23 Juil.

Retour sur les Magritte du cinéma en 6 vidéos & Concours Exclusif

Le samedi 3 février dernier au Square, à Bruxelles, a été célébrée la 8e cérémonie des Magritte du cinéma. Insyriated (Une famille syrienne) est le grand gagnant de la soirée avec six Magritte remportés pour autant de nominations. « Carton plein » donc, comme le confirmera le réalisateur du film, Philippe Van Leeuw, qui repart personnellement avec les statuettes des Meilleurs Film, Réalisateur et Scénariste.

Nous étions présents aux Magritte avec ProximusTV.be et avons réalisés, à cette occasion, un reportage et cinq capsules vidéo.


Concours Exclusif : 10 x 5 films à gagner avec UniversCine !

Envie de gagner un des 10 pass mis en jeu pour 5 films sur la plateforme cinéma UniversCine.be ? Rien de plus facile !
Il vous suffit d'envoyer un mail, avant le 15 février à minuit, à jeanphilippe.thiriart@gmail.com, dans lequel vous complétez la phrase :
« Pour moi, le cinéma belge, c'est... ».
10 réponses seront tirées au sort, pour autant de pass cinéma remportés !
Les gagnants seront avertis par mail et recevront un code d'accès unique.


Notre reportage et nos capsules vidéo

Les Magritte 2018 from Skynet iMotion Activities on Vimeo.

 

 

 

 

 



Et n’hésitez pas à découvrir l’article de Valérie Nimal pour ProximusTV.be sur le palmarès des Magritte 2018 !

Jean-Philippe Thiriart

23 Juil.

LAISSEZ BRONZER LES CADAVRES : Du Plomb en Or - Critique et interview des réalisateurs

Critique

Laissez Bronzer les Cadavres

De Hélène Cattet et Bruno Forzani
Avec Elina Löwensohn, Stéphane Ferrara, Hervé Sogne, Bernie Bonvoisin, Pierre Nisse, Marc Barbé et Michelangelo Marchese
Directeur de la photographie : Manu Dacosse
Thriller
1h30

Cote : ****

laissez,bronzer,les,cadavres,helene,cattet,bruno,forzani,amer,etrange,couleur,des,larmes,de,ton,corps,manu,dacosse,magritte,marilyn,manson


Une bande de braqueurs dérobe 250 kilos d’or. Après le casse, les malfrats se voient contraints d’emmener deux femmes et un enfant. Le hasard fait que tout ce petit monde se rend en fait au même endroit : un village abandonné et reculé qui sert de planque à la bande. Mais l’arrivée de deux flics va bouleverser les plans de chacun et la retraite virera bientôt au carnage.

Avec ce troisième film, librement adapté du roman éponyme de Jean-Patrick Manchette et Jean-Pierre Bastid, le duo de réalisateur Cattet-Forzani enfonce le clou et s’impose comme garant d’un cinéma de genre nouveau qui ne manque pas de rendre hommage aux anciens, gialli italiens en tête de liste.
Après les chefs-d’œuvre en puissance qu’étaient Amer (2010) et L’Étrange Couleur des Larmes de ton Corps (2014), l’identité cinématographique du couple est confirmée par ce nouveau long-métrage réalisé de mains de maîtres.

L’esthétique, si chère aux deux réalisateurs, est encore une fois au premier plan de Laissez Bronzer les Cadavres. Au même titre que leurs deux films précédents, une influence du cinéma italien des années 70 ne peut être niée. Nous voilà donc ici en présence d’un ovni à la croisée des chemins entre film noir, polar et western.
Esthétique rime avec beauté plastique mais pas seulement. Certes, Cattet et Forzani attachent en effet énormément d’importance au rendu visuel de leurs films, avec la photographie éblouissante de Manu Dacosse (NDLR : les images d’Amer et L’Étrange Couleur des Larmes de ton Corps, c’était déjà lui. Il avait d’ailleurs obtenu le Magritte de la Meilleure image pour son travail sur L’Étrange Couleur des Larmes de ton Corps). Mais ils ne s’arrêtent pas là, la bande-son jouant également un rôle prédominant dans l’atmosphère du film. Que ce soit la bande originale ou simplement les bruitages de scène (aaah, ce son envoûtant du cuir !), l’ensemble participe à l’œuvre et chaque aspect contribue à ce que l’objet filmique soit un réel plaisir des sens.

laissez,bronzer,les,cadavres,helene,cattet,bruno,forzani,amer,etrange,couleur,des,larmes,de,ton,corps,manu,dacosse,magritte,marilyn,manson
Manu Dacosse, Magritte de la Meilleure image en 2015 pour son travail sur L’Étrange Couleur des Larmes de ton Corps


Et ces sens, parlons-en. Le cinéma du duo est un cinéma sensoriel, charnel. La caméra ne se veut pas uniquement le vecteur de présentation des scènes mais représente un réel relais entre celles-ci et le spectateur au point que ce dernier peut ressentir la chaleur plombante du soleil, les odeurs, les textures. La manière de filmer, les différents points de vue adoptés ou encore les gros plans sur des parties de corps (marque de fabrique des réalisateurs depuis leurs débuts) y sont évidemment pour beaucoup dans cette envie de faire participer celui ou celle qui se laisse prendre au jeu et peuvent très facilement reléguer au second plan un jeu d’acteurs parfois bancal.

Laissez Bronzer Les Cadavres est un métrage résultant d’une certaine expérimentation en matière de mise en scène. Si chaque détail, chaque mouvement de caméra, chaque coup de feu a son importance, certaines idées et transitions de plan participent également à l’ambiance générale. Une très jolie preuve que le cinéma peut encore inventer. Et surprendre !

Guillaume Triplet, avec la participation de Jean-Philippe Thiriart


Interview des réalisateurs Hélène Cattet et Bruno Forzani

Bruxelles, Avenue Louise – Workshop Café – 8 janvier 2018 – 17h.
C’est dans ce cadre détendu mais néanmoins propice au travail que nous avons rendez-vous avec les réalisateurs Hélène Cattet et Bruno Forzani à l’occasion de la sortie, ce mercredi 10 janvier, de leur troisième long-métrage : Laissez Bronzer les Cadavres. Le sourire aux lèvres et tout en décontraction, les responsables des chefs-d’œuvre Amer et L’Étrange Couleur des Larmes de ton Corps ne seront pas avares d’explications sur leurs méthodes de travail, leurs visions cinématographiques, leurs influences et la « Carte blanche » qui leur sera consacrée au Cinéma Nova de Bruxelles de ce 10 janvier au 25 février. Un entretien des plus riches autour d’un thé, d’une eau gazeuse et d’un double expresso. Parce qu’on a beau être détendu, on n’en est pas moins sérieux.

laissez,bronzer,les,cadavres,helene,cattet,bruno,forzani,amer,etrange,couleur,des,larmes,de,ton,corps,manu,dacosse,magritte,marilyn,manson
Bruno Forzani et Hélène Cattet, tout sourire


Laissez Bronzer les Cadavres
est votre troisième long-métrage. Vous avez déjà une certaine notoriété auprès du public de cinéma de genre mais pour un public plus large, qui sont Hélène Cattet et Bruno Forzani ?

Bruno Forzani :
Moi, j’ai l’impression que c’est Hélène qui a la réponse. (il rit)

Hélène Cattet : C’est assez difficile comme question. C’est vrai qu’on a un certain public mais j’ai l’impression qu’on touche un public déjà un peu plus large que celui du cinéma de genre. On a bien sûr un public fidèle au genre mais on passe aussi dans des festivals de films plus généralistes.

B.F. : Les spectateurs qui aiment le genre aiment peut-être nos films parce qu’ils y trouvent tous les ingrédients en termes d’érotisme ou de violence car on y va à fond. Et les gens qui aiment plus le cinéma d’auteur avec une recherche formelle ou esthétique y trouvent aussi leur compte parce qu’il y a aussi un gros travail à ce niveau-là. C’est un peu pour ça que nos films passent dans des festivals de films de genre mais passent aussi dans des musées d’art contemporain ou encore à l’UGC comme au Nova. C’est assez varié. C’est difficile à définir, ça mélange plein de choses.

laissez,bronzer,les,cadavres,helene,cattet,bruno,forzani,amer,etrange,couleur,des,larmes,de,ton,corps,manu,dacosse,magritte,marilyn,manson
Laissez Bronzer les Cadavres, un duel au soleil


Ce film est adapté d’un roman de Jean-Patrick Manchette et Jean-Pierre Bastid. Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce livre et vous a donné envie de l’adapter au cinéma ?

H. C. :
Pour ma part, ce que j’ai aimé en le lisant, c’est que je l’ai trouvé d’emblée très cinématographique et très visuel. Tout y était déjà posé : les ambiances, presque les cadrages… c’était tout le temps dans l’action. Et cette action me faisait penser à des westerns à l’italienne. Je m’y suis vraiment retrouvée parce que comme on aime beaucoup le cinéma de genre italien des années 70, j’ai vraiment eu des images qui me sont revenues de films à la Sergio Leone.

B.F. : Ce que moi j’ai aimé en lisant le livre, c’est que tout était raconté en termes d’espace et de temps. Donc c’était hyper cinématographique. Et ça rejoignait ce qu’on avait fait avant puisqu’on n’est pas du tout dans une approche psychologisante mais plutôt dans une optique comportementaliste où les personnages se définissent par leurs actions.

H.C. : Les personnages se racontent par ce qu’ils font. On comprend qui ils sont en les voyant agir et pas par des dialogues explicatifs. C’est vraiment cette action, les gestes, les choix qu’ils font qui parlent des personnages et qui font tout avancer.

laissez,bronzer,les,cadavres,helene,cattet,bruno,forzani,amer,etrange,couleur,des,larmes,de,ton,corps,manu,dacosse,magritte,marilyn,manson
La très belle affiche du premier long-métrage du duo


Vous parliez de cinéma italien des années 70. Que ce soit dans Amer, dans L’Étrange Couleur des Larmes de ton Corps ou encore ici, dans Laissez Bronzer les Cadavres, on remarque bien que l’esthétique est prédominante chez vous, qu’elle soit visuelle ou sonore. L’influence de ce genre de cinéma est-elle encore assumée ou devient-elle ennuyeuse pour vous à force d’entendre dire que vos films sont des hommages aux gialli italiens ?

B.F. :
Il y a deux choses en fait. Le côté années 70 est assumé parce qu’on est nés dans cette période-là. Mais c’était surtout une époque où le cinéma était en recherche, était très créatif. Tu as eu la Nouvelle Vague à la fin des années 60 et puis le cinéma de genre par la suite était quelque chose de créatif, ce n’était pas juste des produits, il y avait une vraie recherche. Donc, de ce point de vue-là, on est dans cette mouvance. Par contre, on ne perçoit pas vraiment ce qu’on fait comme des hommages à un truc qu’on aime bien. C’est quelque chose de plus viscéral. On se sert davantage d’un langage pour raconter des histoires personnelles.

H.C. : C’est vrai que ce cinéma nous a nourris et nous a inspirés mais je pense qu’on a digéré et oublié ces références, et maintenant elles sont en nous. Quand on fait un film, ça sort naturellement. C’est devenu notre vocabulaire, notre manière de faire.

Vous parlez justement de ce qui vous a nourris. Quel est donc votre parcours cinématographique ?

B.F. :
Ça a commencé quand on était petits avec ce qui passait à la télé genre King Kong, Charlot. Les premiers souvenirs que j’ai, c’est ça. Et puis après, au cinéma, j’ai vu les Walt Disney. Par la suite j’ai découvert Fellini avec La Dolce Vita vers mes 10 ans. À partir de 12 ans j’étais à fond dans les films d’horreur, slashers et autres. C’est à ce moment-là que j’ai découvert le cinéma de genre italien où, par rapport aux films américains qui étaient des produits sans surprise, tu avais vraiment de la mise en scène, la violence était exploitée de manière graphique et pas du tout puritaine. Ça donnait quelque chose de différent. Après cela, il y a eu Orange Mécanique. J’étais à cette époque en recherche d’adrénaline. J’entendais parler de ce film depuis que j’étais petit et je me le représentais un peu comme un summum de la violence. Alors que quand je l’ai vu, ce n’était pas un film violent mais plutôt un film sur la violence, ce qui m’a donné un autre point de vue. Et donc si tu me demandes mon parcours cinématographique, je te dirais que tout s’est un peu construit en allant de Charlot à Orange Mécanique.

laissez,bronzer,les,cadavres,helene,cattet,bruno,forzani,amer,etrange,couleur,des,larmes,de,ton,corps,manu,dacosse,magritte,marilyn,manson
Orange mécanique, un des films qui ont construit le réalisateur qu’est Bruno Forzani


H.C. :
Pour ma part, c’est plus comme si j’avais trouvé un moyen d’expression. Je n’ai jamais été super à l’aise pour parler ou m’exprimer par le verbe. Donc quand j’ai découvert la manière dont on faisait des films, j’ai eu l’impression de trouver un moyen de dire les choses. C’est vraiment avec la pratique que j’ai appris. On a commencé à faire des courts-métrages autoproduits, sans argent. On faisait ça avec les copains et on a appris petit à petit à faire nos films, à construire notre univers, à essayer des choses…
Les festivals nous ont aussi beaucoup aidés, soutenus, encouragés. Et grâce à eux, on a essayé de trouver un producteur. C’est comme ça qu’on a rencontré notre productrice Eve Commenge avec qui on a fait tous nos longs-métrages.

B.F. : C’est aussi avec elle qu’on a fait notre dernier court,
Santos Palace (2005).

H.C. : Ce court-métrage a été notre première expérience avec un producteur. On a donc progressé à partir de là.

B.F. : On a appris de manière pragmatique et non intellectuelle. Comme on a commencé à faire les choses avec des moyens très pauvres, on ne pouvait pas faire tout ce qu’on avait dans la tête. On a donc toujours conçu les films par rapport aux moyens qu’on avait et pas par rapport à une idée folle.

H.C. : Pour les courts-métrages, on n’avait rien du tout pour ainsi dire. C’était vraiment le système de la débrouillardise totale et ça nous a appris à fonctionner d’une certaine manière. C’est comme ça qu’on a fait Amer.

B.F. : On voulait tourner en pellicule mais comme on n’avait pas d’argent pour en acheter, on l’a fait en diapositives comme Chris Marker dans
La Jetée (NDLR : court-métrage français sorti en 1962 et salué par la critique). On ne pouvait donc pas faire de prises de sons directes. Du coup, on a développé cette manière de faire le son en postproduction.

H.C. : Tous nos films sont faits comme ça. On n’a pas de preneur de son, donc tous nos films sont muets quand ils sont tournés et montés. Après, on recrée tous les sons avec un bruiteur.

B.F. : Il y a donc un deuxième tournage, qui est sonore.

H.C. : C’est pour ça que le son est aussi important, parce qu’il y a une étape où on ne travaille que ça.

laissez,bronzer,les,cadavres,helene,cattet,bruno,forzani,amer,etrange,couleur,des,larmes,de,ton,corps,manu,dacosse,magritte,marilyn,manson
L’Étrange Couleur des Larmes de ton Corps est un des films préférés de Marilyn Manson et une énorme source d'inspiration pour lui…


Ce qui marque chez vous au niveau de la réalisation, c’est l’importance de chaque détail. Comme si chaque plan et chaque point de celui-ci participaient à la narration du film. On a l’impression que vous êtes de grands perfectionnistes.

B.F. :
C’est un peu notre problème et du coup on souffre beaucoup (il rit). La postproduction est donc un long tunnel de neuf mois.

H.C. : Il faut être un peu masochiste. C’est super dur mais on n’arrive pas à faire autrement. Chaque détail parle de l’histoire et des personnages donc chaque détail est important.

B.F. : Du coup, dans la manière de travailler, on est obligé d’être là en permanence dans le dos des gens et de les embêter.
(il rit)

Il y a aussi un côté très expérimental chez vous…

B.F. :
Pour ma part ce n’est pas quelque chose que je revendique mais c’est juste parce qu’on essaie de raconter nos histoires par la forme, par le montage et par des outils cinématographiques. Alors est-ce que c’est le cinéma qui est devenu plus pauvre maintenant et que dès que tu travailles un peu la forme et que tu utilises un peu ces outils, ça devient expérimental tellement le reste, ce n’est que des champs – contre-champs avec des personnes qui parlent dans une pièce, je ne sais pas. Mais moi, en tout cas, je n’ai pas la sensation de faire des films expérimentaux.

H.C. : Moi non plus mais je sais qu’on essaie d’utiliser au plus ces outils visuels et sonores. C’est vrai qu’on essaie des choses et on en « expérimente » d’autres quand même.

laissez,bronzer,les,cadavres,helene,cattet,bruno,forzani,amer,etrange,couleur,des,larmes,de,ton,corps,manu,dacosse,magritte,marilyn,manson
... qui ne cache pas son admiration pour Cattet et Forzani !
« J’ai eu le plaisir de découvrir la Belgique et celui de rencontrer mes réalisateurs préférés Hélène Cattet et Bruno Forzani –
Amer et bien plus ! J’ai hâte de commencer à travailler avec eux. » Marilyn Manson


Vous fixez-vous des limites dans ces mises en forme ?

B.F. :
Moi ma seule limite c’est Hélène.

H.C. : Et moi, c’est Bruno
(ils rient). On s’arrête quand on est satisfaits et qu’on a réussi à faire passer tel ou tel sentiment. On aime raconter des choses avec un certain nombre d’éléments mais que ceux-ci ne soient pas totalement expliqués. On aime que le spectateur se crée aussi son histoire.

Vous laissez une place à l’interprétation.

H.C. :
Exactement. Comme quand on lit un livre. On s’imagine des choses, on a sa place dans le livre. On veut que le spectateur ait aussi sa place dans le film et que chacun, en fonction de qui il ou elle est, de son expérience, de son bagage, s’imagine ou vive les choses un peu différemment que son voisin. Et, en même temps, ça reste une démarche collective parce que c’est quelque chose qu’on fait pour l’ensemble.

Finalement c’est une démarche assez vendeuse pour vos films parce que ça signifie qu’on peut regarder plusieurs fois le film et le vivre peut-être différemment à chaque fois.

B.F. :
On le fait dans cette optique-là, pour qu’à chaque fois que tu le revois, tu découvres de nouvelles choses et qu’il prenne plus de profondeur.

Y a-t-il une dimension mystique, de rêves ou de fantasmes dans les histoires que vous racontez ?

H.C. :
Tout à fait. C’est vrai que ce film-ci est un peu différent des autres mais on essaie de travailler sur les fantasmes de personnages….

B.F. : … et d’effacer la limite entre le rêve et la réalité.

H.C. : On essaie de jouer avec les frontières : passé-présent, rêve-réalité, fantasme-réalité.

À ce propos, existe-t-il un rêve ou un fantasme cinématographique que vous aimeriez réaliser ?

B.F. :
J’ai déjà l’impression qu’on l’a réalisé avec tout ce qui nous arrive en ce moment, le fait d’avoir fait des courts-métrages et trois longs, que des personnes s’intéressent à ce qu’on fait, que ça procure des sensations aux gens, de les voir émus ou énervés à la fin du film…

laissez,bronzer,les,cadavres,helene,cattet,bruno,forzani,amer,etrange,couleur,des,larmes,de,ton,corps,manu,dacosse,magritte,marilyn,manson
Laissez Bronzer les Cadavres, ça va chier !


Vous aimez susciter les réactions ?

H.C. :
Nous on aime bien avoir des réactions au cinéma. On aime ressortir en étant questionnés, perturbés, épuisés. En tout cas en ayant vécu quelque chose qui nous fait réfléchir. C’est donc peut-être pour ça aussi qu’on fait de tels films.

Parlez-nous de la bande originale et de vos choix musicaux pour Laissez Bronzer les Cadavres.

H.C. :
Le thème principal vient du film La Route de Salina de Georges Lautner (1970).

B.F. : C’est un film français qui a été tourné à Lanzarote. Un peu particulier, parfois légèrement quatrième dimension et totalement hippie dans l’esthétique et dans la nudité des personnages. Et cette musique assez incroyable a été écrite par le chanteur français Christophe. Elle nous faisait énormément penser aux westerns de Sergio Leone et comme notre film est un peu un mélange de genres, on trouvait que cette musique était cohérente. Puis on a utilisé des vrais thèmes de westerns à l’italienne comme
Le Dernier Face-à-Face d’Ennio Morricone. (NDLR : extrait du film du même nom de Sergio Sollima) On a utilisé plusieurs thèmes de ce compositeur dans le film. Notre but était d’utiliser ces musiques parfois dans un autre contexte que celui pour lequel elles avaient été faites au départ. On en a par exemple utilisé une dans la phase de préparation du braquage dans le film, donc plus dans un contexte de polar que de western. Une autre provient de la période bruitiste d’Ennio Morricone. Quand il collaborait avec Dario Argento, donc purement giallesque expérimentale. Et une autre vient du giallo Qui l’a vue mourir ? (Aldo Lado – 1972) Le thème est assez atypique, avec des chœurs d’enfants. Et on l’a utilisé parce qu’on cherchait quelque chose d’un peu fiévreux pour la scène du duel. On avait essayé de l’utiliser à l’époque pour L’Étrange Couleur des Larmes de ton Corps mais ça collait trop au giallo et donc ça aurait eu ce côté hommage et référence qu’on ne voulait pas. Alors qu’ici, elle avait sa place et pouvait avoir une autre signification.

laissez,bronzer,les,cadavres,helene,cattet,bruno,forzani,amer,etrange,couleur,des,larmes,de,ton,corps,manu,dacosse,magritte,marilyn,manson
Le Dernier Face-à-Face, plus qu’une source d’inspiration pour Hélène Cattet et Bruno Forzani


N’est-ce pas trop difficile de faire des films à deux tout le temps ?

H.C. :
Si, c’est super dur. (elle rit)

Des conflits artistiques ?

H.C. :
Oui, tout le temps.
(elle rit)

B.F. : Après
L’Étrange Couleur des Larmes de ton Corps, on ne pouvait plus se saquer. (il rit)

Mais vous avez remis le couvert quand même ?

B.F. :
Oui on a remis le couvert mais en partant sur une adaptation. On n’avait pas un scénario personnel.

H.C. : C’est la première fois qu’on adapte quelque chose mais c’était pour retrouver une manière plus légère de travailler. Comme les films précédents étaient très personnels et que, malgré tout, on a des points de vue et des univers différents, le but était de faire quelque chose où les deux soient satisfaits. Et parfois, c’est une lutte.

B.F. : Surtout que ce sont des films qui sont sensoriels, subjectifs, c’est donc assez difficile quand l’un ressent le truc et l’autre pas, parce que si tu ressens, tu ne peux pas expliquer à l’autre.

H.C. : C’est intéressant malgré tout, mais ce n’est pas la facilité.


Une Carte blanche au Nova pour le duo de réalisateurs

laissez,bronzer,les,cadavres,helene,cattet,bruno,forzani,amer,etrange,couleur,des,larmes,de,ton,corps,manu,dacosse,magritte,marilyn,manson
Bullet Ballet, un des quatre films de la Carte blanche de Cattet et Forzani au Nova


À partir de ce mercredi 10 janvier, vous avez une « Carte blanche » au Cinéma Nova. Quatre films seront projetés. J’aurais aimé terminer en vous demandant quelques mots sur chacun d’eux et sur ce qu’ils représentent pour vous.

B.F. :
Il y a Bullet Ballet (Shinya Tsukamoto – 1998), un film au son assez puissant et au montage hyper « cut » dont tu ressors assez épuisé. Mais c’est une expérience que tu ne peux vivre qu’en salle. Les premiers films de Tsukamoto, je les avais d’ailleurs découverts au Nova. Tu parlais tout à l’heure de détails et j’avais lu une interview de Tsukamoto concernant Tetsuo 2 (1992) où il disait qu’un des grands maîtres japonais avait vu le premier Tetsuo (1989) et lui avait dit que ça manquait de détails. Il a donc fait Tetsuo 2 en y faisant plus attention et ça m’avait marqué.

H.C. : Il y a aussi
Seul Contre Tous (1998, de Gaspard Noë, réalisateur du psychédélique Enter the Void en 2009). C’est un film qui nous a réunis parce qu’on l’a vu ensemble au Nova, décidément, et c’est un film qui nous a donné quelque part le déclic pour commencer à faire des films sans argent. C’est un film qui est autoproduit et que Noë a fait par ses propres moyens. C’est en pellicule, c’est ingénieux, la photo est magnifique.

laissez,bronzer,les,cadavres,helene,cattet,bruno,forzani,amer,etrange,couleur,des,larmes,de,ton,corps,manu,dacosse,magritte,marilyn,manson
Seul Contre Tous


B.F. :
Et c’est en cinémascope !
(NDLR : ouiii : il l’a dit !) En termes de cadre, c’était hyper carré, fixe.

H.C. : Ça nous a beaucoup influencés dans la démarche et l’esthétique. Il est à la base de notre collaboration.

B.F. : C’est aussi une manière complètement transversale d’aborder le genre. C’est comme un « vigilante » mais raconté d’une autre manière.
Après il y a
Le Dernier Face-à-Face de Sergio Sollima (1967) dont l’une des musiques se retrouve dans Laissez Bronzer les Cadavres. Par rapport aux westerns à l’italienne, il est moins graphique que les autres mais les personnages cassent un peu le mythe américain. Ils sont tous gris et tu n’as pas le gentil shérif et les méchants indiens. Au niveau de l’histoire c’est aussi très prenant parce que c’est une autre manière de raconter cette histoire américaine.

laissez,bronzer,les,cadavres,helene,cattet,bruno,forzani,amer,etrange,couleur,des,larmes,de,ton,corps,manu,dacosse,magritte,marilyn,manson
Venus in Furs, dont le réalisateur Jess Franco a réalisé plus de 200 films


H.C. :
Et le dernier c’est
Venus in Furs (Jess Franco – 1969) pour le côté psychédélique, pop, 70s.

B.F. : Personnellement, je trouve que c’est un des meilleurs films de Jess Franco, même si je ne les ai pas tous vus puisqu’il en a fait 180
(il rit) (NDLR : Jess Franco est en fait crédité pour plus de 200 réalisations). Après, en termes de pop, de costumes, d’iconographie de l’héroïne, d’effets… c’est très créatif. Il y a aussi le côté jazzy du film de par sa musique et sa construction. Et pour Laissez Bronzer les Cadavres, on a aussi abordé l’esthétique avec un côté pop. Donc ce genre de films nous a aussi inspirés.

La « Carte blanche » du Nova met donc en évidence quatre films qui représentent autant de facettes de notre approche.

Propos recueillis par Guillaume Triplet, avec la participation de Jean-Philippe Thiriart


N’hésitez pas à découvrir notre interview de Manu Dacosse aux Magritte du cinéma ! Le directeur photo de Laissez Bronzer les Cadavres était également derrière la caméra d’Alléluia de Fabrice Du Welz, réalisateur de Calvaire.

23 Juil.

Focus sur quatre films du Be Film Festival 2017

Paris Pieds Nus et… L’Iceberg et La Fée

Paris Pieds Nus sera projeté ce soir à 19h à Cinematek. Quatrième long métrage de Dominique Abel et Fiona Gordon après L’Iceberg, Rumba et La Fée, Paris Pieds Nus nous donne à voir un très beau quatuor d’acteurs : Abel et Gordon bien sûr, mais aussi Pierre Richard et Emmanuelle Riva, dans un de ses tout derniers rôles à l’écran.

N’hésitez pas à (re)découvrir notre critique de L’Iceberg, les mots des gagnants de notre concours La Fée, et le message d’Abel et Gordon aux visiteurs d’En cinémascope !



Jan Bucquoy a encore frappé avec La vie sexuelle des Belges, Camping Cosmos et… Les vacances de Noël

La vie sexuelle des Belges sera proposé ce soir également, à 22h30 à Bozar.
S'il a commencé la réalisation en 1695, c'est en 1993 que Jan Bucquoy sortait son premier long métrage, premier d'un décalogue consacré à la vie sexuelle des Belges.
Film culte, La vie sexuelle des Belges a remporté en 1994 le Prix Cavens de l'Union de la critique de cinéma, élu meilleur film belge de l'année. Notez que le DVD du film contient deux bonus permettant de mieux pénétrer dans l'univers du cinéaste. L'un est consacré à la vie artistique des Belges et au musée de la femme et du slip tandis que l'autre aborde la vie sexuelle de la famille royale, de Magritte et de Tintin. Ce film est projeté au Be Film dans le cadre de l'initiative 50/50 : Cinquante ans de cinéma belge, Cinquante ans de découvertes, dont vous retrouverez une partie des films sur 
la sélection 50/50 d’UniversCiné.

Après La vie sexuelle des Belges, naissait Camping Cosmos, un peu moins dense que La vie sexuelle des Belges. Jan Bucquoy y dirige notamment Arno et un terrible Claude Semal habillé en Tintin. on y retrouve aussi la fameuse Lolo Ferrari, qui a contribué à faire de la sortie du film à Cannes un événement. Elle figure ainsi dans l'un des deux bonus du DVD du film, dans lequel on peut la voir à Cannes en compagnie de l'équipe du film, l'autre bonus présentant un entartage perpétré sur la Croisette.

paris,pieds,nus,vie,sexuelle,belges,en,amont,du,fleuve,spit,split,be,film
La vie sexuelle des Belges

Ce jour-là, Jan Bucquoy frappait à nouveau !

Le coup d'Etat annoncé par Jan Bucquoy a bien eu lieu le samedi 21 mai 2005. Il l'avait dit : seule la pluie était susceptible de remettre cet événement à une date ultérieure. Si le fameux coup s'est soldé par un échec, l'enthousiasme de son instigateur lors de cette entreprise se doit d'être loué. Il avait proposé aux Belges de se mobiliser et d'attaquer, chacun dans son bled, certaines institutions comme la brasserie Jupiler ou la fromagerie de Herve. Celui pour qui la raison d'être de la Belgique réside dans les frites se décrit comme un terroriste chirurgien, à l'inverse du terroriste pâtissier qu'est son comparse Noël Godin. Précisons encore que Jan Bucquoy éditait peu après un livre sur les sujet aux Editions du Somnambule Equivoque (Chroniques d'un coup d'Etat annoncé).

Accompagnée d'un programme politique très complet, la manœuvre de Bucquoy et de son parti, BANANE (Bien allumés nous allons nous évader), est à la base répétée tous les 21 mai. Le refrain de l'hymne national proposé par l'agitateur est plutôt évocateur : Amusons-nous, foutons-nous de tout, la vie passera comme un rêve... Amusons-nous, faisons les fous, la vie est si courte après tout... Après avoir été arrêté administrativement par la police devant le Palais royal, Bucquoy a finalement été relâché six heures plus tard.

Personnage éminemment attachant, Jan Bucquoy a étudié la littérature, la philosophie, la réalisation et les sciences politiques. Touche-à-tout, il a notamment publié pas moins de 35 BD, dont Le Bal du rat mort (Prix de la meilleure BD belge en 1979) et Les Chemins de la gloire (pour laquelle il recevra ce même prix dix ans plus tard). Peintre officiel de la famille royale de Belgique nue, Jan Bucquoy est également le créateur du musée belge du slip - qui fait partie de l'expo La Belgique visionnaire - et du musée vivant de la femme. Ses deux premiers films bénéficiaient alros d'une belle sortie DVD tandis que sortait en salles Les vacances de Noël.


paris,pieds,nus,vie,sexuelle,belges,en,amont,du,fleuve,spit,split,be,film
Jan Bucquoy, un Big Fish échoué sur la plage cannoise


Les vacances de Noël est le fruit de 150 heures d'images que Jan Bucquoy veut à l'image de la vie. Album de vacances et documentaire romancé où prime un réalisme poussé à l'extrême, le film met en scène les voyages à Cannes du réalisateur et de Noël Godin. Il témoigne de leur réflexion sur les chances de réussite pour un homme d'âge mûr de séduire des jeunes femmes. Ce dernier épisode du décalogue de Jan Bucquoy sur la vie sexuelle des Belges sortait alors que les huitième et neuvième étaient en préparation. Véritable Geoge Lucas belge, l'agitateur avait déjà projeté une éventuelle sortie collector dix DVD de son décalogue, une fois celui-ci terminé. Ceux-ci devaient être renfermés dans une grosse moule qui diffuserait son nouevel hymne national belge une fois ouverte. Tout bonnement génial !

En amont du fleuve

Le dernier film de Marion Hänsel, En amont du fleuve, sera projeté ce samedi 23 décembre à 17h30 à Bozar. Nous vous proposons de (re)découvrir notre interview filmée de Marion Hänsel, ainsi que celles de ses acteurs Olivier Gourmet et Sergi López, réalisées au Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF).


Spit’N’Split

Enfin, ce samedi 23 décembre toujours, à 21h45, sera proposé à Bozar le premier long métrage du jeune réalisateur Jérôme Vandewattyne : Spit’N’Split. Nous vous invitons à lire ou à relire nos interviews de cet enfant terrible du Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF), pour ses films Slutterball (un film du CollectIFFF)  et Spit’N’Split bien sûr. Ainsi que notre critique de Spit’N’Split !

Bonne suite de Festival et excellentes fêtes de fin d’année !

Jean-Philippe Thiriart

23 Juil.

Projection de ROSETTA ce 14 novembre à Flagey – 9 Interviews autour des films des Frères Dardenne

Ce mardi 14 novembre (en présence des réalisateurs Jean-Pierre et Luc Dardenne) et à cinq autres dates (du mardi 21 au jeudi 30 novembre), Rosetta sera projeté à Flagey. Ce mardi donc d’abord, au Studio 1, avec au préalable un Grand entretien avec les Frères à 18h. Du 21 au 30 novembre ensuite, au Studio 5 cette fois.

rosetta,frères,dardenne,luc,jean,pierre,adèle,hanel,cinema,belge,rongione
Ce regard... celui d'Emilie Dequenne, la Rosetta des Dardenne


Rosetta est programmé dans le cadre de la belle aventure 50/50 : Cinquante ans de cinéma belge, Cinquante ans de découvertes. Une aventure organisée en partenariat avec la plateforme belge de vidéo à la demande UniversCiné, qui propose, entre autres, pas moins de 900 films belges aux amateurs de cinéma de chez nous ou à ceux qui ont simplement envie de le découvrir.

Rosetta est la première Palme d'Or décernée à un long métrage belge. Une Palme qui fête cette année sa majorité. C'était en 1999 et les Frères Dardenne nous racontaient l'âpre lutte d'une jeune fille exclue d'une société dans laquelle elle tente coûte que coûte de trouver sa place. Récompense suprême cannoise pour le film donc, mais aussi Prix d'interprétation féminine pour la toute jeune Émilie Dequenne.




9 Interviews autour de 4 films des Frères Dardenne

Nous vous proposons ici, en quelques clics, de revenir sur nos interviews de :

- Adèle Haenel, Christelle Cornil et Luc Dardenne pour La Fille inconnue,


- Jean-Pierre et Luc Dardenne lors de la conférence de presse de La Fille inconnue, projeté en Ouverture du 31e Festival International du Film Francophone de Namur,

- Jean-Pierre et Luc Dardenne et Thomas Doret en version express pour Le Gamin au vélo,

rosetta,frères,dardenne,luc,jean,pierre,adèle,hanel,cinema,belge,rongione
Fabrizio Rongione, Magritte du Meilleur acteur en 2015 pour Deux jours, une nuit


- Jean-Pierre Dardenne et leur acteur fétiche Fabrizio Rongione, grands gagnants des Magritte 2015 avec Deux jours, une nuit, et

- 
Déborah François et Jérémie Segard pour L’enfant.


Comment (re)découvrir Rosetta et… le cinéma belge

Rendez-vous ce mardi 14 novembre à h à Flagey pour Rosetta, en présence de Jean-Pierre et Luc Dardenne.

Et confortablement installés à la maison pour un regard multiple sur le cinéma belge avec la sélection 50/50 de UniversCiné !

rosetta,frères,dardenne,luc,jean,pierre,adèle,hanel,cinema,belge,rongione


Rétrospective sur le cinéma des Dardenne

N
otez que Luc Dardenne introduira également plusieurs films lors d'une rétrospective sur le travail réalisé avec son frère, l’occasion de découvrir la rétrospective que Flagey et Cinematek consacrent à leur oeuvre. Au Stuido 5 de Flagey, certains films seront ainsi tout spécialement introduits par le réalisateur. à savoir :

- Le Fils le mardi 5 décembre à 19h30

- L’Enfant le mardi 9 janvier 2018 à 19h30,


rosetta,frères,dardenne,luc,jean,pierre,adèle,hanel,cinema,belge,rongione
Quand les Dardenne voient la vie... en cinémascope ?!


- Le Silence de Lorna le lundi 22 janvier 2018 à 19h30 et, lors de dates devant encore être confirmées

Le Gamin au vélo
Deux jours, une nuit
La Fille inconnue


Jean-Philippe Thiriart

23 Juil.

Interview de Thierry Klifa, réalisateur de TOUT NOUS SÉPARE

Aujourd’hui, jour de la sortie dans les salles belges et françaises de Tout nous sépare - le dernier Thierry Klifa - nous vous proposons un entretien avec ce dernier, réalisé voici un mois lors de sa venue au Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF).

Tombé en amour avec le cinéma à l’âge de cinq ans, Thierry Klifa nous parle d’abord de son parcours de journaliste au magazine spécialisé Studio devenu, dix ans plus tard, réalisateur. Il explique avoir appris la vie à travers les films, et les cinématographies de Truffaut, Sautet, Téchiné, Demy et Pialat.

Un court et quatre longs métrages plus tard, il évoque sa tendresse et son admiration pour la grande Catherine Deneuve, première actrice qu’il a aimée, dans les films de Jacques Demy et Maurice Pialat. Une comédienne sans laquelle il nous confie ne plus pouvoir faire un film. Le scénario de Tout nous sépare, métrage dans lequel elle s’est impliquée dès le début en faisant montre d’une grande fidélité, a d’ailleurs été réécrit en fonction d’elle.


« Si la vie est telle qu’au cinéma, elle vaut la peine d’être vécue ! » Thierry Klifa


Thierry Klifa nous parle de ses acteurs, de Diane Krueger, « la fille de cinéma de Deneuve qui lui ressemble le plus », de Nicolas Duvauchelle et de Nekfeu, qui interprète ici son premier rôle au cinéma.

L’entretien se poursuit avec un focus sur l’importance de la musique du film, signée par l’impressionnant Gustavo Santaolalla, auteur de celles de Gravity, Babel ou encore Le Secret de Brokeback Mountain, entre autres.

FIFF 2017 09 30_Tout nous sépare_Nicolas Duvauchelle_Nekfeu_Thierry Klifa.JPG
Nicolas Duvauchelle, Nekfeu et Thierry Klifa au FIFF
Copyright Sylvie Cujas


Celui qui aurait adoré diriger Romy Schneider et sa désormais actrice fétiche – comprenez Catherine Deneuve -, s’il avait été cinéaste dans les années soixante nous confiera enfin qu’il espère vivement que son film ne sera pas enfermé dans un genre unique, le présentant, lui, comme un thriller teinté de mélo mais aussi un thriller, proposant plusieurs entrées cinéphiliques.

Tout nous sépare, c’est la proposition de cinéma du rapprochement de mondes et d’êtres différents qu’adresse Thierry Klifa au spectateur.

FB.png
Catherine Deneuve et Nekfeu sont à l'affiche de Tout nous sépare

 

N’hésitez pas à découvrir sur notre compte Instagram - @encinemascope - nos photos estampillées Tout nous sépare au FIFF, et FIFF et cinéma, bien sûr, plus généralement !

U
n grand merci à l’attachée de presse belge du film – Maud Nicolas – d’avoir rendu possible cet entretien très agréable avec un metteur en scène qui ne l’est pas moins !

Merci, aussi, à l’attachée de presse du Festival, Marie-France Dupagne !

Jean-Philippe Thiriart