23 Juil.

SPIT’N’SPLIT - Entretien avec le réalisateur Jérôme Vandewattyne

Ce mardi 19 septembre, sur le coup de 20h, le très beau cinéma bruxellois qu'est L'Aventure organise une dynamique avant-première. Celle du premier long du jeune réalisateur Jérôme Vandewattyne. Présenté au Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF), Split'N'Split - c'est son nom - sillonne depuis plusieurs mois les Festivals de cinéma un peu partout en Europe. Signalons qu'il a notamment remporté le Prix du Meilleur Docu musical au Festival slovénien de Grossmann.
Dans la foulée de cette avant-première où l'équipe du film vous attend nombreux, Spit'N'Split sera projeté, à l'Aventure toujours, dès le lendemain, mercredi 20 septembre donc, et ce pour plusieurs semaines. Un premier film étant toujours un peu fragile, nous ne pouvons que vous exhorter - si si - à aller voir ou revoir au plus vite le film en salle. Et... d'en parler très vite autour de vous !

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Avec un retard somme toute gênant mais, malheureusement pour vous, tout à fait assumé, nous vous proposons une interview « mammouth » recueillie lors de l'édition 2017 du BIFFF.
L’entretien qui suit s’est déroulé avec un des enfants terribles du  : Jérôme Vandewattyne. Nous revenons avec lui sur son premier long-métrage : Spit’N’Split. Entre documentaire et fiction, ce film sentant bon la sueur et le rock’n’roll aura fait salle comble pour sa grande première au BIFFF en avril dernier.
L’occasion était trop belle pour qu’on la rate. C’est ainsi que nous nous sommes perdus gentiment avec JVDW dans des thématiques diverses et variées pour le plus grand plaisir des mordus que nous sommes.
Notre critique de Spit’N’Split est par ailleurs présente sur le site.

Comment présenterais-tu Spit’N’Split et comment le vendrais-tu ?

Comme une expérience avant tout. Comme un film viscéral qui démarre de manière tout à fait classique et qui, petit à petit, bascule littéralement dans la psyché des personnages. Le seul mot d'ordre est le lâcher prise. Il faut se laisser emmener par le film, qui regorge de faux-semblants. Ce voyage rock'n'roll embarque le spectateur dans des recoins sombres, underground, mais pour aborder des thèmes beaucoup plus universels.

Ton film met en scène le groupe liégeois The Experimental Tropic Blues Band. Pourquoi avoir porté ton choix sur ce groupe-là ?

À la base, je suis fan du groupe. Je les avais découverts à Dour et je trouvais incroyable l’énergie qu’ils transmettaient sur scène. J’avais l’impression de me reconnaître dans ce que je voyais. Je crois d'ailleurs que c'est la force du groupe : fédérer les gens. A la fin du concert, je m'étais promis qu’un jour je travaillerais avec eux, que je réaliserais un clip pour eux. Mais ça a été plus loin que ça. Grâce à Julien Henry de La Film Fabrique (NdA : Julien réalise leurs clips d’habitude), j'ai pu travailler sur le show de leur 4e album, The Belgians, où il avait besoin de monteurs. On a fait beaucoup de Vjing, ce qui consiste à diffuser des vidéos en live pendant que le groupe joue. On a vraiment eu une complicité ; ça m’a permis de travailler avec La Film Fabrique et de rencontrer Mathieu Giraud, qui est le monteur du film avec Ayrton Heymans, qui est arrivé un peu plus tard et dont je reparlerai.

À la suite de ça, j’avais juste envie de prolonger l’expérience, même si celle des Belgians avait déjà duré un an. Il y avait vraiment un esprit de famille qui s’était créé entre la production et les artistes. Du coup, Jérémy Alonzi/Dirty Coq, le guitariste des Tropics, m’a proposé de monter dans le van avec eux. Il m’a dit de prendre ma caméra, de les filmer, de m’amuser, de faire ce que je voulais car il avait vraiment foi dans notre vision commune de la liberté artistique. J'avais carte blanche. À l’époque de The Belgians, je leur avais demandé si je pouvais utiliser certains de leurs morceaux pour un prochain film. Mais ils m'ont dit que ce serait compliqué car j'allais devoir payer cher la SABAM au niveau des droits d’auteur. Par contre, ils pourraient composer la musique de mon prochain film. On a donc vraiment eu de grosses discussions musicales et cinématographiques et je me suis dit que si Tropic composait la musique d’un de mes films, je n’avais pas envie que ce soit un court-métrage fait à l’arrache.

Je rêvais d'un film d'une plus grande ampleur. J'ai
 donc proposé de faire un long-métrage, ce qui les a plutôt fait marrer au début car je n’avais qu’une petite caméra. Et c’est vrai que je n’avais qu’un petit Canon mais je me suis dit qu’entre ce qu’ils avaient à raconter, le feeling qu’on avait et la synergie qui s’était créée, on avait la possibilité de faire quelque chose de plus fort que simplement se concentrer sur la technique. C’est d’ailleurs aussi comme ça que le groupe compose sa musique. Les membres n’ont pas forcément la toute dernière gratte qui vaut une fortune, mais ils ont cette énergie qui provoque une sensation de transe en live. Je voulais vraiment qu'on essaie de capter ça et c’est dans cette même énergie qu’on est parti en tournée et qu’on a commencé à filmer.

J’ai pris beaucoup de notes, j’avais une grosse bible avec plein d’idées qu’on essayait et qui fonctionnaient plus ou moins en fonction de ce que nous visions. Et naturellement le film s’est redirigé de lui-même. On avait toujours voulu procéder à ce basculement du documentaire vers la fiction et surprendre les gens, les chambouler. A la base, on voulait partir dans un délire d’horreur à la japonaise mais finalement on s’est rendu compte que ce qui nous touchait vraiment, c’était justement l’horreur humaine, l’horreur sociale. On a donc laissé tomber toutes les idées gores et on s’est focalisé sur le malaise, sur les mécanismes de l'amitié et ses dérapages. C’est de là qu’est parti Spit’N’Split. Le groupe voulait composer la musique et moi je voulais faire un film sur eux, en extrapolant ce qu’ils étaient. On est dans un récit mythomane, il se nourrit du réel pour construire son mensonge.
 

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Le trio liégeois The Experimental Tropic Bluesband.

 

C’est vrai que Spit’N’Split démarre comme le documentaire d’un réalisateur qui prendrait simplement sa caméra pour filmer un groupe en tournée sur toutes leurs dates et, ensuite, le film part complètement en vrille avec des éléments beaucoup plus fictionnels. Il y a un genre de mélange avec aussi les bandes de notre jeunesse qu’ont été des documentaires comme Strip-Tease ou même des films comme C’est Arrivé Près De Chez Vous. Tu avais une volonté d’un mélange des styles entre le documentaire et le film social ?

Mais ça fait partie de nous j’ai l’impression. Je ne voulais pas faire un film belge pour dire d’en faire un. Dans beaucoup de productions actuelles, on pousse à l’extrême cette « belgitude », ce qui ne me parle pas du tout. Ça me fout même le frisson de la honte, tellement c'est maladroit et à côté de la plaque. Pourtant en effet, la Belgique suinte dans les œuvres pionnières que tu as citées et pour lesquels j'ai énormément de respect. Tout comme Calvaire ou Ex-Drummer, qui tapent dans le mille et te fracassent le crâne. Je pense que c’est propre à notre culture ; ça ne sert à rien de forcer le trait pour jouer les rigolards, ça se sent à des kilomètres. Il y a cette espèce d’autodérision, une sorte de cocktail entre sarcasme, légèreté, drame et déprime. Et vu qu'on a peu de moyens, ça donne cette esthétique un peu cradasse.

En même temps, je suis certain que si on avait plus de pognon, on mettrait tout dans la reconstitution d'un bar miteux et de verres de Jupiler. En fait, c'est un cercle vicieux dans lequel on se complaît et que je trouve attachant. Pour revenir au film, j'ai essayé de digérer au maximum les références que j’avais, les films qui m’ont bercé quand j’étais gosse. Strip-Tease est quelque chose que je regardais avec mes parents mais qui me foutait les boules. Rien que la musique... ça te fout le cafard. Je ne comprenais pas ce que je voyais mais c'était proche de moi. Il y avait ce côté amer-doux qui me plaisait et qui était fascinant, repoussant et magnétique. C’est nous. Tout ce qui est sorti de Spit’N’Split est sorti de lui-même parce que les personnages existent vraiment et s'amusent à brouiller les pistes.

Tu parlais de l’esthétique un peu crade de ton film avec une certaine authenticité. C’est quelque chose qu’on pouvait déjà retrouver dans ton faux trailer She’s A Slut en 2011 ou encore dans ton court-métrage de 2012, Slutterball. Est-ce qu’en termes d’esthétique, de photo ou de réalisation, il y a des réalisateurs qui t’influencent particulièrement ?

Oui. Bien avant She’s A Slut et Slutterball, j'étais déjà très impressionné par les réalisateurs des « Midnight Movies », ces films inclassables des années 70. Ils ont cette esthétique poisseuse parce qu’ils n’ont pas été faits avec beaucoup d’argent et dans une totale liberté. C’est une époque que je n’ai pas connu puisque c’était l’âge de la pellicule. Que je le veuille ou non, je suis un enfant du numérique mais l’image numérique ne me parle pas en tant que telle, même si j’y trouve beaucoup d’avantages lors d'un tournage et que c'est de cette manière que j'ai réalisé mes premiers petits films et que je me suis formé. Je suis beaucoup plus sensible à l’esthétique « sale ». Des films comme Massacre à la Tronçonneuse ou Mad Max m’ont impressionné de par leur grain, qui contribue à te remuer les tripes et influencer ton ressenti.

C’est ça que j’essaie de retrouver, parce que pour moi, un film est avant tout un plaisir pour les sens et une sorte d'agression. J’ai besoin de ressentir la même émotion qu'en regardant une vieille photo, un peu de nostalgie d’une époque que je n’ai pas vécue mais qui pourtant m’embrase complètement. Je cherche à donner une odeur à l’image. Ça ne m’intéresse pas de faire un film aseptisé. Quand tu vois toutes ces « comédies », principalement françaises, où tu as une affiche avec la tronche de Clavier sur un fond blanc, ça ne me fait pas vibrer du tout. J’ai envie d’un truc avec une personnalité. J’ai besoin d’être emmené dans un cadre, dans une lumière, dans des couleurs, dans un univers où la personnalité du réalisateur transpire à chaque plan, à chaque coupe comme si sa vie en dépendait. 

 

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Ouvrez l’œil, et le bon !

Tu veux un cinéma qui dépasse l’image et le son ? Un cinéma plus sensoriel ?

Voilà, tu as mis le mot. Même si « sensoriel », ça veut tout et rien dire en même temps. Un cinéma plus viscéral, organique. Si tu changes un élément de la matière, ça chamboule tout. Je ne cherche pas la complaisance. Je ne cherche pas l’originalité à tout prix parce que je pense que beaucoup de choses ont été faites, au même titre que beaucoup de choses doivent encore être explorées. En fait, c'est ça : je me vois plus comme un explorateur qui cherche à se surpasser.

 

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Poupée de cire, poupée de (gros) son

 

Pour reprendre sur l’esthétique un peu poisseuse, quelque chose m’a marqué bien avant d’avoir vu le film, c’est son affiche. Peux-tu nous parler de sa conception ?

J'avais cette image de gens nus dans la forêt en tête depuis un moment. Des sortes de clones avec des masques en latex qui rappelleraient les visages des Tropics. C'est Sarah Guinand qui s'est occupée de la confection de ces masques, je trouve qu'elle a fait un travail incroyable. Parfois, je me dis que j'aurais dû encore plus exploiter ces masques dans le film. Et comme on parlait des influences auparavant, quelqu’un comme Jodorowsky m’a énormément influencé avec La Montagne Sacrée ou encore Santa Sangre. Ces images surréalistes m'ont marqué la rétine. Je voulais une affiche intrigante, avec une personnalité propre. L'image de l'affiche de Spit'N'Split est prise d'une séquence du film, j’ai fait une fixation sur le plan en question. J'ai ensuite travaillé avec Valérie Enderlé avec qui on a fait énormément de patchworks, ce qui me plaisait beaucoup. Et par la suite, j’ai discuté avec le graphiste des Tropics, Pascal Braconnier (Sauvage Sauvage). Il parlait d’aller vers quelque chose de plus épuré car il trouvait la photo déjà très forte comme ça. Il a commencé alors à travailler sur un format plus « seventies », inspiré par des affiches comme celle de Taxi Driver. Et mélanger le moderne et l'ancien pour tomber dans quelque chose d'intemporel me fascine. Je me disais que si je voyais ce genre d'affiche dans la rue, avec des gens à poil dans la forêt munis de masques, j’aurais sans doute envie de le voir.

Ça attise plus de curiosité encore…

Oui. Peut-être une curiosité morbide ou juste intrigante.

 

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À la vue du film, une des choses qui marque aussi, c’est son montage. C’est parfois à la limite hallucinogène, ça part dans tous les sens et surtout il y a une quantité impressionnante de plans. Combien de temps as-tu mis pour faire ce film ?

Ça a pris trois ans entre le moment où le projet est né et maintenant.
En ce qui concerne le montage, je voulais en quelque sorte « droguer » le spectateur. Je voulais qu’il soit emmené dans un monde, le bousculer dans sa tête et le faire passer par des émotions très différentes. Le montage a donc énormément joué là-dessus, et je dois beaucoup à mes monteurs, Mathieu Giraud et Ayrton Heymans. Au début du projet, j’ai commencé à monter le film tout seul mais j'étais toujours interrompu car je devais repartir en tournée avec les Tropics. À un moment, je n’avais même plus le temps de dérusher ce que je tournais. Julien Henry et Christele Agnello, mes producteurs au sein de La Film Fabrique et parents spirituels, m’ont dit qu’il fallait que je m'entoure d'un deuxième monteur. Sinon, le film aurait pris dix ans à se faire. On avait une très grande quantité de rushes. Je tourne énormément, surtout quand je suis au cœur d'un sujet qui me passionne autant. Conseil plus qu'avisé donc ; merci les parents !

J’ai alors pris Mathieu, qui montait déjà des clips et des documentaires pour le groupe. Ce qui permettait d’aller droit à l’essentiel car il connaissait très bien la personnalité des musiciens. C'était là pour moi tout l'intérêt : qu'est-ce que Mathieu n'avait pas encore vu de Tropic ? J’avais envie de montrer un autre point de vue sur le groupe plutôt que ce qu’on avait déjà pu voir auparavant. « Garbage Man » et « La Bite Électrique », c'est super, mais on connaît. Tropic peut raconter d'autres choses, ce sont des artistes entiers aux talents d'acteurs cachés et plus encore. Après ça, un 3e monteur est venu se greffer à l'équipe, Ayrton, qui lui a plus travaillé sur tout ce qui était « fictionnel/surréaliste » (la scène de Rémy l'Homme aux Seins, celle avec les ados, l’opération de Snon…). Il portait aussi un regard avisé sur ce que nous expérimentions avec Mathieu. Afin d'être structuré, Mathieu m’a proposé de synthétiser mes journées de tournage, ce qui était un boulot fastidieux, je dois dire. On visionnait ensemble, je le bombardais d'infos puis il remontait de son côté et me proposait quelque chose. Il a vraiment un regard et un esprit de synthèse ; je lui fais une confiance aveugle. Au bout du compte, on s'est retrouvé avec un film de quatre heures, qu'on a recassé, reconstruit pour pénétrer la matière au plus loin. Le montage a vraiment été un jeu de ping-pong entre nous trois. Je suis convaincu que ça apporte une richesse au montage.

 

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« Le plus important, c'est l'énergie naïve »

 

On parlait de ton film, qui était vraiment à cheval entre documentaire et fiction. N’as-tu pas peur de certaines réactions de spectateurs par rapport à des scènes qui pourraient être interprétées comme étant choquantes et où justement le spectateur aurait du mal à se positionner entre réalité et fiction ?

(Temps de réflexion) Si parce que c’est du rejet, mais c'est un risque que je veux prendre parce que j'ai vraiment foi dans ce que nous racontons. En même temps, tu sais, je ne cherche pas le choc pour le choc. Je veux bousculer mais pas dégoûter pour dire de faire le film le plus dégueulasse. Je voulais que les scènes servent le propos. Et je pense que les scènes qui paraissent choquantes, comme par exemple l’opération chirurgicale, ont crédibilisé mon propos et brouillé les pistes. Ça permet aux gens de se questionner sur la distance par rapport au propos. Est-ce qu'on me raconte vraiment la vérité ? Est-ce que ça a vraiment été aussi loin ? Comment le groupe peut-il se laisser filmer dans de telles situations ?

Et quand tu commences à te poser la question de la distance, ça permet de te demander si tu dois prendre pour argent comptant ce qui se passe devant toi. C’est pour ça aussi que je voulais aller de plus en plus loin dans le grotesque jusqu’à arriver sur Bouli Lanners, qui pointe une arme, pour se dire que là ok, on est complètement dans la fiction. Et à partir de là, que les gens se demandent « depuis quand se fout-il de notre gueule ? ». Puis, comme un tour de foire, les emmener encore plus loin et les balancer dans un film expérimental, au-delà de la fiction. C'est un trip. Si j’avais voulu le choc pour le choc, j’aurais fait un pseudo snuff porno mais ça ne m’intéresse pas. Ce qui m’intéressait c’était justement de jouer avec cette frontière floue, de bousculer le spectateur et titiller ses limites, que lui seul connaît.

Tu veux faire réfléchir le spectateur avec Spit’N’Split ?

Oui, d’une certaine manière s’il peut réfléchir, ça me plaît. Le public n'est pas con et aime se poser des questions sur ce qu'il voit. Maintenant ce n’est pas un film intellectuel non plus. Je veux avant tout que ça reste un divertissement mais s’il peut y avoir une réflexion derrière qui mène à un débat sur la distanciation de l'image dans les médias, ou même une réflexion plus mystique, pourquoi pas. Ce qui m'intéresse c'est de discuter avec les gens sur leur ressenti par rapport au film. Je n’ai juste pas envie qu’ils soient neutres en sortant de la salle. Là, ce serait l’échec. Le but c’est de passer par toutes sortes d’émotions afin de se remettre en question et de sortir de sa zone de confort.

 

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Et pour enchaîner sur cet aspect du débat, quelles ont été les réactions après la projection de ton film ? Les échos sont-ils positifs, négatifs ? Y a-t-il eu des débats justement ?

Je trouve ça très positif dans l’ensemble car il y a eu beaucoup de réactions fortes. Mais je pense que Spit’N’Split est aussi un film qui doit se digérer. J’ai parlé avec pas mal de monde dans la demi-heure ou l’heure qui a suivi la projection mais j’ai l’impression que c’est un film qui peut travailler encore quelques jours après. Des réflexions peuvent encore émerger par la suite. Après ça, oui j’ai eu pas mal de réactions mais je ne m’attendais pas à bénéficier d’un accueil aussi positif en fait. Il semblerait que les gens aient aimé s'être fait avoir, ce qui est génial. Même après le film, les gens se demandaient ce qui était vrai ou faux. Ils avaient l’air assez perturbés par ça alors qu'à la base, avec le groupe et les monteurs, on s’était dit que les gens n’y croiraient jamais. La blague est tellement poussée à l’extrême qu’il était impossible pour nous que les spectateurs croient que c’était vrai. Mais comme ils ne connaissent pas forcément le groupe, certains l'ont pris très au sérieux.

Et les discussions après coup sont très passionnées, les gens sont très curieux. Finalement, j’ai l’impression que c’est comme un tour de magie. Il y a quelque chose de magique dans ce film et c’est comme si les gens demandaient au magicien de leur expliquer un tour. Et au final, après avoir insisté pendant un temps, c’est comme s'ils étaient déçus que je leur explique les coulisses du tournage. Mais vu certaines réactions, il vaut mieux remettre l'église au milieu du village. C'est un film, les membres du groupe ne sont pas des tarés, ce ne sont pas des toxicomanes ou des gens violents. Pour tout dire, ce sont de bons pères de famille et la relation entre les membres est tout à fait saine. C’est juste comme si tu filmais des frères qui ont l’habitude de se chamailler et de se rentrer dedans mais qui s’entendent à merveille.

Tu parles vraiment de ton film avec passion. Est-ce qu’après avoir passé autant de temps sur le projet, tu arrives encore à être objectif par rapport à lui ? Est-ce que lorsque tu regardes ton film maintenant, tu te dis qu’au final c’était vraiment le film que tu voulais enfanter ?

Objectif, clairement non parce que j’ai trop le nez dedans. Par contre, oui, c’est vraiment le film que je voulais faire, et plus encore, parce que j'alimentais ma « bible » d'idées en tournée, en gardant ce fil rouge qui était de faire un documentaire qui basculerait vers une fiction. Je voulais démarrer sur un genre et conditionner le spectateur pour qu’il se dise que la suite serait identique, pour au final le surprendre et aller vraiment à l’opposé. Et quand je dis que le film était encore plus que ce que je voulais, c'est parce qu'il s'est passé tellement de choses, que ce soit en tournée avec le groupe ou sur le tournage que je me régale en revoyant le film car les trois années de sa création ont été très riches en rencontres, en questionnements humains et spirituels. Je suis content d’avoir pu garder le cap mais c’est assez incroyable ce qui nous est arrivé. C'était un vrai voyage. Je l'ai déjà dit mais je crois que ce film est magique parce qu’il y a eu un truc qui nous a dépassé. Le projet Spit'N'Split (le film et l'album) vit de lui-même et nous a emmenés d’un endroit à l’autre à travers la Belgique et l’Europe, à rencontrer énormément de gens. Je ne crois pas que je pourrais refaire ce film parce qu'il est tombé au bon moment, dans une période où le groupe recherchait quelque chose de différent et je me suis nourri des gens que j’ai rencontrés. On a vécu un grand nombre de choses, qui sont bien sûr moins horribles que ce qu’elles paraissent dans l’histoire, mais qui sont véritables, mémorables et qui ont vraiment marqué ma vie.

 

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« C’est pas une tournée, c’est des vacances. C’est les vacances du rock » (Jerms)

 

Que répondrais-tu aux personnes qui seraient amenées à dire que ton film n’a rien à faire dans un festival comme le BIFFF ?

Je crois que le film est avant tout bien dans sa catégorie, une catégorie que le festival assume complètement et qui est La 7ème Parallèle. Cette catégorie est celle des films « étranges ». Et je pense que Spit’N’Split a réellement une dimension étrange. Il y a une partie complètement onirique, distillée un peu partout dans le film.

Crois-tu que les membres de The Experimental Tropic Blues Band montreraient le film à leurs parents ?

Sans doute. Je serais curieux d'avoir leur retour. Moi en tout cas, je l’ai montré aux miens. Ils étaient là au BIFFF et ils étaient fiers. Ils ont vraiment compris la démarche artistique derrière ce film. On a utilisé des choses que les musiciens avaient en eux pour exorciser des frustrations qu’ils ressentaient mais ça reste une fiction. Et donc ils jouent un rôle, tous.

Tes parents sont donc fiers de leur gamin ?

Très fiers apparemment et même émus car ils ne s’attendaient pas à voir une salle aussi remplie et un tel engouement pour le film. Le spectacle d'école est approuvé, vivement le prochain !

N’hésitez pas à (re)découvrir :

Notre interview de Jérôme pour Slutterball
Pour rappel, Jérôme a été membre du CollectIFFF, dont on vous parle ici !

 

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Permettez-nous de clôturer cet article avec une très belle phrase de Jerms : 

« Pour moi, un pet c’est une chanson » (Jerms)

Propos recueillis par Guillaume Triplet, avec la participation de Jean-Philippe Thiriart

 

12:22 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans BIFFF, Bilans de festivals, Critiques de films, Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : spit, n, split, spitnsplit, jerome, vandewattyne, experimental, tropic, blues, band, bifff | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

Projection de CALVAIRE ce 6 septembre à Cinematek

Calvaire sera projeté à Cinematek ce mercredi 6 septembre à 19h en présence de son réalisateur. Il s’agit du premier long métrage d’un des enfants terribles du cinéma belge : le BIFFFeur Fabrice du Welz.

Calvaire (2004) allait constituer le premier volet de la trilogie ardennaise de Fabrice. Le deuxième, Alléluia, voyait le jour dix ans plus tard, remuant fameusement la Croisette lors de sa projection cannoise. C’était en 2014, après son aventure filmique française pas évidente – le bon thriller Colt 45 – et juste avant son aventure américaine - le très sombre et efficace thriller Message From The King. Notez que c’est le visionnage d’Alléluia qui a définitivement convaincu les initiateurs de Message From The King d’engager le cinéaste pour ce qui est, certes un film de commande, mais un Du Welz pur jus néanmoins.


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Que de chemin parcouru par cet amoureux du cinéma de genre depuis son court métrage Quand on est amoureux, c’est merveilleux ! Passionné et passionnant, le metteur en scène belge propose un cinéma singulier : racé, âpre, violent, baroque, remuant, éblouissant. Vinyan (2008), thriller teinté de fantastique avec la belle Emmanuelle Béart et tourné dans des conditions climatiques difficiles et en langue anglaise, n’échappait d’ailleurs pas à la règle.

Calvaire sera projeté dans le cadre de la belle aventure 50/50 : Cinquante ans de cinéma belge, Cinquante ans de découvertes, que nous comptons bien continuer à vous faire vivre jusque juin 2018 ! Une aventure organisée en partenariat avec la plateforme belge de vidéo à la demande UniversCiné, qui propose, entre autres, pas moins de 900 films belges aux amateurs de cinéma de chez nous ou à ceux qui ont simplement envie de le découvrir.


Notre rencontre filmée avec Fabrice Du Welz et Helena Noguerra, et…

Fabrice et son actrice Helena Noguerra étaient venus présenter Alléluia en avant-première au FIFF. Nous avions eu le plaisir de nous entretenir avec eux à cette occasion.


 



la réaction à chaud de spectateurs avertis d’Alléluia !




Notre présentation de Calvaire

Calvaire fait partie de ces rares films qui parviennent à mettre le spectateur mal à l’aise. S’il est forcément très difficile de réussir à faire peur à un public au moyen d’un matériel filmique, bien plus ardu encore est l’exercice qui consiste à le mettre mal à l’aise donc. Fabrice Du Welz y arrive à merveille, avec son premier film en particulier, le bien nommé… Calvaire ! Un calvaire à l’écran, une vraie jouissance cinématographique pour le spectateur averti. Une des citations de cinéastes préférées de Fabrice fait aussi partie des nôtres. Elle dit tout et c’est à Henri-Georges Clouzot que nous la devons : « Le cinéma doit, avant tout, être un spectacle et une agression ». Le cinéma doit remuer le spectateur. Toujours.

Âgé d’à peine trente ans lors qu’il réalise Calvaire, Fabrice Du Welz fait directement preuve d’une maturité impressionnante. Ce film de genre, que nous qualifierons plutôt de drame horrifique que de film d’horreur pur, met en scène Laurent Lucas (Harry, un ami qui vous veut du bien), Jackie Berroyer (la série humoristique moyenâgeuse Kaamelott, notamment) et Jean-Luc Couchard (Dikkenek, Dead Man Talking), aux côtés d’une série d’autres personnages que nous qualifierons de très… particuliers, emmenés par le génial Philippe Nahon (Seul contre tous).

Laurent Lucas joue ici le rôle d’un chanteur solitaire - un certain Marc Stevens -, qui tombe en panne dans les Ardennes belges à la nuit tombée. Apparaît alors Boris (énigmatique Jean-Luc Couchard), parti à la recherche de sa chienne, qui propose à l’artiste de l’emmener chez son ami Bartel (protéiforme Jackie Berroyer). Une bonne nuit de sommeil plus tard, Marc s’aventure dans les alentours de l’auberge de l’ami Bartel, qui ne manque pas de lui prodiguer un conseil précieux : ne pas se rendre au village, les gens y étant quelque peu… différents. Ira ? Ira pas ? Et avec quelles conséquences ?
P
rêts à embarquer dans le premier roller coaster Du Welzien ?
V
ous faites bien ; ça va secouer…

Calvaire mérite d’être vu et revu. Tourné principalement en Belgique avec des paysages sublimés par la caméra de Benoît Debie, le film doit beaucoup au jeu habile, plein d’ambiguïté, de ses acteurs. Le réalisateur montrait déjà, avec cette entrée dans la cour des grands, qu’il n’avait pas peur de choquer par la violence de certaines scènes. Rien d’étonnant à ce que le film ait été interdit aux moins de seize ans lors de sa sortie dans les salles françaises. Si Calvaire est sans doute moins travaillé que le deuxième volet ardennais de son réalisateur - le bien nommé Alléluia - il peut sans doute être qualifié de plus accessible et compréhensible par le spectateur non averti. Du Welz est un artiste, un grand. L’auteur d’une œuvre unique à (re)découvrir de toute urgence.


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Comment (re)découvrir Calvaire et… le cinéma belge


Rendez-vous ce mercredi 6 septembre à Cinematek pour Calvaire.

Et confortablement installés à la maison pour un regard multiple sur le cinéma belge avec la sélection 50/50 de UniversCiné !

N’hésitez pas à découvrir également notre interview de Manu Dacosse aux Magritte du cinéma, le directeur photo compagnon de route de Fabrice Du Welz sur Alléluia.

Jean-Philippe Thiriart et Raphaël Pieters

07:22 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans BIFFF, Critiques de films, Interviews, Les " acteurs " du cinéma vous parlent ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : calvaire, du, welz, alleluia, 50, cinema, belge, béart | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

Regard sur le BIFFF 2017

Gantz:O

Le manga Gantz n’en est pas à sa première adaptation. Le seinen (manga à destination des jeunes hommes) a en effet déjà eu droit à un anime plutôt moyen, plus court et avec une fin différente, ainsi qu’à deux films live passés relativement inaperçus en Europe.


Le manga est désormais de retour sous la forme d’un film d’animation reprenant l’un des arcs majeurs de Gantz, celui d’Osaka. On y retrouve Kato, l’un des héros principaux de l’intrigue, ainsi que plusieurs personnages clés comme Nishi, légèrement psychopathe sur les bords.

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Mais Gantz:O, ça parle de quoi ?


Après avoir été tué lors d’une bagarre dans le métro, Kato se réveille dans un appartement de Tokyo complètement vide à l’exception d’une sphère noire et de plusieurs autres personnes. Kato est rapidement mis au parfum : il est mort et la sphère noire s’appelle Gantz. Tous les soirs, les membres de cette fine équipe sont envoyés dans les rues de Tokyo afin de combattre des hordes de monstres plus dérangeants les uns que les autres. Sauf que cette fois, changement de programme : direction Osaka et sa team locale légendaire.

On retrouve une esthétique des monstres propre au manga, extrêmement malsaine que ne renierait pas Guillermo Del Toro. Ajoutez à cela une ambiance pesante et un univers qui ne pardonne aucune erreur de la part des héros et les leur fait payer au prix d’un bras, d’une jambe ou simplement de leur vie et vous obtenez un film d’animation à l’opposé des Pixar et compagnie.

La comparaison avec le manga

Par rapport au manga, on retrouve le côté extrêmement gore et sanguinolent de l’œuvre mais on écarte un peu la sexualisation à outrance. Probablement moins politiquement correcte ? Même si les héroïnes dans leurs combinaisons de cuir rappellent tout de même ce statut d’objet que leur avait attribué l’auteur du manga, Hiroya Oku. D’autant plus qu’elles n’existent qu’à travers leurs relations aux personnages masculins. Clairement, Gantz n’est pas une œuvre féministe...

En conclusion, du bon et du moins bon. Gantz:O reste un bon divertissement d’action mais laisse un peu tomber les réflexions au delà du premier degré pourtant bien présentes dans l’œuvre originale.


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The Invisible Guest


The Invisible Guest

« I love it when a plan comes together » disait John « Hannibal » Smith dans The A-Team... Pour Adrian Dora, par contre, cela semble un brin plus compliqué.


Sorte de golden boy de la Silicon Valley espagnole, Adrian est riche, célèbre et un peu volage. Le businessman ibérique se retrouve dans de sales draps lorsqu’il se réveille dans une chambre d’hôtel fermée à clef avec pour seule compagnie, le cadavre encore frais de sa chère et tendre maîtresse.

L’affaire, a priori indéfendable, attire l’avocate Virginia Goodman, sorte de légende du barreau qui cherche à terminer sa longue série de victoires par un coup de maître. Face à son client, elle n’aura qu’une seule soirée pour préparer leur défense.

Hitchcock es-tu là ?

Le film est donc un huis-clos spatial et temporel dans lequel l’intrigue se déroule sous la forme de multiples flashbacks et versions alternatives. Qui ment, qui dit la vérité, qui manipule et qui est manipulé ? A ce petit jeu là, Virginia Goodman semble a priori la plus forte.

Cela fait parfois penser à Alfred Hitchcock, notamment dans les scènes de huis‑clos avec les clins d’œil sur les fenêtres, mais la comparaison s’arrête là tant le film se construit une identité visuelle propre à travers les scènes de flashback.

Trop de tiroirs tuent le tiroir

Mais c’est bien là le principal défaut du film. A force de balader le spectateur de versions alternatives en versions alternatives, de retourner l’intrigue et de changer les points de vues, les enjeux disparaissent et la tension également. Oriol Paulo semble vouloir nous perdre dans des plot twists simplement pour la forme, sans que cela serve le propos de son film. Pour terminer avec un retournement final assez prévisible. Le film aurait gagné à ne garder que les bifurcations les plus essentielles et à utiliser le temps ainsi gagné à construire une réelle tension narrative sans effet d’artifice.

En conclusion, à force d’essayer d’impressionner son public à coup de retournements scénaristiques, Paulo oublie de créer une vraie tension et de l’intérêt pour les enjeux de son histoire. Mais réussit malgré tout quelques tours de force, moins prévisible que d’autres.

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Loop

La vie en Hongrie, ça rigole pas. Et encore moins pour Adam lorsqu’il essaye d’arnaquer son mafieux d’employeur en planifiant de voler et de revendre des capsules d’une drogue de synthèse. Ajoutez à cela le fait que sa copine décide de le quitter et que, pour couronner le tout, cette dernière lui annonce qu’elle est enceinte de leur marmot !


Oui, sauf qu’en Hongrie, le temps ne semble pas s’écouler de la même façon que dans le reste du monde…

Vous connaissez le « Déjà-vu », cette sensation d’avoir déjà vécu une situation dans laquelle vous vous trouvez ? Adam, lui, fait entrer le déjà-vu dans une toute autre catégorie. Ses emmerdes ne semblent pas seulement s’accumuler : voilà qu’elles se répètent.

(L)Oops…

Les boucles temporelles sont monnaies courantes dans le cinéma de SF et ce n’est pas toujours simple de s’emparer d’un sujet traité 1 000 fois déjà pour en faire quelque chose de neuf.

Ici, tout repose sur le scénario : une sorte de fuite vers l’avant, sans fin, qui se replie indéfiniment sur elle-même. Adam est constamment le témoin impuissant des mésaventures qu’il a déjà vécues plus tôt et se promet inconsciemment de faire mieux la prochaine fois. Va-t-il y arriver ?

On ne retiendra pas grand chose de Loop (Hurok en hongrois) qui, malgré de bonnes intentions et quelques bonnes idées (casser la règle du « on ne peut jamais toucher son double temporel ») ne décolle jamais vraiment.


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Missing You


Missing You

C’est pas tous les jours que l’on voit un film coréen s’attaquer au thème de la vengeance !

Ou pas.

Le cinéma coréen nous a offert quelques-unes des meilleures histoires de vengeance du grand écran, l’exemple le plus connu étant surement celui d’Old Boy de Park Chan-wook (présent d’ailleurs au BIFFF cette année). Pas étonnant donc de retrouver une fois de plus ce thème dans ce premier film de Mo Hong‑Jin.

L’habit ne fait pas le tueur

Le jour de son anniversaire, le père de Hee-jo, policier de son état, est assassiné et retrouvé gisant dans son sang par sa gamine, traumatisée. Le tueur n’en est pas à son coup d’essai. Ki-bum - c’est son nom - est finalement arrêté, mais faute de preuves suffisantes, il ne passera que 15 ans en prison.

À sa sortie, Hee-jo, maintenant jeune adulte, ne l’a pas oublié et compte bien savourer sa… vengeance !

Le machiniste coréen

Au delà de la mise en scène léchée et de l’excellent travail sur la lumière, c’est surtout la prestation des acteurs (habitués aux comédies romantiques) que l’on retiendra, et particulièrement celle, glaçante, de Kim Seong-oh, tueur squelettique (il a perdu 16 kg pour le rôle) et manipulateur.

Bien que le film soit parfois inégal, certaines scènes restent imprimées dans la rétine du spectateur (notamment celle du viol de la prostituée ou du face-à-face dans la salle de bain) et contribue à faire de ce premier film une très belle réussite. Vivement la suite !


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The Oath


The Oath

Chaque année, nos voisins du Grand Nord nous abreuvent de polars dont eux seuls ont le secret. Entre les Millenium et Les Enquêtes du Département V, il y a de quoi se mettre sous la dent.


The Oath (Eiðurinn en islandais) vient se rajouter à cette longue liste mais ne figurera pas en bonne place sur celle-ci…

Finnur est un cardiologue réputé et apprécié. Il a la belle vie : maison design, pleine de bois et de béton, femme blonde et naturelle tout droit sortie d’une pub pour les Krisprolls et une petite fille trop mignonne. Sauf que Finnur à une deuxième fille, plus âgée, d’un autre mariage. Une ado rebelle raide dingue de son dealeur de petit copain. Un mec tout à fait charmant qui n’apprécie pas que l’on s’intéresse à son business et qui le fait savoir de façon un peu agressive. Et ça, bah Finnur, il aime pas trop.

Il y a lenteur et lenteur

Entre quelques plans magnifiques de l'Islande enneigée, la tension ne dépasse jamais les quelques battements par minute et le film semble entrer lentement en arythmie. C’est dommage parce que le potentiel est là, ainsi que les enjeux : jusqu’où un homme ordinaire est prêt à aller pour protéger sa fille et ce même contre son gré.

Plusieurs pistes sont également laissées en suspens, comme la menace constante des mauvaises fréquentations d’Ottar (le copain dealeur) qui n'apparaîtront jamais dans le film.

Resteront en mémoire, après le générique, une mise en scène sobre, efficace mais aussi très classique et quelques plans sur les routes islandaises.


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The Icebreaker


The Icebreaker (ou Titanic au Pays des Soviets)

À vrai dire, nous n'avons pas grand chose à raconter sur ce film. Après visionnage, il ne nous a fait ni chaud, ni froid. (D'accord, on sort.) On sent l’influence des films américains, style Roland Emmerich & Co avec, ici, une dose de patriotisme russe et un plus petit budget effets spéciaux.

Petrov est le capitaine du Mikhail Somov, un brise-glace soviétique faisant route dans l’Antarctique. Après une rencontre fortuite avec un iceberg évité de peu, Moscou décide d’envoyer un nouveau capitaine pour le remplacer. Sauf que ce dernier est pas des plus malins et coince son bateau et tous ses camarades dans les eaux glacées du Pôle Sud. En attendant que la bureaucratie communiste décide de venir les sauver, ils sont bons pour les rations réduites, le froid et ce satané iceberg qui les suit comme une bête en rut.

Preuve qu’Hollywood n’a plus le monopole des blockbusters qui envoient du lourd, The Icebreaker n’a pas d’autre réel intérêt que le divertissement pur et dur.


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Orbiter 9


Orbiter 9

Depuis sa plus tendre enfance, Helena n’a connu que l’environnement restreint du vaisseau spatial qui l’emmène coloniser une planète lointaine. Peu après sa naissance, suite à une avarie dans le système de survie du vaisseau, ses parents sont obligés de se sacrifier afin de lui permettre de survivre.


Et voilà qu’un beau jour, l’intelligence artificielle du vaisseau lui annonce la visite imminente d’un technicien venu réparer le système défaillant. Panique à bord : la demoiselle va rencontrer un autre être humain pour la première fois de sa vie. Mais elle est loin de se douter du bouleversement que cette première interaction sociale va engendrer.

Tel est pris qui croyait prendre

Le film parvient de façon assez surprenante à changer totalement de cap après les 20 premières minutes. Et si l’on peut se sentir trompé sur la marchandise au premier abord, le sentiment se transforme assez vite en réflexion plus poussée. La plupart des films traitant du voyage interstellaire omettent souvent d’aborder la question du sacrifice d’un tel voyage et du sort des pionniers d’une telle exploration.

Quel est le prix éthique ou moral de l’exploration spatiale et de la survie de l’espèce humaine ? Bien que le film choisit assez vite son camp, la question peut rester ouverte dans la tête du spectateur bien après le générique de fin.


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Tunnel


Tunnel

Assurément l’un de nos coups de cœur de ce BIFFF 2017 (à juste titre récompensé par le Prix de la critique) ! Enfin un bon film catastrophe qui s’assume et ne cherche pas à faire du sensationnalisme à tout prix !


Jeong-soo rentre chez lui après une journée de boulot et son chemin l’amène à emprunter un tout nouveau tunnel, censé raccourcir le temps de trajet des navetteurs vers Séoul. Mais alors qu’il est à mi-chemin dans le ventre de la bête, il est déjà trop tard. Le tunnel s’effondre comme un château de carte et Jeong‑soo se retrouve coincé dans la carcasse de sa voiture avec pour seuls vivres deux misérables bouteilles d’eaux et le gâteau d’anniversaire de sa fille. À l’extérieur, les secours s’organisent malgré les lenteurs administratives et les agendas politiques. Mais arriveront-il à le dégager à temps ?

Tu la sens la grosse critique ?

Mais le concept ne s’arrête pas à ce « simple » fil narratif géré de main de maître par le réalisateur Kim Seong-Hun grâce à un subtil mélange d’humour et de tension sans jamais tomber dans le sensationnalisme ou le larmoyant. Kim dépasse le carcan du film catastrophe et se tourne assez brillamment vers la satire politique au vitriol et tire à boulets rouges sur les politiques corrompus et les journalistes avides d’images fortes et de sensations qui le sont tout autant. Tout le système coréen en prend pour son grade et on en vient à regretter de ne pas avoir plus de films aussi audacieusement critiques dans nos contrées.

America ≠ Korea

Le cinéma américain nous a habitué aux clichés à la pelle dans ce genre de film et Tunnel les évite tous de façon naturelle. Mention spéciale au chef des pompiers, à mille lieues du super-héros sauveur comme aurait pu l’être un Bruce Willis aux USA.

Kim Seong-Hun a été marqué, comme beaucoup de Coréens, par la tragédie du Ferry Sewol en 2014. Cette influence s’en ressent d’autant plus dans la virulence et la pertinence de sa critique. Critique qui se transpose étonnamment bien à l’Europe de l’Ouest. Tous pourris partout ?

Simon Van Cauteren

03:24 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans BIFFF, Bilans de festivals, Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bifff, festival, international, film, fantastique, bruxelles, critiques, films, tunnel | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

Coup d’œil sur le BIFFF 2017

Pour sa 35e édition, le Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF) avait une nouvelle fois mis les petits plats dans les grands histoire de proposer bien sûr de l’horreur, du fantastique, de la science-fiction mais également une sacré pelletée de thrillers afin d’éviter l’overdose de gore ainsi que certaines comédies noires particulièrement succulentes. Le focus coréen de cette année y était sans doute aussi pour beaucoup.
Si certains diront que le festival se perd au fil des années dans des relents plus « mainstream », laissons-les palabrer car pour notre part, nous y avons encore sacrément trouvé de quoi faire.

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Headshot des Mo Brothers nous aura permis d’entamer notre cuvée 2017 d’une manière pour le moins efficace.
On y suit un homme retrouvé avec une balle dans la tête sur une plage indonésienne et pris en chasse par une charmante doctoresse qui tente de le soigner au mieux. À son réveil, sa mémoire lui fera gravement défaut. Et lorsqu’on est amnésique, poursuivi par des brutes qui n’ont pas beaucoup de notions des dommages collatéraux mais qu'on s'avère être une véritable machine à tuer, il y a probablement de quoi se poser pas mal de questions. Un parallèle avec Jason Bourne est bien sûr inévitable mais Headshot n’en est pas non plus une pure copie bien que son postulat de départ soit sensiblement identique. Le petit dernier des Mo Brothers (Kimo Stamboel et Timo Tjahjanto pour les curieux) capte le spectateur de la première à la dernière minute tant au niveau de son rythme que des chorégraphies de combats. On n’est pas encore au niveau d’un chef-d’œuvre comme The Raid même si son acteur principal est dans les deux cas Iko Uwais mais on ne boudera certainement pas notre plaisir. On émet toutefois certaines réserves sur quelques scènes tirées inutilement en longueur et sur l’incapacité presque totale du personnage principal à être crédible dans des scènes un poil plus sentimentales.

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The Eyes Of My Mother, véritable ovni du BIFFF 2017


Le BIFFF a toujours eu son lot d’ovnis. Ce genre de film plus qu’étrange qui nous fait dire qu’il n’aurait pas eu sa place ailleurs. Et cette année, la palme (ou le Corbeau ?! Ah non : le film était dans la section 7e Parallèle du BIFFF) pouvait revenir notamment au premier long de Nicolas Pesce, The Eyes Of My Mother. Présenté au dernier Festival de Sundance (gage de qualité pour certains ou preuve d’un ennui viscéral pour d’autres) durant lequel il en a mis plus d’un mal à l’aise, le film raconte l’histoire d’une gamine élevée dans la ferme familiale par une mère qui lui apprendra tout sur la dissection et par un père aimant mais quelque peu taciturne. Un jour, mère et fille sont seules en attendant le retour du père et sont victimes d’un home invasion par un homme qui en profite pour assassiner la mère sous les yeux de la fille. Rien de vraiment neuf sous le soleil si on s’arrête à cela mais la suite parvient à prendre le spectateur à contre-pied dans un déluge pour le moins macabre (conservation de cadavre, tortures, déviances et on en passe).
Servi par un noir et blanc séduisant, The Eyes Of My Mother est le genre de bande qui se laisse plus apprécier avec le recul qu’à la vision même. Si l’ensemble était loin d’être parfait voire souvent ennuyeux, il n’en délivre pas moins quelques surprises inattendues. Mais il faudra tout de même nous expliquer un jour le pourquoi d’une sélection à Sundance.

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The Oath


The Oath, de et avec Baltasar Kormakur, nous venait d’Islande. Thriller aussi froid que les contrées dont il est originaire, l’histoire est celle d’un chirurgien aimant femme et enfants mais qui ne supporte plus de voir sa fille aînée avec le dealer coké qui lui sert de compagnon. Le gros problème est que papa ne choisit pas toujours les solutions les plus simples. Les options les plus radicales seront probablement inévitables.
Servis par des acteurs de haut vol qui donnent une réelle consistance aux personnages, The Oath est particulièrement convaincant en thriller aux relents hitchcockiens. Les paysages islandais sont d’une beauté à faire pâlir et le traitement narratif choisi permet au film d’exister en tant que tel en dépassant habilement les clichés de la simple histoire de vengeance. La tension est présente et subtile.

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Le Serpent Aux Mille Coupures, avec l'excellent Tomer Sisley


Toujours dans le genre thriller mais français cette fois-ci, nous attendions beaucoup du dernier Éric Valette, Le Serpent Aux Mille Coupures. En effet, ce n’est pas que le père Valette était attendu au tournant mais bon, six ans depuis son dernier film La Proie (avec Albert Dupontel), ça commençait à chiffrer. Bien sûr le réalisateur n’était pas non plus en reste puisqu’il est passé par la case série en réalisant différents épisodes de Braquo ou encore Crossing Lines, parmi d’autres. Toutefois, l’impatience commençait à se faire ressentir. Et à la vue de son petit dernier, on se dit qu’on a quand même bien fait d’attendre.
Adapté d’un roman écrit en 2009 par le Français DOA, Le Serpent Aux Mille Coupures est l’histoire d’une traque à grande échelle où différents destins et différents personnages aux intérêts différents finiront par se croiser et souvent par s’entretuer (ou à tout le moins essayer). Tout part d’un homme blessé qui se réfugie dans une ferme et prend la petite famille en otage le temps de sa convalescence. Le problème est qu’en plus d’avoir à ses trousses tous les gendarmes de la région, d’autres individus aux intérêts plus que douteux viendront se greffer dans la poursuite de ce mystérieux personnage campé par l’excellent Tomer Sisley. En gros, un tueur, un cartel espagnol, un chinois à la solde des Colombiens et un groupe de villageois racistes viendront se greffer à cette petite sauterie, ce qui permettra le croisement d’une galerie de personnages pour le moins intéressant et des scènes d’une violence encore assez rarement vue dans un film de genre français. Notre premier coup de cœur du festival.

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Un autre coup de cœur dans un genre tout à fait différent aura été Spit’n’Split. Premier long-métrage de l’un des enfants terribles du BIFFF, Jérôme Vandewattyne, qu’on avait découvert en 2011 avec son faux trailer She’s a SLUT! ou encore dans le cadre des courts-métrages du Collectifff avec Slutterball.
Spit’n’Split se veut être une expérience. Jérôme est parti sur les bases d’un documentaire sur le groupe rock The Experimental Tropic Blues Band. On suit celui-ci en tournée, en répétition, bref dans les différentes aventures que les membres sont amenés à vivre aux quatre coins de l’Europe avant de sombrer dans une folle fiction. Une aventure humaine qui dérive. Des gars qui jouent ensemble, s’aiment, s’énervent mutuellement, déconnent, s’amusent, affrontent la fatigue et les aléas de la vie de musiciens sur la route jusqu’à s’insupporter… Un ensemble d’éléments et d’expériences qui participent à l’authenticité d’un groupe de rock qui voue sa vie à sa passion. Une authenticité d’ailleurs parfaitement rendue dans le film puisque celui-ci est réalisé de prime abord comme un documentaire brut, spontané, naturel. Le grain roots sale du film (à l’image de la musique du groupe d’ailleurs) choisi par le réalisateur permet un rendu pour le moins fidèle aux malaises vécus par les personnages à de nombreux moments du métrage. Émouvant et attachant, Spit’n’Split est une ode à la vie de groupe et à l’amitié mais montre aussi le revers de la médaille et les galères que tout groupe de musique un tantinet sérieux a déjà sans doute vécu dans sa carrière. Ce docu-fiction va loin, dérange, pue parfois et emmène le spectateur dans une expérience dont il ne ressort pas totalement indemne. Un film qui regorge d’idées et représente une bien belle claque à destination de tous les amoureux de musique et de cinéma.

Replace de Norbert Keil nous aura par contre laissé relativement indifférent avec sa critique des dérives de la médecine. Une jeune femme constate sur certaines parties de son corps des pertes de peau importantes comme si elle était devenue un animal en pleine mue.
L
e sujet des cobayes humains inspire énormément le cinéma de ces dernières années. Toutefois, bon nombre de films ont tendance à se prendre les pieds dans le tapis avec des schémas un poil trop classique pour surprendre, ce qui est malheureusement le cas ici même si les efforts en terme de réalisation sont à souligner. Replace bénéficie d’une esthétique intéressante mais cela ne suffit pas à pallier l’ennui qu’il peut inspirer.

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The Autopsy Of Jane Doe


Le second coup de cœur du festival pour notre part fût The Autopsy Of Jane Doe, dernier film du réalisateur de Trollhunter, le Norvégien Andre Ovredal. Notez qu'il a obtenu le toujours agréable Pégase 2017, soit le Prix du Public du BIFFF. Un petit coup de maître que ce huis clos dans une morgue tenue par un père et son fils. Ceux-ci verront leur activité quelque peu chamboulée (ce n’est rien de le dire) lorsque le sheriff leur amènera le cadavre d’une jeune femme à identifier. Le corps de cette Jane Doe (nom donné par défaut aux personnes non-identifiées dans les pays anglo-saxons) semble cacher bon nombre de secrets.
Si l’exercice du huis clos n’est pas chose aisée, certains metteurs en scène y excellent toutefois, et c’est ici le cas de Ovredal, qui parvient à instaurer dès le départ une tension qui accompagne le spectateur jusqu’au bout. Servi par une imagerie gore issue du monde de l’autopsie, The Autopsy Of Jane Doe ne se contente pas de surfer sur la vague et de nous abreuver de tripailles et crânes trépanés gratuitement. Le film a l’intelligence de nous amener sur des terrains différents grâce à une dimension mystique bien placée. La bande est équilibrée, emprunte les ingrédients qu’il faut pour servir l’histoire mais sans s’attarder plus qu’il ne le faut sur les différents détails.

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Small Town Killers


Small Town Killers, réalisé par le Danois Ole Bornedal (réalisateur de l’excellent Deliver Us From Evil entre autres) représente enfin notre 3e coup de cœur du festival. Rien d'étonnant dès lors à ce qu'il ait reçu le Méliès d'Argent, Prix décerné au Meilleur Film européen. Typiquement dans la vague des comédies noires, Small Town Killers est un petit bijou d’humour caustique nordique qui voit 2 associés et amis faire appel aux services d’un tueur professionnel (quoique) russe pour liquider leurs femmes. Le gros souci est que quand on fait cela un soir de beuverie, on risque de le regretter le lendemain mais surtout de peiner à rattraper le coup, surtout quand ledit tueur est aussi porté sur la bouteille qu’un BIFFFeur sur les films de genre.
Gags et punchlines en cascade, quiproquos en tout genre, tout est là pour faire de cette comédie danoise un joyau du genre. Personnages attachants et situations tout aussi grotesques que cocasses font de Small Town Killers le genre de film dont on redemande.

Ce qui n’était malheureusement pas vraiment le cas de Prey (ou Prooi pour respecter nos amis néerlandophones) du réalisateur ma foi sympathique Dick Maas (Amsterdamned) avec son histoire de lion mangeur d’hommes échappé d’on ne sait où et faisant de la ville d’Amsterdam son nouveau terrain de jeu mais également son nouveau garde-manger. Certes le film est décomplexé et ne semble pas se prendre trop au sérieux (ce serait d’ailleurs un comble avec une esthétique de sitcom pareille) mais il peine à décoller, ce qui est bien dommage.

Guillaume Triplet

18:01 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans BIFFF, Bilans de festivals, Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bifff, festival, international, film, fantastique, bruxelles, regard, bilan, critiques, coup, oeil | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

Le Palmarès du 35e BIFFF est connu !

Ce soir, se clôture la 35e édition du Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF). Avec la projection de deux films : l'obligatoire dernier bébé d'Alex de la Iglesia - El Bar - en salle Ciné 1 et XX - signé par un quatuor de réalisatrices - en salle Ciné 2.

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El Bar du chouchou du BIFFF Alex de la Iglesia


Qui dit clôture dit aussi annonce du Palmarès du BIFFF cuvée 2017.

Côté courts-métrages, deux grands gagnants : Downside Up (Prix Jeunesse et Sabam) d'abord et ensuite et surtout Spooked (Prix Be TV et Fedex et... Grand Prix !)

Côté longs, le toujours agréable Prix du Public - le Pégase - est allé à The Autopsy of Jane Doe d'Andre Ovredal tandis que le Prix de la Critique a été remis à The Tunnel de Seong-hun Kim. Ce dernier a pu être découvert par certains gagnants de nos concours BIFFF organisés avec la complicité du Centre Culturel Coréen de Bruxelles. Bravo à eux et merci à nos amis coréens !

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Merci aux amis coréens pour les 28 places offertes aux visiteurs !


L
e Prix du 7e Parallèle a été décerné à Swiss Army Man du duo Dan Kwan - Daniel Scheinert et celui du Meilleur Thriller est allé à At the End of the Tunnel de Rodrigo Grande.

Le Méliès d'Argent, qui couronne le Meilleur Film européen a récompensé Small Town Killers de Ole Bornedal.


Niveau international, les fameux Corbeaux d'Argent vont à We Go On du duo Jesse Holland - Andy Mitton, et The Mermaid de Stephen Chow.

Quant au Grand Prix du Festival, le Corbeau d'Or, il a été décerné à Safe Neighborhood de Chris Peckover.


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Safe Neighborhood, LE grand gagnant du BIFFF 2017



L'ensemble du palmarès sera bientôt sur le site du BIFFF.

À dans un an pour la 36e édition de ce festival pour le moins... fantastique !

Jean-Philippe Thiriart

21:10 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans BIFFF, Bilans de festivals | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bifff, festival, international, film, fantastique, bruxelles, palmarès, safe, neighborhood | |  Facebook | |  Imprimer |