23 Juil.

FINAL PORTRAIT : le portrait d’un surréaliste aux charmantes contradictions

De Stanley Tucci

Avec Geoffrey Rush, Armie Hammer, Clémence Poésy et Sylvie Testud
Biopic
1h30

Cote : **

Le nom de Stanley Tucci ne vous dit peut-être pas grand-chose. Mais si nous vous disons qu’il a joué dans The Hunger Games ou Le Diable s’habille en Prada, vous comprendrez alors que ce réalisateur est avant tout un acteur de talent.

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Final Portrait est le cinquième film de Tucci en tant que réalisateur en plus de 20 ans, un metteur en scène qui sait prendre son temps. On comprend alors aisément pourquoi il a choisi de réaliser un film sur le sculpteur et peintre suisse Alberto Giacometti. Il possède, comme Giacometti, non seulement des origines italiennes par ses parents mais maîtrise également la lenteur et a un goût pour l’art pour le moins prononcé. Ce n’est ainsi pas la première fois qu’il réalise un film sur la relation entre un artiste et une personne qui s’intéresse à son travail. Ce fut déjà le cas dans le film Joe Gould’s secret, où il présentait la rencontre entre un un personnage un peu bohême et un journaliste américain dans le New-York des années quarante.

L’histoire qui nous est contée peut paraitre assez banale, la réalisation d’un portait par un peintre n’ayant peut-être rien d’extraordinaire. Ce qui nous a intéressé ici, c’est le jeu des acteurs. Le peintre sculpteur Alberto Giacometti est interprété par Geoffrey Rush, connu pour ses rôles marquants dans Le discours d’un roi, Pirate des Caraïbes ou encore Munich. Si le jeu de Geoffrey Rush est convaincant, sa ressemblance frappante avec le peintre suisse ne l’est pas moins. Ce rôle ne pouvait être que pour lui.

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Alberto Giacometti en plein travail


Chaque artiste qui a l’intention de réaliser un portrait a bien évidemment besoin d’un modèle et d’une ou plusieurs muses chez qui il peut trouver son inspiration. Le rôle du modèle est interprété par Armie Hammer (Agents très spéciaux) tandis que les muses de Giacometti sont, elles, jouées par Clémence Poésy, aperçue dans 127 heures ou Bons baisers de Bruges et par la Française Sylvie Testud.

La vision de l’argent qu’avait Giacometti est intéressante. S’il aimait la simplicité pour lui-même, il souhaitait pouvoir gratifier les muses grâce auxquelles il trouvait son inspiration. On remarque aussi une certaine dualité chez Giacometti, en permanence entre impatience, quand il s’agit de manger ou d’obtenir ce qu’il souhaite, et une capacité à prendre son temps pour se promener et discuter. Il s’agit sans doute là du propre des grands artistes, qui se questionnent en permanence. Non seulement sur le monde qui les entoure mais, surtout, sur leurs propres productions.


Aucun intérêt à aller voir ce film car les liens entre Giacometti et nous, les Belges, sont inexistants ? Une erreur si l’on connait un tant soit peu l’art et la peinture en particulier ! Nous ne vous ferons dès lors pas l’affront de vous donner des informations supplémentaires à ce propos. Ce serait tout simplement… surréaliste, dans un pays ou sont remis les Magritte du Cinéma !

Raphaël Pieters

12:54 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : final, portrait, alberto, giacometti, geoffrey, rush, stanley, tucci, peintre, sculpteur, art, hunger, games, pirates, caraibes | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

Une interview de Vanessa Paradis et Samuel Benchetrit... qui a du CHIEN !

Aujourd’hui, sort en salles le dernier film de Samuel Benchetrit : Chien. Avec, au casting, le génial Vincent Macaigne, notre Bouli Lanners national et une certaine… Vanessa Paradis !

Lors de la dernière édition du Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF), Vincent Macaigne remportait le Bayard du Meilleur comédien tandis que son réalisateur repartait avec le Bayard du Meilleur scénario mais aussi celui du meilleur film. Carton plein donc pour cette comédie pour le moins décalée.

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Samuel Benchetrit devant l’œil rieur de Vanessa Paradis


En l’absence de Vincent Macaigne, le réalisateur déclarait lors de la Clôture du FIFF : « Vincent a à la fois neuf ans et cent ans. Il est insaisissable. » Nous sommes bien d’accord avec lui.

Au terme de la proclamation du palmarès du Festival de Namur, nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec Vanessa Paradis et Samuel Benchetrit. N’hésitez pas à la découvrir, ci-dessous !


Jean-Philippe Thiriart

Crédits photos : Sylvie Cujas pour En cinémascope

18:55 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Bilans de festivals, Critiques de films, Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chien, vanessa, paradis, samuel, benchetrit, vincent, macaigne, fiff, namur, bayard, or | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

NICO 1988 : une icône en quête perpétuelle de simplicité

De Susanna Nichiarelli
Avec Tryne Dyrholm, John Gordon Sinclair, Anamaria Marinca
1h33
Biopic musical

Cote : ***

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L’Italienne Susanna Nichiarelli réalise avec Nico 1988 son plus gros succès. La metteuse en scène transalpine fait le choix de baser sa biographie haute en couleurs sur les dernières années de vie de la chanteuse Nico. Cet axe apporte beaucoup au film puisqu’il peut se focaliser d’autant plus sur la profondeur des personnages, l’histoire, elle, étant bien connue d’une large partie du public.

C’est l’actrice danoise Tryne Dyrholm qui interprète Nico. L’actrice de 46 ans a déjà une belle carrière derrière elle et est connue du public francophone pour son rôle dans la série Les Héritiers, visionnable sur Arte voici bientôt deux ans. Elle incarne ici à merveille le rôle d’une Nico en fin de carrière. Pas facile pourtant de jouer avec subtilité le rôle d’une artiste toxicomane, ô combien talentueuse et en recherche permanente de différenciation. Après le passage de Nico dans le groupe The Velvet Underground, l’artiste imposée au groupe new-yorkais par Andy Warhol aura une carrière solo moins appréciée à l’époque mais aujourd’hui reconnue par l’ensemble de la critique rock.

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L’histoire nous raconte donc la fin de cette carrière solo entreprise par Nico après son passage dans le Velvet. On y voit une chanteuse, jadis mannequin, ravagée par les années et par la drogue et dont les questionnements n’ont jamais été aussi importants. La mélancolie de cette femme, qui a toujours rejeté le fait d’être promue au rang d’icône, est jouée à merveille par l’actrice danoise. Sans tomber dans le pathos, Susanna Nichiarelli et Tryne Dyrholm nous montrent non pas Nico mais Christa Päfgen, une femme qui a refusé l’image de symbole, s’est empressée de vivre sa propre vie et dont la soif d’individualisme était plus importante encore que la toxicomanie.

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On apprécie également la façon avec laquelle la relation qu’entretenait Nico et son fils est traitée. Le téléspectateur pourra se faire sa propre idée sur cette relation. Les non-dits sont importants et pourtant adéquats tant la complexité des personnages incarnés est importante.

Enfin, la mélancolie semble tenir une place particulièrement centrale dans ce film et cela s’explique aisément si l’on s’intéresse à la source d’inspiration de nombreux artistes.


Sa mise en scène de qualité et, surtout, la contribution remarquable de son actrice principale, Tryne Dyrholm, font de Nico 1988 un film à voir au plus vite !

Raphaël Pieters

12:53 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nico, 1988, the, velvet, underground, tryne, dyrholm, biopic, musical, susanna, nichiarelli, rock | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

COUR(T)S AU 21e BRUSSELS SHORT FILM FESTIVAL : IL Y A 10 X 4 SEANCES A GAGNER !

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Ci-dessous et sur notre page Facebook !


C’est reparti : dès ce mercredi 25 avril et jusqu’au dimanche 6 mai, le Brussels Short Film Festival (BSFF) va faire sa fête au court métrage belge et international ! Douze jours de projections, de rencontres, d’ateliers… en présence de nombreux invités. A Bruxelles donc, d’abord, (Flagey, cinémas Vendôme et Palace, Palais des Beaux-Arts, Mont des Arts et Chapiteau place Fernand Cocq), avant une tournée wallonne (de Namur à Liège, en passant par Charleroi, Tournai et Grez-Doiceau). En tout, ce sont plus de 300 films courts qui seront proposés aux festivaliers.

Les Jurys des différentes compétitions incluront notamment les comédiens Stéphanie Blanchoud et Wim Willaert, le réalisateur Raphaël Balboni (récompensé cette année aux Magritte du cinéma) ou encore la productrice Julie Esparbes d’Hélicotronc.

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Le Cinéma Vendôme, lieu de projection privilégié du BSFF


Outre les Compétitions Internationale, Nationale, et Next Generation (films d’étudiants en cinéma), auront lieu de nombreuses séances OFF : Focus coréen (voyez notre concours ci-dessous) et suisse et découvertes latinos, Carte blanche au Festival de Clermont-Ferrand, Films nominés aux récents Oscar (pour lesquels le BSFFF devient qualifiant), European Film Awards (courts récompensés aux Festivals de Berlin, Venise…), Funny Shorts (comédies départagées à l’applaudimètre) et Séances Jeune public et Famille.

Les organisateurs se sont donnés quatre commandements cette année :

- Voyager : 79 films en compétitions Internationale et Next Generation de plus de 30 pays différents,
- Oser : des séances Courts Mais Trash, Très Courts (3 minutes max) et une Nuit du Court secouée par l’humour décapant de la Présipauté de Groland et son Cinégro, en présence de trois de ses éminents représentants Benoît Delépine, Sylvain Fusée et Jules-Edouard Moustic !
- Profiter : quatre séances gratuites en plein air au Mont des Arts avec vue imprenable sur la ville, et
- Grandir : des ateliers Youth (web reporters, critiques de film et doublage) et de nombreux workshorts pour concrétiser son projet professionnel.

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Les séances gratuites en plein air au Mont des Arts, c’est reparti !


Concours exclusif : 10 x 4 séances à gagner !

Cette année, la Corée sera belle, et bien présente au BSFF ! Avec, projetés deux fois, deux programmes rétrospectifs de films venus du Pays du Matin Calme. Les courts signés par d’anciens étudiants de la KAFA (Korean Academy of Film Arts), désormais réalisateurs de renom, d’abord. Et les films primés lors du SESIFF (Seoul International Extreme-Short Image & Film Festival), ensuite. Notez que Myung-Soo Suh, directeur du SESIFF, honorera le BSFF de sa présence, de même que Kwang-rok Oh, acteur-fétiche de Park Chan-wook dans sa trilogie de la vengeance (Sympathy for Mr. Vengeance, Old Boy, Lady Vengeance).

A cette occasion, nous vous offrons, en partenariat avec le Centre Culturel Coréen de Belgique, pas moins de 10 x 4 séances !

Soit l’accès, avec la personne de votre choix, aux deux programmes Corée :
- les vendredi 27 avril et mardi 1er mai à 20h à Flagey, OU
- les jeudi 3 mai à 17h30 et samedi 5 mai à 21h30 au cinéma Vendôme.

Rendez-vous sur notre page Facebook AVANT ce jeudi 26 avril à minuit !
Résultats du concours le vendredi 27 avril à 8h.

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Plus d’infos : www.bsff.be

Bonne chance pour notre concours et excellent BSFF à vous !

Jean-Philippe Thiriart

23 Juil.

Coup d’œil sur le BIFFF 2018

Encore une fois, le Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF) nous aura gâtés cette année. Certes c’est devenu une habitude au fil des ans mais cette année pourrait bien être marquée d’une pierre encore plus blanche tant la sélection et les surprises de cette édition 2018 auront été de taille. Bien entendu la liste ne comportait pas uniquement des bandes dignes d’entrer au panthéon du film de genre mais ne faut-il pas se taper parfois quelques bouses pour encore plus apprécier des films de qualité ?
Compte-rendu de notre festival.

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DOWNRANGE (2017 - USA) de Ryuhei Kitamura


Comme entrée en matière, Downrange est loin de laisser une trace indélébile dans les mémoires avec cette histoire de six jeunes (trois mecs, trois filles, parité oblige) covoiturant sur les routes californiennes et pris pour cibles par un mystérieux sniper doté d’un stock de munitions proche de celui d’un bataillon complet.

On attendait beaucoup de ce film vendu comme un concentré de terreur pure mais surtout réalisé par Kitamura (Midnight Meat Train – 2008). Mais force est de constater que le film est loin de tenir ses promesses par un manque de rythme certain. Quelques passages intéressants tirant vers le gore pur jus sont là pour rattraper le coup mais après une heure seulement. On regarde donc sa montre et on se dit que si on aime ce schéma de survival, autant se retaper Les Proies (2008 – de Gonzalo Lopez-Gallego) dans lequel la tension était nettement plus palpable.

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BELZEBUTH (2017 - Mexique) d’Emilio Portes


Environ tous les 1000 ans, Jésus revient sur terre, comme il l’avait promis au moment de se faire crucifier. Mais bien sûr, pour cela, il est obligé de se trouver un hôte (la plupart du temps un gosse) comme enveloppe corporelle, chose qu’est bien obligé de faire Belzebuth aussi s’il veut se débarrasser de son rival. Une infirmière qui fait un carnage dans une maternité, un gosse qui dérouille ses copains de classe et une femme de ménage qui joue avec l’électricité dans une piscine remplie de gamins, le tout au Mexique, plus de doute, ce pays aura été choisi comme nouvelle terre d’affrontement entre le Bien et le Mal. Le flic du coin aura fort à faire pour mettre un terme au combat.

Première très belle surprise du BIFFF 2018, Belzebuth est un film qui se dévore et ne met pas des plombes à démarrer grâce à une scène osée mais bougrement efficace. Le choix des acteurs donne une réelle authenticité aux personnages et les théories développées (rappelons que nous sommes au Mexique, terre de croyances) permettent au spectateur d’être tenu en haleine. Bien que le film ne soit pas parfait et pèche parfois à cause de scènes quelque peu grotesques, il n’en représente pas moins une petite perle de cinéma fantastique à classer dans notre top 5.

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TERRIFIED (2017 - Argentine) de Demian Rugna
Titre original : ATERRADOS


Descendons un peu plus en Amérique du Sud pour nous retrouver en Argentine où un quartier est en proie à toute une série de phénomènes inexpliqués se produisant depuis plusieurs années aux quatre coins du monde, dans des endroits où seuls des enquêteurs spéciaux sont à même de s’enfermer pour étudier selon eux « lumière et obscurité qui partagent une même réalité, un même esprit au même moment ».

Avec sa structure en flashbacks, Terrified est une bande intéressante. Un film sur le paranormal relativement bien réussi où l’ambiance lourde est retranscrite à l’écran par des éléments simples (claquements de portes avec nettement plus d’effets que dans un Paranormal Activity par exemple). Pour son second long-métrage, Demian Rugna signe une petite réussite dotée d’une photo rendant de fort belle manière l’atmosphère relatée.

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VERONICA (2017 - Espagne) de Paco Plaza


Pour continuer dans le genre des films d’esprits démoniaques latins, arrêtons-nous en Espagne avec le dernier méfait de Paco Plaza, co-auteur, avec Jaume Balaguero, de la franchise REC. Faut-il encore le rappeler ?

Inspiré d’un fait réel (élément on ne peut plus vendeur ces dernières années, tout comme les films de possessions finalement), Veronica nous narre l’histoire d’une jeune adolescente madrilène qui, en 1991, suite à une séance de ouija avec ses amies, s’est retrouvée aux prises avec une entité mystérieuse. La légende et les recherches internet affirment que ce dossier fut le premier à comporter un rapport mentionnant clairement des constatations de phénomènes paranormaux.

Paco Plaza nous revient donc avec ce film qui n’apporte rien de vraiment neuf sous le soleil. Certes le film se laisse regarder malgré une mise en place un peu longuette mais le schéma reste on ne peut plus classique. On demeure simplement curieux par rapport au fait que les évènements se soient réellement produits. Pour info, le film est disponible sur Netflix.

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EX FUNERIS (2018 - Belgique) d’Alexandre Drouet


Sur le papier, Ex Funeris laissait espérer du bon, du classique mais du bon. En racontant l’histoire d’une société capable de faire revenir les morts à la vie, les questions éthiques et la réappropriation du mythe du zombie sur fond de « post-apo » tourné en noir et blanc auraient pu être intéressants. Surtout que lorsqu’on se renseigne un peu, on se rend compte que s’il a été présenté ici en 2018, Ex Funeris a été tourné entre 2010 et 2012, signe que le réalisateur a cru en son projet au point de s’y investir sur le long terme, c’est le moins que l’on puisse dire. Malheureusement un jeu d’acteurs aux abonnés absents a très rapidement fait décrocher votre serviteur.

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DHOGS (2017 - Espagne) d’Andres Goteira


Contraction de « Dog » (chien) et « Hog » (porc), Dhogs veut dresser un tableau de la raclure humaine. Différents portraits sont dressés, différents destins développés. On y croise un homme d’affaire volage, un taximan travesti, une cinquantenaire qui se prostitue derrière la vitre d’une station essence ou encore un « campesino » (équivalent espagnol d’un « redneck ») un poil pervers accompagné de son chien. Ça brasse assez large niveau personnages, ça manque parfois cruellement de rythme et on se demande de temps à autre où le réalisateur veut emmener le spectateur mais le tout n’est pas trop mal ficelé quoique parfois peut-être un peu trop conceptuel. Mais Dhogs ressort tout de même avec le Prix de la critique du Festival.

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BEYOND SKYLINE (2017 - UK/Chine/Canada/Indonésie/Singapour/USA) de Liam O’Donnel


Au retour du commissariat de Los Angeles où Mark est encore une fois allé chercher son fils, qui s’est fait pincer pour une bagarre, la ville est attaquée par une flotte de vaisseaux extraterrestres. Voilà pour le pitch.

Suite du Skyline des frères Strause, Beyond Skyline aura été l’un des gros divertissements visuels de cette année. Le genre de film où vaisseaux et aliens sont esthétiquement intéressants, où les bastons divertissent mais où malheureusement Iko Uwais (The Raid, Merantau…) fut quelque peu sous-exploité. Qu’à cela ne tienne, le film représente un petit plaisir coupable qu’on n’aura pas boudé.

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A SPECIAL LADY (2017 - Corée du Sud) d’An-Kyu Lee


Une organisation criminelle tient des gros bonnets par les couilles grâce à des vidéos filmées dans des chambres où ces influents personnages s’adonnent avec des jeunes femmes à des parties parfois bien plus que fines. Derrière cette structure se cache une femme puissante et dangereuse. Mais lorsqu’un procureur véreux, bien décidé à se venger de s’être fait avoir, découvre qu’elle cache un fils depuis presque 20 ans, sa possibilité de se venger est toute trouvée.

Cette sorte de House of Cards dans les coulisses du crime organisé n’est ni plus ni moins que l’un des films forts de ce BIFFF 2018. Avec ce personnage féminin vengeur et prêt à tout, interprété par une Hye-Su Kim incroyablement convaincante, le réalisateur An-Kyu Lee (scénariste en 2008 du barré Le Bon, la Brute et le Cinglé) signe un véritable coup de poing cinématographique comme premier long-métrage en tant que réalisateur. Tout y est pour que la sauce prenne de fort belle manière : une histoire captivante, une violence qui la sert, un rythme calculé, la symbolique de la femme forte mais également la vengeance, le business, le pouvoir et la manipulation comme fils conducteurs. Le clivage entre bien et mal est exploité de telle sorte que les questionnements ne manquent pas : L’homme de pouvoir est-il une pourriture ? Le criminel endurci a-t-il encore certaines valeurs ? … Un film réussi de bout en bout qui est à ranger parmi nos gros coups de cœur et qui, en plus, est reparti avec une Mention spéciale dans la compétition pour le Prix du Meilleur thriller.

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TRAUMA (2017 - Chili/Nouvelle-Zélande) de Lucio Rojas

Quatre jeunes femmes décident de s’offrir un bon bol d’air et d’amusement dans le fin fond de la campagne chilienne. Si le tout commence admirablement bien, la suite va virer au cauchemar avec la visite impromptue d’un homme rompu à la torture et de son fiston.

Trauma ou l’archétype du film survendu. Si on l’annonçait comme la bande la plus violente et dérangeante depuis A Serbian Film, remettons d’emblée les choses dans leur contexte. Certes Trauma est violent, certes plusieurs scènes sont osées mais le côté psychologique est très vite mis de côté au détriment d’un amoncellement de tortures en tout genre qui finalement n’a plus grand sens tant le film passe à côté de son propos. Le réalisateur Lucio Rojas voulait une critique des atrocités que le régime Pinochet a pu faire subir à la population chilienne (en prendre pour preuve le dossier de presse que l’équipe du film diffusait et dans lequel ces violences étaient sommairement expliquées), malheureusement on se retrouve face à un mélange de home invasion et de rape and revenge plutôt qu’à un véritable questionnement historico-politique pour le spectateur. Pour ça, on se tournera vers de bons documentaires. Très dommage.

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DOUBLEPLUSUNGOOD (2017 - Belgique) de Marco Laguna


Dago Cassandra est un truand, mais pas n’importe lequel, un truand qui revient dans son royaume après 15 ans pour éliminer les 12 apôtres de Lucifer.

Script assez fou pour un film qui l’est tout autant. Réalisé par l’ancien chanteur de La Muerte (groupe belge de gros rock pour ceux que ça intéresse), Doubleplusungood a été tourné sur cinq ans en super 16, ce qui lui confère une esthétique et un grain à la « grindhouse » particulièrement plaisant. Point de vue image, bande son, voix, musique et bruitages, l’ambiance dégagée par le film est à mi-chemin entre le poisseux et l’envoûtant, le film noir et le film d’horreur. Un long-métrage inattendu, singulier, qui ne manque pas d’idées au niveau de sa mise en scène (cette scène de poursuite en voiture, aaaaah) où le personnage principal, avec sa gueule à la De Niro, assure le rôle du bandit en quête de vengeance ou de rédemption avec une aisance déconcertante. Mystique voire christique, la surprise est de taille.

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FREEHOLD (2017 - UK) de Dominic Bridges


Hussein est un agent immobilier mais surtout un petit con bordélique. Ce qu’il ignore, c’est qu’il ne vit pas seul dans son appartement car, lorsqu’il est absent, un mystérieux colocataire aussi grand que maigre sort de sa cachette et profite des lieux. Si au départ, ce qu’il y fait n’a rien de méchant, l’escalade dans le crade sera rapide. Pourquoi est-il là ? D’où vient-il ? C’est toute l’intrigue.

Inspiré au réalisateur par un fait divers hong-kongais où une femme aurait vécu durant trois ans derrière un frigo dans un appartement, Freehold est le genre de comédie gentiment noire qui fait bien sourire. Idées cocasses et subtilités sont au rendez-vous tant et si bien qu’on s’attend à une belle surprise en termes de dénouement. Néanmoins, ce dernier nous a semblé relativement plat et vite torché. Pas génial donc.

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HUNTING EMMA (2017 - Afrique du Sud) de Byron Davis


Deon Meyer est un très célèbre auteur de best-sellers. Entre deux bouquins, et quand ça lui prend, il se met à écrire des scénarios. Le problème est que la manière dont il les écrit n’est pas la plus cinématographique qui soit. Et le cas de Hunting Emma en est la parfaite illustration. Certes le personnage d’Emma, en plus d’être canon, est assez attachant mais malheureusement son histoire l’est moins. En gros, une institutrice décide d’aller rendre visite à son père pendant les vacances. Ce père, ancien membre des forces spéciales, habite dans la savane. Sur la route, pas de bol, une panne de voiture va précipiter notre sympathique héroïne sur le chemin d’une bande de vilains voyous qui se verront obligés de l’éliminer. Enfin, essayer de l’éliminer parce qu’il y a de fortes chances que le père d’Emma, vu son passé, lui ait appris quelques trucs et astuces qui pourraient bien lui servir.

Cette histoire de Lara Croft sud-africaine aurait pu séduire. Cependant, il est clair que la narration du film et les moments où on s’attarde à outrance sur des passages qui ne peuvent pas être aussi longs au cinéma font clairement tache. Dans un roman, une description beaucoup plus fouillée d’un personnage sur plusieurs pages est tout à fait permise, mais pas sur celles d’un scénario. Que Deon Meyer continue ses bouquins car apparemment ça, il le fait bien.

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CHARISMATA (2017 - UK) d’Andy Collier et Toor Mian


Rebecca, flic au bout du rouleau, est confrontée à une affaire de tueur en série aux rituels sataniques dans laquelle elle cible directement un suspect. Si elle a pu faire ses preuves autrefois, elle peine à se faire entendre aujourd’hui, surtout avec les casseroles qu’elle traine derrière elle. Elle persévère bien sûr et ne lâche pas l’affaire mais jusqu’à quel point pourra-t-elle tenir face à ses démons ?

Charismata est le genre de thriller surnaturel loin d’être dégueulasse de prime abord. Le film se veut sérieux mais ne manque pas les quelques occasions de lâcher un trait d’humour british. Un X-Files-like (pour le genre d’affaires traité et aussi pour la tension, parfois sexuelle, qui règne entre les deux enquêteurs principaux) qui fonctionne mais seulement jusqu’à un certain point. Le problème n’est pas forcément la baisse d’intensité due au fait qu’on s’attarde parfois un peu trop sur le personnage principal, mais que l’ensemble soit pas mal foutu du tout mais entaché par une tournure un peu trop grotesque dans sa dernière partie.

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THE PLACE (2017 - Italie) de Paolo Genovese


Sans conteste l’OVNI de cette édition 2018, le nouveau film de Paolo Genovese (Perfect Strangers en 2016 « remaké » par Alex de la Iglesia en Espagne et Fred Cavayé en France, c’est lui) est un huis clos dans un bar-restaurant. Au fond de l’établissement, assis à la même table jour et nuit, un mystérieux inconnu muni d’un agenda de la taille d’un grimoire. Chaque jour, des inconnus viennent auprès de lui en « consultation ». Pourtant il n’est ni médecin, ni psychologue. Il semble juste capable de réaliser les vœux de ses clients à condition que ceux-ci, en contrepartie, accomplissent une tâche qui n’est jamais des plus catholiques. Un mal pour un bien en somme.

Le huis clos est un exercice cinématographique périlleux, mais Paolo Genovese réussit un véritable tour de force en proposant un film dont le rythme se base de fort belle manière sur le scénario et les dialogues des personnages. Certes, The Place aurait pu être amputé de 15 minutes mais malgré cela, on ne peut que saluer la maîtrise dont a fait preuve le réalisateur italien. Certes, la question nous titille toujours un peu de savoir ce qu’un film pareil faisait dans la sélection du BIFFF, même si les possibilités d’interprétations fantastiques sont multiples, mais au final on se dit que ça n’a peut-être pas beaucoup d’importance.

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THE ENVELOPE (2017 - Russie) de Vladimir Markov
Titre original : KONVERT


Au vu du titre, il doit sûrement y avoir du courrier dans l’histoire me direz-vous. Et votre serviteur de vous répondre : bien vu.

Igor, chauffeur un peu VIP d’une société moscovite, se voit confier une mission par la craquante petite secrétaire : porter un courrier livré par erreur à ladite société à deux rues de là. Alors qu’il se trompe une première fois d’adresse, puisqu’elle a la manie de se modifier à même l’enveloppe, et rencontre une dame pas super agréable qui le convainc de poursuivre sa « mission » à la condition de ne jamais essayer d’ouvrir ce courrier, Igor s’embarque dans une mésaventure qu’il ne soupçonnait pas, faite de réflexion sur son passé et autres joyeusetés.

Vous aurez remarqué que souvent, dans nos critiques, nous abordons le problème du timing et du rythme des films. Pourquoi ? Simplement parce que ça nous paraît important et qu’un timing parfait contribue grandement à l’appréciation d’un métrage. Et bien ici, nous sommes un peu devant le contre-exemple du bon rythme tant The Envelope paraît durer 2 heures alors qu’il ne fait… qu’1h15 (probablement le film le plus court de cette édition 2018). Pourtant, et c’est bien dommage, l’histoire n’est pas inintéressante mais il faut se rendre à l’évidence, Vladimir Markov a semble-t-il eu quelques difficultés à la retranscrire efficacement à l’écran. On a l’impression de se trouver devant un melting pot d’idées inachevées servi par des acteurs pas toujours au top de leur forme. Il reste que la photo rend bien. C’est déjà ça.

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PARTY HARD, DIE YOUNG (2018 - Autriche) de Dominik Hartl


Plusieurs jeunes de la même classe terminent leur année scolaire en allant s’éclater sévère dans l’une des plus grosses fiestas d’étudiants en bordure de plage. Tout va pour le mieux jusqu’à ce que l’une des jeunes filles de la bande disparaisse. Si les copains se disent « c’est bon, elle va revenir », sa meilleure amie Julia, avec qui elle venait de s’engueuler d’ailleurs, se dit quant à elle « mmmh non peut-être pas » (pas mal les répliques inventées sur le vif, vous ne trouvez pas ?). En gros, selon elle, quelque chose de grave est arrivé et la disparition d’un autre membre de la bande lui donnera finalement raison.

Tourné durant une fête de 15 jours en Croatie (pour ne pas avoir à payer les figurants, c’est pas mal pensé), Party Hard, Die Young est le genre de film de « vengeance à retardement » où une bande d’ados se retrouve confrontée à un boogeyman masqué qui est venu spécialement pour punir ces gamins de leurs conneries passées. Trop classique, vu et revu, le genre ne sera pas révolutionné ici.

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EDERLEZI RISING (2018 - Serbie) de Lazar Bodroza


En 2148, Milutin, en tant qu’astronaute chevronné, est envoyé en mission vers l’Alpha du Centaure. Mais comme le voyage va durer bien longtemps, la société Ederlezi décide de le faire partir avec une androïde qui répondra à ses envies et/ou attentes suivant le paramétrage qu’il décidera. On suppose que vous imaginez la suite et que vous l’imaginez relativement bien.

Malgré là aussi un concept de départ et un côté introspectif du personnage principal pas inintéressants, le premier long-métrage de Lazar Bodroza peine à capter l’attention du spectateur sur la longueur à cause d’une mise en place peut-être nécessaire mais bougrement longue. On tourne pas mal en rond au final.

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MEMOIR OF A MURDERER (2017 - Corée du Sud) de Shin-Yun Won


Un père, atteint de la maladie d’Alzheimer, qui veut protéger sa fille d’un tueur en série en activité. Rien qu’au titre, vous aurez compris que le père en question a lui aussi un passé quelque peu douteux. Et c’est justement là que tout se joue : qui mieux qu’un tueur peut en connaître un autre ? Alors que les confusions du père l’amènent parfois sur de fausses pistes au point de douter de lui, il devra toujours être sur le fil du temps que lui octroie sa mémoire pour tenter de sauver sa fille.

Récompensé par le Prix du thriller de ce BIFFF 2018, Memoir of a Murderer est encore l’un de nos coups de cœur. Un thriller parfaitement maîtrisé au scénario incroyablement efficace.

Décidément, la Corée du Sud aura encore frappé fort cette année avec la Mention spéciale du Prix du thriller pour A Special Lady dont nous parlions avant, et ici le premier prix de la catégorie. C’est là qu’on se rend clairement compte que les Sud-Coréens savent écrire des histoires prenantes, des histoires à tiroirs et développer des figures cinématographiques subjugantes. Memoir of a Murderer aura absolument mérité les honneurs qui lui ont été alloués tant la qualité est au rendez-vous. À conseiller plus que vivement.

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YURIGOKORO (2017 - Japon) de Naoto Kumazawa


Ryosuke tient un petit restaurant avec sa future femme. Mais un jour, celle-ci disparaît sans prévenir.

Ryosuke rend visite à son père mais celui-ci lui annonce qu’il n’en a plus pour très longtemps à vivre suite à une maladie grave.

Ryosuke découvre, en fouillant dans les affaires de son paternel, un mystérieux journal intime qui apparaît vite comme le journal d’un tueur, ou plutôt d’une tueuse qui n’est autre que sa mère, disparue subitement lorsque Ryosuke était encore enfant.

Autant le dire tout de suite, Yurigokoro s’est clairement apparenté à un chef-d’œuvre pour nous lors de sa projection. La narration en flash-backs dévoilant peu à peu les parallèles entre les différents évènements vécus par Ryosuke est une réussite totale. Mais la narration n’aurait rien été sans la poésie incroyable qui sous-tend le film. Sur une musique fantastique, on se surprend à être gagné par une émotion sans cesse grandissante qui nous force à nous poser la question de savoir ce qui est moralement acceptable.

Adapté d’un roman ayant fait grand bruit, sorti en 2012 et écrit par Mahokaru Numata, Yurigokoro semble suivre le même chemin et marcher sur les charbons ardents de l’éthique. C’est d’ailleurs sans nul doute cet aspect qui fait de lui une véritable pièce maîtresse et notre ultime coup de cœur de ce BIFFF 2018.

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Espérons vivement une édition au moins aussi riche en 2019. En tout cas, on prend déjà rendez-vous ne serait-ce que pour vérifier la chose.

Guillaume Triplet

08:01 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans BIFFF, Bilans de festivals, Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bifff, festival, international, film, fantastique, bruxelles, critiques, yurigokoro, memoir, of, a, murderer | |  Facebook | |  Imprimer |