23 Juil.

WHAT IFFF… Chapitre troisième - « Le festival du peuple, par le peuple et pour le peuple, ne disparaîtra jamais de la surface de la terre ? »

Rêve prémonitoire, abus de psychotropes bio ou délire paranoïaque, le sang coulera lors de cette 35e édition du BIFFF. Qui ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? Il nous reste quelques jours pour le découvrir…

 

trump, syrie, molenbeek, bifff, what, ifff, bozar, bruxelles, film, festival, fantastique, prologue, fiction, nouvelleTandis qu’une fraternité secrète s’adonnait ce jeudi à la célébration d’une déesse ambrée en mettant en perce le fût de Bush tant attendu… Washington a, de son côté, aussi voulu rendre hommage à ses deux anciens présidents, Bush et Bush junior qui, par le passé, l’avaient eux-aussi mis profond en Perse. Pour ouvrir les festivités et également se faire une renommée au Proche-Orient, le président Donald Trump tel un chevalier de l’apocalypse perché sur son missile de croisière a terrassé ce jeudi à coups de tomahawks le régime syrial killer du futur prix nobel de chimie pour son étude présumée sur les effets du gaz sarrasin.

 

Décidément, l’histoire se répète. Qui sait ? Avec le lot de réfugiés syriens qui traînent dans le coin et les choses pas très catholiques qui se projettent dans les salles obscures de Bozar, le simple éternuement d’un petit « God bless(e) you » et une cinquantaine de missiles tomahawks nous tombent sur la tête. Situé à quelques kilomètres à peine au sud-ouest de Molenbeek, pas besoin de ratisser large pour faire du BIFFF une cible prioritaire… et, par la même occasion, désigner le gouvernement américain comme principal suspect du crime à venir dans cette 35ème édition du BIFFF.

 

Alors, si vous pensez – ou pas - que le président à la moumoute blonde, grand exhorteur des nations dites civilisées, a sa place parmi les incontournables Leatherface, Freddy Krueger, Jason Voorhees, Michael Myers, Pinhead et j’en passe, au panthéon de l’horreur, postez démocratiquement votre vote sous cette rubrique. Comme le dit désormais un nouvel adage : « La démocratie est aujourd’hui le propre des nations civilisées à pouvoir se salir les mains. »

 

"WHAT IFFF…",

une journalistico-fiction de Serge Adeline

Cruelle est la nuit - L'issue sera la même pour tout le monde

Cruelle est la nuit

D'Alan Deprez (
2016)

P
rojeté ce vendredi 7 avril dans le cadre de la sélection des courts-métrages belges hors-compétition du BIFFF 2017, Cruelle est la Nuit d’Alan Deprez est la bande qu’on attendait depuis un bail tant sa conception et sa sortie furent repoussées. L’occasion nous est donc enfin donnée d’en parler, histoire de mettre en avant la créativité dont la Belgique peut encore déborder mais aussi l’indépendance de ses créateurs pour qui le mot « limite » n’a peut-être pas le même sens que pour le commun des mortels.

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Un condensé de violence, de poitrines opulentes, de révolte et d’humour noir. Voilà ce qui pourrait donner une idée somme toute exhaustive de la vingtaine de minutes que représente Cruelle est la Nuit.
Un soir, Kel (le boss), Arno et Sid du collectif Aetna préparent batte de base-ball et flingues pour une expédition punitive. Ils doivent se rendre chez le politicien véreux Hein Stavros avec comme seul but de l’éliminer. Le problème est que lorsqu’ils débarquent chez lui, les trois « activistes » se retrouvent en pleine partie fine, ce qui va quelque peu les contraindre à adapter leur plan.

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Les moyens les plus classiques sont souvent les plus efficaces


Doté de personnages singuliers et même parfois attachants, Cruelle est la Nuit est le genre de bande soignée tant au niveau du scénario que de la réalisation. En effet, si le concept de base surfe sur quelques poncifs presqu’obligatoires du genre, il n’en est pas moins original. On est bien loin de l’histoire basique du cassage de gueules simpliste. Ici, le contexte sociopolitique a son rôle à jouer et la morale de la vanité de la révolte apporte une symbolique réfléchie sans non plus tomber dans l’intello. Le film doit tenir le spectateur jusqu’au bout et les créateurs l’ont parfaitement assimilé au point d’offrir à celui-ci son lot de démonstration des plaisirs de la chair et d’exagération des scènes gores.
Mais les autres points forts de Cruelle est la Nuit sont sans nul doute le traitement photo et la musique offrant une qualité sombre mais propre de l’image et une tension plombante grâce aux rythmes industriels de la bande originale.
Le réalisateur Alan Deprez s’est fait plaisir en mêlant ses différentes influences esthétiques et cinématographiques tout en insufflant une vision pour le moins nihiliste de l’existence.

Guillaume Triplet

09:58 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans BIFFF, Critiques de films, Présentations de festivals | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bifff, festival, international, film, fantastique, bruxelles, cruelle, est, la, nuit, alan, deprez | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

WHAT IFFF… Chapitre deuxième - « To eat or not to eat… »

Rêve prémonitoire, abus de psychotropes bio ou délire paranoïaque, le sang coulera lors de cette 35e édition du BIFFF. Qui ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? Il nous reste quelques jours pour le découvrir…

 

hamburger, hot-dog, bifff, what, ifff, bozar, bruxelles, film, festival, fantastique, prologue, fiction, nouvelleA l’instar des Frankestein, von Carstein et autres nobles familles germanophones, les von Besien ont plus marqué les estomacs que les esprits de leurs contemporains. Issus d’une longue lignée de Grands Veneurs – Jägermeisters, en allemand - des têtes couronnées de l’empire austro-hongrois s’étendant à cette époque jusqu’aux confins des Carpates, les von Biesen avaient un talent inné pour épicer et aromatiser leurs plats de plantes aux vertus particulières : cigües, hellébores, aconits, etc. Certains recueils de leurs célèbres recettes furent même découverts dans les bibliothèques de la famille Borgia, d’Henri II de Navarre ou encore de la Marquise de Brinvilliers… mais ces écrits ont aujourd’hui disparu, contrairement à la famille von Besien dont, au fil des siècles, nous retrouvons successivement la trace à Hambourg (XVIIIe s.), New-York (XIXe s.) et, plus récemment à Bruxelles où, comme beaucoup de leurs contemporains, ils ont su s’adapter à leur époque en vous proposant aujourd’hui à leur carte leur renommé ‘Hamburg-er’ du BIFFF. Bon appétit !

 

Noooon ! C‘est trop facile de pointer du doigt d’honnêtes commerçants – cette expression prête toujours à sourire - comme éventuels suspects du meurtre qui sera commis cette année au BIFFF. L’art de l’empoisonnement est aujourd’hui tombé en désuétude et le meurtre alimentaire est, quant à lui, devenu un suicide collectif ritualisé lors d’événements de masse, comme le BIFFF et autres festivals. À la décharge de cette sympathique famille, désormais rebaptisée Van Besien, outre les traditionnels hamburgers et hot-dogs, ils proposent à la carte un ou deux plats du jour plus ou moins dés-équilibrés… Et, depuis plusieurs années, j’ai survécu aux uns comme aux autres !

 

Deux gouttes de ketchup et un oignon trop cuit ayant maculé mon moleskine, je dois reconnaître avoir fait chou-blanc dans la piste de l’empoisonnement alimentaire. Je ferme donc mon carnet de notes et reprends le cours de cette investigation en arpentant les couloirs de Bozar… Quelles seront les prochaines victimes, ou plutôt bourreaux, désignées par ma plume ? Toutes les suggestions sont les bienvenues par le biais de ce post... Welcooooome !

 

"WHAT IFFF...",
une journalistico-fiction de Serge Adeline

23 Juil.

WHAT IFFF… Chapitre premier - « Ich bin eine BIFFF-viewer… »

Rêve prémonitoire, abus de psychotropes bio ou délire paranoïaque, le sang coulera lors de cette 35e édition du BIFFF. Qui ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? Il nous reste quelques jours pour le découvrir…

 

chan-wook, park, adoubement, chevalier, corbeau, ordre, bifff, what, ifff, bozar, bruxelles, film, festival, fantastique, prologue, fiction, nouvelleD’une main ferme, Georges Delmotte brandit son épée et la laisse lourdement retomber sur la clavicule de Chan-wook Park. Comme au ralenti, elle glisse inéluctablement vers le cou dénudé qui s’offre à elle. Fraîchement aiguisée, sa lame tranche net la tête du talentueux réalisateur sud-coréen qui, les yeux exorbités, songe à sa prochaine sombre histoire de vengeance… Trop tard !  Après quelques rebonds maladroits, sa tête retombe sur les spectateurs du premier rang. Un souvenir impérissable à condition d’avoir sous la main un grand bocal de formol, voire de « kimchi » comme un certain abonné dont je ne citerai pas le nom !

 

Vous seriez étonné de savoir ce que les sacs du public du BIFFF peuvent parfois receler. Ah, ce cher public avide d’hémoglobine et de sensations fortes, applaudissant au moindre démembrement. Combien de détraqués mentaux compte-t-il en ses rangs ? D’après certaines études*, les psychopathes représentent 1% de la population. Avec sa cinquantaine de milliers de BIFFF-eurs arpentant les couloirs de Bozar, le compte est vite fait : plus de 500 psychopathes en puissance viennent assouvir chaque année leurs pulsions par films interposés. Mais rassurez-vous, toujours d’après cette même étude, seulement 10% d’entre eux seraient assez violents pour finir en prison… Cela n’en fait plus qu’une cinquantaine !

 

Alors, suivez bien ce petit conseil. Lors de vos prochaines séances, la cohue du contrôle des billets dépassée, avant de vous asseoir sur le premier siège venu, prenez le temps de regarder attentivement vos voisins de gauche et de droite… et n’hésitez pas à poster sous cette rubrique la description ou la photo de toute personne qui vous semblerait suspecte… car, comme je l’ai déjà écrit, le sang coulera cette année au BIFFF !

 

"WHAT IFFF…",

une journalistico-fiction de Serge Adeline

 

* source : Les psychopathes sont parmi nous. Analyse et détection de la psychopathie (vadeker.net/humanite/anthropologie/vivre_sans_morale_psychopathe.html)

Thirst lance la rétro Park Chan-wook au BIFFF !

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Animation haute en couleurs hier soir au BIFFF ! - Copyright Simon Van Cauteren


Le 35e BIFFF a été ouvert avec brio hier soir au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. La présence du maître du cinéma de genre coréen Park Chan-wook sur la scène de la Grande Salle Henri Lebœuf y était pour beaucoup. Après une animation haute en couleurs, le réalisateur d'Old Boy a ouvert le Festival en chanson, tout heureux d'être à Bruxelles et au BIFFF. Il a ensuite été adoubé Chevalier de l'Ordre du Corbeau sous les acclamations enthousiastes des festivaliers.

Cette année, venue de Park Chan-wook oblige, le BIFFF a choisi de régaler les spectateurs d'un cycle de trois films de son nouveau chevalier. Les festivités démarrent dès ce soir à 20 heures dans la salle Ciné 3 avec la projection du vampiresque Thirst pour continuer le mardi 11 avec I Am a Cyborg But That's Okay et se clôturer le mercredi 12 avec Lady Vengeance, même heure, même endroit. Aujourd'hui, on vous parle de ce fameux Thirst, pour vous le recommander chaudement !

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Park Chan-wook adoubé Chevalier de l'Ordre du Corbeau

 

Thirst

De Park Chan-wook (2009)

Avec Song Kang-Ho, Kim Ok-vin, Kim Hae-Sook
Drame, thriller
2h13

Cote : ****

À l’instar de Kim ki-duk, Park Chan-wook est un de ces réalisateurs sud-coréens majeurs dont la seule évocation du nom fait immédiatement penser à une œuvre et à un univers tout à fait singuliers.

Mélange savoureux de comédie noirâtre, d’humour vampiresque et de terreur sanguinolente, Thirst(, ceci est mon sang pour être complet) met en scène un prêtre contaminé suite à une transfusion sanguine d’origine inconnue. L’homme de foi commence alors à subir d'étranges mutations physiques et psychologiques, le faisant notamment succomber pour une ravissante jeune femme…

Le réalisateur a choisi d’aborder le thème du vampire avec beaucoup d’humour. Park Chan-wook revisite ainsi complètement l’image du vampire en la modernisant, ajoutant des valeurs très actuelles au sujet traité.

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Il ne modernise pas dans la technique car nous ne sommes pas en présence d’un vampire qui utilise des armes dernier cri, comme on a pu en voir et comme on en verra encore dans pas mal de superproductions américaines. C’est plutôt une pincée de questionnements très actuels qu’il ajoute à l’ensemble, posant les questions de la religion et de sa place dans la société, ainsi que de la culpabilité. [La] « crise existentielle [du vampire] rappelle que, dans la vie, on peut aspirer au bien, mais une vie totalement bonne est impossible. Tout le monde commet des erreurs, des oublis. »


Avec Thirst, nous sommes en présence d’un montage moins classique que dans les films précédents du réalisateur, tant le nombre d’ellipses est conséquent, entre autres caractéristiques. C’est plus brut, moins léché que ce qu’on a pu voir dans Old Boy et, du coup, cela nous place davantage dans une tradition asiatique que dans ses films précédents, avec toute la poésie caractérisant celle-ci. Thirst s'inscrit dans une certaine continuité de ses films sur la vengeance. Si la musique est assez présente, c’est aux bons moments qu’elle vient parsemer le métrage.

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Soulignons que le film n’est pas pompé par les effets spéciaux. Ce n’est pas la technique qui prime, le jeu d’acteurs étant pour beaucoup dans la réussite de l’entreprise. C’est que Park Chan-wook a pris, depuis le début de sa carrière, la bonne habitude de fort bien caster ses acteurs. Il a cette fois choisi Song Kang-ho (Memories of Murder) pour le rôle principal. Un scénario de qualité, un bien beau jeu d'acteurs, un humour à la fois simple et juste et des personnages complètement déjantés : que demander de plus ?

Présenté en compétition internationale lors du Festival de Cannes 2009, Thirst y a remporté le Prix du Jury. Au terme de l'édition 2010 du BIFFF, le film est retourné en Corée du Sud avec, pour destrier, le Corbeau d’Argent. Il s’agit pour rappel du Prix le plus important remis lors du festival bruxellois, après le Corbeau d’Or. À voir donc !

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Amateurs de cinéma de genre coréen ?

Guettez nos deux premiers concours Facebook vous permettant de remporter 2 x 2 places ce vendredi 7 avril au BIFFF pour Luck-Key (14h) et Missing You (21h30) !

Jean-Philippe Thiriart