte. Mais vu qu’il n’y a pas énormément de texte, les frères m’ont donné quelques phrases à mémoriser en vitesse. Des phrases quelque peu changées, pour qu’on ne devine en rien la teneur du scénario. Il y avait également des jeux de regard. Des choses simples aussi, comme voir si on résiste à la lumière.
(elle rit)

 

deborah,francois,jeremie,segard,enfant
Dans L’enfant, Jérémie Segard joue le rôle d’un jeune voleur

Était-ce votre première expérience cinématographique ou aviez-vous déjà fait un peu de figuration auparavant ?

Déborah François : C’était notre première expérience.

Jérémie Segard : Et le premier casting aussi.

Est-ce que vous avez eu l’occasion de rencontrer d'autres acteurs que les frères ont révélé, comme Émilie Dequenne ?

Déborah François : Olivier Gourmet était sur le film. Émilie Dequenne, pas encore. Mais elle va venir à l’avant-première à Paris normalement.

Jérémie Segard : Moi, Olivier Gourmet, je l’ai vu à la fête de fin de tournage.

Est-ce que vous avez eu l’impression d’intégrer une grande famille avec les frères ?

Jérémie Segard : Vraiment une famille, oui ! Il y avait une bonne ambiance, une ambiance familiale.
 

deborah,francois,jeremie,segard,enfant
Les frères Dardenne à Cannes avec leurs deux acteurs principaux


Déborah François : Surtout après le tournage pour ma part puisque pendant le tournage, comme nous n'avions pas les même rôles, ils ne se sont pas non plus comportés de la même manière. C’était quand même plus relax pour Jérémie parce qu’il avait parfois des scènes qui l’étaient davantage que les miennes.


Jérémie Segard : Oui, on rigolait bien. On faisait les voleurs et tout ça ! (il rit)

Déborah François : Et puis, pour moi, c’était un peu plus difficile car beaucoup de scènes étaient plus dures. Mais il y en a eu de nombreuses autres pendant lesquelles on a rit. Ils étaient par conséquent peut-être un petit peu plus durs avec moi, justement. Mais après, ça s'est vraiment très bien passé : ils nous téléphonent, ils prennent de nos nouvelles. Là, ils savent que je vais commencer à tourner donc ils me téléphonent et me demandent comment les répétitions se passent. C’est chouette !

Est-ce que c’est difficile de s’imposer comme jeunes dans un monde de grands ? Comment vous regarde-t-on dans ce milieu-là ?

Jérémie Segard : Justement, avec eux, il était facile de s’intégrer car ils nous ont pris en charge. Commencer avec eux, c’était vraiment génial !

Déborah François : Les frères Dardenne ont l’habitude de tout ça. Donc vis-à-vis d’eux, ça allait. Et vis-à-vis d’un certain milieu, on n’a pas encore pu vraiment s’intégrer. On n’a pas rencontré des tas d’acteurs et de réalisateurs donc il n’y a pas peut-être pas de véritable intégration pour le moment.
 

deborah,francois,jeremie,segard,enfant
Quand les Dardenne voient la vie en... cinémascope ?!

 

Que pensez-vous de la vision que les frères Dardenne ont de la vie ?

Déborah François : C’est réel ! Ce n’est ni gai ni triste. Le film n’est pas triste parce que les personnages présentés ne sont pas tristes par leur condition. Ce n’est pas un film misérabiliste.

Qu’est-ce qui vous a séduit dans le scénario de L’enfant ?

Déborah François : Quand on lit un scénario des Dardenne, les lieux ne sont pas encore précis parce qu’ils ne savent pas encore où ils vont tourner. Les caractéristiques physiques ne sont pas décrites. Il y un âge qui est donné mais c’est vague. Les gestes et les paroles des personnages sont décrits, pas ce qu’ils ressentent. C’est à nous de donner vie aux personnages. Pour m’aider, j’ai inventé une histoire à Sonia. J’avais besoin de savoir d’où cette fille venait, pas où elle irait. Voir les lieux, voir l’appartement, aide beaucoup.

21:40 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de DVDs, Critiques de films, Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : enfant, dardenne, deborah, francois, jeremie, segard | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

Pusher sort au Ciné, en DVD et en VOD !

 

pusher,nicolas,winding,refn,drive,only,god,forgives



Réalisé par Luis Prieto
Avec Richard Coyle, Bronson Webb, Agyness Deyn et Zlatko Buric
Thriller, action - Environ 1h30

Le film   **

Quand le réalisateur de Drive, Nicolas Winding Refn, produit le remake en anglais de son premier film, ça donne un Pusher cuvée 2012. Alors, grand cru que ce film de Luis Prieto ?

Présent à Cannes en compétition officielle avec le petit frère de Drive - Only God Forgives - Nicolas Winding Refn a accepté qu'une nouvelle version de Pusher soit réalisée en langue anglaise. Datant de 1996, ce métrage était le premier opus d'une trilogie narrant l'histoire d'un petit narcotrafiquant, Frank, qui tente vaille que vaille de se dépêtrer des situations périlleuses dans lesquelles il se fourre. Cela pour régler une dette auprès d'un trafiquant d'un autre calibre, Milo. Échouant dans son entreprise, il entre alors dans un cercle vicieux dont il aura toutes les peines du monde à se sortir.


pusher,nicolas,winding,refn,drive,only,god,forgives



À première vue, on peut légitimement se demander en quoi un remake de Pusher était nécessaire, tant le film de Nicolas Winding Refn, mais aussi les deux autres volets de la trilogie, envoyaient un uppercut au visage du spectateur. Ce coup de poing, cette tension, sont absents de cette nouvelle version. Ses côtés un peu trop propre et un peu trop lisse dérangeront peut-être les fans du premier Pusher. Comme si le Danois avait voulu collaborer au remodelage de son premier essai avec une réalisation ouvertement calquée sur son autre chef-d'œuvre, Drive. On aurait volontiers aimé voir ce côté crade qui aurait dû être associé au Londres de Pusher, comme il l'était, dans l'original, à Copenhague.

Ce remake n'en reste pas moins une relative réussite. Si Richard Coyle, qui interprète le personnage de Frank, ne rivalise pas avec le Mads Mikkelsen du milieu des années 90, sa prestation reste néanmoins convaincante. La descente aux enfers du dealer qu'il interprète, est crédible. Le reste du casting tient lui-aussi la route. Luis Prieto a notamment eu la très bonne idée de garder Zlatko Buric dans le rôle de Milo, le baron de la drogue à qui notre antihéros doit un paquet de fric. Il garde en effet incontestablement la gueule de l'emploi, même après autant d'années.


pusher,nicolas,winding,refn,drive,only,god,forgives



Notons enfin que c'est sur une musique hypnotique d'Orbital - qui n'est pas sans rappeler celle des Daft Punk -, que le directeur photo, Simon Dennis, nous en fait voir... de toutes les couleurs. Notre plongée dans le monde de la nuit made in London se fait ainsi dans des lumières assez magiques. Une des réussites du film.

Les bonus   **

Près de vingt minutes de making of et une bonne dizaine de minutes d'interviews réalisées lors de la première du film. Parole est ainsi donnée aux acteur et actrice principaux du film - Richard Coyle et Agyness Deyn -, à Luis Prieto et à Nicolas Winding Refn.


pusher,nicolas,winding,refn,drive,only,god,forgives

16:42 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de DVDs, Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pusher, nicolas, winding, refn, drive, only, god, forgives | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

Sortie DVD de Tango Libre

hommes qui dansent.jpg



De Frédéric Fonteyne (2012)

Avec François Damiens, Sergi López, Jan Hammenecker et Anne Paulicevich.
Mais aussi Zacharie Chasseriaud et Chicho Frumboli.

Environ 1h35
Drame, romance

Le film ***

Tango libre est un film qui parle de liberté. Une liberté qui se décline sous toutes ses formes.

JC, gardien de prison fait la rencontre d'Alice lors d'un cours de Tango. Un homme solitaire qui tombe sous l'emprise d'une femme qui l'est beaucoup moins.

Alice et JC se croisent à nouveau lors des rencontres au parloir de la prison où travaille ce dernier. Elle vient rendre visite à Fernand et Dominic. Les deux hommes sont amis, compagnons de cellule, et amoureux d'Alice. Cette liaison triangulaire intrigue JC. Ses sentiments pour Alice ne cessent d'augmenter, ce qui l'amène à enfreindre le règlement. Un règlement qui l'empêche d'entretenir quelque relation que ce soit avec les proches des détenus.

Le film s'articule autour de ces personnages : trois hommes pour une femme, la prison, et une danse : le tango. Cette danse incarne en elle-même la notion de liberté par ses mouvements à la fois provocants et insolents. Le concept d'agir sans contraintes.


François Damiens.jpg



Agir sans contraintes, en prison ? Un paradoxe. Tant les conditions de vie des prisonniers sont dures, ces derniers devant se montrer infaillibles et forts. Impossible de se rendre compte de ce que cela signifie tant que l'on n'a pas été confronté au monde carcéral.

Tango libre nous ouvre les portes de ce lieu sous un aspect différent : la recherche de liberté, le temps d’une danse. Les tabous sont levés, la sensibilité des hommes est dévoilée. Elle va jusqu'à toucher les gardiens.

Le film nous donne sujet à réflexion : que sommes-nous prêts à faire pour obtenir cette liberté tant recherchée ? Pouvons-nous aller jusqu'à la transgression pour nous sentir vivre ?

Tango libre est un film émouvant et touchant, joué par des acteurs étonnants.


Anne Paulicevich et Zacharie Chasseriaud.jpg



Le DVD ***

Bonus :

Quatre scènes coupées qui ne manquent pas de nous faire sourire, et un documentaire de 37 minutes intitulé Frédéric Fonteyne : Un cinéma de famille.

Dans ce documentaire, la parole est notamment donnée aux proches du réalisateur bruxellois. Ceux-là même qui l'accompagnent depuis ses débuts derrière la caméra : sa chef-opératrice Virginie Saint Martain, son assistant réalisateur Manu Kamanda et son producteur Patrick Quinet. Mais aussi sa compagne, scénariste et actrice Anne Paulicevich. Ils parlent d'un réalisateur qui sait où il va mais n'en demeure pas moins à l'écoute de ses collaborateurs. Un excellent directeur d'acteurs, comme le confie Nathalie Baye. Un cinéaste pour qui il faut du vécu dans la fiction.

N'hésitez pas à lire nos interviews de Frédéric Fonteyne et Jan Hammenecker ! Nous avions rencontré les deux hommes le second jour du FIFF 2012. Un Festival qui s'ouvrait, vous l'aurez compris, avec ce Tango libre !

C'est ici :

http://encinemascope.skynetblogs.be/archive/2012/11/07/fr... , et
http://encinemascope.skynetblogs.be/archive/2012/11/05/ja... !

Sylvia Ardizzone et Jean-Philippe Thiriart

22:27 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de DVDs, Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tango, libre, frederic, fonteyne, francois, damiens, sergi, lopez, fiff | |  Facebook | |  Imprimer |