19 avril

Coup d’œil sur le BIFFF 2018

Encore une fois, le Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF) nous aura gâtés cette année. Certes c’est devenu une habitude au fil des ans mais cette année pourrait bien être marquée d’une pierre encore plus blanche tant la sélection et les surprises de cette édition 2018 auront été de taille. Bien entendu la liste ne comportait pas uniquement des bandes dignes d’entrer au panthéon du film de genre mais ne faut-il pas se taper parfois quelques bouses pour encore plus apprécier des films de qualité ?
Compte-rendu de notre festival.

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DOWNRANGE (2017 - USA) de Ryuhei Kitamura


Comme entrée en matière, Downrange est loin de laisser une trace indélébile dans les mémoires avec cette histoire de six jeunes (trois mecs, trois filles, parité oblige) covoiturant sur les routes californiennes et pris pour cibles par un mystérieux sniper doté d’un stock de munitions proche de celui d’un bataillon complet.

On attendait beaucoup de ce film vendu comme un concentré de terreur pure mais surtout réalisé par Kitamura (Midnight Meat Train – 2008). Mais force est de constater que le film est loin de tenir ses promesses par un manque de rythme certain. Quelques passages intéressants tirant vers le gore pur jus sont là pour rattraper le coup mais après une heure seulement. On regarde donc sa montre et on se dit que si on aime ce schéma de survival, autant se retaper Les Proies (2008 – de Gonzalo Lopez-Gallego) dans lequel la tension était nettement plus palpable.

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BELZEBUTH (2017 - Mexique) d’Emilio Portes


Environ tous les 1000 ans, Jésus revient sur terre, comme il l’avait promis au moment de se faire crucifier. Mais bien sûr, pour cela, il est obligé de se trouver un hôte (la plupart du temps un gosse) comme enveloppe corporelle, chose qu’est bien obligé de faire Belzebuth aussi s’il veut se débarrasser de son rival. Une infirmière qui fait un carnage dans une maternité, un gosse qui dérouille ses copains de classe et une femme de ménage qui joue avec l’électricité dans une piscine remplie de gamins, le tout au Mexique, plus de doute, ce pays aura été choisi comme nouvelle terre d’affrontement entre le Bien et le Mal. Le flic du coin aura fort à faire pour mettre un terme au combat.

Première très belle surprise du BIFFF 2018, Belzebuth est un film qui se dévore et ne met pas des plombes à démarrer grâce à une scène osée mais bougrement efficace. Le choix des acteurs donne une réelle authenticité aux personnages et les théories développées (rappelons que nous sommes au Mexique, terre de croyances) permettent au spectateur d’être tenu en haleine. Bien que le film ne soit pas parfait et pèche parfois à cause de scènes quelque peu grotesques, il n’en représente pas moins une petite perle de cinéma fantastique à classer dans notre top 5.

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TERRIFIED (2017 - Argentine) de Demian Rugna
Titre original : ATERRADOS


Descendons un peu plus en Amérique du Sud pour nous retrouver en Argentine où un quartier est en proie à toute une série de phénomènes inexpliqués se produisant depuis plusieurs années aux quatre coins du monde, dans des endroits où seuls des enquêteurs spéciaux sont à même de s’enfermer pour étudier selon eux « lumière et obscurité qui partagent une même réalité, un même esprit au même moment ».

Avec sa structure en flashbacks, Terrified est une bande intéressante. Un film sur le paranormal relativement bien réussi où l’ambiance lourde est retranscrite à l’écran par des éléments simples (claquements de portes avec nettement plus d’effets que dans un Paranormal Activity par exemple). Pour son second long-métrage, Demian Rugna signe une petite réussite dotée d’une photo rendant de fort belle manière l’atmosphère relatée.

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VERONICA (2017 - Espagne) de Paco Plaza


Pour continuer dans le genre des films d’esprits démoniaques latins, arrêtons-nous en Espagne avec le dernier méfait de Paco Plaza, co-auteur, avec Jaume Balaguero, de la franchise REC. Faut-il encore le rappeler ?

Inspiré d’un fait réel (élément on ne peut plus vendeur ces dernières années, tout comme les films de possessions finalement), Veronica nous narre l’histoire d’une jeune adolescente madrilène qui, en 1991, suite à une séance de ouija avec ses amies, s’est retrouvée aux prises avec une entité mystérieuse. La légende et les recherches internet affirment que ce dossier fut le premier à comporter un rapport mentionnant clairement des constatations de phénomènes paranormaux.

Paco Plaza nous revient donc avec ce film qui n’apporte rien de vraiment neuf sous le soleil. Certes le film se laisse regarder malgré une mise en place un peu longuette mais le schéma reste on ne peut plus classique. On demeure simplement curieux par rapport au fait que les évènements se soient réellement produits. Pour info, le film est disponible sur Netflix.

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EX FUNERIS (2018 - Belgique) d’Alexandre Drouet


Sur le papier, Ex Funeris laissait espérer du bon, du classique mais du bon. En racontant l’histoire d’une société capable de faire revenir les morts à la vie, les questions éthiques et la réappropriation du mythe du zombie sur fond de « post-apo » tourné en noir et blanc auraient pu être intéressants. Surtout que lorsqu’on se renseigne un peu, on se rend compte que s’il a été présenté ici en 2018, Ex Funeris a été tourné entre 2010 et 2012, signe que le réalisateur a cru en son projet au point de s’y investir sur le long terme, c’est le moins que l’on puisse dire. Malheureusement un jeu d’acteurs aux abonnés absents a très rapidement fait décrocher votre serviteur.

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DHOGS (2017 - Espagne) d’Andres Goteira


Contraction de « Dog » (chien) et « Hog » (porc), Dhogs veut dresser un tableau de la raclure humaine. Différents portraits sont dressés, différents destins développés. On y croise un homme d’affaire volage, un taximan travesti, une cinquantenaire qui se prostitue derrière la vitre d’une station essence ou encore un « campesino » (équivalent espagnol d’un « redneck ») un poil pervers accompagné de son chien. Ça brasse assez large niveau personnages, ça manque parfois cruellement de rythme et on se demande de temps à autre où le réalisateur veut emmener le spectateur mais le tout n’est pas trop mal ficelé quoique parfois peut-être un peu trop conceptuel. Mais Dhogs ressort tout de même avec le Prix de la critique du Festival.

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BEYOND SKYLINE (2017 - UK/Chine/Canada/Indonésie/Singapour/USA) de Liam O’Donnel


Au retour du commissariat de Los Angeles où Mark est encore une fois allé chercher son fils, qui s’est fait pincer pour une bagarre, la ville est attaquée par une flotte de vaisseaux extraterrestres. Voilà pour le pitch.

Suite du Skyline des frères Strause, Beyond Skyline aura été l’un des gros divertissements visuels de cette année. Le genre de film où vaisseaux et aliens sont esthétiquement intéressants, où les bastons divertissent mais où malheureusement Iko Uwais (The Raid, Merantau…) fut quelque peu sous-exploité. Qu’à cela ne tienne, le film représente un petit plaisir coupable qu’on n’aura pas boudé.

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A SPECIAL LADY (2017 - Corée du Sud) d’An-Kyu Lee


Une organisation criminelle tient des gros bonnets par les couilles grâce à des vidéos filmées dans des chambres où ces influents personnages s’adonnent avec des jeunes femmes à des parties parfois bien plus que fines. Derrière cette structure se cache une femme puissante et dangereuse. Mais lorsqu’un procureur véreux, bien décidé à se venger de s’être fait avoir, découvre qu’elle cache un fils depuis presque 20 ans, sa possibilité de se venger est toute trouvée.

Cette sorte de House of Cards dans les coulisses du crime organisé n’est ni plus ni moins que l’un des films forts de ce BIFFF 2018. Avec ce personnage féminin vengeur et prêt à tout, interprété par une Hye-Su Kim incroyablement convaincante, le réalisateur An-Kyu Lee (scénariste en 2008 du barré Le Bon, la Brute et le Cinglé) signe un véritable coup de poing cinématographique comme premier long-métrage en tant que réalisateur. Tout y est pour que la sauce prenne de fort belle manière : une histoire captivante, une violence qui la sert, un rythme calculé, la symbolique de la femme forte mais également la vengeance, le business, le pouvoir et la manipulation comme fils conducteurs. Le clivage entre bien et mal est exploité de telle sorte que les questionnements ne manquent pas : L’homme de pouvoir est-il une pourriture ? Le criminel endurci a-t-il encore certaines valeurs ? … Un film réussi de bout en bout qui est à ranger parmi nos gros coups de cœur et qui, en plus, est reparti avec une Mention spéciale dans la compétition pour le Prix du Meilleur thriller.

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TRAUMA (2017 - Chili/Nouvelle-Zélande) de Lucio Rojas

Quatre jeunes femmes décident de s’offrir un bon bol d’air et d’amusement dans le fin fond de la campagne chilienne. Si le tout commence admirablement bien, la suite va virer au cauchemar avec la visite impromptue d’un homme rompu à la torture et de son fiston.

Trauma ou l’archétype du film survendu. Si on l’annonçait comme la bande la plus violente et dérangeante depuis A Serbian Film, remettons d’emblée les choses dans leur contexte. Certes Trauma est violent, certes plusieurs scènes sont osées mais le côté psychologique est très vite mis de côté au détriment d’un amoncellement de tortures en tout genre qui finalement n’a plus grand sens tant le film passe à côté de son propos. Le réalisateur Lucio Rojas voulait une critique des atrocités que le régime Pinochet a pu faire subir à la population chilienne (en prendre pour preuve le dossier de presse que l’équipe du film diffusait et dans lequel ces violences étaient sommairement expliquées), malheureusement on se retrouve face à un mélange de home invasion et de rape and revenge plutôt qu’à un véritable questionnement historico-politique pour le spectateur. Pour ça, on se tournera vers de bons documentaires. Très dommage.

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DOUBLEPLUSUNGOOD (2017 - Belgique) de Marco Laguna


Dago Cassandra est un truand, mais pas n’importe lequel, un truand qui revient dans son royaume après 15 ans pour éliminer les 12 apôtres de Lucifer.

Script assez fou pour un film qui l’est tout autant. Réalisé par l’ancien chanteur de La Muerte (groupe belge de gros rock pour ceux que ça intéresse), Doubleplusungood a été tourné sur cinq ans en super 16, ce qui lui confère une esthétique et un grain à la « grindhouse » particulièrement plaisant. Point de vue image, bande son, voix, musique et bruitages, l’ambiance dégagée par le film est à mi-chemin entre le poisseux et l’envoûtant, le film noir et le film d’horreur. Un long-métrage inattendu, singulier, qui ne manque pas d’idées au niveau de sa mise en scène (cette scène de poursuite en voiture, aaaaah) où le personnage principal, avec sa gueule à la De Niro, assure le rôle du bandit en quête de vengeance ou de rédemption avec une aisance déconcertante. Mystique voire christique, la surprise est de taille.

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FREEHOLD (2017 - UK) de Dominic Bridges


Hussein est un agent immobilier mais surtout un petit con bordélique. Ce qu’il ignore, c’est qu’il ne vit pas seul dans son appartement car, lorsqu’il est absent, un mystérieux colocataire aussi grand que maigre sort de sa cachette et profite des lieux. Si au départ, ce qu’il y fait n’a rien de méchant, l’escalade dans le crade sera rapide. Pourquoi est-il là ? D’où vient-il ? C’est toute l’intrigue.

Inspiré au réalisateur par un fait divers hong-kongais où une femme aurait vécu durant trois ans derrière un frigo dans un appartement, Freehold est le genre de comédie gentiment noire qui fait bien sourire. Idées cocasses et subtilités sont au rendez-vous tant et si bien qu’on s’attend à une belle surprise en termes de dénouement. Néanmoins, ce dernier nous a semblé relativement plat et vite torché. Pas génial donc.

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HUNTING EMMA (2017 - Afrique du Sud) de Byron Davis


Deon Meyer est un très célèbre auteur de best-sellers. Entre deux bouquins, et quand ça lui prend, il se met à écrire des scénarios. Le problème est que la manière dont il les écrit n’est pas la plus cinématographique qui soit. Et le cas de Hunting Emma en est la parfaite illustration. Certes le personnage d’Emma, en plus d’être canon, est assez attachant mais malheureusement son histoire l’est moins. En gros, une institutrice décide d’aller rendre visite à son père pendant les vacances. Ce père, ancien membre des forces spéciales, habite dans la savane. Sur la route, pas de bol, une panne de voiture va précipiter notre sympathique héroïne sur le chemin d’une bande de vilains voyous qui se verront obligés de l’éliminer. Enfin, essayer de l’éliminer parce qu’il y a de fortes chances que le père d’Emma, vu son passé, lui ait appris quelques trucs et astuces qui pourraient bien lui servir.

Cette histoire de Lara Croft sud-africaine aurait pu séduire. Cependant, il est clair que la narration du film et les moments où on s’attarde à outrance sur des passages qui ne peuvent pas être aussi longs au cinéma font clairement tache. Dans un roman, une description beaucoup plus fouillée d’un personnage sur plusieurs pages est tout à fait permise, mais pas sur celles d’un scénario. Que Deon Meyer continue ses bouquins car apparemment ça, il le fait bien.

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CHARISMATA (2017 - UK) d’Andy Collier et Toor Mian


Rebecca, flic au bout du rouleau, est confrontée à une affaire de tueur en série aux rituels sataniques dans laquelle elle cible directement un suspect. Si elle a pu faire ses preuves autrefois, elle peine à se faire entendre aujourd’hui, surtout avec les casseroles qu’elle traine derrière elle. Elle persévère bien sûr et ne lâche pas l’affaire mais jusqu’à quel point pourra-t-elle tenir face à ses démons ?

Charismata est le genre de thriller surnaturel loin d’être dégueulasse de prime abord. Le film se veut sérieux mais ne manque pas les quelques occasions de lâcher un trait d’humour british. Un X-Files-like (pour le genre d’affaires traité et aussi pour la tension, parfois sexuelle, qui règne entre les deux enquêteurs principaux) qui fonctionne mais seulement jusqu’à un certain point. Le problème n’est pas forcément la baisse d’intensité due au fait qu’on s’attarde parfois un peu trop sur le personnage principal, mais que l’ensemble soit pas mal foutu du tout mais entaché par une tournure un peu trop grotesque dans sa dernière partie.

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THE PLACE (2017 - Italie) de Paolo Genovese


Sans conteste l’OVNI de cette édition 2018, le nouveau film de Paolo Genovese (Perfect Strangers en 2016 « remaké » par Alex de la Iglesia en Espagne et Fred Cavayé en France, c’est lui) est un huis clos dans un bar-restaurant. Au fond de l’établissement, assis à la même table jour et nuit, un mystérieux inconnu muni d’un agenda de la taille d’un grimoire. Chaque jour, des inconnus viennent auprès de lui en « consultation ». Pourtant il n’est ni médecin, ni psychologue. Il semble juste capable de réaliser les vœux de ses clients à condition que ceux-ci, en contrepartie, accomplissent une tâche qui n’est jamais des plus catholiques. Un mal pour un bien en somme.

Le huis clos est un exercice cinématographique périlleux, mais Paolo Genovese réussit un véritable tour de force en proposant un film dont le rythme se base de fort belle manière sur le scénario et les dialogues des personnages. Certes, The Place aurait pu être amputé de 15 minutes mais malgré cela, on ne peut que saluer la maîtrise dont a fait preuve le réalisateur italien. Certes, la question nous titille toujours un peu de savoir ce qu’un film pareil faisait dans la sélection du BIFFF, même si les possibilités d’interprétations fantastiques sont multiples, mais au final on se dit que ça n’a peut-être pas beaucoup d’importance.

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THE ENVELOPE (2017 - Russie) de Vladimir Markov
Titre original : KONVERT


Au vu du titre, il doit sûrement y avoir du courrier dans l’histoire me direz-vous. Et votre serviteur de vous répondre : bien vu.

Igor, chauffeur un peu VIP d’une société moscovite, se voit confier une mission par la craquante petite secrétaire : porter un courrier livré par erreur à ladite société à deux rues de là. Alors qu’il se trompe une première fois d’adresse, puisqu’elle a la manie de se modifier à même l’enveloppe, et rencontre une dame pas super agréable qui le convainc de poursuivre sa « mission » à la condition de ne jamais essayer d’ouvrir ce courrier, Igor s’embarque dans une mésaventure qu’il ne soupçonnait pas, faite de réflexion sur son passé et autres joyeusetés.

Vous aurez remarqué que souvent, dans nos critiques, nous abordons le problème du timing et du rythme des films. Pourquoi ? Simplement parce que ça nous paraît important et qu’un timing parfait contribue grandement à l’appréciation d’un métrage. Et bien ici, nous sommes un peu devant le contre-exemple du bon rythme tant The Envelope paraît durer 2 heures alors qu’il ne fait… qu’1h15 (probablement le film le plus court de cette édition 2018). Pourtant, et c’est bien dommage, l’histoire n’est pas inintéressante mais il faut se rendre à l’évidence, Vladimir Markov a semble-t-il eu quelques difficultés à la retranscrire efficacement à l’écran. On a l’impression de se trouver devant un melting pot d’idées inachevées servi par des acteurs pas toujours au top de leur forme. Il reste que la photo rend bien. C’est déjà ça.

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PARTY HARD, DIE YOUNG (2018 - Autriche) de Dominik Hartl


Plusieurs jeunes de la même classe terminent leur année scolaire en allant s’éclater sévère dans l’une des plus grosses fiestas d’étudiants en bordure de plage. Tout va pour le mieux jusqu’à ce que l’une des jeunes filles de la bande disparaisse. Si les copains se disent « c’est bon, elle va revenir », sa meilleure amie Julia, avec qui elle venait de s’engueuler d’ailleurs, se dit quant à elle « mmmh non peut-être pas » (pas mal les répliques inventées sur le vif, vous ne trouvez pas ?). En gros, selon elle, quelque chose de grave est arrivé et la disparition d’un autre membre de la bande lui donnera finalement raison.

Tourné durant une fête de 15 jours en Croatie (pour ne pas avoir à payer les figurants, c’est pas mal pensé), Party Hard, Die Young est le genre de film de « vengeance à retardement » où une bande d’ados se retrouve confrontée à un boogeyman masqué qui est venu spécialement pour punir ces gamins de leurs conneries passées. Trop classique, vu et revu, le genre ne sera pas révolutionné ici.

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EDERLEZI RISING (2018 - Serbie) de Lazar Bodroza


En 2148, Milutin, en tant qu’astronaute chevronné, est envoyé en mission vers l’Alpha du Centaure. Mais comme le voyage va durer bien longtemps, la société Ederlezi décide de le faire partir avec une androïde qui répondra à ses envies et/ou attentes suivant le paramétrage qu’il décidera. On suppose que vous imaginez la suite et que vous l’imaginez relativement bien.

Malgré là aussi un concept de départ et un côté introspectif du personnage principal pas inintéressants, le premier long-métrage de Lazar Bodroza peine à capter l’attention du spectateur sur la longueur à cause d’une mise en place peut-être nécessaire mais bougrement longue. On tourne pas mal en rond au final.

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MEMOIR OF A MURDERER (2017 - Corée du Sud) de Shin-Yun Won


Un père, atteint de la maladie d’Alzheimer, qui veut protéger sa fille d’un tueur en série en activité. Rien qu’au titre, vous aurez compris que le père en question a lui aussi un passé quelque peu douteux. Et c’est justement là que tout se joue : qui mieux qu’un tueur peut en connaître un autre ? Alors que les confusions du père l’amènent parfois sur de fausses pistes au point de douter de lui, il devra toujours être sur le fil du temps que lui octroie sa mémoire pour tenter de sauver sa fille.

Récompensé par le Prix du thriller de ce BIFFF 2018, Memoir of a Murderer est encore l’un de nos coups de cœur. Un thriller parfaitement maîtrisé au scénario incroyablement efficace.

Décidément, la Corée du Sud aura encore frappé fort cette année avec la Mention spéciale du Prix du thriller pour A Special Lady dont nous parlions avant, et ici le premier prix de la catégorie. C’est là qu’on se rend clairement compte que les Sud-Coréens savent écrire des histoires prenantes, des histoires à tiroirs et développer des figures cinématographiques subjugantes. Memoir of a Murderer aura absolument mérité les honneurs qui lui ont été alloués tant la qualité est au rendez-vous. À conseiller plus que vivement.

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YURIGOKORO (2017 - Japon) de Naoto Kumazawa


Ryosuke tient un petit restaurant avec sa future femme. Mais un jour, celle-ci disparaît sans prévenir.

Ryosuke rend visite à son père mais celui-ci lui annonce qu’il n’en a plus pour très longtemps à vivre suite à une maladie grave.

Ryosuke découvre, en fouillant dans les affaires de son paternel, un mystérieux journal intime qui apparaît vite comme le journal d’un tueur, ou plutôt d’une tueuse qui n’est autre que sa mère, disparue subitement lorsque Ryosuke était encore enfant.

Autant le dire tout de suite, Yurigokoro s’est clairement apparenté à un chef-d’œuvre pour nous lors de sa projection. La narration en flash-backs dévoilant peu à peu les parallèles entre les différents évènements vécus par Ryosuke est une réussite totale. Mais la narration n’aurait rien été sans la poésie incroyable qui sous-tend le film. Sur une musique fantastique, on se surprend à être gagné par une émotion sans cesse grandissante qui nous force à nous poser la question de savoir ce qui est moralement acceptable.

Adapté d’un roman ayant fait grand bruit, sorti en 2012 et écrit par Mahokaru Numata, Yurigokoro semble suivre le même chemin et marcher sur les charbons ardents de l’éthique. C’est d’ailleurs sans nul doute cet aspect qui fait de lui une véritable pièce maîtresse et notre ultime coup de cœur de ce BIFFF 2018.

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Espérons vivement une édition au moins aussi riche en 2019. En tout cas, on prend déjà rendez-vous ne serait-ce que pour vérifier la chose.

Guillaume Triplet

08:01 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans BIFFF, Bilans de festivals, Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bifff, festival, international, film, fantastique, bruxelles, critiques, yurigokoro, memoir, of, a, murderer | |  Facebook | |  Imprimer |

12 janv.

Projection de quatre beaux courts-métrages belges ce vendredi 12 janvier à Flagey – Interview de l’équipe du film LE CRABE

Ce vendredi 12 janvier à 19h30 (en présence des réalisateurs), quatre beaux courts-métrages belges seront projetés à Flagey : Le Crabe de Christophe Hermans et Xavier Seron, Sirène de Harry Cleven, Alice et moi de Micha Wald et Dernière Porte au Sud de Sacha Feiner.

Le Crabe, que nous vous présentons aujourd’hui via une interview de l’équipe du film, et les trois autres courts-métrages susmentionnés sont programmés dans le cadre de l’opération 50/50 : Cinquante ans de cinéma belge, Cinquante ans de découvertes, et des Quatre Saisons de Cinergie. La belle aventure 50/50 est organisée en partenariat avec la plateforme belge de vidéo à la demande UniversCiné qui propose, entre autres, pas moins de 900 films belges aux amateurs du cinéma de chez nous ou à ceux qui ont simplement envie de le découvrir.

Il y a dix ans, nous interviewions au Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF) l’équipe du court métrage Le Crabe, composée de ses deux coréalisateurs - Christophe Hermans et Xavier Seron, dont le premier long-métrage de fiction Je me tue à le dire en a épaté plus d’un. Et de ses deux acteurs principaux - Vincent Lecuyer et Jean-Jacques Rausin. Bien nous en avait pris puisque le film était magnifique et allait d’ailleurs remporter un très beau Prix dans la capitale wallonne : celui du Meilleur Court-Métrage de la Compétition Communauté française de Belgique.

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Animal relativement dangereux dixit Xavier Seron, l’Autruche l’est-elle davantage que Bertrand (Jean-Jacques Rausin) ? Pas sûr…

On retrouve dans Le Crabe un plan qui présente une lumière dans un tunnel. Ce plan vient, je crois, de votre court-métrage de fin d’études Rien d’insoluble, Xavier Seron. Pourquoi avoir choisi de réinsérer ledit plan ?

Xavier Seron :
Je ne sais pas, je pense que ça s’est fait un peu de manière inconsciente. On avait ces plans. On s’est dit : « tiens, ça fait Rien d’insoluble ». On a réfléchi quant à savoir si on allait les garder ou pas et puis on les a gardés. Tout simplement.

En quelle mesure le travail avec les fluides vous intéresse-t-il ? Je pense au gros plan sur le distributeur de savon…

Christophe Hermans :
C’est simplement pour avoir une attaque au début de la séquence, avoir un côté un peu visqueux qui peut prêter à rire. Mais derrière cela, je pense qu’il n’y a rien d’autre. Pour ce plan-là en tout cas.

Peut-on y voir la jouissance pour Roberto (Vincent Lécuyer) de se débarrasser de son personnage ?

C. H. :
Il y a ça mais il y a aussi le fait que le personnage de Roberto enlève progressivement son maquillage de comédien pour redevenir l’homme voire l’enfant qu’il était autrefois.

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Jean-Jacques Rausin et Vincent Lécuyer


Vincent Lécuyer et Jean-Jacques Rausin, en matière de direction d’acteurs, vous avez, j’imagine, été dirigés de façon très différente dans le sens où l’un de vous joue tout en retenue tandis que l’autre doit se lâcher un maximum…

Vincent Lécuyer :
En effet. C’est vrai que c’était très ciblé en fait. C’était vraiment très personnel. Ils me parlaient beaucoup de retenue justement comme vous dites, de donner le moins d’indices possible. Donc on était assez d’accord là-dessus.

Jean-Jacques Rausin : C’est un personnage qui est, avant toute chose, excentrique quelque part. C’est quelqu’un qui exprime une souffrance en se lâchant, en étant extravagant. Donc effectivement, il lui arrive d’avoir des excès.
Xavier m’avait déjà dirigé dans
Rien d’insoluble et dans d’autres courts-métrages. Ici, Christophe était là aussi et ça s’est très bien passé. Comme ils se connaissent très bien tous les deux, ils deviennent très complémentaires au niveau de la direction d’acteurs ou de leur travail en général. Et je connaissais déjà leur travail avant.

V. L. : La première chose qu’on voit de Jean-Jacques ou de moi est assez différente. Il faut donc trouver le point de rencontre de ces deux univers-là, de ces deux univers physiques, des voix et des énergies. Le point de rencontre, c’était un peu comme une histoire d’amour, de couple : l’admiration de l’un pour l’autre et la tendresse qui se dégageait. On a donc travaillé comme si c’était un couple quelque part, avec des énergies qui se séduisent.

J.-J. R. : Au début, pendant les répétitions, on s’est vraiment rendu compte de ce jeu de séduction, que le personnage de Bertrand et le personnage de Roberto étaient finalement très liés, avaient besoin l’un de l’autre. Bizarrement, Roberto avait aussi besoin de Bertrand. Je pense dès lors personnellement qu’il y a vraiment une histoire d’amour-séduction derrière.

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Roberto et Bertrand, unis par un certain rapport de séduction ?

Jean-Jacques Rausin, j’ai beaucoup aimé la scène de la voiture où Bertrand mange des chips, boit de la bière et entonne avec beaucoup d’enthousiasme la chanson de Pim le lutin. On a le sentiment que vous avez pris un vrai plaisir à jouer cette scène. Est-ce que vous pouvez nous en parler ?

J.-J. R. :
Je me trompe peut-être mais je crois qu’on était parti sur des dialogues, sur quelque chose d’écrit, et puis on est parti sur des improvisations avec Xavier et Christophe. Ce qui était assez agréable, c’est qu’on avait une certaine liberté pour jouer et donc à partir de ce moment-là, ça donne évidemment aux comédiens des moments de bonne improvisation et donc l’occasion de se lâcher d’autant plus et c’est là que j’ai trouvé mon bonheur comme vous dites.

Qu’est-ce qui vous a poussé vous, Christophe Hermans et Xavier Seron, à travailler ensemble ?

C. H. :
On a commencé l’IAD en même temps, en 2001, et ça fait maintenant sept ans qu’on se connaît. On a toujours été assistant-réalisateur l’un chez l’autre, que ce soit moi dans ses fictions et Xavier dans mes documentaires. Et ici, outre l’amitié qui nous unit, on avait envie d’essayer une coécriture et une coréalisation. Il s’agit de notre premier bébé.
C’est un beau cadeau que Xavier m’a fait de pouvoir partager avec lui une coréalisation parce que je suis vraiment un amoureux de ses films et de son univers. Pouvoir m’unir dans l’écriture et dans la réalisation avec lui, c’était un réel bonheur. Pouvoir partager mon univers du documentaire et pouvoir l’unir à celui de Xavier, c’était vraiment très chouette. Avant toute chose, c’est le prolongement d’une amitié.

Combien de films aviez-vous réalisés jusqu’ici ?

C. H. :
C’est ma première fiction, après deux documentaires : Poids plume, mon fin d’études de l’IAD, et un autre court métrage documentaire intitulé Jeu de dames.

X. S. : Quant à moi, il ne s’agissait pas de ma première fiction. Il y avait eu
Rien d’insoluble avant, qui est mon fin d’études. Maintenant, quand on parle de films, avec Jean-Jacques, j’avais déjà eu une expérience avant mais c’est un film qui reste dans les murs de l’IAD : Je me tue à le dire. C’était mon film de troisième année et c’est depuis lors qu’on bosse ensemble lui et moi.

Pourquoi avoir choisi de tourner en noir et blanc ?

C. H. :
En réalité, c’est parce qu’on avait vu le court-métrage de Micha Wald Alice et moi en noir et blanc avec Vincent Lecuyer. Le fait est que Vincent ne voulait pas tourner dans un film en couleurs. Du coup, on a voulu négocier avec lui. Ça a pris pas mal de temps mais en fin de compte, comme Xavier avait déjà fait Rien d’insoluble et que Jean Jacques était habitué au noir et blanc… Vincent ne supporte pas la pellicule couleur, c’est épidermique. (ils rient)
Plus sérieusement, c’est le prolongement d’une esthétique qu’il y avait déjà sur le film Rien d’insoluble et puis c’est un désir commun qu’on avait, avec à l’esprit des films comme Pi d’Aronofsky, La liste de Schindler ou encore C’est arrivé près de chez vous. Il s’agit d’une esthétique qui nourrit un peu notre film.

Un petit mot sur cette image qu’on peut qualifier de granuleuse ?

X. S. :
Là, de nouveau, c’est une question de goût. Il y a vraiment ce goût du noir et blanc et du grain, d’une image qui n’est pas spécialement propre et qui se prête bien à cet univers, qui donne ce décalage. Comme disait Christophe, c’était déjà une image qui était là sur Rien d’insoluble et je crois qu’on a voulu encore aller plus loin et l’image est encore plus contrastée.

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Une image pas vraiment propre mais tellement belle, c’est aussi ça Le Crabe

Et le travail sur le son, qui est vraiment superbe ?

X. S. :
On a pu compter sur d’excellents ingénieur du son et preneur de son. Ce sont des types fabuleux. Ils ont fait un gros travail et un beau travail de montage et puis de mixage, la filière classique du son. On a essayé d’avoir des ambiances et pas simplement quelque chose de purement naturaliste, qui serait de l’illustration de séquences. On voulait avoir un univers et appuyer ce décalage aussi.

Et n'hésitez pas à découvrir…

- notre interview filmée de Jean-Jacques Rausin lors de la première édition des Magritte du cinéma, où La Balançoire de Christophe Hermans était nommé au Magritte du Meilleur Court-métrage,


- notre interview de Xavier Seron et de ses acteurs au FIFF pour Je me tue à le dire, et

- notre interview filmée de l’équipe de Mauvaise Lune, court-métrage coréalisé par Xavier Seron et avec Jean-Jacques Rausin notamment aux Magritte.


Jean-Philippe Thiriart

26 déc.

Un homme intègre, Prix Un Certain Regard mérité à Cannes

De Mohammad Rasoulof
Avec Reza Akhlaghirad, Soudabeh Beizaee, Nasim Adabi
Drame
1h57

Cote : ***

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Lauréat du Prix Un Certain Regard à Cannes avec Un homme intègre, le réalisateur iranien Mohammad Rasoulof pose ici un regard éclairé sur la difficulté de vivre dans un pays où l’État exerce un contrôle sur tout et où la répression est monnaie courante.

Il nous conte l’histoire de Reza, un trentenaire qui vit avec sa femme et son fils à l’écart de la ville et de ses institutions. Menant une vie modeste grâce à son activité piscicole, Reza s’aperçoit que certains de ses poissons meurent sans raison apparente. Il réalise alors que l’eau de la rivière dont il se sert a été contaminée pour l’empêcher d’exercer son activité. Commence alors une lutte pour continuer à exercer son métier librement. Il va rapidement se rendre compte de la manière dont fonctionnent les différentes institutions avec lesquelles il devra négocier. Mais pourra-t-il échapper à la mécanique des différents systèmes de son pays et sauver sa pisciculture et sa famille sans entrer lui-même dans une mécanique qu’il déteste ?

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Un homme intègre
nous fait découvrir une culture que nous pensons fort différente de la nôtre mais qui ne l’est peut-être pas tant. Les cas d’expropriation ne sont en effet pas rares en Europe et, plus généralement, dans les pays occidentaux. Ici autant qu’ailleurs, les compagnies privées exercent un pouvoir énorme et mettent parfois la pression sur des indépendants qui éprouvent toutes les peines du monde à s’en sortir. Cette situation est sans doute plus viable chez nous car les moyens de communication nous permettent de faire connaitre les pressions éventuelles de certaines entreprises sans être directement menacés. Nous avons récemment pu observer cependant que certaines sociétés, belges ou étrangères, publiques ou privées, géraient leur argent de façon contestable, rémunérant avec excès certains de leurs dirigeants.

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L'équipe du film à Cannes en mai dernier


Mais le film met également en lumière différents tabous qui font partie de la culture musulmane. La nécessité de se cacher lors de la consommation d’alcool ou celle pour un homme de tenir le rôle principal dans un couple sont ainsi mis en avant. Si ces éléments sont connus, c’est avec beaucoup de maitrise et de tact qu’ils sont présentés ici. Ce qui renforce l’impression de réel et permet au spectateur de découvrir la réalité d’un pays fort différent. Mais aussi de briser certaines barrières et de créer des ponts entre nos sociétés distantes où les problèmes sont, parfois, fort comparables.

Malgré certaines longueurs, ce film est donc une belle réussite. Il nous permet de comprendre un monde que nous pensons fort différent mais qui possède pourtant, en réalité, d’énormes similitudes avec le monde occidental qui est le nôtre.

Raphaël Pieters et Jean-Philippe Thiriart

13:39 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : un, homme, integre, a, man, of, integrity, cannes, certain, regard | |  Facebook | |  Imprimer |

01 avril

Résultats de notre concours « Je me tue à le dire »

Les dix gagnants de notre concours DVD Je me tue à le dire sont :

- Jean-Louis Linchamps de Saint-Gilles,
- Ludovic Depelchin d'Auderghem,
- Catherine Salmon d'Ixelles,
- Nicolas Monfort de Saint-Gilles,
- Charles Hannoteau de Froidchapelle,
- Raphaël Pieters de Jambes,
- Yannick Tassart de Acquin Westbecourt (France),
- Kevin Blommaert de Nivelles,
- Jean-Claude Soetens d'Anderlecht, et
- Danièle Peto de Maransart.

Tous repartent avec un exemplaire de ce bel objet aux bonus alléchants. Félicitations à eux !

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Ils devaient pour rappel nous convaincre que c'était bel et bien eux qui devaient remporter le DVD du film de Xavier Seron.


EXTRAITS CHOISIS...

Mais cher Jean-Philippe, parce que :

1. le Père Noël est une ordure,

2. le Parrain sifflera trois fois,
3. en Suisse, on voit moins Pol en ski,
4. ils ont voté Donald et ils ont eu Dingo,
5. un Bayard d'or est remis a Marion en selle,
6. Divines n'est pas une comédie de Houda Benyamina,
7. le Seigneur vient de rappeler à Lui Monseigneur Lanneau,
8. l'épisode VIII de Star Wars se situe donc entre le III et le IV, et
9. Carmen Maura et Victoria Abril ne bronzent pas à la Costa Gavras.

 

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URGENT !!!

Aidez-nous !

La situation est très difficile pour moi et ma femme. Nous venons d'acheter un magnifique appartement et y consacrons beaucoup de temps pour le rendre le plus beau possible.


Malheureusement dans tout ce bonheur extrême, une tache noir persiste au tableau. « NOUS N'AVONS PAS DE LECTEUR DVD ».

Du coup nous n'achetons pas de DVD et sommes pris, de ce fait, dans un cercle vicieux infernal où ne savons pas encore qui des deux sera le premier. L'œuf ou la poule ? Le DVD ou le lecteur ?

Je suis certain que si par le plus beau de hasard nous avons la chance de gager le dvd de Xavier Seron, l'envie sera si intense de voir son premier film que nous ne pourrons que nous procurer au plus vite un lecteur.

Le maléfice sera alors brisé et une nouvelle ère pourra commencer où, de l'œuf ou la poule qui est le premier, enfin nous connaitrons la réponse. Nous pourrons enfin acheter d'autres DVD.

Nous serons alors parfaitement heureux pour passer des soirées cinéma inoubliables dans notre petit chez nous...


J’ai fait la rencontre de Nessy.

Mais tout le monde l’appelle Ciné.


Je l’aime (Ciné, ma) chérie.
Pour la Saint-Valentin, je n’ai que mon amour à lui donner car je n’ai pas d’argent.

J’aurais aimé gagner un VD.
Ou DVD.

Gagner au jeu-concours me permettrait de faire une heureuse et d’éviter de commettre un larcin…

Je me tue à le dire !


Bon en deux mots, pourquoi devrais-je gagner un DVD du film de Xavier Seron ?

C'est très simple, voilà une petite phrase pour vous convaincre :


Il n'y à Rien d'insoluble pour Le Crabe né sous la Mauvaise lune. Il lui suffit de savoir que même L'Ours noir au fond de sa grotte, pendant les 6 mois d'hiver, est un Dreamcatcher.

concours JMTALD - notre gagnant français Yannick Tassart qui, lui aussi, se tue à le dire !.jpg

Notre gagnant français au t-shirt qui... tue !



Je souhaite recevoir le DVD de Je me tue à le dire parce que j’ai adoré ce film et souhaite le faire partager en invitant des amis à le visionner chez moi.

La deuxième raison ,c’est que j’aime beaucoup le cinéma de Xavier Seron (J’ai adoré son court métrage Le plombier vu sur la RTB il y a peu) et le cinéma belge de manière générale.

La troisième raison,c’est que j’ai eu le plaisir de participer au tournage de Je me tue à le dire (bénévolement )et que je suis ravi de voir le succès de ce long métrage un peu partout dans les salles et festivals du monde et que j’estime que cette œuvre a une place toute indiquée dans ma collection.

À très bientôt pour un prochain concours ciné sur En cinémascope !
Dans quelques jours déjà en réalité !

Jean-Philippe Thiriart

 

16:26 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Concours, Critiques de DVDs, Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : concours, dvd, je, me, tue, à, le, dire, xavier, seron | |  Facebook | |  Imprimer |

18 mai

Je me tue à le dire - Interview du réalisateur et de ses acteurs

Aujourd'hui, début de la troisième semaine de présence en salles pour LA comédie grinçante de 2016 !

C'était au FIFF, début octobre dernier. Avant la première projection officielle du film devant un public à part entière. Nous avions découvert Je me tue à le dire lors de la projection pour l'équipe du film au cinéma Galeries.
Et c'est à l'issue de sa présentation au Festival namurois que le premier long-métrage de Xavier Seron allait remporter son premier Prix : le Prix Cinévox, remis par un jury de cinéphiles encadrés par Cathy Immelen.
L'occasion était trop belle pour suivre l'équipe du film lors de son périple dans la capitale wallonne. Résultat : une bien agréable interview du metteur en scène bruxellois et de trois de ses acteurs principaux : la belle Française Fanny Touron, son charismatique compatriote Serge Riaboukine et le comédien principal du film : le Liégeois Jean-Jacques Rausin.

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Xavier, vous êtes bien accompagné aujourd'hui !

Xavier Seron : Effectivement, Jean-Philippe !

Pouvez-vous nous présenter vos voisins de divan ?

Xavier Seron : On va commencer par l'extrémité, avec Serge Riaboukine, qui campe le personnage de Darek. À l'autre extrémité, nous avons Fanny Touron, qui incarne le personnage d'Aurélie. Et enfin, nous avons... Comment c'est encore lui ? Ah oui, nous avons Jean-Jacques Rausin, qui joue Michel Peneud. (il sourit)

Serge Riaboukine, connaissiez-vous l'univers de Xavier Seron avant de tourner avec lui ?

Serge Riaboukine : J'ai la chance d'avoir une belle-fille qui vit à Bruxelles et qui connaissait le travail de Xavier. Et quand j'ai dit que j'avais un projet avec lui, elle a sauté de joie et m'a dit qu'elle adorait ce qu'il faisait. Elle avait vu ses courts-métrages d'école et du coup, il me les a envoyés également. D'habitude, je n'aime pas regarder ce qu'ont fait les metteurs en scène avant de travailler avec eux parce que ça ne me donne pas toujours envie de les suivre. Mais vu ce que m'avait dit ma belle-fille, Alessia, j'ai regardé ses films et je me suis régalé. Parce que j'ai vraiment vu un auteur, et c'est rare. Il y a parfois des auteurs qui se révèlent dans des courts-métrages mais ce n'est pas fréquent. Là, c'était clair et net. Je dis ça alors qu'il est là, à côté de moi. Mais ça ne fait rien : il faut bien que je réponde honnêtement ! Et je crois que j'ai bien fait de regarder ses courts parce que ça m'a donné confiance dans le scénario. Son scénario, il faut rentrer dedans, quand on le prépare. Quand on l'a joué, par contre, c'est une évidence ! Désolé d'avoir répondu un peu longuement à votre question. Maintenant, je vais donner la parole à ma camarade du bout.

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Pendant que vous lui passez le micro, je ne peux m'empêcher de penser à un certain Jaco Van Dormael, qui lui aussi a des scénarios pas évidents à aborder quand on les lit comme cela mais qui sont une évidence quand on voit les films sur lesquels ils débouchent. Alors, Xavier Seron, le futur Jaco Van Dormael ? Je vous pose la question...

Fanny Touron : Moi, je suis d'accord ! Personnellement, j'ai découvert Xavier Seron via le scénario, que mon agent m'avait transmis en me disant qu'il sentait que le rôle d'Aurélie pouvait me plaire. Je me suis alors dit qu'il avait une grande opinion de moi. (elle rit) C'est chouette ! Et du coup, je suis tout de suite tombée amoureuse du scénar et après, j'ai rencontré Xavier. Et Jean-Jacques. Et ça s'est bien passé. J'ai ensuite découvert les courts-métrages de Xavier et je les ai trouvés supers.

Avant de lui passer la parole, comment s'est passé votre travail avec Jean-Jacques ? Un comédien assez singulier, particulier même je dirais, Jean-Jacques, pour reprendre ce fameux terme employé aux Magritte en 2012 lors de l'interview de l'équipe de Mauvaise Lune. (Fanny Touron rigole)

Fanny Touron : Mais ne rougis pas, Jean-Jacques ! Hyper bien : c'est une équipe. Que ce soit Jean-Jacques, Xavier, Serge, tout le monde en fait. Après, c'est vrai que nous, les comédiens, pour le coup, on ne se rencontrait pas. On était vraiment avec Jean-Jacques. Mais très peu ensemble. Mais avec Jean-Jacques, c'était juste parfait ! Et pendant les scène, et en dehors : c'était à la fois très simple, très chouette et très drôle !

Cela se traduit par moments à l'écran. Mais si ce qui s'y déroule n'est pas toujours drôle, le film étant parfois très noir. C'est un alliage de différents éléments fort bien combinés. Je vous laisse passer la parole à Jean-Jacques qui va, si il le veut bien, nous parler du réalisateur qu'est Xavier Seron et puis l'ami aussi, parce que ça fait près de quinze ans que vous vous connaissez. Tout a commencé à l'IAD déjà...

Jean-Jacques Rausin : Oui, on se connaît depuis quelques années, tout comme on te connaît toi aussi, depuis quelques années, Jean-Philippe.

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Avec une présentation il y a dix ans du premier court de Xavier, Rien d'insoluble...

Jean-Jacques Rausin : Oui, absolument. Ben écoute, ça fait plusieurs courts-métrages qu'on a faits ensemble. On a même fait une pub... (il rit) Enfin bref, on a fait beaucoup de choses ensemble et c'est une espèce de continuité du travail, pour arriver à ce long-métrage, qui est un peu la suite, je ne vais pas dire logique mais la suite de notre complicité. C'est un super cadeau aussi pour moi puisque j'ai le premier rôle. Mais tu sais déjà tout ça !

Mais nos lecteurs ne le savaient peut-être pas encore : ils le découvrent petit à petit, mon cher Jean-Jacques !

Jean-Jacques Rausin : C'est vrai, absolument !

Passons la parole à Xavier à présent. Xavier, pourquoi avoir choisi les comédiens qui vous entourent sur ce divan ? Jean-Jacques semble avoir été une évidence, et ça se confirme à l'écran, mais pourquoi Fanny Touron et Serge Riaboukine ?

Xavier Seron : C'était aussi des évidences. Fanny et Serge, je les avais vus dans d'autres films. La seule chose que je voulais voir, c'était comment ça fonctionnait avec Jean-Jacques. Comment les binômes Darek et Michel Peneud, et Michel Peneud et Aurélie fonctionnaient à l'image. Mais sur leurs qualités de jeu, je n'ai jamais eu aucun doute. Si ça n'avait pas marché, c'est que moi, je n'y serais pas parvenu. Mais eux, ils sont formidables !

Pourriez-vous nous parler de la genèse du projet. ça fait neuf ans que vous aviez ce projet en tête...

Xavier Seron : Oui, c'était un peu long ! (il rit) Mais c'est un projet qui est particulier, qui parle de la mort, de la maladie. Il ne fait pas partie de ces projets qui font rêver sur papier. Cela prend donc du temps à financer. Quant à la genèse, je pense que ce film s'inscrit dans le prolongement naturel de ce que j'ai pu faire avant, dans des courts. Je pense à mon film de troisième année.

Je me tue à le dire...

Xavier Seron : Oui. Un film qui n'est jamais sorti de l'école. L'histoire en elle-même n'a absolument rien à voir mais c'était déjà une réflexion par rapport à la mort sur le ton de l'humour grinçant et, quelque part, le long s'inscrit dans cette continuité-là. Toujours cette réflexion par rapport à la mort, à la maladie, et le ton de l'humour grinçant.

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Faire un film en Belgique francophone n'est vraiment pas évident. En témoigne votre film, qui a mis des années à se faire. Pouvez-vous nous parler du tournage du film, qui s'est fait en deux parties ?

Xavier Seron : Si on décide de faire un financement classique, avec des aides, c'est évident qu'on ne fait pas un film juste avec la Belgique. Tous ces films se font en coproduction. Et donc là, ça s'est fait avec une coproduction française. Et du coup, on a tourné une partie du film en France, en Bretagne. Et c'était parfait parce que je connais un peu cette région et je m'y sentais tout ça fait chez moi. Belge ou Breton, je ne vois pas trop la différence, à part l'accent. Et puis ensuite, on a eu, c'est vrai, des petits problèmes de financement, qui nous ont contraint à faire une pause de dix mois entre les deux parties du tournage. Ce n'était pas évident. Et ma grande chance, c'est d'avoir eu une équipe absolument formidable. Quand on voit des gens en promo pour un film, on les entend souvent dire que tout était formidable mais là, c'est vrai. C'est le cas de le dire parce que si je n'avais pas eu une équipe formidable, avec des comédiens comme eux, ça n'aurait pas fonctionné. Ce n'était pas évident de récupérer tout le monde dix mois après. Et là, tout le monde était au rendez-vous. Il y a vraiment eu très peu de casse malgré cette pause de dix mois.

Avec des comédiens qui ont vraiment réussi à se replonger dans leurs rôles. Est-ce que chacun de vous pourrait nous dire ce qui les a attiré dans leur rôle en particulier et comment il vous a été présenté par Xavier ? Avez-vous échangé quelques mots sur votre personnage ou avez-vous directement été plongés dans le scénario ?

Fanny Touron : Ce fut directement le scénario. Moi, ce que j'ai aimé avec le travail de Xavier et sa direction d'acteurs, c'est qu'on a pas parlé de personnages. On était dans les situations des scènes et moi, j'aime travailler comme ça, sur l'instant. Et pas de caler en disant qu'Aurélie ou Darek sont comme ceci ou comme cela. Ce qui a été chouette, c'est que Xavier n'est pas du tout entré par cette porte. Et en même temps, on a vraiment bossé. Et moi qui suis française, et qui faisait là un film belge pour la première fois, j'ai beaucoup apprécié faire cinq jours de répèt à Rennes, où on a pu bosser les scènes. Et ça, c'est assez rare. Ça nous a permis, dans notre duo avec Jean-Jacques, une fois qu'on tournait les scènes, d'avoir déjà cherché des choses et essayé plein de trucs. On dit souvent au cinéma que si l'on répète trop avant le tournage, il n'y a plus la fraîcheur. Je ne suis pas totalement d'accord avec cela car je pense qu'on peut tout le temps réinventer.

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Serge Riaboukine, est-ce que l'improvisation lors du tournage du film, ça vous parle ?

Serge Riaboukine : Oui, énormément ! Moi, je laisse une place énorme à l'improvisation parce que la forme du cinéma est une improvisation. Répéter, c'est une chose mais préparer, ce n'est pas pareil. Quand on fixe les choses, préparer, c'est une catastrophe. Pourquoi ? Parce que le temps n'est jamais le même. Du coup on a préparé un truc et puisqu'il pleut, on ne peut pas le faire là et on le fait ailleurs. Le décor peut nous échapper. Le positionnement de la caméra peut poser problème. Il y a toujours des improvisations sur un plateau donc si on est trop prêt, on est foutu. Après, on est mal à l'aise. Il faut être préparé à l'accident et moi, je suis en constant accident et j'adore ça, le déséquilibre. Je suis en constant déséquilibre. Et l'homme marche d'ailleurs en se déséquilibrant d'un pied sur l'autre. C'est exactement pareil : on est tout le temps en train de tomber et le meilleur moyen de ne pas tomber, c'est de marcher mais pas de courir. Oh mon Dieu, c'est beau ce que je viens de dire ! (il sourit) Je me suis donc fié à moi-même après tout. Et donc le bonheur d'un tournage, c'est quand il laisse une part à l'imprévu de façon consciente. Parce qu'il y a évidemment plein de metteurs en scène assez cons que pour être totalement inconscients de cela et ne laisser aucune place à l'imprévu. Et ça enlève beaucoup à leur film. Là, avec Xavier, ce n'est pas le cas : on rebondit sur les accidents, qui sont des chances finalement. Souvent, une contrainte technique va nous amener à inventer quelque chose sur un plateau et c'est ça qui est génial. Il ne faut pas répéter pour se renifler et trouver des choses ! (toute l'équipe rit) Les metteurs en scène qui réagissent bêtement sur ce plan-là, ils ne sont pas nombreux. Et ils ne m'engagent pas de toute façon, ceux-là. Je voulais dire autre chose. Quand j'ai découvert l'univers de Xavier, j'ai aussi découvert Jean-Jacques, qui est, je trouve, un acteur formidable, avec une puissance et une animalité dingue !

Un petit côté Serge Riaboukine ?

Serge Riaboukine : Oh non, pas du tout. Comment pourrais-je dire cela ? J'ai travaillé avec Javier Bardem et il me fait penser à Javier. Au niveau de la puissance, de la présence. Ils n'ont rien à voir hein sinon, évidemment. Lui, il n'a pas du tout l'accent espagnol. Et puis il ne fera jamais une carrière américaine. Non, je déconne. Ce qui est sûr, c'est qu'il a, à l'écran une présence masculine et virile incroyable. Quand il s'énerve à l'écran, qu'il se fâche, on ne sait pas où ça va aller : on est surpris. Alors qu'il y a plein d'acteurs qu'on voit venir quand ils s'énervent. Et puis on se fait chier.

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Une réaction, Jean-Jacques Rausin ?

Jean-Jacques Rausin : Je suis ravi de cette interview ; ça me plaît beaucoup. Je propose même de la prolonger. (ils rient) Ça a déjà été un super plaisir de bosser avec Fanny et Serge. Quoi qu'il arrive à la projection maintenant, c'est une réussite que d'avoir réussi à trouver nos marques et il y a eu une symbiose. Et Xavier le sait. Il l'a dit : il y a vraiment eu un truc qui s'est passé. Et je vais faire un peu la synthèse de mes deux collègues. On parlait de préparation. Je trouve ça super de pouvoir préparer parce qu'à un moment donné, on a vraiment un bon canevas pour nos personnages et puis en même temps et là, je rejoins Serge, il faut vraiment laisser une place à l'accident, à l'improvisation. Et c'est quand on a des compagnons et un réalisateur qui laissent les choses se faire que ça fonctionne. Et c'est ce qui me plaît beaucoup au cinéma.

Serge Riaboukine : Pas dans la chorégraphie, cher monsieur : il s'agit de la respecter !

Jean-Jacques Rausin : C'est vrai que la chorégraphie n'était pas aussi évidente que ça. (ils rient)

Chez Électrochic...

Jean-Jacques Rausin : C'est vrai qu'elle était très importante, la chorégraphie ! Et les petits bouboules : petits bouboules à droite, petits bouboules à gauche...


Merci à tous les quatre pour ce premier film belge, un premier film sans les défauts d'un premier film, et les qualités d'un cinquième ou d'un sixième. Xavier, on vous souhaite beaucoup de films encore ! Et bonne suite à tous !

Propos recueillis par Jean-Philippe Thiriart

Crédits photos : Sandrine David

08:47 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je, me, tue, à, le, dire, xavier, seron, rausin, riaboukine, touron | |  Facebook | |  Imprimer |