09 mai

FINAL PORTRAIT : le portrait d’un surréaliste aux charmantes contradictions

De Stanley Tucci

Avec Geoffrey Rush, Armie Hammer, Clémence Poésy et Sylvie Testud
Biopic
1h30

Cote : **

Le nom de Stanley Tucci ne vous dit peut-être pas grand-chose. Mais si nous vous disons qu’il a joué dans The Hunger Games ou Le Diable s’habille en Prada, vous comprendrez alors que ce réalisateur est avant tout un acteur de talent.

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Final Portrait est le cinquième film de Tucci en tant que réalisateur en plus de 20 ans, un metteur en scène qui sait prendre son temps. On comprend alors aisément pourquoi il a choisi de réaliser un film sur le sculpteur et peintre suisse Alberto Giacometti. Il possède, comme Giacometti, non seulement des origines italiennes par ses parents mais maîtrise également la lenteur et a un goût pour l’art pour le moins prononcé. Ce n’est ainsi pas la première fois qu’il réalise un film sur la relation entre un artiste et une personne qui s’intéresse à son travail. Ce fut déjà le cas dans le film Joe Gould’s secret, où il présentait la rencontre entre un un personnage un peu bohême et un journaliste américain dans le New-York des années quarante.

L’histoire qui nous est contée peut paraitre assez banale, la réalisation d’un portait par un peintre n’ayant peut-être rien d’extraordinaire. Ce qui nous a intéressé ici, c’est le jeu des acteurs. Le peintre sculpteur Alberto Giacometti est interprété par Geoffrey Rush, connu pour ses rôles marquants dans Le discours d’un roi, Pirate des Caraïbes ou encore Munich. Si le jeu de Geoffrey Rush est convaincant, sa ressemblance frappante avec le peintre suisse ne l’est pas moins. Ce rôle ne pouvait être que pour lui.

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Alberto Giacometti en plein travail


Chaque artiste qui a l’intention de réaliser un portrait a bien évidemment besoin d’un modèle et d’une ou plusieurs muses chez qui il peut trouver son inspiration. Le rôle du modèle est interprété par Armie Hammer (Agents très spéciaux) tandis que les muses de Giacometti sont, elles, jouées par Clémence Poésy, aperçue dans 127 heures ou Bons baisers de Bruges et par la Française Sylvie Testud.

La vision de l’argent qu’avait Giacometti est intéressante. S’il aimait la simplicité pour lui-même, il souhaitait pouvoir gratifier les muses grâce auxquelles il trouvait son inspiration. On remarque aussi une certaine dualité chez Giacometti, en permanence entre impatience, quand il s’agit de manger ou d’obtenir ce qu’il souhaite, et une capacité à prendre son temps pour se promener et discuter. Il s’agit sans doute là du propre des grands artistes, qui se questionnent en permanence. Non seulement sur le monde qui les entoure mais, surtout, sur leurs propres productions.


Aucun intérêt à aller voir ce film car les liens entre Giacometti et nous, les Belges, sont inexistants ? Une erreur si l’on connait un tant soit peu l’art et la peinture en particulier ! Nous ne vous ferons dès lors pas l’affront de vous donner des informations supplémentaires à ce propos. Ce serait tout simplement… surréaliste, dans un pays ou sont remis les Magritte du Cinéma !

Raphaël Pieters

12:54 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : final, portrait, alberto, giacometti, geoffrey, rush, stanley, tucci, peintre, sculpteur, art, hunger, games, pirates, caraibes | |  Facebook | |  Imprimer |

18 juil.

L'excellent thriller « La Isla Mínima » ? Detectives Verdaderos !

Andalousie, 1980. L'Espagne lèche encore les plaies infligées par 35 années de franquisme. Un flic, Pedro (Raúl Arévalo), est muté dans une région rurale en raison de ses opinions politiques progressistes qui dérangent. Là-bas, son nouveau coéquipier, Juan (Javier Gutierrez), a déjà une réputation qui le précède. Certains disent qu'il aurait été l'un des pires bourreaux de la police politique de Franco.

Leurs différences seront bien vite mises de côté lorsque deux jeunes filles disparues sont retrouvées mortes. Violées et torturées, elles sont découvertes en pleine décomposition dans la petite rivière locale.
L'enquête commence...

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Le film d'Alberto Rodríguez avait quasiment tout raflé aux Goyas 2015 (entre autres : Meilleur scénario, Meilleur acteur pour Javier Gutierrez et Meilleur réalisateur). Ce qui est, en général, de bon augure. Il a également remporté le Prix du Thriller lors du dernier Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF).

On ne peut toutefois pas s'empêcher, en regardant La Isla Minima, de remarquer une certaine patte inspirée de la série d'HBO True Detective. Les marais de Guadalquivir n'ont rien à envier aux marécages de la Louisiane. Les culs-terreux espagnols et américains sont en fait très similaires mais c'est, malgré tout, un plaisir de plonger dans les secrets de ces gens simples et inquiétants en même temps. Tout ça à travers les yeux d'un flic citadin qui vit sa mutation comme une punition (ce qu'elle est).

 

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La mise en scène de Rodriguez est particulièrement soignée. On découvre une Espagne rurale insoupçonnée, loin des clichés des sierras désertiques dignes des westerns. Le coup de génie est ici l'utilisation bien calibrée de plans aériens à la verticale, presque satellitaires (probablement filmés avec un drone), mais toujours inscrits dans un mouvement (la voiture des héros qui démarre, etc.). Ces plans magnifiques ne viennent ainsi jamais interrompre une action, mais plutôt les conclure.

En résumé, même si l'impression de déjà-vu persiste, La Isla Mínima, entre Espagne post-Franco, crimes ruraux et secrets de villages, ne manque pas d’arguments pour rivaliser avec les meilleurs films noirs de ces dernières années.

Simon Van Cauteren pour En cinémascope

 

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08:57 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Bilans de festivals, Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : isla, minima, thriller, goyas, alberto, rodriguez, javier, gutierrez, bifff | |  Facebook | |  Imprimer |