03 févr.

Bilan des Magritte du cinéma 2014

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Vincent Patar et Stéphane Aubier


Présidée par Émilie Dequenne et présentée par Fabrizio Rongione, la quatrième cérémonie des Magritte du cinéma s'est tenue ce samedi 1
er février au Square, à Bruxelles. En tout, pas moins de vingt trophées ont été décernés lors de ces Oscar de la partie sud de notre pays. Le film d'animation Ernest et Célestine, réalisé par les Belges Stéphane Aubier et Vincent Patar, et le Français Benjamin Renner, aura été le grand gagnant de la soirée. Trois nominations et... trois statuettes ! Meilleur son, Meilleurs réalisateurs et Meilleur film. Un sans faute pour le duo Aubier-Patar, qui avait le triomphe modeste.


Quant aux Magritte de la Meilleure actrice et du Meilleur acteur, ils ont respectivement été attribués à Pauline Étienne et à Benoît Poelvoorde. Tous deux ont été récompensés pour leur rôle dans un film français. La religieuse, de Guillaume Nicloux, pour elle. Une place sur la terre, de Fabienne Godet, pour lui.

Tango libre et ses dix nominations n'a remporté que deux Magritte, ceux du Meilleur scénario, signé Anne Paulicevich et Philippe Blasband, et des Meilleurs décors, réalisés par Véronique Sacrez. Quant à Au nom du fils, nominé à sept reprises, il n'a été récompensé que par le seul Magritte du Meilleur espoir masculin, décerné à Achille Ridolfi. Les Meilleurs actrice et acteur dans un second rôle sont cette année Catherine Salée et Laurent Capelluto pour leurs interprétations dans La vie d'Adèle et Le temps de l'aventure.

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Vincent Tavier


Notre interview de Vincent Tavier, producteur d'Ernest et Célestine, avant la cérémonie

Ernest et Célestine est nominé à trois reprises et fait figure de favori ce soir. Le film sera bientôt aux Oscar. Si vous deviez inviter les spectateurs à voir le film, qu'est-ce que vous leur diriez ?

Que pour les tout petits, c'est le plus beau film que j'aie produit depuis longtemps. Il y a peu de films pour les enfants âgés de quatre à sept ans. C'est un créneau que j'avais envie d'exploiter. Ernest et Célestine représente, à mes yeux, le film idéal pour les parents désireux d'emmener leurs enfants au cinéma pour la première fois.

Des parents que le film touchera aussi...

Oui, tout à fait. J'ai toujours été étonné par les réactions des adultes. Ils regardent le film avec les mêmes yeux que les enfants. C'est un film qui a un seul niveau de lecture.

Bonne soirée et bonne m... aux Oscar !

Merci beaucoup !



Notre interview de Stéphane Aubier et Vincent Patar, réalisateurs d'Ernest et Célestine

Messieurs Aubier et Patar, félicitations pour ces Magritte des Meilleurs réalisateurs et du Meilleur film ! Ernest et Célestine est un film assez singulier dans votre œuvre. Qu'est-ce qui vous a donné envie d'adapter cette histoire au grand écran ?

Stéphane Aubier : Au départ, on ne connaissait pas Ernest et Célestine. On a découvert le projet en recevant des dessins de préparation. Et on s'est vite rendu compte que c'était un beau projet, que ce serait intéressant d'en faire partie. Didier Brunner nous a invité à découvrir l'ensemble. Il avait depuis longtemps l'envie d'adapter cette histoire. Benjamin Renner avait déjà développé toute une recherche graphique et avait fait un pilote. Et en lisant le scénario de Daniel Pennac, on s'est dit qu'il s'agissait là d'un super cadeau et qu'on allait l'accompagner pour faire ce film. C'est comme ça qu'on s'est lancé dans l'aventure !

Vincent Tavier, votre producteur chez La Parti, nous expliquait avant la cérémonie combien le film était en mesure de toucher un public très large. Était-ce une évidence pour vous dès le départ ?

Vincent Patar : Aussi large, franchement, c'était une surprise. Mais ce n'est pas si étonnant quelque part quand on connait le travail d'écriture de Daniel Pennac. Ce qu'il raconte est, dès le départ, susceptible de toucher un large public. Je pense dès lors qu'on a suivi son chemin.

 

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Vincent Patar

18:36 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Bilans de festivals, Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : magritte, cinema, ernest, celestine, patar, aubier, poelvoorde, etienne | |  Facebook | |  Imprimer |

14 janv.

Interview filmée de Wim Willaert

 

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Wim Willaert, en interview au FIFF 2013


Le samedi 28 septembre dernier, nous étions présents à Namur dans le cadre du 28e Festival International du Film Francophone (FIFF). Notamment pour y découvrir le film Henri, dernier bébé de l'actrice et réalisatrice Yolande Moreau. La représentante la plus atypique de notre petit pays en matière de 7e Art était venue défendre son nouveau film, qu'elle a écrit et réalisé. Présenté en compétition internationale au FIFF, Henri a de nombreuses qualités que la plupart de nos confrères n'ont pas manqué de mettre en avant.


Une qualité manifeste du film, pas assez soulignée selon nous, est la bande originale du métrage. C'est donc tout naturellement que nous avons choisi de donner la parole à Wim Willaert, à qui Yolande a fait confiance dans ce cadre. Pour rappel, l'acteur flamand recevait à Namur voici près de dix ans le Bayard d'Or du Meilleur comédien pour un grand rôle. Celui d'un porteur de... géants dans Quand la mer monte, déjà réalisé par Dame Moreau ! Co-réalisé en réalité, puisque le Français Gilles Porte était lui-aussi derrière la caméra de ce film qui recevait le César de la Meilleur première œuvre de fiction en 2005.


Henri signe donc l'envol de la réalisatrice belge, qui déploie ses propres ailes dans cette histoire de Papillon, de Chef qui régale amoureusement ses clients avec des œufs mimosa, et de gros Ours en peluche.

Le lendemain de cette découverte de Henrinous avons eu l'agréable surprise d'attendre puis de prendre l'ascenseur avec celle qui confiait avoir... trempé dans un crime. C'était il y a un peu plus de trente ans dans la pièce qui l'a vue débuter : Sale affaire, du sexe et du crime. L'occasion pour nous de lui dire toute l'affection que l'on portait à son Henri.

Une semaine plus tard, vendredi de la Clôture du Festival de Namur, c'est donc le très sympathique Wim Willaert que nous rencontrions au Théâtre de la ville mosane. Pour une interview qui restera dans notre cœur, tant celui qui a remporté cette année l'Ensor (l'équivalent des Magritte au Nord du pays) du Meilleur acteur a partagé son enthousiasme avec une grande générosité.

Pour nous parler de Yolande Moreau et du travail qu'il a réalisé pour elle en composant la musique de son film, d'abord. Et pour évoquer l'importance à ses yeux d'avoir reçus des Prix d'interprétation tant en Belgique flamande que francophone, ensuite.

B
on visionnage !


 

17:50 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : henri, wim, willaert, fiff, ensor, cinema, flamand, bayard, or | |  Facebook | |  Imprimer |

19 févr.

Notre bilan des Magritte 2013

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Marie Gillain


Le samedi 2 février dernier avait lieu, au Square, la troisième cérémonie de remise des Magritte du cinéma. Des Oscar à la belge quoi. Trop calqués sur les César (eux-mêmes copiés sur les Oscar) selon certains, ces Prix qui visent à mettre en avant les talents de notre cinéma ont le mérite d'exister.

Après avoir réalisé sept - comme Septième Art, si si - interviews express consultables sur le site, nous avons assisté à la cérémonie depuis le stand presse, où étaient également organisés les différents photo-calls qui voyaient poser les lauréats.

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En tout, 19 trophées ont été remis sous le regard attentif de la présidente de la cérémonie, Yolande Moreau (lauréate par ailleurs du Magritte de la Meilleure Actrice dans un second rôle). Mais le maître des lieux, enfin... de la scène en tout cas, c'était bien Fabrizio Rongione. Très en verve, le comédien révélé par les Dardenne a placé la barre haut, très haut pour celui ou celle qui le suivront lors des éditions à venir. Personnellement, nous espérons vraiment qu'il reprendra le flambeau l'an prochain, tant son irrévérence était délicieuse. Tout le monde ou presque en a pris pour son grade, le tout avec humour et décontraction. Et une bonne dose de belgitude aussi !

Rongione ouvrait le bal - c'est le cas de le dire - entouré d'une dizaine de partenaires de jeu aux chapeaux melons à la Magritte vissés sur la tête, sur une chorégraphie qui allait donner le ton de l'ensemble de sa présentation : dynamique et piquante.

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Emilie Dequenne, Magritte de la Meilleure Actrice


Le grand gagnant de la soirée était sans surprise À perdre la raison de Joachim Lafosse, qui repart avec quatre trophées (Meilleurs Film, Réalisateur, Actrice (pour Émilie Dequenne évidemment), mais aussi Montage). L'exercice de l'État a fait pas mal non plus dans son genre lui-aussi, avec trois Magritte : ceux des Meilleur Acteur (pour l'impeccable Olivier Gourmet), Meilleur Film étranger en coproduction et Meilleur son. Qui dit ici Meilleur Film étranger en coproduction dit aussi premier Magritte pour les frères Dardenne puisque c'est leur société de production, Les Films du Fleuve, qui a produit en partie le film de Pierre Schoeller.

Dommage par contre pour le Dead Man Talking de l'ami Ridremont. Nominé à huit reprises (soit le maximum cette année), il n'a été récompensé que pour ses décors.

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Lucas Belvaux, récompensé pour le scénario de 38 témoins


Un seul Magritte aussi pour Lucas Belvaux et ses 38 témoins mais pas n'importe lequel : celui du Meilleur Scénario. Le réalisateur s'est montré très ému à l'heure de recevoir cette récompense. Jean Van Hamme - l'homme qui n'embrasse pas les hommes (c'est lui qui l'a dit) -, remettant de ce Prix a rappelé qu'une bonne histoire,  « c'est tout simplement un bon début, un bon milieu et une bonne fin. » Ou comme dirait Geluck, aka Max Petitpierre, philosophe québécois né à Trois-Rivières en 1932, dans son petit livre vert intitulé Les pensées de Max Petitpierre : « Le début d'la fin s'enchaîne avec la fin du début... surtout quand l'milieu il est pô ben long. » Mais bon, là, on s'égare pour le moins.

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Costa-Gavras et son Magritte d'Honneur


Un Magritte d'Honneur a été remis à Costa-Gavras pour l'ensemble de son œuvre.

Enfin, deux autres moments nous ont particulièrement touché, dans des registres très différents. Le petit mot rédigé par David Murgia, d'abord, lauréat du Magritte du Meilleur Espoir Masculin pour son jeu dans La tête la première. Absent car sur scène au Théâtre National ce soir-là, il avait demandé à sa mère de lire le texte, très touchant, qu'il avait rédigé à cette occasion. Le passage sur scène du duo Abel et Gordon, ensuite, qui, fidèle à lui-même, a démontré avec brio qu'ils restent les rois du burlesque made in Belgium.

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Crédits photos : Rick McPie pour En cinémascope

09:58 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Bilans de festivals | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : magritte, cinema, belge, lafosse, gourmet, dequenne | |  Facebook | |  Imprimer |

Les Magritte 2013 en images !

Nos albums photo des Magritte 2013 sont en ligne !

Elles sont signées Rick McPie, avec qui nous travaillons pour la première fois.
Merci à lui pour le boulot effectué (plus de mille photos ; pas évident de n'en garder qu'une centaine) !


C'est ici :

- Avant la cérémonie... : http://encinemascope.skynetblogs.be/album/les-magritte-20... ,
- Les lauréats : http://encinemascope.skynetblogs.be/album/les-magritte-20... , et
- Après la cérémonie... : http://encinemascope.skynetblogs.be/album/les-magritte-20... .

Bon visionnage !

05:45 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Bilans de festivals, Photos | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : magritte, cinema, belge, 2013, photos, square | |  Facebook | |  Imprimer |

Les Magritte - Interview express de Patrick Ridremont

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En cinémascope : Patrick, bonsoir !

Patrick Ridremont : Ils sont tous en bas : t'es le seul en haut ! (il rit) (NdA : pratiquement tous les journalistes se trouvaient en effet au rez-de-chaussée, sur le blue carpet, à ce moment-là de la soirée.)

Avant tout, félicitations d'être là. Ton film est un des favoris ce soir, avec huit nominations. Quel est ton sentiment à l'instant-même ?

Une envie de tout gagner et à la fois une envie de ne pas être déçu si on ne gagne rien. Je ne peux pas faire semblant que je m'en fous d'être ici, d'être surpris. Genre : « Oh, je ne m'attendais pas à ce que Danny Elsen ait la Meilleure Photo ! ». Je trouve qu'il doit l'avoir. « Oh, je ne m'attendais pas à ce que Denis M'Punga soit élu Meilleur Acteur dans un Second Rôle, ou Jean-Luc Couchard. » On les envie tous ! Mais c'est parce qu'on est exalté, pas parce qu'on est gourmand. Si on repart avec rien, on ne sera pas des losers. On aura participé à cette grande fête. Et sans citer Pierre de Coubertin - qui est mort depuis longtemps et qui ne faisait pas de cinéma -, l'important, ce n'est pas de participer mais d'avoir fait ce film. Le film est fait.

Je te souhaite beaucoup de bonheur ce soir !

Merci beaucoup ! Je te remercie.

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04:40 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : patrick, ridremont, magritte, cinema, belge, dead, man, talking | |  Facebook | |  Imprimer |