23 Juil.

Interview de Benoît Poelvoorde pour « Du jour au lendemain », ce samedi 22 juillet sur RTL-TVI

Pour vous présenter le film Du jour au lendemain (en TV ce samedi 22 juillet à 20h20 sur RTL-TVI), quoi de mieux que de vous proposer une interview de son acteur principal ? Un certain... Benoît Poelvoorde ! Nous avions rencontré l'acteur belge lors de la promo du film de Philippe Le Guay pendant près d'une heure. Interview-fleuve donc, dans laquelle le comédien belge revenait sur son parcours et les projets qui allaient suivre le film présenté ici.

Rencontre avec Benoît Poelvoorde

C'est dans un restaurant bruxellois que nous rencontrons l’acteur belge, qui nous accueille avec un chaleureux « je suis là, je suis ton homme ! ».
Le film qu'il est venu défendre - Du jour au lendemain - raconte avec brio l’histoire d’un mec (François Berthier alias un Benoît Poelvoorde égal à lui-même, comprenez excellent) dont la vie change radicalement… du jour au lendemain.

benoit,poelvoorde,du,jour,au,lendemain,asterix,podium,monsieur,manatane


Dans Du jour au lendemain, votre personnage - François Berthier - est entouré de seconds rôles très colorés. Quel souvenir gardez-vous du tournage du film ?

De ce tournage-là ? J’ai tourné le film l’été dernier. J’ai le souvenir d’un tournage assez épuisant et fatigant parce qu’en fait, si on regarde bien le film, comme on doit jouer plusieurs fois les mêmes situations, on passait parfois une journée entière à faire une sortie de lit. En effet, le principe du film, c’est quand même l’histoire d’un mec qui, du jour au lendemain, voit sa vie s’améliorer. Il fallait donc répéter les situations et c’était assez emmerdant à faire. Par exemple, la scène de la machine à café, j’en ai fait énormément de versions : la version où elle marche, la version où elle ne marche pas… La difficulté, c’était qu’il fallait continuer à évoluer avec le personnage. Donc c’était gai à jouer mais c’était compliqué.

Yann Moix dit avoir écrit Podium pour vous à la virgule près. On a un peu le sentiment que Philippe Le Guay a fait de même avec Du jour au lendemain

Oui, c’est vrai, mais je sais pourquoi. En fait, il y a un point commun avec Yann Moix. Il y a un scénariste sur le film de Le Guay qui est le même scénariste que le scénariste de Podium, bien que Yann ait travaillé avec ce scénariste au départ sur Podium pour finalement travailler tout seul. Mais la base est faite par Olivier Dazat. Par contre après, quand j’ai fait le film de Le Guay, c’est le scénariste qui m’a proposé le scénario et ensuite, il m’a présenté le réalisateur. Donc j’ai d’abord lu une première version qui était, on va dire, une bonne première version parce qu’en général, il y a énormément de versions pour un scénario, mais qui n’était absolument pas aboutie. Après ça, j’ai rencontré le réalisateur et le scénariste, qui me connaît excessivement bien. J’ai fait plusieurs films avec lui et il a tendance, on va dire, entre guillemets à savoir à peu près les films qui vont me convenir ou moins me convenir. Oui, c’est marrant que vous ayez dit ça. C’est curieux oui…

Êtes-vous d’accord si je vous dis que votre interprétation de Berthier est par moments Jim Carreyienne ?

On me l’a dit, oui, pour plusieurs raisons, bien qu’il fasse plus de grimaces que moi ! Mais cette comparaison est surtout due au type de sujet. C’est-à-dire que c’est un sujet qui paraît complètement irréaliste parce Jim Carrey fait beaucoup de films qui tiennent en une idée.
Donc par exemple, si on prend le notre ici, le film tient en une idée : « Et qu’est-ce qui se passerait si, du jour au lendemain, votre vie allait mieux ? ». C’est un peu ça… C’est-à-dire un type qui du jour au lendemain voit sa vie basculer. C’est typiquement le genre de comédie à l’américaine. D’ailleurs, ils ont fait l’affiche comme ça si vous regardez bien. On me l’a dit pour ça parce qu’ils m’ont dit : « on veut une affiche qui ressemble aux affiches avec Jim Carrey, c’est carré… ». Carré, c’est le cas de le dire. C’est marrant, vous êtes pertinent !


benoit,poelvoorde,du,jour,au,lendemain,asterix,podium,monsieur,manatane
Tout semble sourire au personnage que joue Benoît Poelvoorde


Le film nous amène à nous pencher sur notre recherche du bonheur. François Berthier dit que « le bonheur, c’est une décision qu’on prend ». Vous le rejoignez là-dessus ?

Oui, sur la quête frénétique du bonheur des gens ! Là-dessus, je ne suis pas d’accord, non. Moi, je ne suis pas d’accord avec les idées du film. Je trouve que le film est drôle. Mais je ne partage pas la vision du réalisateur.
C’était ça qui rendait le film intéressant. C’est de se dire que je comprends une partie de ce qu’il dit ; après, chacun a une vision du bonheur. C’est un sujet universel. Je ne crois pas que ce soit aussi simple de dire « le bonheur, c’est une décision qu’on prend ». Je pense que c’est plus complexe. Il y a des gens qui naissent du mauvais côté de la barrière et je ne pense pas qu’ils aient pris la décision de vivre de ce côté-là. Je pense donc que c’est plus complexe, mais c’est un truc qui se défend. Chaque fois que les gens me parlent de ce film, le discours s’oriente assez souvent sur le bonheur parce que le bonheur, comme on dit, on le reconnaît au bruit qu’il fait quand la porte se referme. Quand il est parti. Quand on l’a perdu. C’est quelque chose de philosophique. On ne sait pas ce qu’est le bonheur. Est-ce qu’il est avant ? Est-ce qu’il est après ? Est-ce qu’il est pendant ? Hier, je regardais un film qui s’appelle
Contrôle, dans lequel une bonne-femme disait : « Le bonheur, je regarde un moment à gauche, dans ce qui s’est passé ; parfois je regarde à droite, dans ce qui est à venir et en fait je finis par loucher. » En fait, il vaut mieux regarder au milieu. Mais c’est la difficulté hein… Mais c’est ce qui faisait aussi l’intérêt du film, c’est de savoir que chacun peut réfléchir à comment il ou elle se positionne. François Berthier, dans le film, c’est quelqu’un qui a peur du bonheur en fait. Mais les gens n’ont pas peur du bonheur. D’ailleurs, on est plutôt dans une période où les gens font une quête frénétique du bonheur, cherchent à tout prix. Et à force de toujours le chercher, on finit par ne jamais être dedans parce qu’on cherche sans cesse. Alors que parfois, il est devant nous et on ne le voit pas.

François Berthier se considère mi-Lendl mi-McEnroe... Et vous, fifty-fifty aussi ?

Lui, il ne se considère pas mi-Lendl mi-McEnroe, c’est son copain qui dit qu’il faut qu’il soit Lendl… Oui, c’est juste, il dit « fifty-fifty », mais c’est parce qu’il ne sait pas quoi répondre. Mais c’est vrai, c’est tout à fait ça ! À mon avis, il est plutôt du côté de celui qui préférera ne pas prendre de cours de tennis, de peur d’avoir l’air ridicule. Parce que c’est vraiment ça… François Berthier, il a peur de tout. Quand il dit à un moment, au début du film : « le monde m’agresse », c’est un dépressif quoi quelque part. C’est quelqu’un qui dit : « j’ai rien demandé ». Donc le sujet, il est drôle parce que c’est quelqu’un qui dit « j’ai rien demandé et on m’offre le bonheur et après je ne suis pas capable de vivre avec ». Donc, quand il dit « fifty-fifty », pour en revenir à votre question, c’est encore une fois quelqu’un qui aurait préféré qu’on ne lui pose pas la question. Parce que dès que tu dois te situer, tu es obligé de t’engager. Dès que tu t’engages, tu as plus de risques d’être malheureux. En fait, c’est quelqu’un qui ne veut pas s’engager. Donc tu préfères dire : « ne me donnez pas le choix, c’est plus simple ».


Benoît Poelvoorde, acteur bankable ?

Depuis Le boulet, d’aucuns vous considèrent comme un acteur bankable.
Dans Du jour au lendemain, vous portez à bien des égards le film du début à la fin. Acceptez-vous cette étiquette d’acteur bankable et si oui, estimez-vous recevoir davantage de scénarios intéressants depuis Le boulet ?

Non, ce n’est pas depuis Le boulet. Alors, l’acteur bankable, ça ne veut rien dire. Là, je viens de voir que dans Le Figaro, ils viennent de faire paraître les acteurs qui demandent beaucoup d’argent et tout ça et j’ai expliqué que Depardieu n’était plus crédible avec le prix qu’il demandait. Il vaut toujours mieux ne pas être dans le truc du Figaro, quand ils donnent les caprices des acteurs ! Mais ça ne veut rien dire être bankable, absolument rien. Parce qu’en fait, c’est paradoxal ce que je viens de dire, mais ce n’est pas l’acteur qui détermine si le film va marcher, c’est le goût du public. Vous avez des cas de figure extrêmement rares mais ils sont à noter, c’est-à-dire qu’il faut attendre 25 ans. Vous avez Les bronzés. Là, c’est sûr, c’est bankable. Mais ce n’est sûr que c’est bankable que par rapport à l’envie du public. Vous pouvez être l’acteur que le public adore et tout, s’il n’a pas envie de voir ce type de film maintenant, ni ce type d’histoire, vous l’avez dans le cul. Ce n’est pas l’acteur qui est bankable, c’est le rapport que le public a avec l’acteur mais ça, ce n’est pas vous qui le déterminez. Mais même le public peut vous adorer et vous dire : « vous avez très bien marché dans Podium » et ne pas avoir envie de vous voir après en François Berthier. C’est justement parce qu’il y a des inconnus que le cinéma continue à exister comme ça. Sinon ce serait horrible, on saurait exactement les gens qui marchent et les gens qui ne marchent pas et on ne laisserait pas de chance à ceux qui n’ont pas encore été découverts.

benoit,poelvoorde,du,jour,au,lendemain,asterix,podium,monsieur,manatane
Il y a un peu de Jim Carrey dans ce Poelvoorde-là !


Vous venez de tourner Cowboy de votre ami Benoît Mariage. Hormis Astérix et les jeux olympiques, quels sont vos projets et où en est votre envie de passer à la réalisation avec Les inutiles ?

Alors là, je suis un peu à la traîne. Normalement, je devais sortir le film de Nicole Garcia (NdA : Selon Charlie) avant celui-ci parce que je l’ai tourné avant mais ils veulent le sortir plus tard. Après, j’ai fait le film de Le Guay, puis celui de Benoît Mariage, que je vais voir demain. Je vais enchaîner sur Astérix au moins de juin. C’est un tournage très long parce que j’ai un rôle assez important, celui du méchant. Et juste après, j’enchaîne encore un autre film, qui s’appelle Les deux mondes, une comédie assez drôle. Et j’en ai encore un troisième pour l’été prochain donc j’ai un peu arrêté. Et normalement, comme vous dites, je devrais me mettre à l’écriture mais le problème, c’est que je déménage. Je reste en Belgique et dans le Namurois et suis en train de faire des travaux. Donc là où je devrais être en train d’écrire, je suis en train de me taper des travaux. Je retape une maison. Ça, c’est du concret.


Entre ses mains, de Nicole Garcia, entre ses yeux

Quand ces lignes seront publiées, la cérémonie des Césars aura déjà livré son verdict. De quel œil voyez-vous votre deuxième nomination au César du meilleur acteur pour votre prestation dans le film d’Anne Fontaine, Entre ses mains ?

Déjà, je peux vous le dire à l’avance : je ne l’aurai pas, parce que je parierais sur Romain Duris.
(NdA : C'est Michel Bouquet qui fut césarisé cette année-là pour son rôle de François Mitterrand dans Le Promeneur du Champ-de-Mars de Robert Guédiguian). Pour Podium, j’y suis allé en me disant que j’avais une chance parce que je continue de dire que la comédie est assez difficile à faire et que j’avais vraiment mouillé le maillot. J’y suis allé en me disant que j’avais une chance et beaucoup de gens me disaient que j’avais une chance. C’est ce que les gens disent hein, ce que vous entendez qui compte. C’est des trucs d’odeurs quoi. Quand je dis que je le sais déjà à l’avance, on ne connaît pas les résultats à l’avance hein, je rassure tout le monde. Mais c’est une sorte de feeling. Autant j’y suis allé avec Podium en ayant déjà commencé à penser à un discours. Ici, je dis la vérité, vraiment, je meurs si je mens, j’y vais en sachant que j’ai perdu. Mais je m’en fous, je suis nommé et pour moi, c’était vraiment un cadeau parce que pour ce film-là, ce n’était pas évident. Pour Entre ses mains, je n’aurais jamais pensé que les gens allaient me nommer pour ce rôle-là. Ça m’a tellement fait peur !

En outre, votre partenaire dans ce film, Isabelle Carré, est elle aussi nommée au César de la meilleure actrice, tout comme Anne Consigny, qui joue votre femme dans Du jour au lendemain

Oui, et qu’on soit nommé ensemble, c’est bien. C’est marrant. J’ai du cul hein ! Ca a été dur pour moi de voter parce qu’il y avait Anne Consigny avec qui je venais de faire ce film et avec qui je m’entends vraiment super bien.

Il y a justement une certaine ressemblance entre ces deux actrices…

Oui, on me colle souvent avec des femmes discrètes. Donc dans les nominations, il y avait Isabelle, Anne et il y avait Nathalie Baye, que j’adore parce que j’adore ce qu’elle a fait dans Le petit lieutenant. Donc il a fallu que je vote. (NdA : Isabelle Huppert et Valérie Lemercier étaient également nominées au César de la meilleur actrice, pour leur interprétation dans Gabrielle et Palais royal ! respectivement) et ça, c’était dur. J’ai eu du mal pour le vote de la meilleure actrice.

benoit,poelvoorde,du,jour,au,lendemain,asterix,podium,monsieur,manatane
Dans Du jour au lendemain, François Berthier (Benoît Poelvoorde) ne comprend rien à ce qui lui arrive



Son attirance pour les personnages qui ont des failles

Vous jouez fréquemment des rôles de loser, de personnages qui ont, comme vous dites, des failles. Berthier passe quelque part du statut de loser à celui de winner. Vous propose-t-on parfois des rôles de winner et, si oui, pourquoi avoir refusé jusqu’ici de les interpréter ?

D’abord, je trouve que les personnages de winner sont extrêmement emmerdants. En général, s’il y a un mec qui gagne du début à la fin, ça te fait chier. Alors soit c’est quelqu’un qui gagne parce qu’il perdait au début. À ce moment-là, c’est un loser qui gagne et il y a une justice. Mais les gagnants… D’abord, je ne crois pas que je serais très crédible parce que je n’y croirais pas moi-même. Je ne crois pas aux gens qui gagnent tout le temps et je les trouve assez emmerdants. Je trouve que les personnages qui réussissent ont quelque chose d’assez fatigant en soi. Il y a une phrase très belle d’Orson Welles qui dit : « Le cinéma ne s’intéresse pas aux trains qui arrivent à l’heure. » C’est un peu ça quoi. On aime bien les personnages qui n’arriveront pas à l’heure et qui ne sont pas du côté de ce qu’on définira « gagnant  » ou « perdant ». C’est pour ça que je n’aime pas le mot « loser ». Parce qu’en fait, ils nous ressemblent davantage et j’ai plus de vécu dans le côté « failles ». Je trouve ça plus intéressant et enrichissant à réfléchir parce qu’ici, ce qui est intéressant dans le film, c’est justement de se dire qu’il passe par cinq étapes. C’est pas un loser, c’est un gentil qui n’a pas de bol. Quand on regarde bien toutes les choses qui lui arrivent dans la vie, ça arrive à tout le monde dans la vie donc on ne peut pas dire que les gens sont des losers. Son sac poubelle s’ouvre au moment où il est devant l’ascenseur. Les gens l’insultent, ne lui disent pas bonjour quand il dit bonjour. Il pleut quand il sort du métro, son patron l’engueule alors qu’il a essayé de bien faire. Bon, c’est pas vraiment un loser. C’est un mec à qui on donne l’occasion de contrôler sa vie. Et parfois, on n’en a pas envie. D’ailleurs, c’est ce qu’il dit dans le film.

Pour être plus global par rapport à ta question, j’ai toujours aimé les personnages qui nous ressemblent. Parce que, souvent, on me rétorque la question en me disant que j’ai réussi plein de choses mais je ne suis pas d’accord avec ça. Les choses n’étant pas aussi manichéennes. On a l’impression qu’on réussit une chose et puis on échoue sur un autre truc. Ca dépend où on met ses ambitions en fait. Selon les ambitions et l’orgueil que l’on a… ou les rêves que l’on a en fait… Parce que, très souvent, les gens se trompent sur ce que l’on envisage vraiment dans la vie. On se fait une idée ou on montre une image différente… On n’ose pas dire ce dont on a vraiment besoin en fait parce qu’on a tellement peur que cela s’en aille. On ne peut pas résumer sa vie uniquement au travail. Bien sûr, je pense que le rapport amoureux passe avant tout. D’ailleurs, c’est très important dans le film de Philippe. Le rapport amoureux est très important : avec qui on partage sa vie… François Berthier, il est malheureux parce qu’en fait, sa femme le quitte, si on y réfléchit. Là, il vit seul dans un appart, il bouffe sa pizza tout seul… S’il était heureux avec sa femme, tout se passerait bien. Parfois, on se dit qu’il nous manque si peu de choses pour être heureux, mais on n’arrive pas à mettre le doigt dessus. Donc je préfère jouer ces mecs qui cherchent que ces mecs qui ont trouvé.


Pourquoi avoir refusé de jouer dans le premier Astérix (NdA : il avait décliné la proposition d’interpréter le personnage de Lucius Detritus, finalement attribué à Roberto Benigni) et accepté de tourner dans la troisième aventure cinématographique des personnages de Goscinny et Uderzo : Astérix aux jeux olympiques ?

Il y a deux raisons. Je trouve que le scénario du troisième est beaucoup plus drôle que le premier. Personnellement, je n’avais pas trop aimé le scénario du premier. Et deuxièmement, je sortais du film de Benoît Mariage (NdA : Les convoyeurs attendent) quand on m’a proposé Astérix. Il y a des films qui sont plus proches de vos préoccupations dans l’instant où vous les vivez. Au moment où j’ai fait le film de Benoît Mariage, c’était un film très important pour moi parce que ça parlait d’un milieu social qui était le mien. ça parlait d’un papa, quelque chose de très important dans ma vie. Quand Berry m’a proposé Astérix, c’est ce que je lui ai dit. Je n’avais pas envie de faire ce film-là. Je n’arrivais pas à passer à autre chose. J’avais envie de rester dans cette atmosphère. D’ailleurs, j’ai mis beaucoup de temps à tourner un autre film après Les convoyeurs attendent. J’ai fait Les portes de la gloire après parce que c’était un scénario que j’avais écrit, qui était plus proche de quelque chose qui me touchait, des gens qui ont du mal… Il y a des films que vous n’avez pas envie de faire. Il faudrait plus me demander pourquoi j’ai accepté Le boulet. J’avais envie de faire ce genre de films-là à ce moment-là. J’étais prêt à faire des films plus légers. Mais après Les convoyeurs, j’étais complètement dans des films plus dramatiques et le problème, c’est qu’on ne m’a pas proposé de films dramatiques. On m’a proposé Le vélo, mais je l’ai co-écrit. Les portes, je l’ai co-écrit aussi.

C’est simplement à partir d’
Entre ses mains que maintenant je commence à recevoir des rôles plus dramatiques. Comme le film de Nicole, qui est plus dramatique, et où on me fait plus confiance en se disant que je suis davantage capable d’interpréter des personnages plus dramatiques. Comme le film de Benoît, celui que je viens de faire - Cowboy -, qui est beaucoup plus dramatique. Il sera drôle mais ce sera un drame, c’est l’histoire d’un homme qui tombe. Mais c’est ma maturité aussi qui me permet de jouer ce genre de rôles. Je suis plus vieux. J’ai 41 ans. C’est le temps que moi je capte l’instant et j’ai tellement eu peur du ridicule…

Mais tout le monde a peur du ridicule…

Tout le monde, c’est vrai. Mais on n’ose pas le dire en fait. Mais quand j’ai fait Entre ses mains, j’avais une telle peur d’avoir l’air con. Donc j’apprends en fait. C’est pourquoi j’ai accepté de tourner dans cet Astérix. Parce que je suis content de ce que j’ai fait dans le film de Nicole. Et même pour Du jour au lendemain, il y avait des séquences, si je n’avais pas fait le film de Nicole Garcia ni le film de Benoît. Parce que c’est Benoît qui m’a appris à dire qu’on peut pleurer à l’image. Moi, j’aurais jamais osé. Et bien, je n’aurais jamais osé faire certaines scènes dans le film de Philippe Le Guay parce qu’il y a des trucs où tu te dis : « mais moi, je ne fais pas ça ; ça ne m’intéresse pas… » Je suis très pudique pour certains trucs. Il y a des choses qui me bloquaient, le fait de dire certaines choses… C’est moins vrai aujourd’hui. Je pense que tous les acteurs te diront pareil : ils apprennent. Et c’est comme ça qu’on apprend.

benoit,poelvoorde,du,jour,au,lendemain,asterix,podium,monsieur,manatane

Benoît Poelvoorde, invité de l’émission flamande De laatste show © Hélène Dehon



Benoît Poelvoorde, cet auteur

Selon moi, vous n’êtes jamais meilleur que dans ce que vous écrivez. Je pense à C’est arrivé près de chez vous, à Jamais au grand jamais, aux Carnets de Monsieur Manatane, et au film Le vélo de Ghislain Lambert

Ah oui ! C’est gentil ; vous connaissez bien ce que j’ai fait. En réalité, j’ai écrit Les portes de la gloire avec le même mec avec qui j’ai écrit Jamais au grand jamais et Les Carnets de Monsieur Manatane. Je comprends ce que vous voulez dire mais c’est une question de temps, c’est une question de disponibilité. Je suis d’accord avec ce que vous dites. En même temps, je garde l’énergie d’écrire pour moi. Les inutiles, ça fait maintenant trois ans que je m’y suis mis.

Ça avance lentement donc mais ça aboutira malgré tout bel et bien sur quelque chose de concret alors ?

Oui. Et en plus, plus tu grandis avec les films, plus tu vois les choses que tu ne veux plus faire ou pas faire. Je pense que je suis dans une tranche d’âge où il faut chercher beaucoup. J’ai eu une grande discussion il y a deux jours avec Bacri et Lindon. (NdA : Ils figurent, à l’instar de Benoît Poelvoorde, au casting de Selon Charlie.) Vous verrez ça dans Première, où on n’est pas du tout d’accord sur la manière dont on envisage les rôles. Moi, je suis dans une période de ma vie où je me dis que j’ai envie d’en faire beaucoup pour en apprendre beaucoup sur moi. Eux ne sont pas d’accord avec moi sur ce point. Ils disent qu’il faut sélectionner. Il faut arrêter de sacraliser ! Ensuite, le rapport au public joue un rôle important. Si le public ne veut plus te voir, il ne veut plus te voir. Moi, j’essaie d’entretenir avec les gens qui vont me voir un rapport presque de camaraderie. Je leur demande de me dire si c’est bien ou pas bien. Je cherche quoi… Je n’ai jamais dit que j’avais des réponses en fait. Je cherche et j’essaie de bien faire. Quand j’écris pour moi… Il faut bien savoir que Manatane et tout ça, ce n’est qu’après que ça a eu du succès. Parce qu’au début, les gens pigeaient que dalle ! Faut bien admettre que quand on a commencé à écrire Monsieur Manatane - les deux premières années, on passait à la fin de Nulle part ailleurs - les gens ne pigeaient pas. Ils disaient : « Mais qu’est-ce que c’est que ce truc de cons ? ».

Et c’est parce qu’il y a eu internet… On a sorti une cassette vidéo. La première cassette vidéo de Monsieur Manatane qui est sortie, ça ne s’est pas du tout vendu. Je crois qu’on a du en vendre 1000. Ça n’intéressait personne donc on s’est dit qu’il fallait se faire une raison ! Et ce n’est qu’après que les gens ont assimilé le truc. Canal ne voulait pas ressortir cette cassette et nous non plus en fait. On s’en foutait complètement ! Ce n’est que trois-quatre ans plus tard qu’ils m’ont appelé pour me dire qu’ils aimeraient bien ressortir Monsieur Manatane et faire l’intégrale. Je leur ai dit que je pensais sincèrement que ça n’intéresserait pas grand monde et donc que je m’en foutais de faire un DVD en plus. Je ne vais pas beaucoup sur le net et c’est un copain à moi qui m’a dit : « Mais t’es fou, va sur le net, ils se filent les trucs, ils les copient et tout ça. » Donc on est allé voir sur le net et c’est vrai qu’il y avait des aficionados. C’est vraiment le public qui a déterminé qu’il voulait voir Manatane. Donc en fait, je n’ai fait aucune promo pour Manatane. J’ai fait une seule télé. J’ai refusé de faire de la promo en disant que c’était pour les aficionados qu’on sortait le DVD et donc que je m’en foutais. Et on en a vendu 150 000 ou un truc comme ça, par rapport à 1600 au départ. Mais ça reste un truc destiné aux spécialistes quoi, pour les purs ! Je veux dire qu’on a fait plus d’entrées avec des films qui paraissent pour d’autres beaucoup plus légers. Mais tu vois, Le boulet fait 3 600 000 entrées ; Podium fait 4 millions. Mais tu feras 500 000 avec Les portes de la gloire. Mais pour l’argent qu’il a coûté… Les convoyeurs rapportera plus d’argent que Le boulet par exemple. Mais il faut se situer dans les choses… C’est-à-dire que si jamais je propose Monsieur Manatane au cinéma, mais t’as zéro hein ! Les gens vont dire qu’ils ne comprennent pas, qu’ils ne voient pas très bien où on veut en venir. Tu ne pourras pas faire du prime time avec Monsieur Manatane.

Vous en êtes sûr ?

Maintenant, d’accord. Mais il a fallu attendre cinq ans que le public des aficionados dise qu’il voulait avoir Monsieur Manatane en DVD. Mais je connais plein de gens qui ne comprennent pas Monsieur Manatane. Ma mère, par exemple. Elle va adorer un Philippe Le Guay. Je sais qu’elle va adorer ce film-là. Mais elle ne comprend pas très bien Monsieur Manatane. Ça ne la fait pas rigoler quoi. Le viking qui arrive avec des cornes… Elle ne comprend pas. Quelqu’un m’avait dit cette phrase magnifique concernant Monsieur Manatane : « Ca doit être plus gai à faire qu’à regarder ». Moi, je respecte ça. Mais c’est très compliqué de se positionner par rapport à des trucs comme ça.

Propos recueillis par Jean-Philippe Thiriart


benoit,poelvoorde,du,jour,au,lendemain,asterix,podium,monsieur,manatane

Le message laissé par Benoît Poelvoorde dans notre livre d'or, en mode Monsieur Manatane : « Merci à vous Chers lecteurs. Je vous embrasse. Et longue vie à Vous !! ».

08:41 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films, Interviews, Les " acteurs " du cinéma vous parlent ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : benoit, poelvoorde, du, jour, au, lendemain, asterix, podium, monsieur, manatane | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

Projection de L'Iceberg ce 12 juillet à Flagey

Ce mercredi 12 juillet (en présence des réalisateurs) et à cinq autres dates (du 15 juillet au 12 août), L'Iceberg sera projeté au Studio 5 de Flagey. Il s'agit du premier long métrage du trio Dominique Abel - Fiona Gordon - Bruno Romy. Tous trois œuvreront par la suite ensemble sur Rumba et La Fée avec, à chaque fois, Abel et Gordon devant la caméra en duo burlesque hors du commun. Cette année, le couple à la ville comme à l'écran nous a régalés avec son Paris Pieds Nus, dans lequel on retrouve avec plaisir l'inoubliable Grand blond Pierre Richard et la talentueuse Emmanuelle Riva dans ce qui sera son dernier rôle à l'écran.


iceberg,fee,paris,pieds,nus,abel,gordon,romy,50,cinema,belge,flagey

Abel et Gordon s'en donnent à cœur joie dans L'Iceberg


L'Iceberg sera projeté dans le cadre de la belle avanture 50/50 : Cinquante ans de cinéma belge, Cinquante ans de découvertes, sur laquelle nous ne manquerons pas de revenir bientôt. Une aventure organisée en partenariat avec la plateforme belge de vidéo à la demande UniversCiné, qui propose, entre autres, pas moins de 900 films belges aux amateurs de cinéma de chez nous ou à ceux qui ont simplement envie de le découvrir.


Notre rencontre avec Abel et Gordon


Dominique Abel et Fiona Gordon étaient venus présenter La Fée en avant-première au cinéma namurois Acinapolis. Une dizaine de spectateurs avaient ainsi pu découvrir via un de nos concours ce film qui avait fait l'Ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes. C'était en 2011.

À cette occasion, les sympathiques réalisateurs et acteurs avaient levé leur verre aux visiteurs d'En cinémascope, trois d'entre eux se chargeant de faire une critique-express de l'avant-dernier film du duo.

 



Notre présentation de L'Iceberg


L'Iceberg est donc l'oeuvre de trois metteurs en scène : Fiona Gordon, Dominique Abel et Bruno Romy. Les deux premiers forment le duo burlesque Abel et Gordon depuis plus de trois décennies et se sont ainsi associés au Français Bruno Romy pour la réalisation du film que nous vous présentons. Une comédie burlesque quasi muette basée sur un visuel très important, indispensable à la compréhension de la majorité des scènes, dont il fait la force.

Fiona, qui travaille dans un fast-food vit une existence tranquille accompagnée de ses deux enfants et d’un mari distrait prénommé Julien. Un soir, alors qu’elle range les condiments dans la chambre froide du restaurant, elle se retrouve accidentellement enfermée. Elle parvient à passer la nuit tant bien que mal avant qu’une employée ne la retrouve frigorifiée mais en bonne santé. Elle sera alors inexorablement attirée par tout ce qui est froid : des glaces du glacier à l’appel du grand nord. Elle fera la rencontre d’un marin sourd-muet et souhaitera partir à la recherche de... l’iceberg !

iceberg,fee,paris,pieds,nus,abel,gordon,romy,50,cinema,belge,flagey


L'Iceberg
est assez surprenant à premier abord. En effet, tandis que les premières scènes sont tout à fait compréhensibles, il faut attendre plusieurs minutes pour que les premières paroles fassent leur apparition. La première impression est que nous ne sommes pas devant un film mais bien au théâtre, tant le visuel occupe une place centrale et la gestuelle des acteurs est importante. Le duo Abel et Gordon fonctionne à merveille et on remarque aisément que leur complicité ne date pas d'hier.

Certaines scènes font également sourire en raison de la manière dont elles sont tournées. Même les effets spéciaux ont un côté atypique et décalé. Tous les personnages secondaires participent également au caractère burlesque de l’œuvre. La scène du coup de téléphone de Julien au maire  d’un village où se trouve Fiona vaut le détour à elle seule.
Les acteurs débordent d’énergie. Certains y verront même des caractéristiques empruntées à Charlie Chaplin. De quoi nous faire revivre des temps plus anciens du cinéma avec, toutefois, des actualisations bien réfléchies.


iceberg,fee,paris,pieds,nus,abel,gordon,romy,50,cinema,belge,flagey


Comment découvrir L'Iceberg et... le cinéma belge


Rendez-vous ce mercredi 12 juillet à Flagey pour L'Iceberg.

Et confortablement installés à la maison pour un regard multiple sur le cinéma belge avec la sélection 50/50 de UniversCiné !

Jean-Philippe Thiriart et Raphaël Pieters

23 Juil.

Coup de projecteur sur le palmarès des Magritte 2017 et... 10 DVD à gagner !

La 7e édition des Magritte du 7e Art s'est tenue ce samedi au Square, à Bruxelles, où le tapis bleu a été déroulé avec faste pour les acteurs de la profession.

Au palmarès, un grand gagnant : Bouli Lanners et son très beau Les premiers, les derniers. Meilleurs film et réalisateur pour le sympathique Liégeois, mais aussi Meilleurs acteur dans un second rôle pour l'hyper talentueux David Murgia, décors (Paul Rouschop) et costumes (Élise Ancion). Cette dernière, costumière coutumière de tous les films de Bouli, avait cosigné avec lui le scénario de son film précédent : Les Géants, lauréat de cinq Magritte également voici cinq ans !

_DSC5438.JPG
Bouli Lanners, grand gagnant des Magritte 2017


Et quelques beaux deuxièmes :

- Keeper : Meilleurs premier film (Guillaume Senez) et montage (Julie Brenta) ainsi que Meilleure actrice dans un second rôle (Catherine Salée),

- Parasol : Meilleure musique originale (Cyrille de Haes et Manuel Roland) et meilleure image (le génial Olivier Boonjing),

- La tortue rouge, qui signe un sans-faute avec deux Magritte pour deux nominations (Meilleur film étranger en coproduction  pour Léon Perahia et Belvision, et Meilleur son pour Matthieu Michaux) et...

_DSC5404.JPG
Jean-Jacques Rausin, sacré Meilleur acteur


- Je me tue à le dire, bien sûr ! Le film des amis Xavier Seron (auteur du Meilleur scénario) et Jean-Jacques Rausin (élu Meilleur acteur) en aura en effet lui-aussi séduit plus d'un. Ajoutons que le même Xavier Seron a également remporté un autre Magritte, avec son ami et coréalisateur Méryl Fortunat-Rossi cette fois. Et ce pour la deuxième année d'affilée. Leur chaud chaud chaud Plombier succédant à son grand frère L'Ours Noir sur la liste des lauréats du Magritte du Meilleur court métrage.

_DSC5355.JPG
Avec les réals du Meilleur court métrage : Xavier Seron et Méryl Fortunat-Rossi


Grands oubliés : L'économie du couple et Black. Nominés respectivement cinq et quatre fois cette année, le film de Joachim Lafosse et celui du duo flamand Adil El-Arbi - Bilall Fallah auraient sans doute mérité mieux.


Je me tue à le dire : 10 DVD à gagner !

Pour bien continuer l'année, nous vous offrons 10 DVD de Je me tue à le dire avec la complicité d'Universcine.be.
Le superbe premier film du Belge Xavier Seron, nominé pas moins de 7 fois aux Magritte du cinéma.

Avec, en suppléments, des entretiens avec le réalisateur et son acteur, et les courts métrages Mauvaise Lune et L'Ours Noir, coréalisés par Xavier et Méryl Fortunat-
Rossi comme précisé plus haut.

magritte,cinema,belge,bouli,lanners,rausin,concours,dvd


Pour gagner, rien de plus simple !

Envoyez un e-mail à jeanphilippe.thiriartATgmail.com dans lequel vous précisez en une ou deux phrases pourquoi c'est... VOUS qui devez recevoir ce bel objet, ainsi que vos coordonnées postales.

Les gagnants ? Les auteurs des dix mails les plus convaincants

À vos claviers : clôture du concours ce vendredi 10 février à minuit.

Bons films belges et bonne chance à toutes et à tous !


Jean-Philippe Thiriart

magritte,cinema,belge,bouli,lanners,rausin,concours,dvd


Le détournement En cinémascopien de l'affiche du film de Kubrick et le visuel du concours sont l'oeuvre du graphiste Antoine Leroy, les photos illustrant l'article, celles de Sandrine David !

23 Juil.

Les 7e Magritte du 7e Art, c'est ce soir !

C'est à 20 heures ce soir au Square que se tiendra la 7e cérémonie des Magritte du Cinéma. Ces Prix viendront récompenser, une fois de plus, les talents de notre 7e Art. À la barre, deux femmes, deux actrices : la passionnée et éclatante Virginie Efira dans le rôle de présidente et l'envoutante et multiple Anne-Pascale Clairembourg dans celui de la maîtresse de cérémonie.

Retransmises en direct et en clair sur Be tv et sa chaîne Be 1 ainsi qu'en streaming sur son site, les festivités verront 850 professionnels du cinéma belge récompenser le travail de leurs pairs : réalisateurs, acteurs et techniciens. Une bien belle occasion de mettre notamment en lumière certains métiers qui mériteraient de l'être plus souvent : directeur-photo, ingénieur du son, monteur - on en passe.

Dans le cadre d'un Cinevox Happening exceptionnel, le grand public pourra lui-aussi assister à la projection des Magritte dans un cadre unique : celui de la magnifique salle Grand Eldorado de l'UGC De Brouckère. Verre de bulles dès 19 heures, walking dinner après la cérémonie et... projection en avant-première de Paris pieds nus, la nouvelle comédie burlesque d'Abel et Gordon, présents pour l'occasion !

01.jpg


Et les nominés sont...

Cinq films se démarquent

Les premiers, les derniers du populaire Bouli Lanners mène sans surprise la danse avec huit nominations, ex-æquo avec le Keeper de Guillaume Senez, premier long présenté dans de nombreux festivals avant sa sortie chez nous.

Suivent, avec sept nominations chacun, les potes de l'IAD que sont Xavier Seron et Valéry Rosier. Tous deux ont déjà remporté le Magritte du Meilleur court métrage : le premier (en duo avec Méryl Fortunat-Rossi), pas plus tard que l'an dernier avec L'Ours Noir et le second, voici cinq ans, avec Dimanches. Cette année, c'est leur premier long métrage qui bénéficiera d'un beau coup de projecteur : Je me tue à le dire - notre grand coup de cœur de 2016 - pour Xavier et Parasol pour Valéry.

02.jpg
La joyeuse bande de Je me tue à le dire au Festival de Namur
© Sandrine David


N
otons que le huitième film - déjà - de Joachim Lafosse, le très applaudi à Cannes L'économie du couple, fait lui-aussi partie des favoris. S'il n'est nominé qu'à quatre reprises, il l'est dans les deux principales : Meilleur film et Meilleur réalisateur.

Les cinq films susmentionnés sont en lice pour le Magritte du Meilleur film, Je me tue à le dire, Keeper et Parasol étant bien sûr présents également dans la catégorie Meilleur... premier film. Cependant, un de leurs metteurs en scène, Guillaume Senez, manque à l'appel pour le Magritte du Meilleur réalisateur.

À
 signaler : l'absence des frères Dardenne et de leur Fille inconnue, qui en aura étonné plus d'un.


Du côté des comédiens

Si Virginie Efira fait figure de favorite pour le Magritte de la Meilleure actrice pour son rôle dans Victoria- elle est également nominée dans la section Meilleur second rôle pour le Elle de Verhoeven -, les choses sont moins claires du côté masculin. Le Magritte du Meilleur acteur pourrait ainsi aller tant au Cowboy François Damiens et à l'acteur-réalisateur Bouli Lanners (Les premiers, les derniers) qu'à - soyons fous - Jean-Jacques Rausin. Ce dernier interprète un premier rôle pour la... première fois dans Je me tue à le dire. Les votants ont choisi de l'inscrire dans cette catégorie alors qu'ils auraient pu le cantonner à celle du Meilleur espoir. Un signe ? Nous l'espérons de tout cœur !

03.jpg
La belle Virginie Efira, présidente ce soir et nominée à deux Magritte
© Rick Mc Pie


Le Magritte de la Meilleure actrice dans un second rôle devrait échoir aux sympathiques Anne Coesens (La taularde) ou Catherine Salée (Keeper) , à moins que Virginie Efira ne passe à côté de celui de la Meilleure actrice dans un premier rôle. Auquel cas c'est à elle que reviendra plus que probablement le trophée évoqué, tant elle est convaincante dans le vénéneux thriller du réalisateur de Basic Instinct. Le Magritte du Meilleur acteur dans un second rôle devrait quant à lui aller à David Murgia, hallucinant en jeune homme touchant dans le film de Bouli.

Rayon Meilleurs espoir, Martha Canga Antonio, déjà lauréate d'un Ensor dans le nord du pays, mérite également d'être récompensée aux Magritte pour son interprétation à fleur de peau dans Black tandis que Yoann Blanc, très convaincant dans Un homme à la mer, pourrait de l'avis général bénéficier de l'effet La Trêve, série-événement de la RTBF signée Matthieu Donck.


La suite de nos pronostics

Nous faisons les paris, peut-être un peu fous, que, ce soir :

- Black sera élu Meilleur film flamand,
- La tortue rouge, Meilleur film étranger en coproduction,
- Xavier Seron, Meilleur scénariste,
- Olivier Boonjing, Meilleur chef-op - et donc lauréat du Magritte de la Meilleure image - pour son travail sur Parasol (on lui doit également la superbe photo en noir et blanc de Je me tue à le dire),
- Arnaud Calvar, Julien Mizac et Philippe Charbonnel, Meilleur ingés sons (Je me tue à le dire),
- Julie Naas, Meilleur monteuse (Je me tue à le dire),
- Pornography (d'Éric Ledune), Meilleur court métrage d'animation,
- Le plombier (de Méryl Fortunat-Rossi et Xavier Seron), Meilleur court métrage de fiction,

04.jpg
Bien entouré par les réalisateurs du Plombier, déjà récompensés l'an dernier pour L'Ours Noir - © Sandrine David


- Intégration Inch'Allah (de Pablo Muñoz Gomez, réalisateur de Welkom), Meilleur documentaire,
et que le Magritte des Meilleurs décors et celui des Meilleurs costumes seront décernés respectivement à Paul Rouschop (Les premiers, les derniers) et à Nina Caspari (Black).

Et, enfin, que l'ingrédient majeur d'un film qu'est sa musique originale aura fait partie de la recette du compositeur Hannes De Maeyer (Black).

Au final, seul un Magritte est déjà connu : le Magritte d'honneur, qui viendra saluer le talent de l'acteur français André Dussolier.


Des programmations spéciales Magritte en TV

Sur Be 1 HD, ces samedi 4 et dimanche 5 février avec notamment :

- Le tout nouveau testament à 14h30 ce samedi 4, et
- Les premiers, les derniers à 21h ce dimanche 5.

05.jpg
Les scénaristes de Tango Libre, diffusé ce mercredi sur La Trois
© Simon Van Cauteren


Sur la chaîne La Trois de la RTBF avec notamment :

Tango libre de Frédéric Fonteyne, avec Jan Hammenecker, sur un scénario de Philippe Blasband et Anne Paulicevich, ce mercredi 8 février à 22h50.

Excellente cérémonie des Magritte du cinéma à toutes et à tous !

Jean-Philippe Thiriart

23 Juil.

Le Be Film Festival ? C'est parti !

Cette année, le Be Film Festival vaut à nouveau le déplacement. Lors de cette grande fête annuelle du cinéma belge, de nombreux films sont proposés aux festivaliers. Les deux implantations traditionnelles que sont Bozar et la Cinematek sont les théâtres de projections de films issus d'une programmation riche et variée qui réjouit petits et grands.

Au rayon des nouveautés, le Be Film Festival est prolongé de pas moins de trois jours pour accueillir plus de films, des professionnels étrangers et des city-tripeurs venus des quatre coins d’Europe.

Jusqu'au 30 décembre, vous aurez l’occasion de découvrir les derniers bébés de Felix Van Groeningen, Nic Balthazar, Joachim Lafosse, Erik Van Looy, Geoffrey Enthoven, mais aussi des frères Dardenne (La Fille inconnue - aujourd'hui, vendredi 23, à 21h15 à Bozar) et de Bouli Lanners (Les premiers les derniers - jeudi 29 à 19h à Bozar).

Hier soir, les festivaliers ont pu assister aux débuts de Jenifer sur grand écran dans le cadre d'une séance d'Ouverture sold out depuis plusieurs jours.
À partir d'aujourd'hui, ils pourront applaudir Vincent Lindon, Louise Bourgoin, Albert Dupontel, Barbara Sarafian, Koen De Graeve, Fabrizio Rongione, Peter Van Den Begin, Bérénice Bejo, Arié Elmaleh, Koen De Bouw, Adèle Haenel, Sam Louwyck, Jérémie Renier, Titus De Voogdt, Isabelle Carré, pour n'en citer que quelques-uns, le tout sous le bienveillant parrainage de Madame Marion Hänsel.


Marion Hänsel01.jpg
La marraine du Be Film Festival 2016, Marion Hänsel, très sympathique et disponible réalisatrice de
En amont du fleuve, au FIFF, à Namur, en octobre dernier

À épingler particulièrement les mardi 27, mercredi 28 et jeudi 29, à 17 heures, la projection à Bozar des 16 courts métrages pré-sélectionnés aux Magritte du cinéma. Pour rappel, la cérémonie de remise des Magritte aura lieu le samedi 4 février 2017 au Square à Bruxelles. En cinémascope y sera, comme c'est le cas depuis la première édition, et vous fera partager cet autre beau moment du cinéma belge.

Parmi les courts évoqués, nous serons particulièrement ravis de revoir le film Le Plombier du sympathique duo Méryl Fortunat-Rossi - Xavier Seron, que nous suivons de très près depuis plus de dix ans pour ce dernier et depuis son association avec Xavier pour Méryl. Remember un certain Mauvaise Lune et l'interview de l'équipe du film aux Magritte ?

Pour info, l'hyper jouissif Je me tue à le dire, premier long métrage de Xavier Seron avec Jean-Jacques Rausin, Myriam Boyer, Fanny Touron et Serge Riaboukine, entre autres, est pré-nominé dans pas moins de neuf catégories aux Magritte 2017 : Meilleur film et Meilleur premier film, Meilleur réalisateur et Meilleur scénario original (Xavier Seron), Meilleur acteur et Meilleur espoir masculin (Jean-Jacques Rausin), Meilleure image (que l'on doit à l'incroyable Olivier Boonjing), Meilleur son (Arnaud Calvar, Julien Mizac et Philippe Charbonnel) et Meilleur montage (Julie Naas, qui est de tous les films de Xavier). À ne pas manquer donc !


avec Méryl et Xa02.jpg
Bien entouré par Méryl Fortunat-Rossi et Xavier Seron, lauréats du Magritte du Meilleur court pour l'excellent L'Ours Noir aux Magritte 2016


Le Be Film Festival sera également l'occasion unique de revoir sur grand écran un très grand film lors de la fameuse séance du « film préféré des Belges ». Le public a ainsi pu voter sur le site du Festival pour sélectionner son film préféré parmi une sélection alléchante de huit films. Le long métrage qui a reçu le plus de votes sera programmé le mardi 27 décembre à 21h15 à Bozar. Son titre ? The Broken Circle Breakdown ou Alabama Monroe à l'international. Un grand, un très grand film, après une autre bombe l'an dernier : C'est arrivé près de chez vous, l'ovni de la bande à Rémi Belvaux.

Le Be Film festival, ce sont donc des films présentés bien souvent en avant-premières et souvent en présence des réalisateurs, réalisatrices et autres acteurs et actrices des films présentés. En un mot, ou plutôt cinq : une belle fête du cinéma !

À l'extérieur des salles obscures, d'autres éléments participant aussi au succès du Festival sont une fois de plus présents : le Be Bar pour boire, danser et manger non loin des équipes de films, disponibles pour une bonne papote, une expo photo pour découvrir les coulisses des tournages et... le Père Noël himself pour la séance famille !

_DSC340303.JPG
Bouli Lanners recevant En cinémascope pour son film Les Premiers les derniers, projeté le jeudi 29 à 19 heures à Bozar


Infos pratiques

Quand ? Jusqu'au vendredi 30 décembre
Où ? À Bozar et à la Cinematek
Combien ? 28 euros pour le pass, qui donne accès à toutes les séances du Festival
10 euros pour la Soirée de ré-ouverture du Be Film (Sonar, le 26 décembre à 19h30 à Bozar)
7 euros pour une séance classique à Bozar ; 4 euros à la Cinematek

Plus d'infos sur www.befilmfestival.be

Excellent Festival à toutes et à tous !

Sandrine David et Jean-Philippe Thiriart


Crédits photos : Sandrine David