23 Juil.

Une interview de Vanessa Paradis et Samuel Benchetrit... qui a du CHIEN !

Aujourd’hui, sort en salles le dernier film de Samuel Benchetrit : Chien. Avec, au casting, le génial Vincent Macaigne, notre Bouli Lanners national et une certaine… Vanessa Paradis !

Lors de la dernière édition du Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF), Vincent Macaigne remportait le Bayard du Meilleur comédien tandis que son réalisateur repartait avec le Bayard du Meilleur scénario mais aussi celui du meilleur film. Carton plein donc pour cette comédie pour le moins décalée.

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Samuel Benchetrit devant l’œil rieur de Vanessa Paradis


En l’absence de Vincent Macaigne, le réalisateur déclarait lors de la Clôture du FIFF : « Vincent a à la fois neuf ans et cent ans. Il est insaisissable. » Nous sommes bien d’accord avec lui.

Au terme de la proclamation du palmarès du Festival de Namur, nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec Vanessa Paradis et Samuel Benchetrit. N’hésitez pas à la découvrir, ci-dessous !


Jean-Philippe Thiriart

Crédits photos : Sylvie Cujas pour En cinémascope

18:55 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Bilans de festivals, Critiques de films, Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chien, vanessa, paradis, samuel, benchetrit, vincent, macaigne, fiff, namur, bayard, or | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

Coup d’œil sur le BIFFF 2018

Encore une fois, le Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF) nous aura gâtés cette année. Certes c’est devenu une habitude au fil des ans mais cette année pourrait bien être marquée d’une pierre encore plus blanche tant la sélection et les surprises de cette édition 2018 auront été de taille. Bien entendu la liste ne comportait pas uniquement des bandes dignes d’entrer au panthéon du film de genre mais ne faut-il pas se taper parfois quelques bouses pour encore plus apprécier des films de qualité ?
Compte-rendu de notre festival.

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DOWNRANGE (2017 - USA) de Ryuhei Kitamura


Comme entrée en matière, Downrange est loin de laisser une trace indélébile dans les mémoires avec cette histoire de six jeunes (trois mecs, trois filles, parité oblige) covoiturant sur les routes californiennes et pris pour cibles par un mystérieux sniper doté d’un stock de munitions proche de celui d’un bataillon complet.

On attendait beaucoup de ce film vendu comme un concentré de terreur pure mais surtout réalisé par Kitamura (Midnight Meat Train – 2008). Mais force est de constater que le film est loin de tenir ses promesses par un manque de rythme certain. Quelques passages intéressants tirant vers le gore pur jus sont là pour rattraper le coup mais après une heure seulement. On regarde donc sa montre et on se dit que si on aime ce schéma de survival, autant se retaper Les Proies (2008 – de Gonzalo Lopez-Gallego) dans lequel la tension était nettement plus palpable.

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BELZEBUTH (2017 - Mexique) d’Emilio Portes


Environ tous les 1000 ans, Jésus revient sur terre, comme il l’avait promis au moment de se faire crucifier. Mais bien sûr, pour cela, il est obligé de se trouver un hôte (la plupart du temps un gosse) comme enveloppe corporelle, chose qu’est bien obligé de faire Belzebuth aussi s’il veut se débarrasser de son rival. Une infirmière qui fait un carnage dans une maternité, un gosse qui dérouille ses copains de classe et une femme de ménage qui joue avec l’électricité dans une piscine remplie de gamins, le tout au Mexique, plus de doute, ce pays aura été choisi comme nouvelle terre d’affrontement entre le Bien et le Mal. Le flic du coin aura fort à faire pour mettre un terme au combat.

Première très belle surprise du BIFFF 2018, Belzebuth est un film qui se dévore et ne met pas des plombes à démarrer grâce à une scène osée mais bougrement efficace. Le choix des acteurs donne une réelle authenticité aux personnages et les théories développées (rappelons que nous sommes au Mexique, terre de croyances) permettent au spectateur d’être tenu en haleine. Bien que le film ne soit pas parfait et pèche parfois à cause de scènes quelque peu grotesques, il n’en représente pas moins une petite perle de cinéma fantastique à classer dans notre top 5.

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TERRIFIED (2017 - Argentine) de Demian Rugna
Titre original : ATERRADOS


Descendons un peu plus en Amérique du Sud pour nous retrouver en Argentine où un quartier est en proie à toute une série de phénomènes inexpliqués se produisant depuis plusieurs années aux quatre coins du monde, dans des endroits où seuls des enquêteurs spéciaux sont à même de s’enfermer pour étudier selon eux « lumière et obscurité qui partagent une même réalité, un même esprit au même moment ».

Avec sa structure en flashbacks, Terrified est une bande intéressante. Un film sur le paranormal relativement bien réussi où l’ambiance lourde est retranscrite à l’écran par des éléments simples (claquements de portes avec nettement plus d’effets que dans un Paranormal Activity par exemple). Pour son second long-métrage, Demian Rugna signe une petite réussite dotée d’une photo rendant de fort belle manière l’atmosphère relatée.

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VERONICA (2017 - Espagne) de Paco Plaza


Pour continuer dans le genre des films d’esprits démoniaques latins, arrêtons-nous en Espagne avec le dernier méfait de Paco Plaza, co-auteur, avec Jaume Balaguero, de la franchise REC. Faut-il encore le rappeler ?

Inspiré d’un fait réel (élément on ne peut plus vendeur ces dernières années, tout comme les films de possessions finalement), Veronica nous narre l’histoire d’une jeune adolescente madrilène qui, en 1991, suite à une séance de ouija avec ses amies, s’est retrouvée aux prises avec une entité mystérieuse. La légende et les recherches internet affirment que ce dossier fut le premier à comporter un rapport mentionnant clairement des constatations de phénomènes paranormaux.

Paco Plaza nous revient donc avec ce film qui n’apporte rien de vraiment neuf sous le soleil. Certes le film se laisse regarder malgré une mise en place un peu longuette mais le schéma reste on ne peut plus classique. On demeure simplement curieux par rapport au fait que les évènements se soient réellement produits. Pour info, le film est disponible sur Netflix.

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EX FUNERIS (2018 - Belgique) d’Alexandre Drouet


Sur le papier, Ex Funeris laissait espérer du bon, du classique mais du bon. En racontant l’histoire d’une société capable de faire revenir les morts à la vie, les questions éthiques et la réappropriation du mythe du zombie sur fond de « post-apo » tourné en noir et blanc auraient pu être intéressants. Surtout que lorsqu’on se renseigne un peu, on se rend compte que s’il a été présenté ici en 2018, Ex Funeris a été tourné entre 2010 et 2012, signe que le réalisateur a cru en son projet au point de s’y investir sur le long terme, c’est le moins que l’on puisse dire. Malheureusement un jeu d’acteurs aux abonnés absents a très rapidement fait décrocher votre serviteur.

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DHOGS (2017 - Espagne) d’Andres Goteira


Contraction de « Dog » (chien) et « Hog » (porc), Dhogs veut dresser un tableau de la raclure humaine. Différents portraits sont dressés, différents destins développés. On y croise un homme d’affaire volage, un taximan travesti, une cinquantenaire qui se prostitue derrière la vitre d’une station essence ou encore un « campesino » (équivalent espagnol d’un « redneck ») un poil pervers accompagné de son chien. Ça brasse assez large niveau personnages, ça manque parfois cruellement de rythme et on se demande de temps à autre où le réalisateur veut emmener le spectateur mais le tout n’est pas trop mal ficelé quoique parfois peut-être un peu trop conceptuel. Mais Dhogs ressort tout de même avec le Prix de la critique du Festival.

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BEYOND SKYLINE (2017 - UK/Chine/Canada/Indonésie/Singapour/USA) de Liam O’Donnel


Au retour du commissariat de Los Angeles où Mark est encore une fois allé chercher son fils, qui s’est fait pincer pour une bagarre, la ville est attaquée par une flotte de vaisseaux extraterrestres. Voilà pour le pitch.

Suite du Skyline des frères Strause, Beyond Skyline aura été l’un des gros divertissements visuels de cette année. Le genre de film où vaisseaux et aliens sont esthétiquement intéressants, où les bastons divertissent mais où malheureusement Iko Uwais (The Raid, Merantau…) fut quelque peu sous-exploité. Qu’à cela ne tienne, le film représente un petit plaisir coupable qu’on n’aura pas boudé.

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A SPECIAL LADY (2017 - Corée du Sud) d’An-Kyu Lee


Une organisation criminelle tient des gros bonnets par les couilles grâce à des vidéos filmées dans des chambres où ces influents personnages s’adonnent avec des jeunes femmes à des parties parfois bien plus que fines. Derrière cette structure se cache une femme puissante et dangereuse. Mais lorsqu’un procureur véreux, bien décidé à se venger de s’être fait avoir, découvre qu’elle cache un fils depuis presque 20 ans, sa possibilité de se venger est toute trouvée.

Cette sorte de House of Cards dans les coulisses du crime organisé n’est ni plus ni moins que l’un des films forts de ce BIFFF 2018. Avec ce personnage féminin vengeur et prêt à tout, interprété par une Hye-Su Kim incroyablement convaincante, le réalisateur An-Kyu Lee (scénariste en 2008 du barré Le Bon, la Brute et le Cinglé) signe un véritable coup de poing cinématographique comme premier long-métrage en tant que réalisateur. Tout y est pour que la sauce prenne de fort belle manière : une histoire captivante, une violence qui la sert, un rythme calculé, la symbolique de la femme forte mais également la vengeance, le business, le pouvoir et la manipulation comme fils conducteurs. Le clivage entre bien et mal est exploité de telle sorte que les questionnements ne manquent pas : L’homme de pouvoir est-il une pourriture ? Le criminel endurci a-t-il encore certaines valeurs ? … Un film réussi de bout en bout qui est à ranger parmi nos gros coups de cœur et qui, en plus, est reparti avec une Mention spéciale dans la compétition pour le Prix du Meilleur thriller.

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TRAUMA (2017 - Chili/Nouvelle-Zélande) de Lucio Rojas

Quatre jeunes femmes décident de s’offrir un bon bol d’air et d’amusement dans le fin fond de la campagne chilienne. Si le tout commence admirablement bien, la suite va virer au cauchemar avec la visite impromptue d’un homme rompu à la torture et de son fiston.

Trauma ou l’archétype du film survendu. Si on l’annonçait comme la bande la plus violente et dérangeante depuis A Serbian Film, remettons d’emblée les choses dans leur contexte. Certes Trauma est violent, certes plusieurs scènes sont osées mais le côté psychologique est très vite mis de côté au détriment d’un amoncellement de tortures en tout genre qui finalement n’a plus grand sens tant le film passe à côté de son propos. Le réalisateur Lucio Rojas voulait une critique des atrocités que le régime Pinochet a pu faire subir à la population chilienne (en prendre pour preuve le dossier de presse que l’équipe du film diffusait et dans lequel ces violences étaient sommairement expliquées), malheureusement on se retrouve face à un mélange de home invasion et de rape and revenge plutôt qu’à un véritable questionnement historico-politique pour le spectateur. Pour ça, on se tournera vers de bons documentaires. Très dommage.

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DOUBLEPLUSUNGOOD (2017 - Belgique) de Marco Laguna


Dago Cassandra est un truand, mais pas n’importe lequel, un truand qui revient dans son royaume après 15 ans pour éliminer les 12 apôtres de Lucifer.

Script assez fou pour un film qui l’est tout autant. Réalisé par l’ancien chanteur de La Muerte (groupe belge de gros rock pour ceux que ça intéresse), Doubleplusungood a été tourné sur cinq ans en super 16, ce qui lui confère une esthétique et un grain à la « grindhouse » particulièrement plaisant. Point de vue image, bande son, voix, musique et bruitages, l’ambiance dégagée par le film est à mi-chemin entre le poisseux et l’envoûtant, le film noir et le film d’horreur. Un long-métrage inattendu, singulier, qui ne manque pas d’idées au niveau de sa mise en scène (cette scène de poursuite en voiture, aaaaah) où le personnage principal, avec sa gueule à la De Niro, assure le rôle du bandit en quête de vengeance ou de rédemption avec une aisance déconcertante. Mystique voire christique, la surprise est de taille.

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FREEHOLD (2017 - UK) de Dominic Bridges


Hussein est un agent immobilier mais surtout un petit con bordélique. Ce qu’il ignore, c’est qu’il ne vit pas seul dans son appartement car, lorsqu’il est absent, un mystérieux colocataire aussi grand que maigre sort de sa cachette et profite des lieux. Si au départ, ce qu’il y fait n’a rien de méchant, l’escalade dans le crade sera rapide. Pourquoi est-il là ? D’où vient-il ? C’est toute l’intrigue.

Inspiré au réalisateur par un fait divers hong-kongais où une femme aurait vécu durant trois ans derrière un frigo dans un appartement, Freehold est le genre de comédie gentiment noire qui fait bien sourire. Idées cocasses et subtilités sont au rendez-vous tant et si bien qu’on s’attend à une belle surprise en termes de dénouement. Néanmoins, ce dernier nous a semblé relativement plat et vite torché. Pas génial donc.

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HUNTING EMMA (2017 - Afrique du Sud) de Byron Davis


Deon Meyer est un très célèbre auteur de best-sellers. Entre deux bouquins, et quand ça lui prend, il se met à écrire des scénarios. Le problème est que la manière dont il les écrit n’est pas la plus cinématographique qui soit. Et le cas de Hunting Emma en est la parfaite illustration. Certes le personnage d’Emma, en plus d’être canon, est assez attachant mais malheureusement son histoire l’est moins. En gros, une institutrice décide d’aller rendre visite à son père pendant les vacances. Ce père, ancien membre des forces spéciales, habite dans la savane. Sur la route, pas de bol, une panne de voiture va précipiter notre sympathique héroïne sur le chemin d’une bande de vilains voyous qui se verront obligés de l’éliminer. Enfin, essayer de l’éliminer parce qu’il y a de fortes chances que le père d’Emma, vu son passé, lui ait appris quelques trucs et astuces qui pourraient bien lui servir.

Cette histoire de Lara Croft sud-africaine aurait pu séduire. Cependant, il est clair que la narration du film et les moments où on s’attarde à outrance sur des passages qui ne peuvent pas être aussi longs au cinéma font clairement tache. Dans un roman, une description beaucoup plus fouillée d’un personnage sur plusieurs pages est tout à fait permise, mais pas sur celles d’un scénario. Que Deon Meyer continue ses bouquins car apparemment ça, il le fait bien.

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CHARISMATA (2017 - UK) d’Andy Collier et Toor Mian


Rebecca, flic au bout du rouleau, est confrontée à une affaire de tueur en série aux rituels sataniques dans laquelle elle cible directement un suspect. Si elle a pu faire ses preuves autrefois, elle peine à se faire entendre aujourd’hui, surtout avec les casseroles qu’elle traine derrière elle. Elle persévère bien sûr et ne lâche pas l’affaire mais jusqu’à quel point pourra-t-elle tenir face à ses démons ?

Charismata est le genre de thriller surnaturel loin d’être dégueulasse de prime abord. Le film se veut sérieux mais ne manque pas les quelques occasions de lâcher un trait d’humour british. Un X-Files-like (pour le genre d’affaires traité et aussi pour la tension, parfois sexuelle, qui règne entre les deux enquêteurs principaux) qui fonctionne mais seulement jusqu’à un certain point. Le problème n’est pas forcément la baisse d’intensité due au fait qu’on s’attarde parfois un peu trop sur le personnage principal, mais que l’ensemble soit pas mal foutu du tout mais entaché par une tournure un peu trop grotesque dans sa dernière partie.

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THE PLACE (2017 - Italie) de Paolo Genovese


Sans conteste l’OVNI de cette édition 2018, le nouveau film de Paolo Genovese (Perfect Strangers en 2016 « remaké » par Alex de la Iglesia en Espagne et Fred Cavayé en France, c’est lui) est un huis clos dans un bar-restaurant. Au fond de l’établissement, assis à la même table jour et nuit, un mystérieux inconnu muni d’un agenda de la taille d’un grimoire. Chaque jour, des inconnus viennent auprès de lui en « consultation ». Pourtant il n’est ni médecin, ni psychologue. Il semble juste capable de réaliser les vœux de ses clients à condition que ceux-ci, en contrepartie, accomplissent une tâche qui n’est jamais des plus catholiques. Un mal pour un bien en somme.

Le huis clos est un exercice cinématographique périlleux, mais Paolo Genovese réussit un véritable tour de force en proposant un film dont le rythme se base de fort belle manière sur le scénario et les dialogues des personnages. Certes, The Place aurait pu être amputé de 15 minutes mais malgré cela, on ne peut que saluer la maîtrise dont a fait preuve le réalisateur italien. Certes, la question nous titille toujours un peu de savoir ce qu’un film pareil faisait dans la sélection du BIFFF, même si les possibilités d’interprétations fantastiques sont multiples, mais au final on se dit que ça n’a peut-être pas beaucoup d’importance.

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THE ENVELOPE (2017 - Russie) de Vladimir Markov
Titre original : KONVERT


Au vu du titre, il doit sûrement y avoir du courrier dans l’histoire me direz-vous. Et votre serviteur de vous répondre : bien vu.

Igor, chauffeur un peu VIP d’une société moscovite, se voit confier une mission par la craquante petite secrétaire : porter un courrier livré par erreur à ladite société à deux rues de là. Alors qu’il se trompe une première fois d’adresse, puisqu’elle a la manie de se modifier à même l’enveloppe, et rencontre une dame pas super agréable qui le convainc de poursuivre sa « mission » à la condition de ne jamais essayer d’ouvrir ce courrier, Igor s’embarque dans une mésaventure qu’il ne soupçonnait pas, faite de réflexion sur son passé et autres joyeusetés.

Vous aurez remarqué que souvent, dans nos critiques, nous abordons le problème du timing et du rythme des films. Pourquoi ? Simplement parce que ça nous paraît important et qu’un timing parfait contribue grandement à l’appréciation d’un métrage. Et bien ici, nous sommes un peu devant le contre-exemple du bon rythme tant The Envelope paraît durer 2 heures alors qu’il ne fait… qu’1h15 (probablement le film le plus court de cette édition 2018). Pourtant, et c’est bien dommage, l’histoire n’est pas inintéressante mais il faut se rendre à l’évidence, Vladimir Markov a semble-t-il eu quelques difficultés à la retranscrire efficacement à l’écran. On a l’impression de se trouver devant un melting pot d’idées inachevées servi par des acteurs pas toujours au top de leur forme. Il reste que la photo rend bien. C’est déjà ça.

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PARTY HARD, DIE YOUNG (2018 - Autriche) de Dominik Hartl


Plusieurs jeunes de la même classe terminent leur année scolaire en allant s’éclater sévère dans l’une des plus grosses fiestas d’étudiants en bordure de plage. Tout va pour le mieux jusqu’à ce que l’une des jeunes filles de la bande disparaisse. Si les copains se disent « c’est bon, elle va revenir », sa meilleure amie Julia, avec qui elle venait de s’engueuler d’ailleurs, se dit quant à elle « mmmh non peut-être pas » (pas mal les répliques inventées sur le vif, vous ne trouvez pas ?). En gros, selon elle, quelque chose de grave est arrivé et la disparition d’un autre membre de la bande lui donnera finalement raison.

Tourné durant une fête de 15 jours en Croatie (pour ne pas avoir à payer les figurants, c’est pas mal pensé), Party Hard, Die Young est le genre de film de « vengeance à retardement » où une bande d’ados se retrouve confrontée à un boogeyman masqué qui est venu spécialement pour punir ces gamins de leurs conneries passées. Trop classique, vu et revu, le genre ne sera pas révolutionné ici.

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EDERLEZI RISING (2018 - Serbie) de Lazar Bodroza


En 2148, Milutin, en tant qu’astronaute chevronné, est envoyé en mission vers l’Alpha du Centaure. Mais comme le voyage va durer bien longtemps, la société Ederlezi décide de le faire partir avec une androïde qui répondra à ses envies et/ou attentes suivant le paramétrage qu’il décidera. On suppose que vous imaginez la suite et que vous l’imaginez relativement bien.

Malgré là aussi un concept de départ et un côté introspectif du personnage principal pas inintéressants, le premier long-métrage de Lazar Bodroza peine à capter l’attention du spectateur sur la longueur à cause d’une mise en place peut-être nécessaire mais bougrement longue. On tourne pas mal en rond au final.

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MEMOIR OF A MURDERER (2017 - Corée du Sud) de Shin-Yun Won


Un père, atteint de la maladie d’Alzheimer, qui veut protéger sa fille d’un tueur en série en activité. Rien qu’au titre, vous aurez compris que le père en question a lui aussi un passé quelque peu douteux. Et c’est justement là que tout se joue : qui mieux qu’un tueur peut en connaître un autre ? Alors que les confusions du père l’amènent parfois sur de fausses pistes au point de douter de lui, il devra toujours être sur le fil du temps que lui octroie sa mémoire pour tenter de sauver sa fille.

Récompensé par le Prix du thriller de ce BIFFF 2018, Memoir of a Murderer est encore l’un de nos coups de cœur. Un thriller parfaitement maîtrisé au scénario incroyablement efficace.

Décidément, la Corée du Sud aura encore frappé fort cette année avec la Mention spéciale du Prix du thriller pour A Special Lady dont nous parlions avant, et ici le premier prix de la catégorie. C’est là qu’on se rend clairement compte que les Sud-Coréens savent écrire des histoires prenantes, des histoires à tiroirs et développer des figures cinématographiques subjugantes. Memoir of a Murderer aura absolument mérité les honneurs qui lui ont été alloués tant la qualité est au rendez-vous. À conseiller plus que vivement.

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YURIGOKORO (2017 - Japon) de Naoto Kumazawa


Ryosuke tient un petit restaurant avec sa future femme. Mais un jour, celle-ci disparaît sans prévenir.

Ryosuke rend visite à son père mais celui-ci lui annonce qu’il n’en a plus pour très longtemps à vivre suite à une maladie grave.

Ryosuke découvre, en fouillant dans les affaires de son paternel, un mystérieux journal intime qui apparaît vite comme le journal d’un tueur, ou plutôt d’une tueuse qui n’est autre que sa mère, disparue subitement lorsque Ryosuke était encore enfant.

Autant le dire tout de suite, Yurigokoro s’est clairement apparenté à un chef-d’œuvre pour nous lors de sa projection. La narration en flash-backs dévoilant peu à peu les parallèles entre les différents évènements vécus par Ryosuke est une réussite totale. Mais la narration n’aurait rien été sans la poésie incroyable qui sous-tend le film. Sur une musique fantastique, on se surprend à être gagné par une émotion sans cesse grandissante qui nous force à nous poser la question de savoir ce qui est moralement acceptable.

Adapté d’un roman ayant fait grand bruit, sorti en 2012 et écrit par Mahokaru Numata, Yurigokoro semble suivre le même chemin et marcher sur les charbons ardents de l’éthique. C’est d’ailleurs sans nul doute cet aspect qui fait de lui une véritable pièce maîtresse et notre ultime coup de cœur de ce BIFFF 2018.

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Espérons vivement une édition au moins aussi riche en 2019. En tout cas, on prend déjà rendez-vous ne serait-ce que pour vérifier la chose.

Guillaume Triplet

08:01 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans BIFFF, Bilans de festivals, Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bifff, festival, international, film, fantastique, bruxelles, critiques, yurigokoro, memoir, of, a, murderer | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

Palmarès du 36e BIFFF, clôturé en beauté !

L’édition 2018 d’une des grands-messes annuelles du cinéma fantastique mondial s’est clôturée en beauté ce dimanche 15 avril. Et c’était à Bruxelles, au Palais des Beaux-Arts. Un grand cru, avec plus de 58 000 spectateurs, soit une augmentation de 4 000 fans de cinéma de genre par rapport à l'an dernier ! L’effet Guillermo del Toro – mais pas que - aura sans doute contribué à cet engouement toujours plus grand pour le Festival. Le réalisateur doublement oscarisé à titre personnel pour The Shape of Water (La Forme de l’eau) a pour rappel honoré le BIFFF de sa présence à une masterclass devant une salle bondée d’un public… comblé d’avance !

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GAME ou plutôt BIFFF presque... OVER


Avant la projection de l’efficace The Gringo avec la belle Charlize Theron, la scène de la Salle Henry Le Bœuf a comme de coutume accueilli les lauréats des différents Prix et… leurs chansons !

Le Jury International, présidé par Lloyd Kaufman et composé de Julia Ducournau et Laurent Lucas a décerné :
- le Corbeau d'Argent à Mon Mon Mon Monsters du Taiwanais Giddens Ko,
- le Corbeau d'Argent à Tigers Are Not Afraid de la Mexicaine Issa Lopez (également récompensé par le toujours gratifiant Prix du Public), et...
- le Corbeau d'Or à Inuyashiki du Japonais Shinsuke Sato !

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Corbeau d'Argent et Prix du Public pour l'énergique Issa Lopez et son Tigers Are Not Afraid


Le Jury de la Compétition européenne a remis le Méliès d’Argent à The Cured de l’Irlandais David Freyne.

La Compétition Thriller a été remportée par Memoir of a Murderer du Coréen Shin-yun Won, une Mention spéciale étant accordée à un autre natif du Pays du Matin Calme : An-kyu Lee et son film A Special Lady.

Le Prix 7e Parallèle est allé à Blue My Mind de la Suissesse Lisa Brühlmann, avec une Mention spéciale pour The Place de l’Italien Paolo Genovese.

Quant au Prix de la Critique, il a été décerné à Dhogs de l’Espagnol Andrés Goteira.

Rayons courts-métrages, européens d’abord, Belle à croquer du Français Axel Courtière a remporté la timbale.
Les courts belges ont eux-aussi été récompensés, comme suit :
- Grand Prix et Prix Fedex pour Lost in the Middle de Senne Dehandschutter,
- Prix Jeunesse pour The Day the Dog disappeared de Ruth Mellaerts & Boris Kuijpers,
- Prix SABAM pour Het Nest de Matthias De Bondt,
- Prix La Trois pour Les Naufragés de Mathieu Mortelmans, et
- Prix BeTV pour Les Naufragés de Mathieu Mortelmans.

bifff,festival,international,film,fantastique,bruxelles,palmares,cinema,bozar,guillermo,del,toroinuyashikiAprès la remise du Corbeau d'Or à Inuyashiki, le Jury International s'est lâché !

Les organisateurs du BIFFF vous donnent d’ores et déjà rendez-vous à Bozar l’an prochain, du 9 au 21 avril 2019 ! Car oui, comme l’ont montré les membres du Jury International sur scène ce dimanche, à nouveau, ça va saigner !

Jean-Philippe Thiriart

Crédits photos : Simon Van Cauteren pour En cinémascope

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La 501e Garnison venue partager la magie Star Wars au BIFFF

15:09 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans BIFFF, Bilans de festivals | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bifff, festival, international, film, fantastique, bruxelles, palmares, cinema, bozar, guillermo, del, toroinuyashiki | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

Retour sur les Magritte du cinéma en 6 vidéos & Concours Exclusif

Le samedi 3 février dernier au Square, à Bruxelles, a été célébrée la 8e cérémonie des Magritte du cinéma. Insyriated (Une famille syrienne) est le grand gagnant de la soirée avec six Magritte remportés pour autant de nominations. « Carton plein » donc, comme le confirmera le réalisateur du film, Philippe Van Leeuw, qui repart personnellement avec les statuettes des Meilleurs Film, Réalisateur et Scénariste.

Nous étions présents aux Magritte avec ProximusTV.be et avons réalisés, à cette occasion, un reportage et cinq capsules vidéo.


Concours Exclusif : 10 x 5 films à gagner avec UniversCine !

Envie de gagner un des 10 pass mis en jeu pour 5 films sur la plateforme cinéma UniversCine.be ? Rien de plus facile !
Il vous suffit d'envoyer un mail, avant le 15 février à minuit, à jeanphilippe.thiriart@gmail.com, dans lequel vous complétez la phrase :
« Pour moi, le cinéma belge, c'est... ».
10 réponses seront tirées au sort, pour autant de pass cinéma remportés !
Les gagnants seront avertis par mail et recevront un code d'accès unique.


Notre reportage et nos capsules vidéo

Les Magritte 2018 from Skynet iMotion Activities on Vimeo.

 

 

 

 

 



Et n’hésitez pas à découvrir l’article de Valérie Nimal pour ProximusTV.be sur le palmarès des Magritte 2018 !

Jean-Philippe Thiriart

23 Juil.

LAISSEZ BRONZER LES CADAVRES : Du Plomb en Or - Critique et interview des réalisateurs

Critique

Laissez Bronzer les Cadavres

De Hélène Cattet et Bruno Forzani
Avec Elina Löwensohn, Stéphane Ferrara, Hervé Sogne, Bernie Bonvoisin, Pierre Nisse, Marc Barbé et Michelangelo Marchese
Directeur de la photographie : Manu Dacosse
Thriller
1h30

Cote : ****

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Une bande de braqueurs dérobe 250 kilos d’or. Après le casse, les malfrats se voient contraints d’emmener deux femmes et un enfant. Le hasard fait que tout ce petit monde se rend en fait au même endroit : un village abandonné et reculé qui sert de planque à la bande. Mais l’arrivée de deux flics va bouleverser les plans de chacun et la retraite virera bientôt au carnage.

Avec ce troisième film, librement adapté du roman éponyme de Jean-Patrick Manchette et Jean-Pierre Bastid, le duo de réalisateur Cattet-Forzani enfonce le clou et s’impose comme garant d’un cinéma de genre nouveau qui ne manque pas de rendre hommage aux anciens, gialli italiens en tête de liste.
Après les chefs-d’œuvre en puissance qu’étaient Amer (2010) et L’Étrange Couleur des Larmes de ton Corps (2014), l’identité cinématographique du couple est confirmée par ce nouveau long-métrage réalisé de mains de maîtres.

L’esthétique, si chère aux deux réalisateurs, est encore une fois au premier plan de Laissez Bronzer les Cadavres. Au même titre que leurs deux films précédents, une influence du cinéma italien des années 70 ne peut être niée. Nous voilà donc ici en présence d’un ovni à la croisée des chemins entre film noir, polar et western.
Esthétique rime avec beauté plastique mais pas seulement. Certes, Cattet et Forzani attachent en effet énormément d’importance au rendu visuel de leurs films, avec la photographie éblouissante de Manu Dacosse (NDLR : les images d’Amer et L’Étrange Couleur des Larmes de ton Corps, c’était déjà lui. Il avait d’ailleurs obtenu le Magritte de la Meilleure image pour son travail sur L’Étrange Couleur des Larmes de ton Corps). Mais ils ne s’arrêtent pas là, la bande-son jouant également un rôle prédominant dans l’atmosphère du film. Que ce soit la bande originale ou simplement les bruitages de scène (aaah, ce son envoûtant du cuir !), l’ensemble participe à l’œuvre et chaque aspect contribue à ce que l’objet filmique soit un réel plaisir des sens.

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Manu Dacosse, Magritte de la Meilleure image en 2015 pour son travail sur L’Étrange Couleur des Larmes de ton Corps


Et ces sens, parlons-en. Le cinéma du duo est un cinéma sensoriel, charnel. La caméra ne se veut pas uniquement le vecteur de présentation des scènes mais représente un réel relais entre celles-ci et le spectateur au point que ce dernier peut ressentir la chaleur plombante du soleil, les odeurs, les textures. La manière de filmer, les différents points de vue adoptés ou encore les gros plans sur des parties de corps (marque de fabrique des réalisateurs depuis leurs débuts) y sont évidemment pour beaucoup dans cette envie de faire participer celui ou celle qui se laisse prendre au jeu et peuvent très facilement reléguer au second plan un jeu d’acteurs parfois bancal.

Laissez Bronzer Les Cadavres est un métrage résultant d’une certaine expérimentation en matière de mise en scène. Si chaque détail, chaque mouvement de caméra, chaque coup de feu a son importance, certaines idées et transitions de plan participent également à l’ambiance générale. Une très jolie preuve que le cinéma peut encore inventer. Et surprendre !

Guillaume Triplet, avec la participation de Jean-Philippe Thiriart


Interview des réalisateurs Hélène Cattet et Bruno Forzani

Bruxelles, Avenue Louise – Workshop Café – 8 janvier 2018 – 17h.
C’est dans ce cadre détendu mais néanmoins propice au travail que nous avons rendez-vous avec les réalisateurs Hélène Cattet et Bruno Forzani à l’occasion de la sortie, ce mercredi 10 janvier, de leur troisième long-métrage : Laissez Bronzer les Cadavres. Le sourire aux lèvres et tout en décontraction, les responsables des chefs-d’œuvre Amer et L’Étrange Couleur des Larmes de ton Corps ne seront pas avares d’explications sur leurs méthodes de travail, leurs visions cinématographiques, leurs influences et la « Carte blanche » qui leur sera consacrée au Cinéma Nova de Bruxelles de ce 10 janvier au 25 février. Un entretien des plus riches autour d’un thé, d’une eau gazeuse et d’un double expresso. Parce qu’on a beau être détendu, on n’en est pas moins sérieux.

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Bruno Forzani et Hélène Cattet, tout sourire


Laissez Bronzer les Cadavres
est votre troisième long-métrage. Vous avez déjà une certaine notoriété auprès du public de cinéma de genre mais pour un public plus large, qui sont Hélène Cattet et Bruno Forzani ?

Bruno Forzani :
Moi, j’ai l’impression que c’est Hélène qui a la réponse. (il rit)

Hélène Cattet : C’est assez difficile comme question. C’est vrai qu’on a un certain public mais j’ai l’impression qu’on touche un public déjà un peu plus large que celui du cinéma de genre. On a bien sûr un public fidèle au genre mais on passe aussi dans des festivals de films plus généralistes.

B.F. : Les spectateurs qui aiment le genre aiment peut-être nos films parce qu’ils y trouvent tous les ingrédients en termes d’érotisme ou de violence car on y va à fond. Et les gens qui aiment plus le cinéma d’auteur avec une recherche formelle ou esthétique y trouvent aussi leur compte parce qu’il y a aussi un gros travail à ce niveau-là. C’est un peu pour ça que nos films passent dans des festivals de films de genre mais passent aussi dans des musées d’art contemporain ou encore à l’UGC comme au Nova. C’est assez varié. C’est difficile à définir, ça mélange plein de choses.

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Laissez Bronzer les Cadavres, un duel au soleil


Ce film est adapté d’un roman de Jean-Patrick Manchette et Jean-Pierre Bastid. Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce livre et vous a donné envie de l’adapter au cinéma ?

H. C. :
Pour ma part, ce que j’ai aimé en le lisant, c’est que je l’ai trouvé d’emblée très cinématographique et très visuel. Tout y était déjà posé : les ambiances, presque les cadrages… c’était tout le temps dans l’action. Et cette action me faisait penser à des westerns à l’italienne. Je m’y suis vraiment retrouvée parce que comme on aime beaucoup le cinéma de genre italien des années 70, j’ai vraiment eu des images qui me sont revenues de films à la Sergio Leone.

B.F. : Ce que moi j’ai aimé en lisant le livre, c’est que tout était raconté en termes d’espace et de temps. Donc c’était hyper cinématographique. Et ça rejoignait ce qu’on avait fait avant puisqu’on n’est pas du tout dans une approche psychologisante mais plutôt dans une optique comportementaliste où les personnages se définissent par leurs actions.

H.C. : Les personnages se racontent par ce qu’ils font. On comprend qui ils sont en les voyant agir et pas par des dialogues explicatifs. C’est vraiment cette action, les gestes, les choix qu’ils font qui parlent des personnages et qui font tout avancer.

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La très belle affiche du premier long-métrage du duo


Vous parliez de cinéma italien des années 70. Que ce soit dans Amer, dans L’Étrange Couleur des Larmes de ton Corps ou encore ici, dans Laissez Bronzer les Cadavres, on remarque bien que l’esthétique est prédominante chez vous, qu’elle soit visuelle ou sonore. L’influence de ce genre de cinéma est-elle encore assumée ou devient-elle ennuyeuse pour vous à force d’entendre dire que vos films sont des hommages aux gialli italiens ?

B.F. :
Il y a deux choses en fait. Le côté années 70 est assumé parce qu’on est nés dans cette période-là. Mais c’était surtout une époque où le cinéma était en recherche, était très créatif. Tu as eu la Nouvelle Vague à la fin des années 60 et puis le cinéma de genre par la suite était quelque chose de créatif, ce n’était pas juste des produits, il y avait une vraie recherche. Donc, de ce point de vue-là, on est dans cette mouvance. Par contre, on ne perçoit pas vraiment ce qu’on fait comme des hommages à un truc qu’on aime bien. C’est quelque chose de plus viscéral. On se sert davantage d’un langage pour raconter des histoires personnelles.

H.C. : C’est vrai que ce cinéma nous a nourris et nous a inspirés mais je pense qu’on a digéré et oublié ces références, et maintenant elles sont en nous. Quand on fait un film, ça sort naturellement. C’est devenu notre vocabulaire, notre manière de faire.

Vous parlez justement de ce qui vous a nourris. Quel est donc votre parcours cinématographique ?

B.F. :
Ça a commencé quand on était petits avec ce qui passait à la télé genre King Kong, Charlot. Les premiers souvenirs que j’ai, c’est ça. Et puis après, au cinéma, j’ai vu les Walt Disney. Par la suite j’ai découvert Fellini avec La Dolce Vita vers mes 10 ans. À partir de 12 ans j’étais à fond dans les films d’horreur, slashers et autres. C’est à ce moment-là que j’ai découvert le cinéma de genre italien où, par rapport aux films américains qui étaient des produits sans surprise, tu avais vraiment de la mise en scène, la violence était exploitée de manière graphique et pas du tout puritaine. Ça donnait quelque chose de différent. Après cela, il y a eu Orange Mécanique. J’étais à cette époque en recherche d’adrénaline. J’entendais parler de ce film depuis que j’étais petit et je me le représentais un peu comme un summum de la violence. Alors que quand je l’ai vu, ce n’était pas un film violent mais plutôt un film sur la violence, ce qui m’a donné un autre point de vue. Et donc si tu me demandes mon parcours cinématographique, je te dirais que tout s’est un peu construit en allant de Charlot à Orange Mécanique.

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Orange mécanique, un des films qui ont construit le réalisateur qu’est Bruno Forzani


H.C. :
Pour ma part, c’est plus comme si j’avais trouvé un moyen d’expression. Je n’ai jamais été super à l’aise pour parler ou m’exprimer par le verbe. Donc quand j’ai découvert la manière dont on faisait des films, j’ai eu l’impression de trouver un moyen de dire les choses. C’est vraiment avec la pratique que j’ai appris. On a commencé à faire des courts-métrages autoproduits, sans argent. On faisait ça avec les copains et on a appris petit à petit à faire nos films, à construire notre univers, à essayer des choses…
Les festivals nous ont aussi beaucoup aidés, soutenus, encouragés. Et grâce à eux, on a essayé de trouver un producteur. C’est comme ça qu’on a rencontré notre productrice Eve Commenge avec qui on a fait tous nos longs-métrages.

B.F. : C’est aussi avec elle qu’on a fait notre dernier court,
Santos Palace (2005).

H.C. : Ce court-métrage a été notre première expérience avec un producteur. On a donc progressé à partir de là.

B.F. : On a appris de manière pragmatique et non intellectuelle. Comme on a commencé à faire les choses avec des moyens très pauvres, on ne pouvait pas faire tout ce qu’on avait dans la tête. On a donc toujours conçu les films par rapport aux moyens qu’on avait et pas par rapport à une idée folle.

H.C. : Pour les courts-métrages, on n’avait rien du tout pour ainsi dire. C’était vraiment le système de la débrouillardise totale et ça nous a appris à fonctionner d’une certaine manière. C’est comme ça qu’on a fait Amer.

B.F. : On voulait tourner en pellicule mais comme on n’avait pas d’argent pour en acheter, on l’a fait en diapositives comme Chris Marker dans
La Jetée (NDLR : court-métrage français sorti en 1962 et salué par la critique). On ne pouvait donc pas faire de prises de sons directes. Du coup, on a développé cette manière de faire le son en postproduction.

H.C. : Tous nos films sont faits comme ça. On n’a pas de preneur de son, donc tous nos films sont muets quand ils sont tournés et montés. Après, on recrée tous les sons avec un bruiteur.

B.F. : Il y a donc un deuxième tournage, qui est sonore.

H.C. : C’est pour ça que le son est aussi important, parce qu’il y a une étape où on ne travaille que ça.

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L’Étrange Couleur des Larmes de ton Corps est un des films préférés de Marilyn Manson et une énorme source d'inspiration pour lui…


Ce qui marque chez vous au niveau de la réalisation, c’est l’importance de chaque détail. Comme si chaque plan et chaque point de celui-ci participaient à la narration du film. On a l’impression que vous êtes de grands perfectionnistes.

B.F. :
C’est un peu notre problème et du coup on souffre beaucoup (il rit). La postproduction est donc un long tunnel de neuf mois.

H.C. : Il faut être un peu masochiste. C’est super dur mais on n’arrive pas à faire autrement. Chaque détail parle de l’histoire et des personnages donc chaque détail est important.

B.F. : Du coup, dans la manière de travailler, on est obligé d’être là en permanence dans le dos des gens et de les embêter.
(il rit)

Il y a aussi un côté très expérimental chez vous…

B.F. :
Pour ma part ce n’est pas quelque chose que je revendique mais c’est juste parce qu’on essaie de raconter nos histoires par la forme, par le montage et par des outils cinématographiques. Alors est-ce que c’est le cinéma qui est devenu plus pauvre maintenant et que dès que tu travailles un peu la forme et que tu utilises un peu ces outils, ça devient expérimental tellement le reste, ce n’est que des champs – contre-champs avec des personnes qui parlent dans une pièce, je ne sais pas. Mais moi, en tout cas, je n’ai pas la sensation de faire des films expérimentaux.

H.C. : Moi non plus mais je sais qu’on essaie d’utiliser au plus ces outils visuels et sonores. C’est vrai qu’on essaie des choses et on en « expérimente » d’autres quand même.

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... qui ne cache pas son admiration pour Cattet et Forzani !
« J’ai eu le plaisir de découvrir la Belgique et celui de rencontrer mes réalisateurs préférés Hélène Cattet et Bruno Forzani –
Amer et bien plus ! J’ai hâte de commencer à travailler avec eux. » Marilyn Manson


Vous fixez-vous des limites dans ces mises en forme ?

B.F. :
Moi ma seule limite c’est Hélène.

H.C. : Et moi, c’est Bruno
(ils rient). On s’arrête quand on est satisfaits et qu’on a réussi à faire passer tel ou tel sentiment. On aime raconter des choses avec un certain nombre d’éléments mais que ceux-ci ne soient pas totalement expliqués. On aime que le spectateur se crée aussi son histoire.

Vous laissez une place à l’interprétation.

H.C. :
Exactement. Comme quand on lit un livre. On s’imagine des choses, on a sa place dans le livre. On veut que le spectateur ait aussi sa place dans le film et que chacun, en fonction de qui il ou elle est, de son expérience, de son bagage, s’imagine ou vive les choses un peu différemment que son voisin. Et, en même temps, ça reste une démarche collective parce que c’est quelque chose qu’on fait pour l’ensemble.

Finalement c’est une démarche assez vendeuse pour vos films parce que ça signifie qu’on peut regarder plusieurs fois le film et le vivre peut-être différemment à chaque fois.

B.F. :
On le fait dans cette optique-là, pour qu’à chaque fois que tu le revois, tu découvres de nouvelles choses et qu’il prenne plus de profondeur.

Y a-t-il une dimension mystique, de rêves ou de fantasmes dans les histoires que vous racontez ?

H.C. :
Tout à fait. C’est vrai que ce film-ci est un peu différent des autres mais on essaie de travailler sur les fantasmes de personnages….

B.F. : … et d’effacer la limite entre le rêve et la réalité.

H.C. : On essaie de jouer avec les frontières : passé-présent, rêve-réalité, fantasme-réalité.

À ce propos, existe-t-il un rêve ou un fantasme cinématographique que vous aimeriez réaliser ?

B.F. :
J’ai déjà l’impression qu’on l’a réalisé avec tout ce qui nous arrive en ce moment, le fait d’avoir fait des courts-métrages et trois longs, que des personnes s’intéressent à ce qu’on fait, que ça procure des sensations aux gens, de les voir émus ou énervés à la fin du film…

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Laissez Bronzer les Cadavres, ça va chier !


Vous aimez susciter les réactions ?

H.C. :
Nous on aime bien avoir des réactions au cinéma. On aime ressortir en étant questionnés, perturbés, épuisés. En tout cas en ayant vécu quelque chose qui nous fait réfléchir. C’est donc peut-être pour ça aussi qu’on fait de tels films.

Parlez-nous de la bande originale et de vos choix musicaux pour Laissez Bronzer les Cadavres.

H.C. :
Le thème principal vient du film La Route de Salina de Georges Lautner (1970).

B.F. : C’est un film français qui a été tourné à Lanzarote. Un peu particulier, parfois légèrement quatrième dimension et totalement hippie dans l’esthétique et dans la nudité des personnages. Et cette musique assez incroyable a été écrite par le chanteur français Christophe. Elle nous faisait énormément penser aux westerns de Sergio Leone et comme notre film est un peu un mélange de genres, on trouvait que cette musique était cohérente. Puis on a utilisé des vrais thèmes de westerns à l’italienne comme
Le Dernier Face-à-Face d’Ennio Morricone. (NDLR : extrait du film du même nom de Sergio Sollima) On a utilisé plusieurs thèmes de ce compositeur dans le film. Notre but était d’utiliser ces musiques parfois dans un autre contexte que celui pour lequel elles avaient été faites au départ. On en a par exemple utilisé une dans la phase de préparation du braquage dans le film, donc plus dans un contexte de polar que de western. Une autre provient de la période bruitiste d’Ennio Morricone. Quand il collaborait avec Dario Argento, donc purement giallesque expérimentale. Et une autre vient du giallo Qui l’a vue mourir ? (Aldo Lado – 1972) Le thème est assez atypique, avec des chœurs d’enfants. Et on l’a utilisé parce qu’on cherchait quelque chose d’un peu fiévreux pour la scène du duel. On avait essayé de l’utiliser à l’époque pour L’Étrange Couleur des Larmes de ton Corps mais ça collait trop au giallo et donc ça aurait eu ce côté hommage et référence qu’on ne voulait pas. Alors qu’ici, elle avait sa place et pouvait avoir une autre signification.

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Le Dernier Face-à-Face, plus qu’une source d’inspiration pour Hélène Cattet et Bruno Forzani


N’est-ce pas trop difficile de faire des films à deux tout le temps ?

H.C. :
Si, c’est super dur. (elle rit)

Des conflits artistiques ?

H.C. :
Oui, tout le temps.
(elle rit)

B.F. : Après
L’Étrange Couleur des Larmes de ton Corps, on ne pouvait plus se saquer. (il rit)

Mais vous avez remis le couvert quand même ?

B.F. :
Oui on a remis le couvert mais en partant sur une adaptation. On n’avait pas un scénario personnel.

H.C. : C’est la première fois qu’on adapte quelque chose mais c’était pour retrouver une manière plus légère de travailler. Comme les films précédents étaient très personnels et que, malgré tout, on a des points de vue et des univers différents, le but était de faire quelque chose où les deux soient satisfaits. Et parfois, c’est une lutte.

B.F. : Surtout que ce sont des films qui sont sensoriels, subjectifs, c’est donc assez difficile quand l’un ressent le truc et l’autre pas, parce que si tu ressens, tu ne peux pas expliquer à l’autre.

H.C. : C’est intéressant malgré tout, mais ce n’est pas la facilité.


Une Carte blanche au Nova pour le duo de réalisateurs

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Bullet Ballet, un des quatre films de la Carte blanche de Cattet et Forzani au Nova


À partir de ce mercredi 10 janvier, vous avez une « Carte blanche » au Cinéma Nova. Quatre films seront projetés. J’aurais aimé terminer en vous demandant quelques mots sur chacun d’eux et sur ce qu’ils représentent pour vous.

B.F. :
Il y a Bullet Ballet (Shinya Tsukamoto – 1998), un film au son assez puissant et au montage hyper « cut » dont tu ressors assez épuisé. Mais c’est une expérience que tu ne peux vivre qu’en salle. Les premiers films de Tsukamoto, je les avais d’ailleurs découverts au Nova. Tu parlais tout à l’heure de détails et j’avais lu une interview de Tsukamoto concernant Tetsuo 2 (1992) où il disait qu’un des grands maîtres japonais avait vu le premier Tetsuo (1989) et lui avait dit que ça manquait de détails. Il a donc fait Tetsuo 2 en y faisant plus attention et ça m’avait marqué.

H.C. : Il y a aussi
Seul Contre Tous (1998, de Gaspard Noë, réalisateur du psychédélique Enter the Void en 2009). C’est un film qui nous a réunis parce qu’on l’a vu ensemble au Nova, décidément, et c’est un film qui nous a donné quelque part le déclic pour commencer à faire des films sans argent. C’est un film qui est autoproduit et que Noë a fait par ses propres moyens. C’est en pellicule, c’est ingénieux, la photo est magnifique.

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Seul Contre Tous


B.F. :
Et c’est en cinémascope !
(NDLR : ouiii : il l’a dit !) En termes de cadre, c’était hyper carré, fixe.

H.C. : Ça nous a beaucoup influencés dans la démarche et l’esthétique. Il est à la base de notre collaboration.

B.F. : C’est aussi une manière complètement transversale d’aborder le genre. C’est comme un « vigilante » mais raconté d’une autre manière.
Après il y a
Le Dernier Face-à-Face de Sergio Sollima (1967) dont l’une des musiques se retrouve dans Laissez Bronzer les Cadavres. Par rapport aux westerns à l’italienne, il est moins graphique que les autres mais les personnages cassent un peu le mythe américain. Ils sont tous gris et tu n’as pas le gentil shérif et les méchants indiens. Au niveau de l’histoire c’est aussi très prenant parce que c’est une autre manière de raconter cette histoire américaine.

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Venus in Furs, dont le réalisateur Jess Franco a réalisé plus de 200 films


H.C. :
Et le dernier c’est
Venus in Furs (Jess Franco – 1969) pour le côté psychédélique, pop, 70s.

B.F. : Personnellement, je trouve que c’est un des meilleurs films de Jess Franco, même si je ne les ai pas tous vus puisqu’il en a fait 180
(il rit) (NDLR : Jess Franco est en fait crédité pour plus de 200 réalisations). Après, en termes de pop, de costumes, d’iconographie de l’héroïne, d’effets… c’est très créatif. Il y a aussi le côté jazzy du film de par sa musique et sa construction. Et pour Laissez Bronzer les Cadavres, on a aussi abordé l’esthétique avec un côté pop. Donc ce genre de films nous a aussi inspirés.

La « Carte blanche » du Nova met donc en évidence quatre films qui représentent autant de facettes de notre approche.

Propos recueillis par Guillaume Triplet, avec la participation de Jean-Philippe Thiriart


N’hésitez pas à découvrir notre interview de Manu Dacosse aux Magritte du cinéma ! Le directeur photo de Laissez Bronzer les Cadavres était également derrière la caméra d’Alléluia de Fabrice Du Welz, réalisateur de Calvaire.