31 déc.

Doyenne des actrices françaises, Gisèle Casadesus nous a quittés en 2017

C’était il y a un peu plus de trois mois, le 24 septembre 2017 pour être précis.
Ce jour-là, Gisèle Casadesus tirait sa révérence dans sa belle ville de Paris. Une ville qui avait vu naître la doyenne des actrices françaises 103 années plus tôt.
C’était il y a un peu plus de quatre ans et demi, le 10 juin 2013 pour être précis.

Ce jour-là, Gisèle Casadesus était sur le point de fêter ses 99 ans, elle qui était née le 14 juin 1914, à la veille de la Grande Guerre. Elle nous avait alors accordé un très agréable entretien dans le cadre de la sortie belge de l’avant-dernier long-métrage qu’elle tournerait : Sous le figuier, de la Belge Anne-Marie Etienne. Un film qu’elle porte véritablement, entourée à l’écran par l’actrice française Anne Consigny et les acteurs belges Jonathan Zaccaï et Marie Kremer.

Gisèle Casadesus aura passé 80 années de sa vie devant les caméras de grands réalisateurs comme Pierre Billon, Michel Deville, Roger Vadim ou encore Claude Lelouch. Avec, pour partenaires à l'écran, des acteurs tels que Jean Marais, Louis De Funès, Jean-Louis Trintignant, Romy Schneider et Michel Serrault. Si Gérard Depardieu livre une très belle prestation dans La tête en friche, c’est en partie grâce à elle. Celle qui était aussi une très grande actrice de théâtre lui donnait la réplique dans ce film de Jean Becker.

Dans Sous le figuier, Gisèle Casadesus est et restera pour toujours Selma, une dame âgée en fin de vie désireuse de la quitter auprès de ceux qu'elle aime.

gisele,casadesus,2017,actrice,francaise,sous,le,figuier,theatre,francais
© Simon Van Cauteren


Je vous ai trouvée très touchante dans Sous le figuier à travers votre personnage, Selma. Est-ce que vous vous retrouvez en elle ?

Oui. C'est un personnage qui m'a plu d'emblée. Les sentiments que ce personnage exprime sont en conformité avec beaucoup de choses que j'aime et dans lesquelles je crois. Quand Anne-Marie Etienne m'a proposé le rôle, j'ai tout de suite lu le scénario et je lui ai répondu immédiatement que j'étais d'accord. Je n'ai pas eu de mal à entrer dans ce personnage parce que j'aimais ce qu'il était et ce qu'il représentait.

Selma distille de nombreux conseils à celles et ceux qui l'entourent. Est-ce qu'il y aurait un conseil que vous donneriez à une jeune comédienne ou à un jeune comédien désireux de suivre vos pas ?

Je me suis toujours gardée de donner des conseils ; je n'ai jamais donné de leçons. Mais il faut toujours regarder devant soi, jamais derrière. Être comédien, c'est une grande joie. Et je suis ravie de pouvoir jouer la comédie et d'exercer ce métier.

gisele,casadesus,2017,actrice,francaise,sous,le,figuier,theatre,francais
© Riccardo Vaz Palma


Vous avez une carrière très riche, vous qui tournez depuis bientôt quatre-vingts ans. Vous avez été dirigée par de grands réalisateurs et avez tourné avec des acteurs phares du cinéma français. Lesquels vous ont le plus marquée ?

Quand j'ai tourné mon premier film, j'étais toute jeune : je sortais du Conservatoire. C'était un film de Marcel L'Herbier : L'aventurier. Et le jeune premier était Victor Francen, qui était très connu à l'époque. Marcel L'Herbier était un monsieur imposant. Moi, j'étais toute jeune et je pensais beaucoup à rire. Mais il fallait respecter les horaires, être sérieuse. Ça me faisait rire parce qu'il me grondait comme si j'étais une gamine. (elle rit) Il me disait ainsi : « Gisèle, il faut être sérieuse ; on tourne ! ». J'étais donc un peu impressionnée par ce qu'il était.
Parmi les autres réalisateurs, j'ai tourné avec Gleize, j'ai tourné avec Cayatte...
 (NdA : Maurice Gleize a dirigé Gisèle Casadesus dans « Graine au vent » (1943), tandis que André Cayatte l'a eue devant sa caméra avec « Verdict » (1974)). Mes rapports ont toujours été cordiaux et sympathiques avec les réalisateurs.

gisele,casadesus,2017,actrice,francaise,sous,le,figuier,theatre,francais
© Simon Van Cauteren


Et quant aux acteurs ?

Ah, ça, les acteurs, j'en ai beaucoup fréquentés ! Notamment au théâtre. D'abord au Théâtre-Français (NdA : l’autre nom de la Comédie-Française) : je pense à Madeleine Renaud. À Pierre Fresnay, que j'ai rencontré au Conservatoire. Ça m'a beaucoup impressionnée ! Et au niveau des acteurs de cinéma, j'ai beaucoup aimé Raimu, qui m'avait fait engager pour tourner avec lui dans L'homme au chapeau rond. Puis j'ai tourné avec Gabin. Je ne le connaissais pas. Ça m'amusait beaucoup parce qu'on m'avait dit qu'il était de mauvaise humeur. J'arrivais à la fin du tournage de Verdict, avec Sophia Loren. Il avait été très correct avec moi. Mais il avait une bronchite, le pauvre ! Et le tournage était un peu mouvementé parce qu'il se mettait en colère ; il n'aimait pas le chef-opérateur. Il me prenait à témoin et je ne savais plus où me mettre. Sans ça, vis-à-vis de moi, il était très aimable.

Une partie de Sous le figuier a été tournée en Belgique, à Bruxelles. Vous nous disiez avant le début de l'interview que la Belgique occupait une place spéciale dans votre cœur. Pouvez-vous nous en dire davantage ?

Quand j'étais petite fille, j'allais beaucoup à Liège car mon père avait été directeur musical de l'Opéra de Liège. Quant à Bruxelles, je m'y rendais souvent : nous venions jouer régulièrement au Théâtre du Parc et aux Galeries. C'est toujours une joie pour moi de venir ici, en Belgique !

Jean-Philippe Thiriart

 

09:33 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films, Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gisele, casadesus, 2017, actrice, francaise, sous, le, figuier, theatre, francais | |  Facebook | |  Imprimer |

19 déc.

Le Be Film Festival démarre aujourd’hui à Bozar

Le Be Film Festival va une nouvelle fois faire sa fête au cinéma belge. Il s’ouvrira ce soir dès 19h15 avec la projection d’Une Part d’Ombre de Samuel Tilman et se clôturera le samedi 24 décembre, sur le coup de 11 heures, avec celle de Bigfoot Junior de Ben Stassen et Jérémie Degruson. Sous le sapin de Noël planté par les organisateurs du Be Film : courts et longs métrages de fiction, documentaires et d’animation.

be,film,festival,2017,schoenaerts,gourmet,bouli,lanners,adele,exarchopoulos,fidele,noces


Nos comédiens seront mis à l’honneur, avec la présence à Bozar de celles et ceux qui font rayonner le cinéma belge à l’intérieur comme à l’extérieur de nos frontières : Matthias Schoenaerts, Jan Decleir, Olivier Gourmet, Bouli Lanners, Lubna Azabal, Wim Willaert, Emilie Dequenne ou encore Fabrizio Rongione, de nouveau maître de cérémonie lors des prochains Magritte du cinéma. Mais aussi celle d’artistes étrangers qui ont rejoint notre production nationale avec talent : Adèle Exarchopoulos, André Dussolier, Pascal Greggory, Pierre Richard et Sergi Lopez, notamment. Seront également présents au Festival les réalisateurs belges, jeunes et confirmés confondus, que sont François Troukens, Samuel Tilman, Lucas Belvaux, Michaël R. Roskam, Abel et Gordon ou encore Marion Hänsel.

be,film,festival,2017,schoenaerts,gourmet,bouli,lanners,adele,exarchopoulos,fidele,noces


La marraine de l’édition de cette année, Fien Troch, dévoilera quant à elle ses secrets de tournage. Et concerts et DJ sets viendront une fois encore compléter la fête pour les grands, tandis que les plus jeunes seront invités à participer à une séance famille le 24 décembre.

N’hésitez pas à lire notre critique enthousiaste du très intense Noces de Stephan Streker, projeté ce jeudi 21/12 à 21 heures !

be,film,festival,2017,schoenaerts,gourmet,bouli,lanners,adele,exarchopoulos,fidele,noces


Vendredi, nous aborderons d’autres films estampillés Be Film Festival 2017. Paris Pieds Nus et La vie sexuelle des Belges d’abord, projetés le soir-même. En amont du fleuve et Spit’N’Split ensuite, projetés, eux, le samedi 23 décembre.

Plus d’infos : befilmfestival.be

Bon Festival !

Jean-Philippe Thiriart

04:54 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films, Présentations de festivals | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : be, film, festival, 2017, schoenaerts, gourmet, bouli, lanners, adele, exarchopoulos, fidele, noces | |  Facebook | |  Imprimer |

04 févr.

Les 7e Magritte du 7e Art, c'est ce soir !

C'est à 20 heures ce soir au Square que se tiendra la 7e cérémonie des Magritte du Cinéma. Ces Prix viendront récompenser, une fois de plus, les talents de notre 7e Art. À la barre, deux femmes, deux actrices : la passionnée et éclatante Virginie Efira dans le rôle de présidente et l'envoutante et multiple Anne-Pascale Clairembourg dans celui de la maîtresse de cérémonie.

Retransmises en direct et en clair sur Be tv et sa chaîne Be 1 ainsi qu'en streaming sur son site, les festivités verront 850 professionnels du cinéma belge récompenser le travail de leurs pairs : réalisateurs, acteurs et techniciens. Une bien belle occasion de mettre notamment en lumière certains métiers qui mériteraient de l'être plus souvent : directeur-photo, ingénieur du son, monteur - on en passe.

Dans le cadre d'un Cinevox Happening exceptionnel, le grand public pourra lui-aussi assister à la projection des Magritte dans un cadre unique : celui de la magnifique salle Grand Eldorado de l'UGC De Brouckère. Verre de bulles dès 19 heures, walking dinner après la cérémonie et... projection en avant-première de Paris pieds nus, la nouvelle comédie burlesque d'Abel et Gordon, présents pour l'occasion !

01.jpg


Et les nominés sont...

Cinq films se démarquent

Les premiers, les derniers du populaire Bouli Lanners mène sans surprise la danse avec huit nominations, ex-æquo avec le Keeper de Guillaume Senez, premier long présenté dans de nombreux festivals avant sa sortie chez nous.

Suivent, avec sept nominations chacun, les potes de l'IAD que sont Xavier Seron et Valéry Rosier. Tous deux ont déjà remporté le Magritte du Meilleur court métrage : le premier (en duo avec Méryl Fortunat-Rossi), pas plus tard que l'an dernier avec L'Ours Noir et le second, voici cinq ans, avec Dimanches. Cette année, c'est leur premier long métrage qui bénéficiera d'un beau coup de projecteur : Je me tue à le dire - notre grand coup de cœur de 2016 - pour Xavier et Parasol pour Valéry.

02.jpg
La joyeuse bande de Je me tue à le dire au Festival de Namur
© Sandrine David


N
otons que le huitième film - déjà - de Joachim Lafosse, le très applaudi à Cannes L'économie du couple, fait lui-aussi partie des favoris. S'il n'est nominé qu'à quatre reprises, il l'est dans les deux principales : Meilleur film et Meilleur réalisateur.

Les cinq films susmentionnés sont en lice pour le Magritte du Meilleur film, Je me tue à le dire, Keeper et Parasol étant bien sûr présents également dans la catégorie Meilleur... premier film. Cependant, un de leurs metteurs en scène, Guillaume Senez, manque à l'appel pour le Magritte du Meilleur réalisateur.

À
 signaler : l'absence des frères Dardenne et de leur Fille inconnue, qui en aura étonné plus d'un.


Du côté des comédiens

Si Virginie Efira fait figure de favorite pour le Magritte de la Meilleure actrice pour son rôle dans Victoria- elle est également nominée dans la section Meilleur second rôle pour le Elle de Verhoeven -, les choses sont moins claires du côté masculin. Le Magritte du Meilleur acteur pourrait ainsi aller tant au Cowboy François Damiens et à l'acteur-réalisateur Bouli Lanners (Les premiers, les derniers) qu'à - soyons fous - Jean-Jacques Rausin. Ce dernier interprète un premier rôle pour la... première fois dans Je me tue à le dire. Les votants ont choisi de l'inscrire dans cette catégorie alors qu'ils auraient pu le cantonner à celle du Meilleur espoir. Un signe ? Nous l'espérons de tout cœur !

03.jpg
La belle Virginie Efira, présidente ce soir et nominée à deux Magritte
© Rick Mc Pie


Le Magritte de la Meilleure actrice dans un second rôle devrait échoir aux sympathiques Anne Coesens (La taularde) ou Catherine Salée (Keeper) , à moins que Virginie Efira ne passe à côté de celui de la Meilleure actrice dans un premier rôle. Auquel cas c'est à elle que reviendra plus que probablement le trophée évoqué, tant elle est convaincante dans le vénéneux thriller du réalisateur de Basic Instinct. Le Magritte du Meilleur acteur dans un second rôle devrait quant à lui aller à David Murgia, hallucinant en jeune homme touchant dans le film de Bouli.

Rayon Meilleurs espoir, Martha Canga Antonio, déjà lauréate d'un Ensor dans le nord du pays, mérite également d'être récompensée aux Magritte pour son interprétation à fleur de peau dans Black tandis que Yoann Blanc, très convaincant dans Un homme à la mer, pourrait de l'avis général bénéficier de l'effet La Trêve, série-événement de la RTBF signée Matthieu Donck.


La suite de nos pronostics

Nous faisons les paris, peut-être un peu fous, que, ce soir :

- Black sera élu Meilleur film flamand,
- La tortue rouge, Meilleur film étranger en coproduction,
- Xavier Seron, Meilleur scénariste,
- Olivier Boonjing, Meilleur chef-op - et donc lauréat du Magritte de la Meilleure image - pour son travail sur Parasol (on lui doit également la superbe photo en noir et blanc de Je me tue à le dire),
- Arnaud Calvar, Julien Mizac et Philippe Charbonnel, Meilleur ingés sons (Je me tue à le dire),
- Julie Naas, Meilleur monteuse (Je me tue à le dire),
- Pornography (d'Éric Ledune), Meilleur court métrage d'animation,
- Le plombier (de Méryl Fortunat-Rossi et Xavier Seron), Meilleur court métrage de fiction,

04.jpg
Bien entouré par les réalisateurs du Plombier, déjà récompensés l'an dernier pour L'Ours Noir - © Sandrine David


- Intégration Inch'Allah (de Pablo Muñoz Gomez, réalisateur de Welkom), Meilleur documentaire,
et que le Magritte des Meilleurs décors et celui des Meilleurs costumes seront décernés respectivement à Paul Rouschop (Les premiers, les derniers) et à Nina Caspari (Black).

Et, enfin, que l'ingrédient majeur d'un film qu'est sa musique originale aura fait partie de la recette du compositeur Hannes De Maeyer (Black).

Au final, seul un Magritte est déjà connu : le Magritte d'honneur, qui viendra saluer le talent de l'acteur français André Dussolier.


Des programmations spéciales Magritte en TV

Sur Be 1 HD, ces samedi 4 et dimanche 5 février avec notamment :

- Le tout nouveau testament à 14h30 ce samedi 4, et
- Les premiers, les derniers à 21h ce dimanche 5.

05.jpg
Les scénaristes de Tango Libre, diffusé ce mercredi sur La Trois
© Simon Van Cauteren


Sur la chaîne La Trois de la RTBF avec notamment :

Tango libre de Frédéric Fonteyne, avec Jan Hammenecker, sur un scénario de Philippe Blasband et Anne Paulicevich, ce mercredi 8 février à 22h50.

Excellente cérémonie des Magritte du cinéma à toutes et à tous !

Jean-Philippe Thiriart