23 Juil.

Les Premiers, les Derniers - Interview de Bouli Lanners

Tourné en... scope, Les Premiers, les Derniers est au cinéma depuis quelques semaines déjà. Il est toujours à l'affiche à Bruxelles et dans chacune des provinces wallonnes, à l'exception du Brabant wallon. Le métrage a remporté deux Prix lors de la dernière Berlinale, où il était inscrit dans la section Panorama. Son réalisateur et acteur principal, le Liégeois Bouli Lanners, nous a accordé un entretien chez le distributeur du film pour évoquer ce film plein de lumière. Le voici enfin retranscrit ci-dessous ! Les photos prises ce jour-là sont consultables sur notre compte Instagram.

Et n'hésitez pas à consulter nos autres articles autour de Bouli Lanners ! :

- son interview pour Les Géants
- celle de Fabrice Adde (vu il y a peu dans The Revenant) et la sienne pour Eldorado
- les quelques bons mots du fan de scope qu'est le réalisateur liégeois pour... En cinémascope
- notre critique express d'Ultranova, et
- l'interview tout aussi express de Bouli aux Magritte 2012.


Bouli Lanners et En cinémascope...


Synopsis du film

Dans une plaine infinie balayée par le vent, Cochise et Gilou, deux inséparables chasseurs de prime, sont à la recherche d’un téléphone volé au contenu sensible. Leur chemin va croiser celui d’Esther et Willy, un couple en cavale. Et si c’était la fin du monde ? Dans cette petite ville perdue où tout le monde échoue, retrouveront-ils ce que la nature humaine a de meilleur ? Ce sont peut-être les derniers hommes, mais ils ne sont pas très différents des premiers.

Notre cote : ***

Notre interview de Bouli Lanners

Dans Les Premiers, les Derniers, vous interprétez le personnage de Gilou. N'est-ce finalement pas, parmi tous les rôles que vous avez joués, celui qui est le plus proche de vous ?

Oui, c'est le plus proche. C'est même carrément une mise à nu. C'est un personnage qui est très proche de ce que je suis, de mes peurs existentielles, de cette référence que j'ai à la mort et puis surtout, aussi, de l'espoir que j'ai encore en l'homme. Parce que je crois toujours encore fondamentalement en l'homme et je ne pense pas que ce soit la fin du monde du tout. Même si le film parle un peu de ça.

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Bouli Lanners et Albert Dupontel, unis par une amitié sincère à l'écran comme dans la vie


On retrouve une fois de plus dans votre film de grands paysages, de longues étendues... Pourriez-vous nous parler de votre travail sur le cadre ?

Le cadre est donc très proche de ce que je fais en peinture. Il raconte l'histoire. Dans la grammaire du cinéma, c'est le cadre qui permet de faire la mise en scène. Ici, il y a une référence directe à ma peinture dans les couleurs, dans le cadre, avec une ligne d'horizon très basse. Avec un format : le scope, qui est le format récurrent de mes films. Et avec également une absence de verts dans les gammes de couleurs, en restant dans les bleus outremers, les bruns foncés, les terres de Sienne. Et puis avec un horizon et un ciel très haut. Le cadre correspond donc à la peinture et est influencé par celle-ci même s'il ne s'agit pas ici d'une peinture mais bien d'une fiction.

Le travail que vous avez effectué sur le son est intéressant lui aussi. Après avoir travaillé sur Les Géants avec The Bony King of Nowhere, vous privilégiez cette fois-ci une couleur musicale différente...

La musique, ici, c'est plus du dark folk. vraiment une espèce de folk sombre, qui vient directement des 16 Horsepower, un groupe que j'ai beaucoup écouté pendant l'écriture du film. Pascal Humbert en est un des maîtres d'œuvre. Il est revenu en France entre-temps pour former Détroit avec Bertrand Cantat. On a donc contacté le groupe, qui a fait une session d'enregistrement de laquelle on a retiré un seul morceau. Cela m'a permis, par la suite, de retravailler avec Pascal Humbert. Et on a repris des musiques issues des formations avec lesquelles il a évolué. Il faut savoir qu'il a vécu aux États-Unis pendant 22 ans. Outre les 16 Horsepower et Détroit, il a fait partie des Wovenhand et de Lilium. Et puis il a fait toutes les musiques additionnelles pour uniformiser toutes ces musiques, pour faire le liant entre elles.

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Les Premiers, les Derniers est-il un western moderne ? Si oui, quelles sont vos grandes influences dans ce genre à part du cinéma ?

Je pense que Les Premiers, les Derniers aborde une thématique qui n'est pas propre au western mais utilise, dans la forme, les codes du western. Dans la mesure où il faut que ça reste quelque chose qui soit formellement attractif quelle que soit la thématique. Et parce qu'il faut se faire plaisir. Je voulais faire un beau film et le western permet aussi très fort d'utiliser les paysages. Quant aux influences, il n'y en a pas une en particulier. Je veux dire par là que j'ai des influences qui ne sont pas liées au western. J'ai vu beaucoup de westerns quand j'étais jeune et j'en ai revu pas mal dernièrement. Et il y a quelque chose de récurrent dans tous ces films, que j'utilise ici même si mes références cinématographiques sont plutôt liées à des films comme les films de Jim Jarmusch. Ou même de Wim Wenders, qui faisait déjà des films américains tout en les faisant en Allemagne. Ou même Kaurismaki, dont le cinéma est certes très finlandais mais avec aussi beaucoup de références aux films américains. Je suis donc plutôt influencé par des cinéastes qui ont eux-mêmes été influencés par le western.

Vos dialogues sont justes et concis, laissant une grande place aux regards. Que disent-ils de vos personnages dans ce film-ci ?

Ici, les regards parlent beaucoup d'amour. Il y a beaucoup de bienveillance d'un personnage à l'autre. Il y a de l'amour entre deux personnages : entre Esther et Willy, c'est de l'amour pur. Il y a de l'amitié : une vieille amitié forte et sincère entre Cochise et Gilou. Donc là, c'est une autre forme d'amour : de l'amitié avec de la bienveillance. Et puis, il y a le regard de Jésus sur Willy, le regard de Jésus sur Gilou, le regard de Clara sur Cochise, le regard de Clara sur Esther... Tous ces regards sont remplis d'amour, d'humanité et de bienveillance. Et mon film parle de cela.

Vos personnages, parlons-en justement, sont interprétés par d'excellents acteurs. Vous avez ainsi réuni ici, à vos côtés, un casting cinq étoiles avec notamment les acteurs Albert Dupontel, David Murgia, Serge Riaboukine, et Mes-sieurs Michael Lonsdale et Max Von Sydow. Ainsi que les actrices Suzanne Clément et l'incroyable Aurore Broutin.
Comment définiriez-vous, en quelques mots, le jeu de ces comédiens ?

Je crois que j'ai un des plus beaux castings dont je puisse rêver. Avec trois générations de comédiens : Max et Michael, les anciens ; toute une génération de comédiens de mon âge - Albert, moi-même et Suzanne Clément, que l'on connaît à travers les films de Xavier Dolan. Et puis il y a les amis : Serge Riaboukine, Philippe Rebbot, Virgile Bramly, Lionel Abelanski...
Et alors il y a les découvertes : Aurore et David. David, c'est le comédien belge qui va monter. Son physique a quelque chose de presque pasolinien. Son jeu est d'une gamme incroyable. Il accroche l'image. Il écrit aussi des seuls-en-scène et a un collectif : le Raoul Collectif. Et puis il a fait Le Discours à la nation, une pièce de théâtre qui tourne beaucoup. C'est quelqu'un qui est très investi aussi socialement et artistiquement dans son pays et qui tourne beaucoup à l'étranger.
Et puis Aurore, c'est la petite perle, celle qu'on trouve par hasard et qui incarne à merveille un personnage très complexe - le personnage d'Esther est très difficile à interpréter. Elle le fait avec une immersion totale et est donc parfaite. Pour la connaître un peu, je peux vous dire qu'elle n'est pas du tout comme le personnage du film : c'est une espèce de guerrière du nord, comme Corinne Masiero.
Je pense par conséquent que ce sont des comédiens en devenir, qu'on va revoir plus tard. Et j'ai une qualité de jeu assez exceptionnelle dans ce casting. J'ai travaillé avec des comédiens qui incarnent les personnages dans leur chair, d'une manière absolue, ce qui permet alors les silences. Les personnages existent aussi dans les silences. Mais un personnage qui existe dans les silences, c'est un personnage qui doit être fortement incarné et, ici, j'ai des comédiens qui incarnent très fortement les personnages.

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Mes-sieurs Michael Lonsdale et Max Von Sydow font partie du casting cinq étoiles du film


Pourriez-vous s'il vous plaît évoquer votre rencontre avec Michael Lonsdale, que vous avez eu un plaisir communicatif à retrouver avant la sortie du film à la Cinematek pour un échange avec le public ?

Tout à fait ! Parce que quand Michael Lonsdale parle, il est intarissable. D'abord, il a une voix qui envoute et puis, surtout, il a des anecdotes incroyables à raconter. C'est toute l'histoire du cinéma qui défile quand il parle de Marguerite Duras, de Mocky, de sa vie au Maroc quand il était jeune, de la guerre, de ce qu'il a vécu... On a juste envie de se taire et de l'écouter. Donc j'étais bien moi, ce jour-là, à l'écouter dans mon fauteuil à la Cinematek ! C'était super. Ça aurait pu continuer d'ailleurs. La rencontre avec Michael, c'était comme ça : on rencontre un monsieur, quelque qui dégage quelque chose, qui a une aura très forte, et qui dégage aussi énormément de bienveillance et de douceur. Parce qu'il donne beaucoup, Michael Lonsdale. Il est âgé mais, malgré tout, il fait des conférences, il fait des lectures, il fait des rencontres. C'est quelqu'un qui reste très impliqué dans la vie et donc pour quelqu'un comme moi, c'est important de rencontrer quelqu'un comme lui. Parce que ça me redonne du kick. Ça me relance. Et j'en ai parfois besoin.

Le cinéma français a son acteur espagnol attitré : Sergi López. Le cinéma belge a, lui aussi, son acteur... français cette fois, récurrent : je pense à Serge Riaboukine. Vous jouiez à ses côtés dans Je suis mort mais j'ai des amis, présent aux Magritte et aux César cette année. Ici, vous le dirigez en plus. Un double malin plaisir alors ?

Diriger les amis, c'est toujours plus facile parce qu'on peut tout leur dire. Et puis, on les connaît. Ça permet aussi de connaître leurs failles, de savoir aussi à quel moment ils sont fragiles. De savoir ce qu'il faut faire pour arriver à ce qu'on veut. C'est un plaisir quand on a des amis qui sont de bons comédiens. Évidemment, si on doit faire tourner des amis qui sont de mauvais comédiens et qu'on doit essayer d'en tirer quelque chose, ça ne marche pas bien. Mais quand ses amis sont de bons comédiens, c'est un vrai plaisir de travailler avec eux, tant c'est facile de les diriger.

Votre film est dédié à la mémoire d'Alain Peeters et Didier Toupy, décédés il y a peu. Quels souvenirs gardez-vous de ces deux compagnons de route ?

Alain Peeters, il fait partie de cette famille de cinéma qui est la mienne, celle avec laquelle je travaille depuis le début. C'était notre chef-électro. On l'appelait « le sergent ». Parce qu'un tournage, même si je n'ai pas fait la guerre, c'est un peu comme aller au front : il y a quelque chose de très hiérarchisé, un groupe humain très fort qui doit être uni contre pas mal d'ennemis : les impératifs, les imprévus, la météo, le temps qui passe, etc. Alain Peeters avait ce côté rassurant d'un sergent qui protège ses troupes. Vous voyez : ce mec un peu plus costaud que les autres, qui va au front et qui les protège. On avait besoin de lui donc il nous manque beaucoup. Sa mort a été une vraie déchirure pour pas mal d'entre nous. C'est le premier membre de notre équipe que nous avons perdu.
Et puis Didier Toupy, c'était ma mascotte. On le retrouve dans tous mes films. C'est avec lui que j'ai fait mon premier film : Travellinckx. C'était une figure quasi légendaire à Liège et il est mort à la fin du mixage. J'ai donc perdu deux des amis qui font partie de cette famille parce que j'ai l'âge auquel on commence à perdre des gens. Et donc finalement, le film, qui parle de cette échéance, répond à la question : il faut continuer à vivre pleinement le temps qui nous reste à vivre !

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Jean-Philippe Thiriart

Crédits photos :
- Interview : Sandrine David pour En cinémascope
- Film : O'Brother Distribution

23 Juil.

Le ZomBIFFF Day en images !

Notre album photos du ZomBIFFF Day ?

C'est signé Simon Van Cauteren de Simon Van Cauteren - Photography et c'est...


... ici !

 

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18:09 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Bilans de festivals, Photos, Présentations de festivals | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bifff, zombifff, festival, film, fantastique, bruxelles | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

Après la Clôture du FIFF, les lauréats et invités en images

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Nabil Ben Yadir, membre du Jury Officiel

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Le rappeur Pitcho

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Abel Jafri et Toulou Kiki, acteurs principaux de Timbuktu

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Abel Jafri et Toulou Kiki

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Abel Jafri, Toulou Kiki et Stefan De Potter de Cinéart

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Les acteurs Abel Jafri et Toulou Kiki, et Stefan De Potter et Brigitta Portier, respectivement distributeur et attachée de presse chez Cinéart

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L'équipe de Timbuktu - film distribué par Cinéart -, encore et toujours !

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Safy Nebbou, président du Jury Officiel

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Astrid Whettnall, membre du Jury Courts métrages

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Olivier Smolders, réalisateur de La Part de l'Ombre

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Daniel Touati, réalisateur de Frère et sœur

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Bernard Bellefroid et Patrick Quinet, réalisateur et producteur de Melody

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Henk Cluytens, distributeur de Mommy, lauréat de trois Bayard d'Or

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Cédric Ido, réalisateur de Twaaga

17:35 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Bilans de festivals, Photos, Présentations de festivals | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fiff, festival, international, film, francophone, namur, mommy, timbuktu | |  Facebook | |  Imprimer |

23 Juil.

La cérémonie de Clôture du FIFF en images - 2/2

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Le jeune président du Jury Junior entouré de Toulou Kiki et Abel Jafri

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Nabil Ben Yadir, membre du Jury Officiel

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Nabil Ben Yadir entouré de Toulou Kiki et Abel Jafri

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Kaveh Bakhtiari et Henk Cluytens de O'Brother

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Henk Cluytens, entouré de Maud Wyler et Fatou Wyler

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Safy Nebbou et Rodolphe Molla

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Le 29e FIFF se clôture...

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... pour nous revenir l'an prochain pour...

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... fêter ses 30 ans !

21:27 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Bilans de festivals, Photos, Présentations de festivals | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fiff, festival, international, film, francophone, namur, nabil, ben, yadir | |  Facebook | |  Imprimer |

La cérémonie de Clôture du FIFF en images - 1/2

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Jean-Louis Close et Nicole Gillet

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Jean-Louis Close, Nicole Gillet et Audrey Tautou, Coup de Coeur de ce 29e FIFF

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Audrey Tautou entourée de Jean-Louis Close et Nicole Gillet

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Milo Gony et Pitcho

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Ann Sirot en... coq !

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Olivier Smolders, réalisateur de La Part de l'Ombre

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Gerlando Infuso et Astrid Whettnall

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Cédric Ido et Astrid Whettnall

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Maxime Prévot et Bernard Bellefroid, accompagné de son actrice principale, Lucie Debay

11:38 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Bilans de festivals, Photos, Présentations de festivals | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fiff, festival, international, film, francophone, namur, audrey, tautou | |  Facebook | |  Imprimer |