23 Juil.

SPIT’N’SPLIT - Entretien avec le réalisateur Jérôme Vandewattyne

Ce mardi 19 septembre, sur le coup de 20h, le très beau cinéma bruxellois qu'est L'Aventure organise une dynamique avant-première. Celle du premier long du jeune réalisateur Jérôme Vandewattyne. Présenté au Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF), Split'N'Split - c'est son nom - sillonne depuis plusieurs mois les Festivals de cinéma un peu partout en Europe. Signalons qu'il a notamment remporté le Prix du Meilleur Docu musical au Festival slovénien de Grossmann.
Dans la foulée de cette avant-première où l'équipe du film vous attend nombreux, Spit'N'Split sera projeté, à l'Aventure toujours, dès le lendemain, mercredi 20 septembre donc, et ce pour plusieurs semaines. Un premier film étant toujours un peu fragile, nous ne pouvons que vous exhorter - si si - à aller voir ou revoir au plus vite le film en salle. Et... d'en parler très vite autour de vous !

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Avec un retard somme toute gênant mais, malheureusement pour vous, tout à fait assumé, nous vous proposons une interview « mammouth » recueillie lors de l'édition 2017 du BIFFF.
L’entretien qui suit s’est déroulé avec un des enfants terribles du  : Jérôme Vandewattyne. Nous revenons avec lui sur son premier long-métrage : Spit’N’Split. Entre documentaire et fiction, ce film sentant bon la sueur et le rock’n’roll aura fait salle comble pour sa grande première au BIFFF en avril dernier.
L’occasion était trop belle pour qu’on la rate. C’est ainsi que nous nous sommes perdus gentiment avec JVDW dans des thématiques diverses et variées pour le plus grand plaisir des mordus que nous sommes.
Notre critique de Spit’N’Split est par ailleurs présente sur le site.

Comment présenterais-tu Spit’N’Split et comment le vendrais-tu ?

Comme une expérience avant tout. Comme un film viscéral qui démarre de manière tout à fait classique et qui, petit à petit, bascule littéralement dans la psyché des personnages. Le seul mot d'ordre est le lâcher prise. Il faut se laisser emmener par le film, qui regorge de faux-semblants. Ce voyage rock'n'roll embarque le spectateur dans des recoins sombres, underground, mais pour aborder des thèmes beaucoup plus universels.

Ton film met en scène le groupe liégeois The Experimental Tropic Blues Band. Pourquoi avoir porté ton choix sur ce groupe-là ?

À la base, je suis fan du groupe. Je les avais découverts à Dour et je trouvais incroyable l’énergie qu’ils transmettaient sur scène. J’avais l’impression de me reconnaître dans ce que je voyais. Je crois d'ailleurs que c'est la force du groupe : fédérer les gens. A la fin du concert, je m'étais promis qu’un jour je travaillerais avec eux, que je réaliserais un clip pour eux. Mais ça a été plus loin que ça. Grâce à Julien Henry de La Film Fabrique (NdA : Julien réalise leurs clips d’habitude), j'ai pu travailler sur le show de leur 4e album, The Belgians, où il avait besoin de monteurs. On a fait beaucoup de Vjing, ce qui consiste à diffuser des vidéos en live pendant que le groupe joue. On a vraiment eu une complicité ; ça m’a permis de travailler avec La Film Fabrique et de rencontrer Mathieu Giraud, qui est le monteur du film avec Ayrton Heymans, qui est arrivé un peu plus tard et dont je reparlerai.

À la suite de ça, j’avais juste envie de prolonger l’expérience, même si celle des Belgians avait déjà duré un an. Il y avait vraiment un esprit de famille qui s’était créé entre la production et les artistes. Du coup, Jérémy Alonzi/Dirty Coq, le guitariste des Tropics, m’a proposé de monter dans le van avec eux. Il m’a dit de prendre ma caméra, de les filmer, de m’amuser, de faire ce que je voulais car il avait vraiment foi dans notre vision commune de la liberté artistique. J'avais carte blanche. À l’époque de The Belgians, je leur avais demandé si je pouvais utiliser certains de leurs morceaux pour un prochain film. Mais ils m'ont dit que ce serait compliqué car j'allais devoir payer cher la SABAM au niveau des droits d’auteur. Par contre, ils pourraient composer la musique de mon prochain film. On a donc vraiment eu de grosses discussions musicales et cinématographiques et je me suis dit que si Tropic composait la musique d’un de mes films, je n’avais pas envie que ce soit un court-métrage fait à l’arrache.

Je rêvais d'un film d'une plus grande ampleur. J'ai
 donc proposé de faire un long-métrage, ce qui les a plutôt fait marrer au début car je n’avais qu’une petite caméra. Et c’est vrai que je n’avais qu’un petit Canon mais je me suis dit qu’entre ce qu’ils avaient à raconter, le feeling qu’on avait et la synergie qui s’était créée, on avait la possibilité de faire quelque chose de plus fort que simplement se concentrer sur la technique. C’est d’ailleurs aussi comme ça que le groupe compose sa musique. Les membres n’ont pas forcément la toute dernière gratte qui vaut une fortune, mais ils ont cette énergie qui provoque une sensation de transe en live. Je voulais vraiment qu'on essaie de capter ça et c’est dans cette même énergie qu’on est parti en tournée et qu’on a commencé à filmer.

J’ai pris beaucoup de notes, j’avais une grosse bible avec plein d’idées qu’on essayait et qui fonctionnaient plus ou moins en fonction de ce que nous visions. Et naturellement le film s’est redirigé de lui-même. On avait toujours voulu procéder à ce basculement du documentaire vers la fiction et surprendre les gens, les chambouler. A la base, on voulait partir dans un délire d’horreur à la japonaise mais finalement on s’est rendu compte que ce qui nous touchait vraiment, c’était justement l’horreur humaine, l’horreur sociale. On a donc laissé tomber toutes les idées gores et on s’est focalisé sur le malaise, sur les mécanismes de l'amitié et ses dérapages. C’est de là qu’est parti Spit’N’Split. Le groupe voulait composer la musique et moi je voulais faire un film sur eux, en extrapolant ce qu’ils étaient. On est dans un récit mythomane, il se nourrit du réel pour construire son mensonge.
 

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Le trio liégeois The Experimental Tropic Bluesband.

 

C’est vrai que Spit’N’Split démarre comme le documentaire d’un réalisateur qui prendrait simplement sa caméra pour filmer un groupe en tournée sur toutes leurs dates et, ensuite, le film part complètement en vrille avec des éléments beaucoup plus fictionnels. Il y a un genre de mélange avec aussi les bandes de notre jeunesse qu’ont été des documentaires comme Strip-Tease ou même des films comme C’est Arrivé Près De Chez Vous. Tu avais une volonté d’un mélange des styles entre le documentaire et le film social ?

Mais ça fait partie de nous j’ai l’impression. Je ne voulais pas faire un film belge pour dire d’en faire un. Dans beaucoup de productions actuelles, on pousse à l’extrême cette « belgitude », ce qui ne me parle pas du tout. Ça me fout même le frisson de la honte, tellement c'est maladroit et à côté de la plaque. Pourtant en effet, la Belgique suinte dans les œuvres pionnières que tu as citées et pour lesquels j'ai énormément de respect. Tout comme Calvaire ou Ex-Drummer, qui tapent dans le mille et te fracassent le crâne. Je pense que c’est propre à notre culture ; ça ne sert à rien de forcer le trait pour jouer les rigolards, ça se sent à des kilomètres. Il y a cette espèce d’autodérision, une sorte de cocktail entre sarcasme, légèreté, drame et déprime. Et vu qu'on a peu de moyens, ça donne cette esthétique un peu cradasse.

En même temps, je suis certain que si on avait plus de pognon, on mettrait tout dans la reconstitution d'un bar miteux et de verres de Jupiler. En fait, c'est un cercle vicieux dans lequel on se complaît et que je trouve attachant. Pour revenir au film, j'ai essayé de digérer au maximum les références que j’avais, les films qui m’ont bercé quand j’étais gosse. Strip-Tease est quelque chose que je regardais avec mes parents mais qui me foutait les boules. Rien que la musique... ça te fout le cafard. Je ne comprenais pas ce que je voyais mais c'était proche de moi. Il y avait ce côté amer-doux qui me plaisait et qui était fascinant, repoussant et magnétique. C’est nous. Tout ce qui est sorti de Spit’N’Split est sorti de lui-même parce que les personnages existent vraiment et s'amusent à brouiller les pistes.

Tu parlais de l’esthétique un peu crade de ton film avec une certaine authenticité. C’est quelque chose qu’on pouvait déjà retrouver dans ton faux trailer She’s A Slut en 2011 ou encore dans ton court-métrage de 2012, Slutterball. Est-ce qu’en termes d’esthétique, de photo ou de réalisation, il y a des réalisateurs qui t’influencent particulièrement ?

Oui. Bien avant She’s A Slut et Slutterball, j'étais déjà très impressionné par les réalisateurs des « Midnight Movies », ces films inclassables des années 70. Ils ont cette esthétique poisseuse parce qu’ils n’ont pas été faits avec beaucoup d’argent et dans une totale liberté. C’est une époque que je n’ai pas connu puisque c’était l’âge de la pellicule. Que je le veuille ou non, je suis un enfant du numérique mais l’image numérique ne me parle pas en tant que telle, même si j’y trouve beaucoup d’avantages lors d'un tournage et que c'est de cette manière que j'ai réalisé mes premiers petits films et que je me suis formé. Je suis beaucoup plus sensible à l’esthétique « sale ». Des films comme Massacre à la Tronçonneuse ou Mad Max m’ont impressionné de par leur grain, qui contribue à te remuer les tripes et influencer ton ressenti.

C’est ça que j’essaie de retrouver, parce que pour moi, un film est avant tout un plaisir pour les sens et une sorte d'agression. J’ai besoin de ressentir la même émotion qu'en regardant une vieille photo, un peu de nostalgie d’une époque que je n’ai pas vécue mais qui pourtant m’embrase complètement. Je cherche à donner une odeur à l’image. Ça ne m’intéresse pas de faire un film aseptisé. Quand tu vois toutes ces « comédies », principalement françaises, où tu as une affiche avec la tronche de Clavier sur un fond blanc, ça ne me fait pas vibrer du tout. J’ai envie d’un truc avec une personnalité. J’ai besoin d’être emmené dans un cadre, dans une lumière, dans des couleurs, dans un univers où la personnalité du réalisateur transpire à chaque plan, à chaque coupe comme si sa vie en dépendait. 

 

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Ouvrez l’œil, et le bon !

Tu veux un cinéma qui dépasse l’image et le son ? Un cinéma plus sensoriel ?

Voilà, tu as mis le mot. Même si « sensoriel », ça veut tout et rien dire en même temps. Un cinéma plus viscéral, organique. Si tu changes un élément de la matière, ça chamboule tout. Je ne cherche pas la complaisance. Je ne cherche pas l’originalité à tout prix parce que je pense que beaucoup de choses ont été faites, au même titre que beaucoup de choses doivent encore être explorées. En fait, c'est ça : je me vois plus comme un explorateur qui cherche à se surpasser.

 

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Poupée de cire, poupée de (gros) son

 

Pour reprendre sur l’esthétique un peu poisseuse, quelque chose m’a marqué bien avant d’avoir vu le film, c’est son affiche. Peux-tu nous parler de sa conception ?

J'avais cette image de gens nus dans la forêt en tête depuis un moment. Des sortes de clones avec des masques en latex qui rappelleraient les visages des Tropics. C'est Sarah Guinand qui s'est occupée de la confection de ces masques, je trouve qu'elle a fait un travail incroyable. Parfois, je me dis que j'aurais dû encore plus exploiter ces masques dans le film. Et comme on parlait des influences auparavant, quelqu’un comme Jodorowsky m’a énormément influencé avec La Montagne Sacrée ou encore Santa Sangre. Ces images surréalistes m'ont marqué la rétine. Je voulais une affiche intrigante, avec une personnalité propre. L'image de l'affiche de Spit'N'Split est prise d'une séquence du film, j’ai fait une fixation sur le plan en question. J'ai ensuite travaillé avec Valérie Enderlé avec qui on a fait énormément de patchworks, ce qui me plaisait beaucoup. Et par la suite, j’ai discuté avec le graphiste des Tropics, Pascal Braconnier (Sauvage Sauvage). Il parlait d’aller vers quelque chose de plus épuré car il trouvait la photo déjà très forte comme ça. Il a commencé alors à travailler sur un format plus « seventies », inspiré par des affiches comme celle de Taxi Driver. Et mélanger le moderne et l'ancien pour tomber dans quelque chose d'intemporel me fascine. Je me disais que si je voyais ce genre d'affiche dans la rue, avec des gens à poil dans la forêt munis de masques, j’aurais sans doute envie de le voir.

Ça attise plus de curiosité encore…

Oui. Peut-être une curiosité morbide ou juste intrigante.

 

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À la vue du film, une des choses qui marque aussi, c’est son montage. C’est parfois à la limite hallucinogène, ça part dans tous les sens et surtout il y a une quantité impressionnante de plans. Combien de temps as-tu mis pour faire ce film ?

Ça a pris trois ans entre le moment où le projet est né et maintenant.
En ce qui concerne le montage, je voulais en quelque sorte « droguer » le spectateur. Je voulais qu’il soit emmené dans un monde, le bousculer dans sa tête et le faire passer par des émotions très différentes. Le montage a donc énormément joué là-dessus, et je dois beaucoup à mes monteurs, Mathieu Giraud et Ayrton Heymans. Au début du projet, j’ai commencé à monter le film tout seul mais j'étais toujours interrompu car je devais repartir en tournée avec les Tropics. À un moment, je n’avais même plus le temps de dérusher ce que je tournais. Julien Henry et Christele Agnello, mes producteurs au sein de La Film Fabrique et parents spirituels, m’ont dit qu’il fallait que je m'entoure d'un deuxième monteur. Sinon, le film aurait pris dix ans à se faire. On avait une très grande quantité de rushes. Je tourne énormément, surtout quand je suis au cœur d'un sujet qui me passionne autant. Conseil plus qu'avisé donc ; merci les parents !

J’ai alors pris Mathieu, qui montait déjà des clips et des documentaires pour le groupe. Ce qui permettait d’aller droit à l’essentiel car il connaissait très bien la personnalité des musiciens. C'était là pour moi tout l'intérêt : qu'est-ce que Mathieu n'avait pas encore vu de Tropic ? J’avais envie de montrer un autre point de vue sur le groupe plutôt que ce qu’on avait déjà pu voir auparavant. « Garbage Man » et « La Bite Électrique », c'est super, mais on connaît. Tropic peut raconter d'autres choses, ce sont des artistes entiers aux talents d'acteurs cachés et plus encore. Après ça, un 3e monteur est venu se greffer à l'équipe, Ayrton, qui lui a plus travaillé sur tout ce qui était « fictionnel/surréaliste » (la scène de Rémy l'Homme aux Seins, celle avec les ados, l’opération de Snon…). Il portait aussi un regard avisé sur ce que nous expérimentions avec Mathieu. Afin d'être structuré, Mathieu m’a proposé de synthétiser mes journées de tournage, ce qui était un boulot fastidieux, je dois dire. On visionnait ensemble, je le bombardais d'infos puis il remontait de son côté et me proposait quelque chose. Il a vraiment un regard et un esprit de synthèse ; je lui fais une confiance aveugle. Au bout du compte, on s'est retrouvé avec un film de quatre heures, qu'on a recassé, reconstruit pour pénétrer la matière au plus loin. Le montage a vraiment été un jeu de ping-pong entre nous trois. Je suis convaincu que ça apporte une richesse au montage.

 

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« Le plus important, c'est l'énergie naïve »

 

On parlait de ton film, qui était vraiment à cheval entre documentaire et fiction. N’as-tu pas peur de certaines réactions de spectateurs par rapport à des scènes qui pourraient être interprétées comme étant choquantes et où justement le spectateur aurait du mal à se positionner entre réalité et fiction ?

(Temps de réflexion) Si parce que c’est du rejet, mais c'est un risque que je veux prendre parce que j'ai vraiment foi dans ce que nous racontons. En même temps, tu sais, je ne cherche pas le choc pour le choc. Je veux bousculer mais pas dégoûter pour dire de faire le film le plus dégueulasse. Je voulais que les scènes servent le propos. Et je pense que les scènes qui paraissent choquantes, comme par exemple l’opération chirurgicale, ont crédibilisé mon propos et brouillé les pistes. Ça permet aux gens de se questionner sur la distance par rapport au propos. Est-ce qu'on me raconte vraiment la vérité ? Est-ce que ça a vraiment été aussi loin ? Comment le groupe peut-il se laisser filmer dans de telles situations ?

Et quand tu commences à te poser la question de la distance, ça permet de te demander si tu dois prendre pour argent comptant ce qui se passe devant toi. C’est pour ça aussi que je voulais aller de plus en plus loin dans le grotesque jusqu’à arriver sur Bouli Lanners, qui pointe une arme, pour se dire que là ok, on est complètement dans la fiction. Et à partir de là, que les gens se demandent « depuis quand se fout-il de notre gueule ? ». Puis, comme un tour de foire, les emmener encore plus loin et les balancer dans un film expérimental, au-delà de la fiction. C'est un trip. Si j’avais voulu le choc pour le choc, j’aurais fait un pseudo snuff porno mais ça ne m’intéresse pas. Ce qui m’intéressait c’était justement de jouer avec cette frontière floue, de bousculer le spectateur et titiller ses limites, que lui seul connaît.

Tu veux faire réfléchir le spectateur avec Spit’N’Split ?

Oui, d’une certaine manière s’il peut réfléchir, ça me plaît. Le public n'est pas con et aime se poser des questions sur ce qu'il voit. Maintenant ce n’est pas un film intellectuel non plus. Je veux avant tout que ça reste un divertissement mais s’il peut y avoir une réflexion derrière qui mène à un débat sur la distanciation de l'image dans les médias, ou même une réflexion plus mystique, pourquoi pas. Ce qui m'intéresse c'est de discuter avec les gens sur leur ressenti par rapport au film. Je n’ai juste pas envie qu’ils soient neutres en sortant de la salle. Là, ce serait l’échec. Le but c’est de passer par toutes sortes d’émotions afin de se remettre en question et de sortir de sa zone de confort.

 

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Et pour enchaîner sur cet aspect du débat, quelles ont été les réactions après la projection de ton film ? Les échos sont-ils positifs, négatifs ? Y a-t-il eu des débats justement ?

Je trouve ça très positif dans l’ensemble car il y a eu beaucoup de réactions fortes. Mais je pense que Spit’N’Split est aussi un film qui doit se digérer. J’ai parlé avec pas mal de monde dans la demi-heure ou l’heure qui a suivi la projection mais j’ai l’impression que c’est un film qui peut travailler encore quelques jours après. Des réflexions peuvent encore émerger par la suite. Après ça, oui j’ai eu pas mal de réactions mais je ne m’attendais pas à bénéficier d’un accueil aussi positif en fait. Il semblerait que les gens aient aimé s'être fait avoir, ce qui est génial. Même après le film, les gens se demandaient ce qui était vrai ou faux. Ils avaient l’air assez perturbés par ça alors qu'à la base, avec le groupe et les monteurs, on s’était dit que les gens n’y croiraient jamais. La blague est tellement poussée à l’extrême qu’il était impossible pour nous que les spectateurs croient que c’était vrai. Mais comme ils ne connaissent pas forcément le groupe, certains l'ont pris très au sérieux.

Et les discussions après coup sont très passionnées, les gens sont très curieux. Finalement, j’ai l’impression que c’est comme un tour de magie. Il y a quelque chose de magique dans ce film et c’est comme si les gens demandaient au magicien de leur expliquer un tour. Et au final, après avoir insisté pendant un temps, c’est comme s'ils étaient déçus que je leur explique les coulisses du tournage. Mais vu certaines réactions, il vaut mieux remettre l'église au milieu du village. C'est un film, les membres du groupe ne sont pas des tarés, ce ne sont pas des toxicomanes ou des gens violents. Pour tout dire, ce sont de bons pères de famille et la relation entre les membres est tout à fait saine. C’est juste comme si tu filmais des frères qui ont l’habitude de se chamailler et de se rentrer dedans mais qui s’entendent à merveille.

Tu parles vraiment de ton film avec passion. Est-ce qu’après avoir passé autant de temps sur le projet, tu arrives encore à être objectif par rapport à lui ? Est-ce que lorsque tu regardes ton film maintenant, tu te dis qu’au final c’était vraiment le film que tu voulais enfanter ?

Objectif, clairement non parce que j’ai trop le nez dedans. Par contre, oui, c’est vraiment le film que je voulais faire, et plus encore, parce que j'alimentais ma « bible » d'idées en tournée, en gardant ce fil rouge qui était de faire un documentaire qui basculerait vers une fiction. Je voulais démarrer sur un genre et conditionner le spectateur pour qu’il se dise que la suite serait identique, pour au final le surprendre et aller vraiment à l’opposé. Et quand je dis que le film était encore plus que ce que je voulais, c'est parce qu'il s'est passé tellement de choses, que ce soit en tournée avec le groupe ou sur le tournage que je me régale en revoyant le film car les trois années de sa création ont été très riches en rencontres, en questionnements humains et spirituels. Je suis content d’avoir pu garder le cap mais c’est assez incroyable ce qui nous est arrivé. C'était un vrai voyage. Je l'ai déjà dit mais je crois que ce film est magique parce qu’il y a eu un truc qui nous a dépassé. Le projet Spit'N'Split (le film et l'album) vit de lui-même et nous a emmenés d’un endroit à l’autre à travers la Belgique et l’Europe, à rencontrer énormément de gens. Je ne crois pas que je pourrais refaire ce film parce qu'il est tombé au bon moment, dans une période où le groupe recherchait quelque chose de différent et je me suis nourri des gens que j’ai rencontrés. On a vécu un grand nombre de choses, qui sont bien sûr moins horribles que ce qu’elles paraissent dans l’histoire, mais qui sont véritables, mémorables et qui ont vraiment marqué ma vie.

 

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« C’est pas une tournée, c’est des vacances. C’est les vacances du rock » (Jerms)

 

Que répondrais-tu aux personnes qui seraient amenées à dire que ton film n’a rien à faire dans un festival comme le BIFFF ?

Je crois que le film est avant tout bien dans sa catégorie, une catégorie que le festival assume complètement et qui est La 7ème Parallèle. Cette catégorie est celle des films « étranges ». Et je pense que Spit’N’Split a réellement une dimension étrange. Il y a une partie complètement onirique, distillée un peu partout dans le film.

Crois-tu que les membres de The Experimental Tropic Blues Band montreraient le film à leurs parents ?

Sans doute. Je serais curieux d'avoir leur retour. Moi en tout cas, je l’ai montré aux miens. Ils étaient là au BIFFF et ils étaient fiers. Ils ont vraiment compris la démarche artistique derrière ce film. On a utilisé des choses que les musiciens avaient en eux pour exorciser des frustrations qu’ils ressentaient mais ça reste une fiction. Et donc ils jouent un rôle, tous.

Tes parents sont donc fiers de leur gamin ?

Très fiers apparemment et même émus car ils ne s’attendaient pas à voir une salle aussi remplie et un tel engouement pour le film. Le spectacle d'école est approuvé, vivement le prochain !

N’hésitez pas à (re)découvrir :

Notre interview de Jérôme pour Slutterball
Pour rappel, Jérôme a été membre du CollectIFFF, dont on vous parle ici !

 

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Permettez-nous de clôturer cet article avec une très belle phrase de Jerms : 

« Pour moi, un pet c’est une chanson » (Jerms)

Propos recueillis par Guillaume Triplet, avec la participation de Jean-Philippe Thiriart

 

12:22 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans BIFFF, Bilans de festivals, Critiques de films, Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : spit, n, split, spitnsplit, jerome, vandewattyne, experimental, tropic, blues, band, bifff | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

Projection de C'EST ARRIVE PRES DE CHEZ VOUS ce 15 septembre à Bozar

Petit rappel de barème…

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C’est l’histoire un peu magique d’un film de fin d’études devenu culte.
À l’époque, Rémy Belvaux (1966-2006, frère de Lucas) s’entoure de ses camarades Benoît Poelvoorde et André Bonzel pour réaliser ce vrai-faux documentaire sur Ben, tueur semi-professionnel s’attaquant à la classe moyenne et aux personnes âgées. Le personnage principal embarque alors les membres de l’équipe de tournage, se mettant donc en scène eux-mêmes, dans ses nombreuses péripéties. L’occasion pour Ben de bénéficier ponctuellement d’une assistance bienvenue.

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Mais il serait indécent de s’épancher sur l’histoire de ce film tant ce serait un affront à tout cinéphile belge (ou autre) qui se respecte. En effet C’est arrivé près de chez vous fait indéniablement partie de ces films piliers du cinéma belge. Ces films ayant désormais une place de choix dans le patrimoine cinématographique du plat pays qui est le nôtre. Filmé en 16 mm et en noir et blanc pour des raisons de budget, cette comédie à l’humour noir débridé et au côté glauque parfaitement assumé est devenue pépite de la nation qui voit encore aujourd’hui ses répliques aussi bien scandées dans les soirées étudiantes (« Malou… Nichons ») que déclamées dans les soirées plus mondaines (aaah la recette du Petit Grégory). Ses personnages y sont d’ailleurs pour beaucoup puisque Benoît Poelvoorde, dont c’était d’ailleurs le premier rôle dans un long, campe certes un tueur mais aussi un fils aimant et un camarade à la vision du monde politico-poétique sans nulle autre pareille. Sur ce dernier point, on ne peut passer à côté du rôle tenu par la propre mère de Poelvoorde (jouant donc la mère du personnage principal) qui représente un personnage secondaire fondamental du long-métrage de Rémy Belvaux. Pour l’anecdote, cette gente dame authentique l’aura sans doute été autant du fait que l’équipe de tournage lui avait présenté leur projet comme un réel documentaire sur son fils et non comme une fiction sur un tueur brutal.

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C’est arrivé près de chez vous a rencontré un franc succès public et critique en son temps puisque, sélectionné dans différents festivals, il reviendra avec son petit lot de récompenses dont deux rien que durant le Festival de Cannes 1992 (Prix SACD de la Semaine de la Critique et Prix spécial de la jeunesse). Comme quoi, l’autodérision à la Belge, le sens de la débrouille et une petite boîte de Cedocards faisaient déjà beaucoup il y a 25 ans.

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Comment (re)découvrir C’est arrivé près de chez vous et... le cinéma belge

Rendez-vous ce vendredi 15 septembre à 20h à Bozar pour C’est arrivé près de chez vous, en présence de l'équipe du film.

Et confortablement installés à la maison pour un regard multiple sur le cinéma belge avec la sélection 50/50 de UniversCiné !


Guillaume Triplet et Jean-Philippe Thiriart

08:12 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : est, arrivé, près, de, chez, vous, benoit, poelvoorde, rémy, belvaux, andré, bonzel, cannes | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

CA t’apprendra à faire le clown !

De Andy Muschietti (D’après le roman de Stephen King)
Avec Bill Skarsgård, Jaeden Lieberher, Sophia Lillis
Drame horrifique
2h15

Cote : ***

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Ça vient de sortir. C'est bouillant. Pesant. Planant.
Flottant, violent, intrigant, retournant, à l'humour… décapant !

Adaptation du roman éponyme de Stephen King sorti en 1986, Ça n’est que le deuxième film du réalisateur argentin Andy Muschietti, qui s’était fait connaitre du grand public en 2013 avec son virevoltant Mama. Un gros succès tant public que critique pour ce film lauréat du Prix du Meilleur Film au Festival International du Film Fantastique de Gérardmer en 2013.

L’acteur principal du film, Bill Skarsgård, n’est autre que le fils de l’Avenger Stellan Skarsgård. Le jeune comédien de 27 ans joue ici le rôle de Grippe-Sou, un clown pas si marrant que ne pourraient le penser petits et grands. Jaeden Lieberher joue le rôle de Bill Denbrough, adolescent de quatorze ans à la mèche rebelle et à la sensibilité exacerbée qui accroche fortement le spectateur. Il manque certainement encore d’assurance mais ce film n’a, de toute évidence, pas pour ambition de nous rassurer. Le troisième acteur ou plutôt actrice dont il faudra sans doute suivre l’évolution ces prochaines années est Sophia Lillis. Elle campe le rôle de Beverly Marsh, jeune fille déjà bien dans ses baskets qui, pour échapper à un père tyrannique, a dû grandir plus vite que les enfants de son âge. Elle rejoindra une bande de six garçons pour tenter de faire faire face à leurs plus inavouables peurs.

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Ça appartient au genre horrifique mais nous rejoignons le réalisateur, qui préfère d’abord parler de film dramatique avant de parler de film d’horreur. En effet, les moments d’horreur sont bien présents tout au long du film mais l’histoire se base d’abord sur une série de drames qui ont touché la petite ville de Derry. Par ailleurs, ce film joue aussi fortement sur la tension psychologique. Cette tension est tangible entre enfants - présentés comme des personnes normales et assez équilibrées - et adultes - tous présentés, cette fois, comme des êtres largement déséquilibrés aux pulsions pratiquement incontrôlables. Ce qui a pour conséquence de rendre l’atmosphère du film très crispante. Les codes habituels du genre horrifique sont bien présents. Le spectateur sursautera plus d’une fois tout au long du film.

Cependant, il est également intéressant de noter que ce film présente des caractéristiques du thriller policier. La bande d’enfants souhaitera en effet comprendre les circonstances des disparitions d’enfants inexpliquées qui touchent leur petite ville tous les vingt-sept ans. Cette recherche leur fera découvrir l’horreur et les obligera à affronter leurs peurs les plus enfouies.

Les passages plus calmes alternent assez judicieusement avec les moments de tension tout au long du métrage. Ces instants plus joyeux à l’humour assez présent, quoique corrosif, qui viennent rythmer le film ne sont cependant pas une raison suffisante à nos yeux pour emmener vos bambins découvrir les aventures d’un clown à mille lieues de ceux que l’on voit dans les cirques.

Raphaël Pieters et Jean-Philippe Thiriart

 

16:44 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ça, ca, it, stephen, king, andy, muschietti, mama, derry, skarsgard | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

Projection de CALVAIRE ce 6 septembre à Cinematek

Calvaire sera projeté à Cinematek ce mercredi 6 septembre à 19h en présence de son réalisateur. Il s’agit du premier long métrage d’un des enfants terribles du cinéma belge : le BIFFFeur Fabrice du Welz.

Calvaire (2004) allait constituer le premier volet de la trilogie ardennaise de Fabrice. Le deuxième, Alléluia, voyait le jour dix ans plus tard, remuant fameusement la Croisette lors de sa projection cannoise. C’était en 2014, après son aventure filmique française pas évidente – le bon thriller Colt 45 – et juste avant son aventure américaine - le très sombre et efficace thriller Message From The King. Notez que c’est le visionnage d’Alléluia qui a définitivement convaincu les initiateurs de Message From The King d’engager le cinéaste pour ce qui est, certes un film de commande, mais un Du Welz pur jus néanmoins.


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Que de chemin parcouru par cet amoureux du cinéma de genre depuis son court métrage Quand on est amoureux, c’est merveilleux ! Passionné et passionnant, le metteur en scène belge propose un cinéma singulier : racé, âpre, violent, baroque, remuant, éblouissant. Vinyan (2008), thriller teinté de fantastique avec la belle Emmanuelle Béart et tourné dans des conditions climatiques difficiles et en langue anglaise, n’échappait d’ailleurs pas à la règle.

Calvaire sera projeté dans le cadre de la belle aventure 50/50 : Cinquante ans de cinéma belge, Cinquante ans de découvertes, que nous comptons bien continuer à vous faire vivre jusque juin 2018 ! Une aventure organisée en partenariat avec la plateforme belge de vidéo à la demande UniversCiné, qui propose, entre autres, pas moins de 900 films belges aux amateurs de cinéma de chez nous ou à ceux qui ont simplement envie de le découvrir.


Notre rencontre filmée avec Fabrice Du Welz et Helena Noguerra, et…

Fabrice et son actrice Helena Noguerra étaient venus présenter Alléluia en avant-première au FIFF. Nous avions eu le plaisir de nous entretenir avec eux à cette occasion.


 



la réaction à chaud de spectateurs avertis d’Alléluia !




Notre présentation de Calvaire

Calvaire fait partie de ces rares films qui parviennent à mettre le spectateur mal à l’aise. S’il est forcément très difficile de réussir à faire peur à un public au moyen d’un matériel filmique, bien plus ardu encore est l’exercice qui consiste à le mettre mal à l’aise donc. Fabrice Du Welz y arrive à merveille, avec son premier film en particulier, le bien nommé… Calvaire ! Un calvaire à l’écran, une vraie jouissance cinématographique pour le spectateur averti. Une des citations de cinéastes préférées de Fabrice fait aussi partie des nôtres. Elle dit tout et c’est à Henri-Georges Clouzot que nous la devons : « Le cinéma doit, avant tout, être un spectacle et une agression ». Le cinéma doit remuer le spectateur. Toujours.

Âgé d’à peine trente ans lors qu’il réalise Calvaire, Fabrice Du Welz fait directement preuve d’une maturité impressionnante. Ce film de genre, que nous qualifierons plutôt de drame horrifique que de film d’horreur pur, met en scène Laurent Lucas (Harry, un ami qui vous veut du bien), Jackie Berroyer (la série humoristique moyenâgeuse Kaamelott, notamment) et Jean-Luc Couchard (Dikkenek, Dead Man Talking), aux côtés d’une série d’autres personnages que nous qualifierons de très… particuliers, emmenés par le génial Philippe Nahon (Seul contre tous).

Laurent Lucas joue ici le rôle d’un chanteur solitaire - un certain Marc Stevens -, qui tombe en panne dans les Ardennes belges à la nuit tombée. Apparaît alors Boris (énigmatique Jean-Luc Couchard), parti à la recherche de sa chienne, qui propose à l’artiste de l’emmener chez son ami Bartel (protéiforme Jackie Berroyer). Une bonne nuit de sommeil plus tard, Marc s’aventure dans les alentours de l’auberge de l’ami Bartel, qui ne manque pas de lui prodiguer un conseil précieux : ne pas se rendre au village, les gens y étant quelque peu… différents. Ira ? Ira pas ? Et avec quelles conséquences ?
P
rêts à embarquer dans le premier roller coaster Du Welzien ?
V
ous faites bien ; ça va secouer…

Calvaire mérite d’être vu et revu. Tourné principalement en Belgique avec des paysages sublimés par la caméra de Benoît Debie, le film doit beaucoup au jeu habile, plein d’ambiguïté, de ses acteurs. Le réalisateur montrait déjà, avec cette entrée dans la cour des grands, qu’il n’avait pas peur de choquer par la violence de certaines scènes. Rien d’étonnant à ce que le film ait été interdit aux moins de seize ans lors de sa sortie dans les salles françaises. Si Calvaire est sans doute moins travaillé que le deuxième volet ardennais de son réalisateur - le bien nommé Alléluia - il peut sans doute être qualifié de plus accessible et compréhensible par le spectateur non averti. Du Welz est un artiste, un grand. L’auteur d’une œuvre unique à (re)découvrir de toute urgence.


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Comment (re)découvrir Calvaire et… le cinéma belge


Rendez-vous ce mercredi 6 septembre à Cinematek pour Calvaire.

Et confortablement installés à la maison pour un regard multiple sur le cinéma belge avec la sélection 50/50 de UniversCiné !

N’hésitez pas à découvrir également notre interview de Manu Dacosse aux Magritte du cinéma, le directeur photo compagnon de route de Fabrice Du Welz sur Alléluia.

Jean-Philippe Thiriart et Raphaël Pieters

07:22 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans BIFFF, Critiques de films, Interviews, Les " acteurs " du cinéma vous parlent ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : calvaire, du, welz, alleluia, 50, cinema, belge, béart | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

LA TOUR SOMBRE, loin d'être clair

De Nikolaj Arcel (D'après la saga littéraire de Stephen King)
Avec Idris Elba, Matthew McConaughey, Tom Taylor
Fantastique
1h35

Cote : *

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La Tour sombre est un film de Nikolaj Arcel. Le réalisateur, connu pour son scénario du film Millénium en 2009, offre ici une réalisation plutôt moyenne. L’histoire se base sur la série de huit romans de Stephen King. Il est bien évidemment toujours délicat de s’attaquer à la réalisation d’un film en se basant sur les romans d’un écrivain au succès incontestable.

Les acteurs principaux sont Idris Elba (Prometheus, Thor, Mandela : un long chemin vers la liberté) et Matthew Mcconaughey (Interstellar, Le Loup de Wall Street). Leur jeu, bien qu'assez bon, ne permet pas de relever le niveau du film - moyen - à celui qu'on aurait pu espérer.

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Lorsqu'on lit les livres de Stephen King, on est directement plongé dans une ambiance sombre et on ressent une certaine tension. Ici, cette tension n’est pas assez perceptible et la noirceur du film n’est pas assez proche de celle des livres. On a par moment envie de croire à l’histoire mais des effets spéciaux grotesques viennent parfois nous en empêcher.

La seule évolution intéressante dans le fil de l’histoire est celle du Pistolero (Idris Elba). On sent en lui une réelle interrogation sur sa capacité à influencer son monde. C’est sans doute l’élément le plus réussi du scénario mais c’est sans doute un peu trop faible pour emmener tous les spectateurs avec soi.

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De plus, certaines scènes sont inexpliquées et même inexplicables. On ne parvient pas dès lors pas à comprendre leur intérêt dans ce film. Elles n’aident ni l’évolution de l’histoire ni celle des personnages et laissent donc le spectateur perplexe sur leur utilité.

On ne saurait pas réellement vous conseiller d’aller voir ce film mais plutôt de vous limiter aux huit livres de Stephen King sur La Tour sombre. Si, par contre, vous souhaitez absolument voir des adaptations de romans de Stephen King, Shining et La ligne verte sont d’un tout autre calibre et vieillissent très bien.

Raphaël Pieters

08:27 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la, tour, sombre, stephen, king, matthew, mcconaughey, idris, elba, dark, tower | |  Facebook | |  Imprimer |