23 Juil.

Projection de C'EST ARRIVE PRES DE CHEZ VOUS ce 15 septembre à Bozar

Petit rappel de barème…

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C’est l’histoire un peu magique d’un film de fin d’études devenu culte.
À l’époque, Rémy Belvaux (1966-2006, frère de Lucas) s’entoure de ses camarades Benoît Poelvoorde et André Bonzel pour réaliser ce vrai-faux documentaire sur Ben, tueur semi-professionnel s’attaquant à la classe moyenne et aux personnes âgées. Le personnage principal embarque alors les membres de l’équipe de tournage, se mettant donc en scène eux-mêmes, dans ses nombreuses péripéties. L’occasion pour Ben de bénéficier ponctuellement d’une assistance bienvenue.

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Mais il serait indécent de s’épancher sur l’histoire de ce film tant ce serait un affront à tout cinéphile belge (ou autre) qui se respecte. En effet C’est arrivé près de chez vous fait indéniablement partie de ces films piliers du cinéma belge. Ces films ayant désormais une place de choix dans le patrimoine cinématographique du plat pays qui est le nôtre. Filmé en 16 mm et en noir et blanc pour des raisons de budget, cette comédie à l’humour noir débridé et au côté glauque parfaitement assumé est devenue pépite de la nation qui voit encore aujourd’hui ses répliques aussi bien scandées dans les soirées étudiantes (« Malou… Nichons ») que déclamées dans les soirées plus mondaines (aaah la recette du Petit Grégory). Ses personnages y sont d’ailleurs pour beaucoup puisque Benoît Poelvoorde, dont c’était d’ailleurs le premier rôle dans un long, campe certes un tueur mais aussi un fils aimant et un camarade à la vision du monde politico-poétique sans nulle autre pareille. Sur ce dernier point, on ne peut passer à côté du rôle tenu par la propre mère de Poelvoorde (jouant donc la mère du personnage principal) qui représente un personnage secondaire fondamental du long-métrage de Rémy Belvaux. Pour l’anecdote, cette gente dame authentique l’aura sans doute été autant du fait que l’équipe de tournage lui avait présenté leur projet comme un réel documentaire sur son fils et non comme une fiction sur un tueur brutal.

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C’est arrivé près de chez vous a rencontré un franc succès public et critique en son temps puisque, sélectionné dans différents festivals, il reviendra avec son petit lot de récompenses dont deux rien que durant le Festival de Cannes 1992 (Prix SACD de la Semaine de la Critique et Prix spécial de la jeunesse). Comme quoi, l’autodérision à la Belge, le sens de la débrouille et une petite boîte de Cedocards faisaient déjà beaucoup il y a 25 ans.

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Comment (re)découvrir C’est arrivé près de chez vous et... le cinéma belge

Rendez-vous ce vendredi 15 septembre à 20h à Bozar pour C’est arrivé près de chez vous, en présence de l'équipe du film.

Et confortablement installés à la maison pour un regard multiple sur le cinéma belge avec la sélection 50/50 de UniversCiné !


Guillaume Triplet et Jean-Philippe Thiriart

08:12 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : est, arrivé, près, de, chez, vous, benoit, poelvoorde, rémy, belvaux, andré, bonzel, cannes | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

CA t’apprendra à faire le clown !

De Andy Muschietti (D’après le roman de Stephen King)
Avec Bill Skarsgård, Jaeden Lieberher, Sophia Lillis
Drame horrifique
2h15

Cote : ***

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Ça vient de sortir. C'est bouillant. Pesant. Planant.
Flottant, violent, intrigant, retournant, à l'humour… décapant !

Adaptation du roman éponyme de Stephen King sorti en 1986, Ça n’est que le deuxième film du réalisateur argentin Andy Muschietti, qui s’était fait connaitre du grand public en 2013 avec son virevoltant Mama. Un gros succès tant public que critique pour ce film lauréat du Prix du Meilleur Film au Festival International du Film Fantastique de Gérardmer en 2013.

L’acteur principal du film, Bill Skarsgård, n’est autre que le fils de l’Avenger Stellan Skarsgård. Le jeune comédien de 27 ans joue ici le rôle de Grippe-Sou, un clown pas si marrant que ne pourraient le penser petits et grands. Jaeden Lieberher joue le rôle de Bill Denbrough, adolescent de quatorze ans à la mèche rebelle et à la sensibilité exacerbée qui accroche fortement le spectateur. Il manque certainement encore d’assurance mais ce film n’a, de toute évidence, pas pour ambition de nous rassurer. Le troisième acteur ou plutôt actrice dont il faudra sans doute suivre l’évolution ces prochaines années est Sophia Lillis. Elle campe le rôle de Beverly Marsh, jeune fille déjà bien dans ses baskets qui, pour échapper à un père tyrannique, a dû grandir plus vite que les enfants de son âge. Elle rejoindra une bande de six garçons pour tenter de faire faire face à leurs plus inavouables peurs.

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Ça appartient au genre horrifique mais nous rejoignons le réalisateur, qui préfère d’abord parler de film dramatique avant de parler de film d’horreur. En effet, les moments d’horreur sont bien présents tout au long du film mais l’histoire se base d’abord sur une série de drames qui ont touché la petite ville de Derry. Par ailleurs, ce film joue aussi fortement sur la tension psychologique. Cette tension est tangible entre enfants - présentés comme des personnes normales et assez équilibrées - et adultes - tous présentés, cette fois, comme des êtres largement déséquilibrés aux pulsions pratiquement incontrôlables. Ce qui a pour conséquence de rendre l’atmosphère du film très crispante. Les codes habituels du genre horrifique sont bien présents. Le spectateur sursautera plus d’une fois tout au long du film.

Cependant, il est également intéressant de noter que ce film présente des caractéristiques du thriller policier. La bande d’enfants souhaitera en effet comprendre les circonstances des disparitions d’enfants inexpliquées qui touchent leur petite ville tous les vingt-sept ans. Cette recherche leur fera découvrir l’horreur et les obligera à affronter leurs peurs les plus enfouies.

Les passages plus calmes alternent assez judicieusement avec les moments de tension tout au long du métrage. Ces instants plus joyeux à l’humour assez présent, quoique corrosif, qui viennent rythmer le film ne sont cependant pas une raison suffisante à nos yeux pour emmener vos bambins découvrir les aventures d’un clown à mille lieues de ceux que l’on voit dans les cirques.

Raphaël Pieters et Jean-Philippe Thiriart

 

16:44 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ça, ca, it, stephen, king, andy, muschietti, mama, derry, skarsgard | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

Projection de CALVAIRE ce 6 septembre à Cinematek

Calvaire sera projeté à Cinematek ce mercredi 6 septembre à 19h en présence de son réalisateur. Il s’agit du premier long métrage d’un des enfants terribles du cinéma belge : le BIFFFeur Fabrice du Welz.

Calvaire (2004) allait constituer le premier volet de la trilogie ardennaise de Fabrice. Le deuxième, Alléluia, voyait le jour dix ans plus tard, remuant fameusement la Croisette lors de sa projection cannoise. C’était en 2014, après son aventure filmique française pas évidente – le bon thriller Colt 45 – et juste avant son aventure américaine - le très sombre et efficace thriller Message From The King. Notez que c’est le visionnage d’Alléluia qui a définitivement convaincu les initiateurs de Message From The King d’engager le cinéaste pour ce qui est, certes un film de commande, mais un Du Welz pur jus néanmoins.


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Que de chemin parcouru par cet amoureux du cinéma de genre depuis son court métrage Quand on est amoureux, c’est merveilleux ! Passionné et passionnant, le metteur en scène belge propose un cinéma singulier : racé, âpre, violent, baroque, remuant, éblouissant. Vinyan (2008), thriller teinté de fantastique avec la belle Emmanuelle Béart et tourné dans des conditions climatiques difficiles et en langue anglaise, n’échappait d’ailleurs pas à la règle.

Calvaire sera projeté dans le cadre de la belle aventure 50/50 : Cinquante ans de cinéma belge, Cinquante ans de découvertes, que nous comptons bien continuer à vous faire vivre jusque juin 2018 ! Une aventure organisée en partenariat avec la plateforme belge de vidéo à la demande UniversCiné, qui propose, entre autres, pas moins de 900 films belges aux amateurs de cinéma de chez nous ou à ceux qui ont simplement envie de le découvrir.


Notre rencontre filmée avec Fabrice Du Welz et Helena Noguerra, et…

Fabrice et son actrice Helena Noguerra étaient venus présenter Alléluia en avant-première au FIFF. Nous avions eu le plaisir de nous entretenir avec eux à cette occasion.


 



la réaction à chaud de spectateurs avertis d’Alléluia !




Notre présentation de Calvaire

Calvaire fait partie de ces rares films qui parviennent à mettre le spectateur mal à l’aise. S’il est forcément très difficile de réussir à faire peur à un public au moyen d’un matériel filmique, bien plus ardu encore est l’exercice qui consiste à le mettre mal à l’aise donc. Fabrice Du Welz y arrive à merveille, avec son premier film en particulier, le bien nommé… Calvaire ! Un calvaire à l’écran, une vraie jouissance cinématographique pour le spectateur averti. Une des citations de cinéastes préférées de Fabrice fait aussi partie des nôtres. Elle dit tout et c’est à Henri-Georges Clouzot que nous la devons : « Le cinéma doit, avant tout, être un spectacle et une agression ». Le cinéma doit remuer le spectateur. Toujours.

Âgé d’à peine trente ans lors qu’il réalise Calvaire, Fabrice Du Welz fait directement preuve d’une maturité impressionnante. Ce film de genre, que nous qualifierons plutôt de drame horrifique que de film d’horreur pur, met en scène Laurent Lucas (Harry, un ami qui vous veut du bien), Jackie Berroyer (la série humoristique moyenâgeuse Kaamelott, notamment) et Jean-Luc Couchard (Dikkenek, Dead Man Talking), aux côtés d’une série d’autres personnages que nous qualifierons de très… particuliers, emmenés par le génial Philippe Nahon (Seul contre tous).

Laurent Lucas joue ici le rôle d’un chanteur solitaire - un certain Marc Stevens -, qui tombe en panne dans les Ardennes belges à la nuit tombée. Apparaît alors Boris (énigmatique Jean-Luc Couchard), parti à la recherche de sa chienne, qui propose à l’artiste de l’emmener chez son ami Bartel (protéiforme Jackie Berroyer). Une bonne nuit de sommeil plus tard, Marc s’aventure dans les alentours de l’auberge de l’ami Bartel, qui ne manque pas de lui prodiguer un conseil précieux : ne pas se rendre au village, les gens y étant quelque peu… différents. Ira ? Ira pas ? Et avec quelles conséquences ?
P
rêts à embarquer dans le premier roller coaster Du Welzien ?
V
ous faites bien ; ça va secouer…

Calvaire mérite d’être vu et revu. Tourné principalement en Belgique avec des paysages sublimés par la caméra de Benoît Debie, le film doit beaucoup au jeu habile, plein d’ambiguïté, de ses acteurs. Le réalisateur montrait déjà, avec cette entrée dans la cour des grands, qu’il n’avait pas peur de choquer par la violence de certaines scènes. Rien d’étonnant à ce que le film ait été interdit aux moins de seize ans lors de sa sortie dans les salles françaises. Si Calvaire est sans doute moins travaillé que le deuxième volet ardennais de son réalisateur - le bien nommé Alléluia - il peut sans doute être qualifié de plus accessible et compréhensible par le spectateur non averti. Du Welz est un artiste, un grand. L’auteur d’une œuvre unique à (re)découvrir de toute urgence.


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Comment (re)découvrir Calvaire et… le cinéma belge


Rendez-vous ce mercredi 6 septembre à Cinematek pour Calvaire.

Et confortablement installés à la maison pour un regard multiple sur le cinéma belge avec la sélection 50/50 de UniversCiné !

N’hésitez pas à découvrir également notre interview de Manu Dacosse aux Magritte du cinéma, le directeur photo compagnon de route de Fabrice Du Welz sur Alléluia.

Jean-Philippe Thiriart et Raphaël Pieters

07:22 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans BIFFF, Critiques de films, Interviews, Les " acteurs " du cinéma vous parlent ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : calvaire, du, welz, alleluia, 50, cinema, belge, béart | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

LA TOUR SOMBRE, loin d'être clair

De Nikolaj Arcel (D'après la saga littéraire de Stephen King)
Avec Idris Elba, Matthew McConaughey, Tom Taylor
Fantastique
1h35

Cote : *

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La Tour sombre est un film de Nikolaj Arcel. Le réalisateur, connu pour son scénario du film Millénium en 2009, offre ici une réalisation plutôt moyenne. L’histoire se base sur la série de huit romans de Stephen King. Il est bien évidemment toujours délicat de s’attaquer à la réalisation d’un film en se basant sur les romans d’un écrivain au succès incontestable.

Les acteurs principaux sont Idris Elba (Prometheus, Thor, Mandela : un long chemin vers la liberté) et Matthew Mcconaughey (Interstellar, Le Loup de Wall Street). Leur jeu, bien qu'assez bon, ne permet pas de relever le niveau du film - moyen - à celui qu'on aurait pu espérer.

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Lorsqu'on lit les livres de Stephen King, on est directement plongé dans une ambiance sombre et on ressent une certaine tension. Ici, cette tension n’est pas assez perceptible et la noirceur du film n’est pas assez proche de celle des livres. On a par moment envie de croire à l’histoire mais des effets spéciaux grotesques viennent parfois nous en empêcher.

La seule évolution intéressante dans le fil de l’histoire est celle du Pistolero (Idris Elba). On sent en lui une réelle interrogation sur sa capacité à influencer son monde. C’est sans doute l’élément le plus réussi du scénario mais c’est sans doute un peu trop faible pour emmener tous les spectateurs avec soi.

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De plus, certaines scènes sont inexpliquées et même inexplicables. On ne parvient pas dès lors pas à comprendre leur intérêt dans ce film. Elles n’aident ni l’évolution de l’histoire ni celle des personnages et laissent donc le spectateur perplexe sur leur utilité.

On ne saurait pas réellement vous conseiller d’aller voir ce film mais plutôt de vous limiter aux huit livres de Stephen King sur La Tour sombre. Si, par contre, vous souhaitez absolument voir des adaptations de romans de Stephen King, Shining et La ligne verte sont d’un tout autre calibre et vieillissent très bien.

Raphaël Pieters

08:27 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la, tour, sombre, stephen, king, matthew, mcconaughey, idris, elba, dark, tower | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

THE CIRCLE ou le film qui n'avait pas lieu d'être

De James Ponsoldt
Avec Emma Watson, Tom Hanks, John Boyega, Karen Gillan
Thriller
1h50

Cote : *

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Mae (Emma Watson) est engagée chez The Circle, une gigantesque entreprise à la tête du réseau social le plus puissant du monde. Elle va rapidement grimper les échelons de la hiérarchie jusqu’à ce que Eamon Bailey (Tom Hanks), le fondateur de l’entreprise, lui propose de participer à un programme de test bousculant les limites de la vie privée.

En une phrase : Facebook c’est des méchants et vous allez tous finir à poil sur internet si ça continue, peu importe ce que vous en pensez.

Mais est-ce vraiment ça The Circle ?

Impossible d’identifier le message du film, la morale que voudrait nous transmettre le réalisateur. Ici, pas d’évolution des personnages, pas d’éléments venant perturber ou modifier leur façon de penser. Leurs décisions paraissent si éloignées de la réalité qu’il est impossible de ressentir quoi que ce soit pour eux (coucou John Boyega).

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Vous vous souvenez d’Indiana Jones et les Aventuriers de l’Arche Perdue ? Vous vous rappelez que le film arriverait à la même conclusion sans son personnage principal ? Eh bien The Circle souffre du même syndrome. Emma Watson n’est là que pour accélérer un peu un processus qui semble inévitable. L’archétype du personnage-fonction pour lequel, comme précisé plus haut, on aura du mal à avoir de l'empathie.

The Circle se termine d’une manière abrupte après presque deux heures de vide. Il laisse le spectateur sur sa faim, qui se demandera peut-être où sont passées les 10 dernières minutes qui aurait pu lui permettre de corriger les aberrations d’un scénario sans réel intérêt.

Où est ce foutu bouton « dislike » ?

Antoine Leroy

 

09:02 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the, circle, emma, watson, tom, hanks, facebook | |  Facebook | |  Imprimer |