23 Juil.

Cruelle est la nuit - L'issue sera la même pour tout le monde

Cruelle est la nuit

D'Alan Deprez (
2016)

P
rojeté ce vendredi 7 avril dans le cadre de la sélection des courts-métrages belges hors-compétition du BIFFF 2017, Cruelle est la Nuit d’Alan Deprez est la bande qu’on attendait depuis un bail tant sa conception et sa sortie furent repoussées. L’occasion nous est donc enfin donnée d’en parler, histoire de mettre en avant la créativité dont la Belgique peut encore déborder mais aussi l’indépendance de ses créateurs pour qui le mot « limite » n’a peut-être pas le même sens que pour le commun des mortels.

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Un condensé de violence, de poitrines opulentes, de révolte et d’humour noir. Voilà ce qui pourrait donner une idée somme toute exhaustive de la vingtaine de minutes que représente Cruelle est la Nuit.
Un soir, Kel (le boss), Arno et Sid du collectif Aetna préparent batte de base-ball et flingues pour une expédition punitive. Ils doivent se rendre chez le politicien véreux Hein Stavros avec comme seul but de l’éliminer. Le problème est que lorsqu’ils débarquent chez lui, les trois « activistes » se retrouvent en pleine partie fine, ce qui va quelque peu les contraindre à adapter leur plan.

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Les moyens les plus classiques sont souvent les plus efficaces


Doté de personnages singuliers et même parfois attachants, Cruelle est la Nuit est le genre de bande soignée tant au niveau du scénario que de la réalisation. En effet, si le concept de base surfe sur quelques poncifs presqu’obligatoires du genre, il n’en est pas moins original. On est bien loin de l’histoire basique du cassage de gueules simpliste. Ici, le contexte sociopolitique a son rôle à jouer et la morale de la vanité de la révolte apporte une symbolique réfléchie sans non plus tomber dans l’intello. Le film doit tenir le spectateur jusqu’au bout et les créateurs l’ont parfaitement assimilé au point d’offrir à celui-ci son lot de démonstration des plaisirs de la chair et d’exagération des scènes gores.
Mais les autres points forts de Cruelle est la Nuit sont sans nul doute le traitement photo et la musique offrant une qualité sombre mais propre de l’image et une tension plombante grâce aux rythmes industriels de la bande originale.
Le réalisateur Alan Deprez s’est fait plaisir en mêlant ses différentes influences esthétiques et cinématographiques tout en insufflant une vision pour le moins nihiliste de l’existence.

Guillaume Triplet

09:58 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans BIFFF, Critiques de films, Présentations de festivals | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bifff, festival, international, film, fantastique, bruxelles, cruelle, est, la, nuit, alan, deprez | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

Thirst lance la rétro Park Chan-wook au BIFFF !

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Animation haute en couleurs hier soir au BIFFF ! - Copyright Simon Van Cauteren


Le 35e BIFFF a été ouvert avec brio hier soir au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. La présence du maître du cinéma de genre coréen Park Chan-wook sur la scène de la Grande Salle Henri Lebœuf y était pour beaucoup. Après une animation haute en couleurs, le réalisateur d'Old Boy a ouvert le Festival en chanson, tout heureux d'être à Bruxelles et au BIFFF. Il a ensuite été adoubé Chevalier de l'Ordre du Corbeau sous les acclamations enthousiastes des festivaliers.

Cette année, venue de Park Chan-wook oblige, le BIFFF a choisi de régaler les spectateurs d'un cycle de trois films de son nouveau chevalier. Les festivités démarrent dès ce soir à 20 heures dans la salle Ciné 3 avec la projection du vampiresque Thirst pour continuer le mardi 11 avec I Am a Cyborg But That's Okay et se clôturer le mercredi 12 avec Lady Vengeance, même heure, même endroit. Aujourd'hui, on vous parle de ce fameux Thirst, pour vous le recommander chaudement !

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Park Chan-wook adoubé Chevalier de l'Ordre du Corbeau

 

Thirst

De Park Chan-wook (2009)

Avec Song Kang-Ho, Kim Ok-vin, Kim Hae-Sook
Drame, thriller
2h13

Cote : ****

À l’instar de Kim ki-duk, Park Chan-wook est un de ces réalisateurs sud-coréens majeurs dont la seule évocation du nom fait immédiatement penser à une œuvre et à un univers tout à fait singuliers.

Mélange savoureux de comédie noirâtre, d’humour vampiresque et de terreur sanguinolente, Thirst(, ceci est mon sang pour être complet) met en scène un prêtre contaminé suite à une transfusion sanguine d’origine inconnue. L’homme de foi commence alors à subir d'étranges mutations physiques et psychologiques, le faisant notamment succomber pour une ravissante jeune femme…

Le réalisateur a choisi d’aborder le thème du vampire avec beaucoup d’humour. Park Chan-wook revisite ainsi complètement l’image du vampire en la modernisant, ajoutant des valeurs très actuelles au sujet traité.

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Il ne modernise pas dans la technique car nous ne sommes pas en présence d’un vampire qui utilise des armes dernier cri, comme on a pu en voir et comme on en verra encore dans pas mal de superproductions américaines. C’est plutôt une pincée de questionnements très actuels qu’il ajoute à l’ensemble, posant les questions de la religion et de sa place dans la société, ainsi que de la culpabilité. [La] « crise existentielle [du vampire] rappelle que, dans la vie, on peut aspirer au bien, mais une vie totalement bonne est impossible. Tout le monde commet des erreurs, des oublis. »


Avec Thirst, nous sommes en présence d’un montage moins classique que dans les films précédents du réalisateur, tant le nombre d’ellipses est conséquent, entre autres caractéristiques. C’est plus brut, moins léché que ce qu’on a pu voir dans Old Boy et, du coup, cela nous place davantage dans une tradition asiatique que dans ses films précédents, avec toute la poésie caractérisant celle-ci. Thirst s'inscrit dans une certaine continuité de ses films sur la vengeance. Si la musique est assez présente, c’est aux bons moments qu’elle vient parsemer le métrage.

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Soulignons que le film n’est pas pompé par les effets spéciaux. Ce n’est pas la technique qui prime, le jeu d’acteurs étant pour beaucoup dans la réussite de l’entreprise. C’est que Park Chan-wook a pris, depuis le début de sa carrière, la bonne habitude de fort bien caster ses acteurs. Il a cette fois choisi Song Kang-ho (Memories of Murder) pour le rôle principal. Un scénario de qualité, un bien beau jeu d'acteurs, un humour à la fois simple et juste et des personnages complètement déjantés : que demander de plus ?

Présenté en compétition internationale lors du Festival de Cannes 2009, Thirst y a remporté le Prix du Jury. Au terme de l'édition 2010 du BIFFF, le film est retourné en Corée du Sud avec, pour destrier, le Corbeau d’Argent. Il s’agit pour rappel du Prix le plus important remis lors du festival bruxellois, après le Corbeau d’Or. À voir donc !

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Amateurs de cinéma de genre coréen ?

Guettez nos deux premiers concours Facebook vous permettant de remporter 2 x 2 places ce vendredi 7 avril au BIFFF pour Luck-Key (14h) et Missing You (21h30) !

Jean-Philippe Thiriart

23 Juil.

Résultats de notre concours « Je me tue à le dire »

Les dix gagnants de notre concours DVD Je me tue à le dire sont :

- Jean-Louis Linchamps de Saint-Gilles,
- Ludovic Depelchin d'Auderghem,
- Catherine Salmon d'Ixelles,
- Nicolas Monfort de Saint-Gilles,
- Charles Hannoteau de Froidchapelle,
- Raphaël Pieters de Jambes,
- Yannick Tassart de Acquin Westbecourt (France),
- Kevin Blommaert de Nivelles,
- Jean-Claude Soetens d'Anderlecht, et
- Danièle Peto de Maransart.

Tous repartent avec un exemplaire de ce bel objet aux bonus alléchants. Félicitations à eux !

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Ils devaient pour rappel nous convaincre que c'était bel et bien eux qui devaient remporter le DVD du film de Xavier Seron.


EXTRAITS CHOISIS...

Mais cher Jean-Philippe, parce que :

1. le Père Noël est une ordure,

2. le Parrain sifflera trois fois,
3. en Suisse, on voit moins Pol en ski,
4. ils ont voté Donald et ils ont eu Dingo,
5. un Bayard d'or est remis a Marion en selle,
6. Divines n'est pas une comédie de Houda Benyamina,
7. le Seigneur vient de rappeler à Lui Monseigneur Lanneau,
8. l'épisode VIII de Star Wars se situe donc entre le III et le IV, et
9. Carmen Maura et Victoria Abril ne bronzent pas à la Costa Gavras.

 

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URGENT !!!

Aidez-nous !

La situation est très difficile pour moi et ma femme. Nous venons d'acheter un magnifique appartement et y consacrons beaucoup de temps pour le rendre le plus beau possible.


Malheureusement dans tout ce bonheur extrême, une tache noir persiste au tableau. « NOUS N'AVONS PAS DE LECTEUR DVD ».

Du coup nous n'achetons pas de DVD et sommes pris, de ce fait, dans un cercle vicieux infernal où ne savons pas encore qui des deux sera le premier. L'œuf ou la poule ? Le DVD ou le lecteur ?

Je suis certain que si par le plus beau de hasard nous avons la chance de gager le dvd de Xavier Seron, l'envie sera si intense de voir son premier film que nous ne pourrons que nous procurer au plus vite un lecteur.

Le maléfice sera alors brisé et une nouvelle ère pourra commencer où, de l'œuf ou la poule qui est le premier, enfin nous connaitrons la réponse. Nous pourrons enfin acheter d'autres DVD.

Nous serons alors parfaitement heureux pour passer des soirées cinéma inoubliables dans notre petit chez nous...


J’ai fait la rencontre de Nessy.

Mais tout le monde l’appelle Ciné.


Je l’aime (Ciné, ma) chérie.
Pour la Saint-Valentin, je n’ai que mon amour à lui donner car je n’ai pas d’argent.

J’aurais aimé gagner un VD.
Ou DVD.

Gagner au jeu-concours me permettrait de faire une heureuse et d’éviter de commettre un larcin…

Je me tue à le dire !


Bon en deux mots, pourquoi devrais-je gagner un DVD du film de Xavier Seron ?

C'est très simple, voilà une petite phrase pour vous convaincre :


Il n'y à Rien d'insoluble pour Le Crabe né sous la Mauvaise lune. Il lui suffit de savoir que même L'Ours noir au fond de sa grotte, pendant les 6 mois d'hiver, est un Dreamcatcher.

concours JMTALD - notre gagnant français Yannick Tassart qui, lui aussi, se tue à le dire !.jpg

Notre gagnant français au t-shirt qui... tue !



Je souhaite recevoir le DVD de Je me tue à le dire parce que j’ai adoré ce film et souhaite le faire partager en invitant des amis à le visionner chez moi.

La deuxième raison ,c’est que j’aime beaucoup le cinéma de Xavier Seron (J’ai adoré son court métrage Le plombier vu sur la RTB il y a peu) et le cinéma belge de manière générale.

La troisième raison,c’est que j’ai eu le plaisir de participer au tournage de Je me tue à le dire (bénévolement )et que je suis ravi de voir le succès de ce long métrage un peu partout dans les salles et festivals du monde et que j’estime que cette œuvre a une place toute indiquée dans ma collection.

À très bientôt pour un prochain concours ciné sur En cinémascope !
Dans quelques jours déjà en réalité !

Jean-Philippe Thiriart

 

16:26 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Concours, Critiques de DVDs, Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : concours, dvd, je, me, tue, à, le, dire, xavier, seron | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

Projeté en Avant-Première ce soir à l'Acina, Le Scénariste suit... Le Con !

C'est ce soir à 18h20 que Le Scénariste - le nouveau court-métrage du réalisateur namurois François Paquay - sera projeté dans la grande salle du cinéma jambois L'Acinapolis. Nous ne pouvons que vous encourager à découvrir le deuxième bébé du papa du film Le Con. Notez que Le Scénariste est d'ores et déjà sélectionné au Brussels Short Film Festival, qui fêtera ses vingt ans du 27 avril au 7 mai prochains. Il y sera projeté à trois reprises en compétition nationale. Un gros « Bonne m... » au film, donc d'ores et déjà ! Lorsqu'il nous a annoncé ces bonnes nouvelles, François nous a rappelé que nous étions les premiers à l'interviewer à l'époque. Une interview organisée au Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF). Vous la retrouverez ci-dessous. Bonne lecture et... bonne découverte du petit frère du Con à Jambes ce soir !


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L'Avant-Première du
Scénariste, c'est ce soir à l'Acina !



Pour assister gratuitement
à la projection de ce soir,
cliquez ici !




Avant Le Scénariste était Le Con !



Début octobre 2009, nous avions rendez-vous avec François Paquay, l’enthousiaste réalisateur du court métrage namurois Le Con, sous le chapiteau public du FIFF. Le film allait figurer en compétition au Festival du court-métrage Média 10-10, à la Maison de la Culture de Namur. Cet entretien nous a permis de faire plus ample connaissance avec François et d’apprendre pas mal de choses sur son premier court.


Voici le synopsis du film :


Jean-Bernard Lambillote, adjoint à la direction de la FDCBPP, est sous le choc lorsque sa candidature pour le poste de directeur est rejetée. Après 17 ans de bons et loyaux services, ce ne sera pas lui mais Carl De Strooper : un homme froid, distant, incapable de sourire…
Mais pourquoi avoir choisi un type pareil ! Il va falloir réagir et prouver que Carl n’est pas celui qu’on croit.


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Notre interview de François Paquay


C
omment s’est passé ton passage du poste d’assistant-réalisateur au poste de réalisateur à part entière. Était-ce une évidence de passer à la réalisation ?

Oui, complètement parce que je suis formé à l’IAD en réalisation. J’avais déjà réalisé des émissions télé et des petites fictions. J’avais été assistant aussi. En fait, j’avais occupé tous les postes comme c’est la tradition à l’IAD malgré que ton cursus soit orienté réalisation fiction ou TV, par rapport à d’autres écoles.

Toi, tu étais en fiction, juste ?

Oui, moi, j’étais en fiction. Personnellement, j’étais plus orienté documentaires. D’ailleurs, quand je suis sorti de l’école, je suis allé rencontrer les producteurs de Strip-tease et en fait, ça a un lien avec Le Con parce que ce que j’aimais bien dans cette émission, c’était évidemment la satyre et le regard très critique qui va épingler les failles des personnes. Et ce qui était bien justement avec Strip-tease, c’est qu’ils sont justement allés vers des gens qui pouvaient maîtriser ces failles mais qui ne les maîtrisaient pas, comme des hommes politiques à responsabilités alors qu’avant, ils allaient plutôt chercher des gens handicapés. Et c’est pour ça en fait que j’ai trouvé que le scénario de Le Con était un peu lié à cela.
Je suis sorti de l’IAD en étant engagé à la RTBF comme réalisateur TV et puis mon contrat se terminant, j’ai dû trouver du boulot, tout en ayant comme premier rêve de faire de la réalisation de films.

De films de fiction alors, tu veux dire ?

Oui, mais pas de projets de scénarios que j’avais écrits. Je n’avais encore aucun projet. Nicolas Buysse m’a simplement glissé dans l’oreille qu’il y avait un jeune réalisateur namurois qui allait tourner son premier court métrage et qu’il en faisait partie comme acteur principal. J’ai donc appelé Xavier Diskeuve, que je ne connaissais absolument pas à l’époque. C’était marrant parce que Xavier était amusé que les gens viennent vers lui.

Tu avais lu son scénario avant ?

Je ne savais rien du tout. Je cherchais juste à avoir de l’expérience. Par contre, il m’a dit qu’il y avait déjà un premier assistant. Je venais d’une grosse pub où j’avais été second, où j’avais été surboosté. C’était la nuit. C’était une pub pour Meurisse, avec de gros moyens, avec des acteurs anglais. Une fois que tu vas sur ce plateau-là, une fois que tu as vu ça, t’es blindé. T’es blindé pour du court. Ça, c’est certain. Et donc, quand je suis arrivé sur le court de Xavier, j’étais très en forme
(il rit) et ça m’a permis d’avoir une grande place sur ce film. On n’en a jamais vraiment parlé avec Xavier mais on peut parler d’une place où je m’intégrais vraiment dans la mise en scène. Et donc La chanson chanson, c’était non seulement un service d’assistanat mais j’étais vraiment un peu le bras droit de Xavier, même au niveau de la mise en scène.


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François Paquay et Serge Riaboukine sur le plateau du
Scénariste



J’ai entendu Xavier dire, une fois, que sans l’entourage qu’il avait, il n’aurait jamais réussi à faire le film…

C’est exact. Il a eu évidemment tous les problèmes qu’un premier film a. C’est-à-dire qu’il mélange des gens qui ont de l’expérience et des gens qui n’en ont pas. Il mélange des gens qui viennent de milieux différents et ce n’est pas évident quand c’est ton premier à mettre en place. Mais ça s’est super bien passé au final puisque le film est encore maintenant sélectionné pour représenter les courts métrages belges alors que c’est un film qui a été tourné il y a bientôt dix ans. Il s’agissait donc d’une première expérience. Xavier m’a ensuite rappelé pour Mon cousin Jacques mais là, j’ai eu des problèmes privés, qui ont fait que je n’ai pas su le faire. J’ai ensuite repostulé auprès de Xavier pour Révolution. Il m’a alors réengagé. Mais je n’avais toujours pas de réel projet de réalisation. J’étais aussi sur un long métrage de Frédéric Ledoux comme assistant-réalisateur. J’ai fait toute la préparation puis j’ai arrêté pour des raisons personnelles également.

J’ai rencontré Damien Chemin aussi, avec qui j’ai travaillé sur Le généraliste. Il m’a ensuite demandé de faire l’assistanat sur La Monique de Joseph mais là je n’ai pas pu le faire pour des raisons financières. Ce qu’il faut savoir, c’est que le cinéma est un secteur où tout le monde a envie d’aller mais au niveau économique, c’est une catastrophe. Il faut bien le dire. Les gens sont payés entre zéro et cinquante euros par jour, quand tout va bien. Dans le court métrage en tout cas. Dans le long métrage, c’est un peu mieux. Mais pour en vivre, il faut bien se dire que les gens rament.

Heureusement que tu as la pub sur le côté alors ?

J'ai pu réaliser Le Con parce que j’ai fait des films d'entreprise et de la pub, qui m'ont permis de mettre de l'argent de côté pour des projets personnels. On ne gagne pas sa vie avec des courts, au contraire, car c’est vraiment la débrouille. Je dis souvent que c'est un « sport de riches ». Xavier m’a dit qu’il avait écrit une nouvelle qu’il avait proposée au concours des nouvelles polar de la RTBF. Il m’a dit qu’il ne pensait pas qu’il mettrait en scène le court qui en découlerait. Ce qui est fou, c’est que c’est lui qui l’avait écrite ! Il m’a dit qu’il y avait, dans Le Con, des choses qu’il n’avait pas envie de réaliser. Je pense qu’il parlait du robot et du côté un peu polar qu’il y a dans son histoire, par rapport à ses films qui ne sont pas vraiment des polars.

Il avait déjà remporté le concours polars avec La chanson chanson...

Oui, alors que ce n’est pas vraiment un polar. Il y a une tension dramatique mais ce n’est pas un polar à proprement parler. Il m’a dit qu’il pensait que c’était le genre de films qui m’iraient bien. C’est marrant parce que Xavier me connaît mieux que moi-même en fait (il rit). Au départ, quand j’ai lu la nouvelle, j’ai réalisé que c’était exactement le genre de thème que j’ai envie d’aborder dans tous mes scénarios, que je commence et que je ne fais jamais aboutir, notamment la prise de conscience d’un personnage. Mais une prise de conscience qui soit délirante, qui soit absurde. La parano. Dans Le con, le personnage principal part dans une sorte de délire proche de la paranoïa. Tout ça traité avec beaucoup de satyre, beaucoup d’humour sur le fonctionnariat. Il y avait quelque chose de risible dans ce personnage-là qui me ramenait à ce que j’aimais bien dans les Strip-tease.

J’y trouvais donc mon bonheur total. Le lendemain, j’ai dit à Xavier que j’avais envie de réaliser le film et il m’a proposé d’être mon producteur. Alors là, c’était l’orgasme complet ! (il rit) En réalité, j’avais du mal à trouver un producteur pour mes projets. Rien de concret donc. Et là, j’ai un producteur. Avec qui je m’entends bien. Avec qui je suis sur la même longueur d’onde, qui me propose un scénario et qui en plus me propose d’être mon producteur. J’aurais dit non, je crois que j’aurais vraiment été… un con. (il rit).

Le choix des trois acteurs principaux - Jean-Philippe Lejeune (Jean-Bernard Lambillote), Koen Van Impe (Carl De Strooper) et Nathalie Delhaye (Claire Lambillote) était-il une évidence ?

De nouveau, Xavier, comme producteur, m’a aidé énormément. Je ne sais pas si c’est normal ou pas mais en adaptant sa nouvelle, il fallait que je me l’approprie, que ça devienne le film que je voulais faire, avec le message que je voulais faire passer. Il fallait vraiment que je le retransforme. C’était pareil avec les comédiens. Pour Le Con, j’avais pensé à Serge Larivière mais c’était trop évident parce qu’il jouera toujours des antihéros.

Comme dans Formidable finalement…

Oui, voilà ! Mais j’avais envie que ce soit un peu moins évident donc en réfléchissant, on s’est dit que Jean-Philippe Lejeune serait vraiment bien dans ce rôle-là et Xavier me l’a tout de suite proposé. Et effectivement, je l’avais déjà vu dans une pièce de théâtre.


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Le Con en quatre images-clé



Était-ce alors sa première apparition au cinéma ?

Oui et non. Il avait déjà fait une pub pour Pure FM où il jouait un chasseur qui réanime une biche après lui avoir tiré dessus. Mais quand on prend un acteur de théâtre, on se demande toujours comment ça va aller. Est-ce qu’il ne va pas en faire de trop ? Est-ce que ça ne va pas être trop surligné ? Finalement en fait, en voyant cette pub, il y a un plan dans lequel il était déjà dans le personnage du con, lorsqu’il est dans la voiture. Quand j’ai vu cette pub, je n’ai eu aucun doute.

Puis pour interpréter Carl De Strooper, il fallait trouver un personnage. On a pensé à Jan Hammenecker parce qu’il a un côté comique qu’on voulait donner dans ce film. Je l’ai contacté et il était d’accord. Il est arrivé, on a fait un essai et là, j’étais moins sûr de mon choix parce que le côté comique était trop souligné. Il s’en est rendu compte aussi et m’a appelé pour me dire qu’il estimait que ça n’irait pas. Et je le remercie parce que c’est toujours délicat. À un moment donné, tu commences, t’as déjà fait une première répétition sans être tout à fait certain. T’es sûr à 90% mais il y a un truc qui ne passe pas et finalement, c’est lui qui a eu le courage de le dire. On peut très bien s’embarquer et quand c’est fait, c’est trop tard.
En fait, j’avais vu Tanghi Argentini, avec Koen Van Impe. Il y jouait déjà un personnage de chef glacial et austère, avec un employé qui était une tête de con lui-aussi. Si tu veux, la relation hiérarchique, elle est là. Et moi, dans Le Con, je voulais un type qui soit glacial puisqu’il fallait faire croire dans l’histoire que ce type était peut-être un robot. Je voulais que le spectateur y croit, ait un doute.

Pour l’actrice, il fallait quelqu’un qui soit borderline parce que c’est elle qui va amener le côté « pétage de plombs ». Dès la première scène, il fallait qu’on sente qu’il y a une faille dans cette personne. Il était par conséquent nécessaire qu’elle soit crédible dans le rôle de l’épouse de Jean-Bernard. J’ai donc cherché une comédienne du même âge, du même profil, etc. Il fallait qu’il y ait déjà quelque chose de cassé, qu’on sente qu’il y a une grande frustration qui soit déjà là, ne fût-ce que par son attitude. Je ne trouvais pas d’actrice. C’est ma femme qui a rencontré, lors d’une incentive, une comédienne qui est habituée à jouer pour les entreprises. Elle s’appelle Nathalie Delhaye et n’avait jamais joué dans une fiction. Elle faisait un peu de théâtre mais travaillait surtout pour des entreprises. C’est une comédienne qui est bonne élève. Il faut absolument que tous les plans soient parfaits à ses yeux. Elle est prête à refaire une scène cinquante fois s’il le faut. Elle s’est vraiment montrée au service du film.

Je suis très content du résultat du film parce que ce que je voulais, c’est que le spectateur puisse regarder le film en regardant les personnages comme des cobayes dans une cage. Réussir à créer une distance et que ça fasse l’effet de la satyre et non pas donner la possibilité au spectateur de rentrer dans le film sans se distancer.

Jean-Philippe Thiriart

10:29 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films, Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le, scénariste, con, françois, paquay, acina, acinapolis, avant, premiere | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

Streker fait strike avec un film qui marque... au fer rouge !

NOCES

Scénario et réalisation : Stephan Streker
Avec Lina El Arabi, Sébastien Houbani, Olivier Gourmet, Zacharie Chasseriaud
Image : Grimm Vandekerckhove

Cote : ***

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Ce n'est pas tous les jours qu'un film dramatique est réalisé par un des visages bien connus du football belge, un certain Stephan Streker. Noces entame déjà sa quatrième semaine d'exploitation dans nos salles et nous nous devions de vous présenter ce film encore bien présent dans nos salles belges francophones. Un film qui traite d’un sujet aussi délicat que controversé.

Noces est un film poignant et prenant. Les moments plus lents lors desquels l’histoire n’évolue pas sont quasi inexistants, l’intrigue ne s’arrête jamais et il n'y a pour ainsi dire pas la moindre pause inutile. Chaque scène a son importance et c’est une qualité assez rare pour un drame de ce genre. Il n’y a aucun temps mort et la mi-temps habituelle n’aura pas lieu.

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Noces, c'est aussi l'amour d'une sœur pour son frère, d'un frère pour sa sœur


Le thème est particulièrement grave puisque des dizaines de jeunes filles sont forcées au mariage chaque année sous nos latitudes. Les plaintes pour mariage forcé sont rares car elles mènent au déshonneur d’une famille entière qui n’osera plus rentrer au pays de peur d’être jugée par toute une communauté. La nécessité d’un tel film est une évidence mais ne faudrait-il pas en faire la promotion dans les milieux concernés par les mariages forcés même si ces mariages arrangés ne mènent qu’à un faible nombre de dérapages tels que celui présenté dans le film ? Même si les drames réels sont minimes et les vraies révoltes minoritaires, les droits de la femme sont-ils respectés lors de ce genre de mariages traditionnels ? La question est soulevée et le débat est plus que jamais ouvert.

Streker nous propose également l’avis de musulmans pakistanais sur certaines de nos propres habitudes. Si pas mal de non-musulmans cultivent des stéréotypes sur les musulmans, ces derniers ont parfois, eux-aussi, une vision tronquée de la manière dont les premiers voient les choses. Ces stéréotypes, bien que caricaturaux, peuvent nous servir également à nous remettre en question lorsque cela est nécessaire. Ce film belgo-franco-pakistano-luxembourgeois met aussi en lumière les difficultés de compréhension de l’autre lorsqu’il n’a pas les mêmes coutumes ou religion.

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Sébastien Houbani a sans doute le rôle le plus compliqué


Es que dire des acteurs ? La jeune actrice Lina El Arabi (21 ans tout juste) crève l’écran. Il est rare de voir un regard aussi profond au cinéma. De plus, jouer la détresse n’est jamais évident et elle le fait avec une justesse remarquable pour son jeune âge. Sébastien Houbani, son frère à l'écran, doit par contre jouer un personnage à deux visages et ce n’est pas non plus chose aisée. Il le fait d’une manière assez convaincante même si la rupture aurait sans doute pu être encore plus marquée. On notera aussi la qualité des interprétations d'un Olivier Gourmet brillant comme de coutume et de Zacharie Chasseriaud dans le rôle de l’amoureux transi ne comprenant pas une situation qui ne lui est pas expliquée et qui, même si elle l'était, ne ferait sans doute pas sens pour lui.

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Stephan Streker a tout pour faire strike !


Enfin, ce que l’on retiendra surtout est la mise en scène dont bénéficie le métrage. Streker fait preuve d’une justesse remarquable. Le rouge est présent tout au long du film, des sièges du bus aux pétales du mariage. Les discussions se font d’abord sans problème entre les différents membres de la famille, la situation se crispant peu à peu jusqu’à atteindre un point de non-retour. Les deux acteurs principaux sont omniprésents et cela donne presque l’impression d’un huis clos dont la famille ne pourra sortir indemne.

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Zacharie Chasseriaud et Lina El Arabi


Raphaël Pieters et Jean-Philippe Thiriart

10:45 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : noces, stephan, streker, mariage, forcé, gourmet | |  Facebook | |  Imprimer |