23 Juil.

Sortie Blu-ray de LA LA LAND : La jeunesse, cette promesse

Voilà un film qui fait  beaucoup du bien. Beaucoup de bien ! Vous êtes fatigué de votre journée insurmontable lors de laquelle vous vous êtes retrouvé dépassé, débordé, épuisé. Cependant, vous n’avez ni l'envie de rejoindre le pays des rêves ni le courage d’aller chez Dreamland. Pas de problème : il y a le Blu-ray (le top pour un tel film) ou le DVD de La La Land, disponibles un peu partout depuis quelques semaines !

La La Land est un musical américain réalisé par Damien Chazelle. Lorsqu’on visionne le film, on comprend pourquoi il est devenu, à 31 ans à peine, le plus jeune cinéaste de l’histoire à recevoir l’Oscar du meilleur réalisateur. Tout n’était cependant qu’une question de temps pour celui qui avait déjà réalisé l’incroyable Whisplash (2014).

Le film que nous avons choisi de vous présenter est d’un tout autre genre puisqu’il s’agit réellement d’un film musical à savourer en famille. Le film commence par une scène assez incroyable qui annonce, d'emblée, la couleur ou plutôt... les couleurs du film ! Et elles sont nombreuses.

maxresdefault.jpg

 

La La Land est un film rempli de bons sentiments. Nous n’avions plus vu de films musicaux de la même trempe depuis Singin' in the Rain (Donen et Kelly, 1952), West Side Story (Robbins et Wise, 1961), Les parapluies de Cherbourg (Demy, 1964), Mary Poppins (Stevenson, 1964) ou encore Annie (Huston, 1982). Certaines scènes de La La land resteront en tout cas gravées dans nos mémoires comme le sont certaines de ces comédies musicales.

L’histoire, centrée sur une rencontre amoureuse et les rêves de succès et de reconnaissance des deux tourtereaux est quant à elle très actuelle. Chaque artiste rêve en effet de reconnaissance et éprouve parfois la plus grande des difficultés à allier vie amoureuse et vie artistique pleinement épanouies.

Les acteurs principaux jouent à merveille et démontrent une nouvelle fois qu'ils font partie de ce que Hollywood a de meilleur à nous offrir. Ryan Gossling apparait dans un rôle aux antipodes des Only God Forgives ou Drive et prouve une nouvelle fois toute l’étendue de son talent. Quant à Emma Stone, rien d'étonnant à ce que l’Oscar de la meilleure actrice soit venu récompenser la qualité de son travail. La complémentarité des deux acteurs n’est plus à démontrer après Crazy, Stupid, Love. (Ficarra et Requa, 2011) et Gangster Squad (Fleischer, 2013).

pub Blu-ray 02.jpg

 

Les bonus

Rayons bonus, le Blu-ray offre plus de 20 minutes de bonus additionnels aux déjà sympathiques bonus compris dans le DVD du film. Soit un outil permettant de naviguer entre les chansons du film et deux focus : un sur l'ouverture énorme du métrage et un autre sur Justin Hurwitz, le génie musical grâce auquel le film a été possible.

Les bonus du DVD (compris donc également sur le Blu-ray) reprennent les traditionnels commentaires audio et bande annonce mais aussi des sujets sur la Première du film à Paris et dans le monde, ainsi qu'une galerie d'affiches, notamment.

 

 

Nos cotes

Le film : ****
Les bonus : ***

Belle (re)découverte de La La Land, qui en appellera sans doute bien d'autres !

Raphaël Pieters et Jean-Philippe Thiriart

10:00 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de DVDs, Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la, land, lalaland, ryan, gosling, emma, stone, comédie, musicale, oscar, oscars | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

Alien: Covenant - Papy Ridley fait de la résistance !

De Ridley Scott
Avec Michael Fassbender, Katherine Waterston, James Franco, Billy Crudup, Danny McBride
Science-fiction
2
h

Cote : *

 

01.jpg


Ou comment condamner des milliers de personnes à cause d’incohérences scénaristiques.

Mais commençons par le commencement.

Avec
Alien, Ridley Scott avait frappé fort à la fin des années 70 ! Un vaisseau perdu dans l’espace, un alien tueur et un équipage pris au piège, voilà les trois ingrédients magiques d’une franchise qui a alimenté les angoisses des plus hardis d’entre nous.

Retour tout aussi spectaculaire en 1986 avec cette fois aux manettes James Cameron. Cette suite directe du premier volet délaissera quelque peu son aspect claustrophobique pour y ajouter une bonne dose d’action comme seul le réalisateur des Terminator et autre True Lies en a le secret.

S’en suivront deux autres films (en 1992 et 1997) réalisés par David Fincher et Jean-Pierre Jeunet, explorant toujours un peu plus loin la mythologie mise en place par Ridley Scott et Dan O’Bannon, scénariste du premier opus.

02.jpg


Et puis, en 2012, arriva Prometheus. Alors que les fans attendaient depuis des années une suite directe à la saga Alien, on eut droit à une prequel menant aux évènements du premier opus. Et le moins que l’on puisse dire est que l’accueil fût (très
 ?) mitigé. Scénario sans queue ni tête, incohérences à foison, protagonistes sans charisme… le film se rattrapait néanmoins par une réalisation soignée et des images d’une beauté rare.

400 millions de dollars de recettes plus tard, ce mercredi 17 mai 2017, sort la
sequel de la prequel. (Huhu)

Et qu’est-ce qu’on en a pensé ? Nous allons vous le dire. Mais d’abord, voici le pitch :
« Les membres d’équipage du vaisseau Covenant, à destination d’une planète située au fin fond de notre galaxie, découvrent ce qu’ils pensent être un paradis encore intouché. Il s’agit en fait d’un monde sombre et dangereux, cachant une menace terrible. Ils vont tout tenter pour s’échapper. »

 

03.jpg


On ne va pas la faire longue : c’est beau. Le film à de la gueule. Juste équilibre entre CGI et décors naturels. Voilà pour le positif.

Alien: Covenant
souffre des mêmes défauts que Prometheus, un cran au-dessus encore. Le film croule sous les incohérences, à tel point qu’on en sort complètement au bout de 10 petites minutes à peine. Impossible de s’investir et de ressentir quoi que ce soit pour cet équipage profondément débile et dont chacune des décisions n’a ni queue ni tête. Enfin, comme dans Prometheus, nous avons droit à une philosophie de comptoir n’apportant rien à l’histoire et engendrant le plus souvent des dialogues à la limite du ridicule.

Rien de bien folichon côté ambiance non plus. Les frissons ne sont définitivement pas au rendez-vous.

Il est encore loin le temps où nous auront enfin droit à un Alien digne de ce nom (Sigourney, reviens !). Et, par pitié, si un jour vous arrivez sur une planète inconnue, n’enlevez pas votre casque. Non, vraiment. C’est débile.

Antoine Leroy

18:06 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : covenant, ridley, scott, fassbender, franco, cameron, fincher, jeunet, alien | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

Regard sur le BIFFF 2017

Gantz:O

Le manga Gantz n’en est pas à sa première adaptation. Le seinen (manga à destination des jeunes hommes) a en effet déjà eu droit à un anime plutôt moyen, plus court et avec une fin différente, ainsi qu’à deux films live passés relativement inaperçus en Europe.


Le manga est désormais de retour sous la forme d’un film d’animation reprenant l’un des arcs majeurs de Gantz, celui d’Osaka. On y retrouve Kato, l’un des héros principaux de l’intrigue, ainsi que plusieurs personnages clés comme Nishi, légèrement psychopathe sur les bords.

bifff,festival,international,film,fantastique,bruxelles,critiques,films,tunnel


Mais Gantz:O, ça parle de quoi ?


Après avoir été tué lors d’une bagarre dans le métro, Kato se réveille dans un appartement de Tokyo complètement vide à l’exception d’une sphère noire et de plusieurs autres personnes. Kato est rapidement mis au parfum : il est mort et la sphère noire s’appelle Gantz. Tous les soirs, les membres de cette fine équipe sont envoyés dans les rues de Tokyo afin de combattre des hordes de monstres plus dérangeants les uns que les autres. Sauf que cette fois, changement de programme : direction Osaka et sa team locale légendaire.

On retrouve une esthétique des monstres propre au manga, extrêmement malsaine que ne renierait pas Guillermo Del Toro. Ajoutez à cela une ambiance pesante et un univers qui ne pardonne aucune erreur de la part des héros et les leur fait payer au prix d’un bras, d’une jambe ou simplement de leur vie et vous obtenez un film d’animation à l’opposé des Pixar et compagnie.

La comparaison avec le manga

Par rapport au manga, on retrouve le côté extrêmement gore et sanguinolent de l’œuvre mais on écarte un peu la sexualisation à outrance. Probablement moins politiquement correcte ? Même si les héroïnes dans leurs combinaisons de cuir rappellent tout de même ce statut d’objet que leur avait attribué l’auteur du manga, Hiroya Oku. D’autant plus qu’elles n’existent qu’à travers leurs relations aux personnages masculins. Clairement, Gantz n’est pas une œuvre féministe...

En conclusion, du bon et du moins bon. Gantz:O reste un bon divertissement d’action mais laisse un peu tomber les réflexions au delà du premier degré pourtant bien présentes dans l’œuvre originale.


bifff,festival,international,film,fantastique,bruxelles,critiques,films,tunnel
The Invisible Guest


The Invisible Guest

« I love it when a plan comes together » disait John « Hannibal » Smith dans The A-Team... Pour Adrian Dora, par contre, cela semble un brin plus compliqué.


Sorte de golden boy de la Silicon Valley espagnole, Adrian est riche, célèbre et un peu volage. Le businessman ibérique se retrouve dans de sales draps lorsqu’il se réveille dans une chambre d’hôtel fermée à clef avec pour seule compagnie, le cadavre encore frais de sa chère et tendre maîtresse.

L’affaire, a priori indéfendable, attire l’avocate Virginia Goodman, sorte de légende du barreau qui cherche à terminer sa longue série de victoires par un coup de maître. Face à son client, elle n’aura qu’une seule soirée pour préparer leur défense.

Hitchcock es-tu là ?

Le film est donc un huis-clos spatial et temporel dans lequel l’intrigue se déroule sous la forme de multiples flashbacks et versions alternatives. Qui ment, qui dit la vérité, qui manipule et qui est manipulé ? A ce petit jeu là, Virginia Goodman semble a priori la plus forte.

Cela fait parfois penser à Alfred Hitchcock, notamment dans les scènes de huis‑clos avec les clins d’œil sur les fenêtres, mais la comparaison s’arrête là tant le film se construit une identité visuelle propre à travers les scènes de flashback.

Trop de tiroirs tuent le tiroir

Mais c’est bien là le principal défaut du film. A force de balader le spectateur de versions alternatives en versions alternatives, de retourner l’intrigue et de changer les points de vues, les enjeux disparaissent et la tension également. Oriol Paulo semble vouloir nous perdre dans des plot twists simplement pour la forme, sans que cela serve le propos de son film. Pour terminer avec un retournement final assez prévisible. Le film aurait gagné à ne garder que les bifurcations les plus essentielles et à utiliser le temps ainsi gagné à construire une réelle tension narrative sans effet d’artifice.

En conclusion, à force d’essayer d’impressionner son public à coup de retournements scénaristiques, Paulo oublie de créer une vraie tension et de l’intérêt pour les enjeux de son histoire. Mais réussit malgré tout quelques tours de force, moins prévisible que d’autres.

bifff,festival,international,film,fantastique,bruxelles,critiques,films,tunnel

Loop

La vie en Hongrie, ça rigole pas. Et encore moins pour Adam lorsqu’il essaye d’arnaquer son mafieux d’employeur en planifiant de voler et de revendre des capsules d’une drogue de synthèse. Ajoutez à cela le fait que sa copine décide de le quitter et que, pour couronner le tout, cette dernière lui annonce qu’elle est enceinte de leur marmot !


Oui, sauf qu’en Hongrie, le temps ne semble pas s’écouler de la même façon que dans le reste du monde…

Vous connaissez le « Déjà-vu », cette sensation d’avoir déjà vécu une situation dans laquelle vous vous trouvez ? Adam, lui, fait entrer le déjà-vu dans une toute autre catégorie. Ses emmerdes ne semblent pas seulement s’accumuler : voilà qu’elles se répètent.

(L)Oops…

Les boucles temporelles sont monnaies courantes dans le cinéma de SF et ce n’est pas toujours simple de s’emparer d’un sujet traité 1 000 fois déjà pour en faire quelque chose de neuf.

Ici, tout repose sur le scénario : une sorte de fuite vers l’avant, sans fin, qui se replie indéfiniment sur elle-même. Adam est constamment le témoin impuissant des mésaventures qu’il a déjà vécues plus tôt et se promet inconsciemment de faire mieux la prochaine fois. Va-t-il y arriver ?

On ne retiendra pas grand chose de Loop (Hurok en hongrois) qui, malgré de bonnes intentions et quelques bonnes idées (casser la règle du « on ne peut jamais toucher son double temporel ») ne décolle jamais vraiment.


bifff,festival,international,film,fantastique,bruxelles,critiques,films,tunnel
Missing You


Missing You

C’est pas tous les jours que l’on voit un film coréen s’attaquer au thème de la vengeance !

Ou pas.

Le cinéma coréen nous a offert quelques-unes des meilleures histoires de vengeance du grand écran, l’exemple le plus connu étant surement celui d’Old Boy de Park Chan-wook (présent d’ailleurs au BIFFF cette année). Pas étonnant donc de retrouver une fois de plus ce thème dans ce premier film de Mo Hong‑Jin.

L’habit ne fait pas le tueur

Le jour de son anniversaire, le père de Hee-jo, policier de son état, est assassiné et retrouvé gisant dans son sang par sa gamine, traumatisée. Le tueur n’en est pas à son coup d’essai. Ki-bum - c’est son nom - est finalement arrêté, mais faute de preuves suffisantes, il ne passera que 15 ans en prison.

À sa sortie, Hee-jo, maintenant jeune adulte, ne l’a pas oublié et compte bien savourer sa… vengeance !

Le machiniste coréen

Au delà de la mise en scène léchée et de l’excellent travail sur la lumière, c’est surtout la prestation des acteurs (habitués aux comédies romantiques) que l’on retiendra, et particulièrement celle, glaçante, de Kim Seong-oh, tueur squelettique (il a perdu 16 kg pour le rôle) et manipulateur.

Bien que le film soit parfois inégal, certaines scènes restent imprimées dans la rétine du spectateur (notamment celle du viol de la prostituée ou du face-à-face dans la salle de bain) et contribue à faire de ce premier film une très belle réussite. Vivement la suite !


bifff,festival,international,film,fantastique,bruxelles,critiques,films,tunnel
The Oath


The Oath

Chaque année, nos voisins du Grand Nord nous abreuvent de polars dont eux seuls ont le secret. Entre les Millenium et Les Enquêtes du Département V, il y a de quoi se mettre sous la dent.


The Oath (Eiðurinn en islandais) vient se rajouter à cette longue liste mais ne figurera pas en bonne place sur celle-ci…

Finnur est un cardiologue réputé et apprécié. Il a la belle vie : maison design, pleine de bois et de béton, femme blonde et naturelle tout droit sortie d’une pub pour les Krisprolls et une petite fille trop mignonne. Sauf que Finnur à une deuxième fille, plus âgée, d’un autre mariage. Une ado rebelle raide dingue de son dealeur de petit copain. Un mec tout à fait charmant qui n’apprécie pas que l’on s’intéresse à son business et qui le fait savoir de façon un peu agressive. Et ça, bah Finnur, il aime pas trop.

Il y a lenteur et lenteur

Entre quelques plans magnifiques de l'Islande enneigée, la tension ne dépasse jamais les quelques battements par minute et le film semble entrer lentement en arythmie. C’est dommage parce que le potentiel est là, ainsi que les enjeux : jusqu’où un homme ordinaire est prêt à aller pour protéger sa fille et ce même contre son gré.

Plusieurs pistes sont également laissées en suspens, comme la menace constante des mauvaises fréquentations d’Ottar (le copain dealeur) qui n'apparaîtront jamais dans le film.

Resteront en mémoire, après le générique, une mise en scène sobre, efficace mais aussi très classique et quelques plans sur les routes islandaises.


bifff,festival,international,film,fantastique,bruxelles,critiques,films,tunnel
The Icebreaker


The Icebreaker (ou Titanic au Pays des Soviets)

À vrai dire, nous n'avons pas grand chose à raconter sur ce film. Après visionnage, il ne nous a fait ni chaud, ni froid. (D'accord, on sort.) On sent l’influence des films américains, style Roland Emmerich & Co avec, ici, une dose de patriotisme russe et un plus petit budget effets spéciaux.

Petrov est le capitaine du Mikhail Somov, un brise-glace soviétique faisant route dans l’Antarctique. Après une rencontre fortuite avec un iceberg évité de peu, Moscou décide d’envoyer un nouveau capitaine pour le remplacer. Sauf que ce dernier est pas des plus malins et coince son bateau et tous ses camarades dans les eaux glacées du Pôle Sud. En attendant que la bureaucratie communiste décide de venir les sauver, ils sont bons pour les rations réduites, le froid et ce satané iceberg qui les suit comme une bête en rut.

Preuve qu’Hollywood n’a plus le monopole des blockbusters qui envoient du lourd, The Icebreaker n’a pas d’autre réel intérêt que le divertissement pur et dur.


bifff,festival,international,film,fantastique,bruxelles,critiques,films,tunnel
Orbiter 9


Orbiter 9

Depuis sa plus tendre enfance, Helena n’a connu que l’environnement restreint du vaisseau spatial qui l’emmène coloniser une planète lointaine. Peu après sa naissance, suite à une avarie dans le système de survie du vaisseau, ses parents sont obligés de se sacrifier afin de lui permettre de survivre.


Et voilà qu’un beau jour, l’intelligence artificielle du vaisseau lui annonce la visite imminente d’un technicien venu réparer le système défaillant. Panique à bord : la demoiselle va rencontrer un autre être humain pour la première fois de sa vie. Mais elle est loin de se douter du bouleversement que cette première interaction sociale va engendrer.

Tel est pris qui croyait prendre

Le film parvient de façon assez surprenante à changer totalement de cap après les 20 premières minutes. Et si l’on peut se sentir trompé sur la marchandise au premier abord, le sentiment se transforme assez vite en réflexion plus poussée. La plupart des films traitant du voyage interstellaire omettent souvent d’aborder la question du sacrifice d’un tel voyage et du sort des pionniers d’une telle exploration.

Quel est le prix éthique ou moral de l’exploration spatiale et de la survie de l’espèce humaine ? Bien que le film choisit assez vite son camp, la question peut rester ouverte dans la tête du spectateur bien après le générique de fin.


bifff,festival,international,film,fantastique,bruxelles,critiques,films,tunnel
Tunnel


Tunnel

Assurément l’un de nos coups de cœur de ce BIFFF 2017 (à juste titre récompensé par le Prix de la critique) ! Enfin un bon film catastrophe qui s’assume et ne cherche pas à faire du sensationnalisme à tout prix !


Jeong-soo rentre chez lui après une journée de boulot et son chemin l’amène à emprunter un tout nouveau tunnel, censé raccourcir le temps de trajet des navetteurs vers Séoul. Mais alors qu’il est à mi-chemin dans le ventre de la bête, il est déjà trop tard. Le tunnel s’effondre comme un château de carte et Jeong‑soo se retrouve coincé dans la carcasse de sa voiture avec pour seuls vivres deux misérables bouteilles d’eaux et le gâteau d’anniversaire de sa fille. À l’extérieur, les secours s’organisent malgré les lenteurs administratives et les agendas politiques. Mais arriveront-il à le dégager à temps ?

Tu la sens la grosse critique ?

Mais le concept ne s’arrête pas à ce « simple » fil narratif géré de main de maître par le réalisateur Kim Seong-Hun grâce à un subtil mélange d’humour et de tension sans jamais tomber dans le sensationnalisme ou le larmoyant. Kim dépasse le carcan du film catastrophe et se tourne assez brillamment vers la satire politique au vitriol et tire à boulets rouges sur les politiques corrompus et les journalistes avides d’images fortes et de sensations qui le sont tout autant. Tout le système coréen en prend pour son grade et on en vient à regretter de ne pas avoir plus de films aussi audacieusement critiques dans nos contrées.

America ≠ Korea

Le cinéma américain nous a habitué aux clichés à la pelle dans ce genre de film et Tunnel les évite tous de façon naturelle. Mention spéciale au chef des pompiers, à mille lieues du super-héros sauveur comme aurait pu l’être un Bruce Willis aux USA.

Kim Seong-Hun a été marqué, comme beaucoup de Coréens, par la tragédie du Ferry Sewol en 2014. Cette influence s’en ressent d’autant plus dans la virulence et la pertinence de sa critique. Critique qui se transpose étonnamment bien à l’Europe de l’Ouest. Tous pourris partout ?

Simon Van Cauteren

03:24 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans BIFFF, Bilans de festivals, Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bifff, festival, international, film, fantastique, bruxelles, critiques, films, tunnel | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

Un profil pour deux nous offre un Pierre Richard touchant

De Stéphane Robelin (2017)

Avec Pierre Richard, Yaniss Lespert, Fanny Valette, Stéphane Bissot, Stéphanie Crayencour
Comédie, Romance
1h41

Cote : **

un,profil,pour,deux,pierre,richard,fanny,valette,stephanie,crayencour
Pierre Richard est au centre d'Un profil pour deux


Un profil pour deux entame sa troisième semaine dans nos salles avec une centaine de séances à Bruxelles et dans les différentes provinces wallonnes.

Le film reprend un thème assez peu abordé au cinéma : comment nos aînés utilisent-elles les nouvelles technologies ?
Pierre Richard joue le rôle de Pierre Stein, grand-père veuf qui souhaite apprendre les bases de l'informatique afin de faire des rencontres. Tout bascule lorsqu'il décide de se faire passer pour plus jeune, beaucoup plus jeune qu'il ne l'est, et obtient un rendez-vous avec une jeune et jolie demoiselle : Flora (l'envoutante Fanny Valette). Ce sont ses talents de poète, sa culture générale et ses connaissances qui lui ont permis de la séduire, elle qui ne connaît pas son visage.

Le film est riche en enseignements. Il nous montre notamment qu'il est possible d'avoir encore des objectifs - sentimentaux ici - même passé un certain âge. Et que l'envie d'apprendre ne diminue pas forcément au fil du temps, que du contraire.
Comme le dit Pierre Richard, « il est important de rester curieux et de garder son âme d'enfant. » Il pense avoir gardé celle-ci. Nous confirmons !

Si le reste du casting est moins célèbre que le célèbre Grand blond avec une chaussure noire, il apporte une jeunesse intéressante à l'ensemble.

un,profil,pour,deux,pierre,richard,fanny,valette,stephanie,crayencour
La très réussie scène du petit-déjeuner, pour le moins cocasse


Un des points forts du film est certainement son scénario, assez bien ficelé. On pourrait en effet s'attendre à une histoire fort prévisible mais il n'en est rien. Les divers rebondissements permettent au spectateur de ne jamais décrocher et de rester attentif d'un bout à l'autre à l'évolution de l'intrigue.

Nous retrouvons par moments un humour absurde, que les comédiens ont pris, semble-t-il, un vrai plaisir à faire vivre à l'écran.
Enfin, nous avons été ravis de retrouver des paysages bien de chez nous, le film ayant été tourné en partie à Bruxelles.

Raphaël Pieters et Jean-Philippe Thiriart

06:09 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : un, profil, pour, deux, pierre, richard, fanny, valette, stephanie, crayencour | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

Coup d’œil sur le BIFFF 2017

Pour sa 35e édition, le Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF) avait une nouvelle fois mis les petits plats dans les grands histoire de proposer bien sûr de l’horreur, du fantastique, de la science-fiction mais également une sacré pelletée de thrillers afin d’éviter l’overdose de gore ainsi que certaines comédies noires particulièrement succulentes. Le focus coréen de cette année y était sans doute aussi pour beaucoup.
Si certains diront que le festival se perd au fil des années dans des relents plus « mainstream », laissons-les palabrer car pour notre part, nous y avons encore sacrément trouvé de quoi faire.

Headshot.jpg


Headshot des Mo Brothers nous aura permis d’entamer notre cuvée 2017 d’une manière pour le moins efficace.
On y suit un homme retrouvé avec une balle dans la tête sur une plage indonésienne et pris en chasse par une charmante doctoresse qui tente de le soigner au mieux. À son réveil, sa mémoire lui fera gravement défaut. Et lorsqu’on est amnésique, poursuivi par des brutes qui n’ont pas beaucoup de notions des dommages collatéraux mais qu'on s'avère être une véritable machine à tuer, il y a probablement de quoi se poser pas mal de questions. Un parallèle avec Jason Bourne est bien sûr inévitable mais Headshot n’en est pas non plus une pure copie bien que son postulat de départ soit sensiblement identique. Le petit dernier des Mo Brothers (Kimo Stamboel et Timo Tjahjanto pour les curieux) capte le spectateur de la première à la dernière minute tant au niveau de son rythme que des chorégraphies de combats. On n’est pas encore au niveau d’un chef-d’œuvre comme The Raid même si son acteur principal est dans les deux cas Iko Uwais mais on ne boudera certainement pas notre plaisir. On émet toutefois certaines réserves sur quelques scènes tirées inutilement en longueur et sur l’incapacité presque totale du personnage principal à être crédible dans des scènes un poil plus sentimentales.

The Eyes Of My Mother.jpg
The Eyes Of My Mother, véritable ovni du BIFFF 2017


Le BIFFF a toujours eu son lot d’ovnis. Ce genre de film plus qu’étrange qui nous fait dire qu’il n’aurait pas eu sa place ailleurs. Et cette année, la palme (ou le Corbeau ?! Ah non : le film était dans la section 7e Parallèle du BIFFF) pouvait revenir notamment au premier long de Nicolas Pesce, The Eyes Of My Mother. Présenté au dernier Festival de Sundance (gage de qualité pour certains ou preuve d’un ennui viscéral pour d’autres) durant lequel il en a mis plus d’un mal à l’aise, le film raconte l’histoire d’une gamine élevée dans la ferme familiale par une mère qui lui apprendra tout sur la dissection et par un père aimant mais quelque peu taciturne. Un jour, mère et fille sont seules en attendant le retour du père et sont victimes d’un home invasion par un homme qui en profite pour assassiner la mère sous les yeux de la fille. Rien de vraiment neuf sous le soleil si on s’arrête à cela mais la suite parvient à prendre le spectateur à contre-pied dans un déluge pour le moins macabre (conservation de cadavre, tortures, déviances et on en passe).
Servi par un noir et blanc séduisant, The Eyes Of My Mother est le genre de bande qui se laisse plus apprécier avec le recul qu’à la vision même. Si l’ensemble était loin d’être parfait voire souvent ennuyeux, il n’en délivre pas moins quelques surprises inattendues. Mais il faudra tout de même nous expliquer un jour le pourquoi d’une sélection à Sundance.

The Oath.jpg
The Oath


The Oath, de et avec Baltasar Kormakur, nous venait d’Islande. Thriller aussi froid que les contrées dont il est originaire, l’histoire est celle d’un chirurgien aimant femme et enfants mais qui ne supporte plus de voir sa fille aînée avec le dealer coké qui lui sert de compagnon. Le gros problème est que papa ne choisit pas toujours les solutions les plus simples. Les options les plus radicales seront probablement inévitables.
Servis par des acteurs de haut vol qui donnent une réelle consistance aux personnages, The Oath est particulièrement convaincant en thriller aux relents hitchcockiens. Les paysages islandais sont d’une beauté à faire pâlir et le traitement narratif choisi permet au film d’exister en tant que tel en dépassant habilement les clichés de la simple histoire de vengeance. La tension est présente et subtile.

Le serpent aux mille coupures.jpg
Le Serpent Aux Mille Coupures, avec l'excellent Tomer Sisley


Toujours dans le genre thriller mais français cette fois-ci, nous attendions beaucoup du dernier Éric Valette, Le Serpent Aux Mille Coupures. En effet, ce n’est pas que le père Valette était attendu au tournant mais bon, six ans depuis son dernier film La Proie (avec Albert Dupontel), ça commençait à chiffrer. Bien sûr le réalisateur n’était pas non plus en reste puisqu’il est passé par la case série en réalisant différents épisodes de Braquo ou encore Crossing Lines, parmi d’autres. Toutefois, l’impatience commençait à se faire ressentir. Et à la vue de son petit dernier, on se dit qu’on a quand même bien fait d’attendre.
Adapté d’un roman écrit en 2009 par le Français DOA, Le Serpent Aux Mille Coupures est l’histoire d’une traque à grande échelle où différents destins et différents personnages aux intérêts différents finiront par se croiser et souvent par s’entretuer (ou à tout le moins essayer). Tout part d’un homme blessé qui se réfugie dans une ferme et prend la petite famille en otage le temps de sa convalescence. Le problème est qu’en plus d’avoir à ses trousses tous les gendarmes de la région, d’autres individus aux intérêts plus que douteux viendront se greffer dans la poursuite de ce mystérieux personnage campé par l’excellent Tomer Sisley. En gros, un tueur, un cartel espagnol, un chinois à la solde des Colombiens et un groupe de villageois racistes viendront se greffer à cette petite sauterie, ce qui permettra le croisement d’une galerie de personnages pour le moins intéressant et des scènes d’une violence encore assez rarement vue dans un film de genre français. Notre premier coup de cœur du festival.

Spit'n'split.jpg


Un autre coup de cœur dans un genre tout à fait différent aura été Spit’n’Split. Premier long-métrage de l’un des enfants terribles du BIFFF, Jérôme Vandewattyne, qu’on avait découvert en 2011 avec son faux trailer She’s a SLUT! ou encore dans le cadre des courts-métrages du Collectifff avec Slutterball.
Spit’n’Split se veut être une expérience. Jérôme est parti sur les bases d’un documentaire sur le groupe rock The Experimental Tropic Blues Band. On suit celui-ci en tournée, en répétition, bref dans les différentes aventures que les membres sont amenés à vivre aux quatre coins de l’Europe avant de sombrer dans une folle fiction. Une aventure humaine qui dérive. Des gars qui jouent ensemble, s’aiment, s’énervent mutuellement, déconnent, s’amusent, affrontent la fatigue et les aléas de la vie de musiciens sur la route jusqu’à s’insupporter… Un ensemble d’éléments et d’expériences qui participent à l’authenticité d’un groupe de rock qui voue sa vie à sa passion. Une authenticité d’ailleurs parfaitement rendue dans le film puisque celui-ci est réalisé de prime abord comme un documentaire brut, spontané, naturel. Le grain roots sale du film (à l’image de la musique du groupe d’ailleurs) choisi par le réalisateur permet un rendu pour le moins fidèle aux malaises vécus par les personnages à de nombreux moments du métrage. Émouvant et attachant, Spit’n’Split est une ode à la vie de groupe et à l’amitié mais montre aussi le revers de la médaille et les galères que tout groupe de musique un tantinet sérieux a déjà sans doute vécu dans sa carrière. Ce docu-fiction va loin, dérange, pue parfois et emmène le spectateur dans une expérience dont il ne ressort pas totalement indemne. Un film qui regorge d’idées et représente une bien belle claque à destination de tous les amoureux de musique et de cinéma.

Replace de Norbert Keil nous aura par contre laissé relativement indifférent avec sa critique des dérives de la médecine. Une jeune femme constate sur certaines parties de son corps des pertes de peau importantes comme si elle était devenue un animal en pleine mue.
L
e sujet des cobayes humains inspire énormément le cinéma de ces dernières années. Toutefois, bon nombre de films ont tendance à se prendre les pieds dans le tapis avec des schémas un poil trop classique pour surprendre, ce qui est malheureusement le cas ici même si les efforts en terme de réalisation sont à souligner. Replace bénéficie d’une esthétique intéressante mais cela ne suffit pas à pallier l’ennui qu’il peut inspirer.

The Autopsy of Jane Doe.jpg
The Autopsy Of Jane Doe


Le second coup de cœur du festival pour notre part fût The Autopsy Of Jane Doe, dernier film du réalisateur de Trollhunter, le Norvégien Andre Ovredal. Notez qu'il a obtenu le toujours agréable Pégase 2017, soit le Prix du Public du BIFFF. Un petit coup de maître que ce huis clos dans une morgue tenue par un père et son fils. Ceux-ci verront leur activité quelque peu chamboulée (ce n’est rien de le dire) lorsque le sheriff leur amènera le cadavre d’une jeune femme à identifier. Le corps de cette Jane Doe (nom donné par défaut aux personnes non-identifiées dans les pays anglo-saxons) semble cacher bon nombre de secrets.
Si l’exercice du huis clos n’est pas chose aisée, certains metteurs en scène y excellent toutefois, et c’est ici le cas de Ovredal, qui parvient à instaurer dès le départ une tension qui accompagne le spectateur jusqu’au bout. Servi par une imagerie gore issue du monde de l’autopsie, The Autopsy Of Jane Doe ne se contente pas de surfer sur la vague et de nous abreuver de tripailles et crânes trépanés gratuitement. Le film a l’intelligence de nous amener sur des terrains différents grâce à une dimension mystique bien placée. La bande est équilibrée, emprunte les ingrédients qu’il faut pour servir l’histoire mais sans s’attarder plus qu’il ne le faut sur les différents détails.

Small Town Killers.jpg
Small Town Killers


Small Town Killers, réalisé par le Danois Ole Bornedal (réalisateur de l’excellent Deliver Us From Evil entre autres) représente enfin notre 3e coup de cœur du festival. Rien d'étonnant dès lors à ce qu'il ait reçu le Méliès d'Argent, Prix décerné au Meilleur Film européen. Typiquement dans la vague des comédies noires, Small Town Killers est un petit bijou d’humour caustique nordique qui voit 2 associés et amis faire appel aux services d’un tueur professionnel (quoique) russe pour liquider leurs femmes. Le gros souci est que quand on fait cela un soir de beuverie, on risque de le regretter le lendemain mais surtout de peiner à rattraper le coup, surtout quand ledit tueur est aussi porté sur la bouteille qu’un BIFFFeur sur les films de genre.
Gags et punchlines en cascade, quiproquos en tout genre, tout est là pour faire de cette comédie danoise un joyau du genre. Personnages attachants et situations tout aussi grotesques que cocasses font de Small Town Killers le genre de film dont on redemande.

Ce qui n’était malheureusement pas vraiment le cas de Prey (ou Prooi pour respecter nos amis néerlandophones) du réalisateur ma foi sympathique Dick Maas (Amsterdamned) avec son histoire de lion mangeur d’hommes échappé d’on ne sait où et faisant de la ville d’Amsterdam son nouveau terrain de jeu mais également son nouveau garde-manger. Certes le film est décomplexé et ne semble pas se prendre trop au sérieux (ce serait d’ailleurs un comble avec une esthétique de sitcom pareille) mais il peine à décoller, ce qui est bien dommage.

Guillaume Triplet

18:01 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans BIFFF, Bilans de festivals, Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bifff, festival, international, film, fantastique, bruxelles, regard, bilan, critiques, coup, oeil | |  Facebook | |  Imprimer |