19 déc.

Le Be Film Festival démarre aujourd’hui à Bozar

Le Be Film Festival va une nouvelle fois faire sa fête au cinéma belge. Il s’ouvrira ce soir dès 19h15 avec la projection d’Une Part d’Ombre de Samuel Tilman et se clôturera le samedi 24 décembre, sur le coup de 11 heures, avec celle de Bigfoot Junior de Ben Stassen et Jérémie Degruson. Sous le sapin de Noël planté par les organisateurs du Be Film : courts et longs métrages de fiction, documentaires et d’animation.

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Nos comédiens seront mis à l’honneur, avec la présence à Bozar de celles et ceux qui font rayonner le cinéma belge à l’intérieur comme à l’extérieur de nos frontières : Matthias Schoenaerts, Jan Decleir, Olivier Gourmet, Bouli Lanners, Lubna Azabal, Wim Willaert, Emilie Dequenne ou encore Fabrizio Rongione, de nouveau maître de cérémonie lors des prochains Magritte du cinéma. Mais aussi celle d’artistes étrangers qui ont rejoint notre production nationale avec talent : Adèle Exarchopoulos, André Dussolier, Pascal Greggory, Pierre Richard et Sergi Lopez, notamment. Seront également présents au Festival les réalisateurs belges, jeunes et confirmés confondus, que sont François Troukens, Samuel Tilman, Lucas Belvaux, Michaël R. Roskam, Abel et Gordon ou encore Marion Hänsel.

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La marraine de l’édition de cette année, Fien Troch, dévoilera quant à elle ses secrets de tournage. Et concerts et DJ sets viendront une fois encore compléter la fête pour les grands, tandis que les plus jeunes seront invités à participer à une séance famille le 24 décembre.

N’hésitez pas à lire notre critique enthousiaste du très intense Noces de Stephan Streker, projeté ce jeudi 21/12 à 21 heures !

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Vendredi, nous aborderons d’autres films estampillés Be Film Festival 2017. Paris Pieds Nus et La vie sexuelle des Belges d’abord, projetés le soir-même. En amont du fleuve et Spit’N’Split ensuite, projetés, eux, le samedi 23 décembre.

Plus d’infos : befilmfestival.be

Bon Festival !

Jean-Philippe Thiriart

04:54 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films, Présentations de festivals | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : be, film, festival, 2017, schoenaerts, gourmet, bouli, lanners, adele, exarchopoulos, fidele, noces | |  Facebook | |  Imprimer |

06 févr.

Coup de projecteur sur le palmarès des Magritte 2017 et... 10 DVD à gagner !

La 7e édition des Magritte du 7e Art s'est tenue ce samedi au Square, à Bruxelles, où le tapis bleu a été déroulé avec faste pour les acteurs de la profession.

Au palmarès, un grand gagnant : Bouli Lanners et son très beau Les premiers, les derniers. Meilleurs film et réalisateur pour le sympathique Liégeois, mais aussi Meilleurs acteur dans un second rôle pour l'hyper talentueux David Murgia, décors (Paul Rouschop) et costumes (Élise Ancion). Cette dernière, costumière coutumière de tous les films de Bouli, avait cosigné avec lui le scénario de son film précédent : Les Géants, lauréat de cinq Magritte également voici cinq ans !

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Bouli Lanners, grand gagnant des Magritte 2017


Et quelques beaux deuxièmes :

- Keeper : Meilleurs premier film (Guillaume Senez) et montage (Julie Brenta) ainsi que Meilleure actrice dans un second rôle (Catherine Salée),

- Parasol : Meilleure musique originale (Cyrille de Haes et Manuel Roland) et meilleure image (le génial Olivier Boonjing),

- La tortue rouge, qui signe un sans-faute avec deux Magritte pour deux nominations (Meilleur film étranger en coproduction  pour Léon Perahia et Belvision, et Meilleur son pour Matthieu Michaux) et...

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Jean-Jacques Rausin, sacré Meilleur acteur


- Je me tue à le dire, bien sûr ! Le film des amis Xavier Seron (auteur du Meilleur scénario) et Jean-Jacques Rausin (élu Meilleur acteur) en aura en effet lui-aussi séduit plus d'un. Ajoutons que le même Xavier Seron a également remporté un autre Magritte, avec son ami et coréalisateur Méryl Fortunat-Rossi cette fois. Et ce pour la deuxième année d'affilée. Leur chaud chaud chaud Plombier succédant à son grand frère L'Ours Noir sur la liste des lauréats du Magritte du Meilleur court métrage.

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Avec les réals du Meilleur court métrage : Xavier Seron et Méryl Fortunat-Rossi


Grands oubliés : L'économie du couple et Black. Nominés respectivement cinq et quatre fois cette année, le film de Joachim Lafosse et celui du duo flamand Adil El-Arbi - Bilall Fallah auraient sans doute mérité mieux.


Je me tue à le dire : 10 DVD à gagner !

Pour bien continuer l'année, nous vous offrons 10 DVD de Je me tue à le dire avec la complicité d'Universcine.be.
Le superbe premier film du Belge Xavier Seron, nominé pas moins de 7 fois aux Magritte du cinéma.

Avec, en suppléments, des entretiens avec le réalisateur et son acteur, et les courts métrages Mauvaise Lune et L'Ours Noir, coréalisés par Xavier et Méryl Fortunat-
Rossi comme précisé plus haut.

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Pour gagner, rien de plus simple !

Envoyez un e-mail à jeanphilippe.thiriartATgmail.com dans lequel vous précisez en une ou deux phrases pourquoi c'est... VOUS qui devez recevoir ce bel objet, ainsi que vos coordonnées postales.

Les gagnants ? Les auteurs des dix mails les plus convaincants

À vos claviers : clôture du concours ce vendredi 10 février à minuit.

Bons films belges et bonne chance à toutes et à tous !


Jean-Philippe Thiriart

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Le détournement En cinémascopien de l'affiche du film de Kubrick et le visuel du concours sont l'oeuvre du graphiste Antoine Leroy, les photos illustrant l'article, celles de Sandrine David !

04 févr.

Les 7e Magritte du 7e Art, c'est ce soir !

C'est à 20 heures ce soir au Square que se tiendra la 7e cérémonie des Magritte du Cinéma. Ces Prix viendront récompenser, une fois de plus, les talents de notre 7e Art. À la barre, deux femmes, deux actrices : la passionnée et éclatante Virginie Efira dans le rôle de présidente et l'envoutante et multiple Anne-Pascale Clairembourg dans celui de la maîtresse de cérémonie.

Retransmises en direct et en clair sur Be tv et sa chaîne Be 1 ainsi qu'en streaming sur son site, les festivités verront 850 professionnels du cinéma belge récompenser le travail de leurs pairs : réalisateurs, acteurs et techniciens. Une bien belle occasion de mettre notamment en lumière certains métiers qui mériteraient de l'être plus souvent : directeur-photo, ingénieur du son, monteur - on en passe.

Dans le cadre d'un Cinevox Happening exceptionnel, le grand public pourra lui-aussi assister à la projection des Magritte dans un cadre unique : celui de la magnifique salle Grand Eldorado de l'UGC De Brouckère. Verre de bulles dès 19 heures, walking dinner après la cérémonie et... projection en avant-première de Paris pieds nus, la nouvelle comédie burlesque d'Abel et Gordon, présents pour l'occasion !

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Et les nominés sont...

Cinq films se démarquent

Les premiers, les derniers du populaire Bouli Lanners mène sans surprise la danse avec huit nominations, ex-æquo avec le Keeper de Guillaume Senez, premier long présenté dans de nombreux festivals avant sa sortie chez nous.

Suivent, avec sept nominations chacun, les potes de l'IAD que sont Xavier Seron et Valéry Rosier. Tous deux ont déjà remporté le Magritte du Meilleur court métrage : le premier (en duo avec Méryl Fortunat-Rossi), pas plus tard que l'an dernier avec L'Ours Noir et le second, voici cinq ans, avec Dimanches. Cette année, c'est leur premier long métrage qui bénéficiera d'un beau coup de projecteur : Je me tue à le dire - notre grand coup de cœur de 2016 - pour Xavier et Parasol pour Valéry.

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La joyeuse bande de Je me tue à le dire au Festival de Namur
© Sandrine David


N
otons que le huitième film - déjà - de Joachim Lafosse, le très applaudi à Cannes L'économie du couple, fait lui-aussi partie des favoris. S'il n'est nominé qu'à quatre reprises, il l'est dans les deux principales : Meilleur film et Meilleur réalisateur.

Les cinq films susmentionnés sont en lice pour le Magritte du Meilleur film, Je me tue à le dire, Keeper et Parasol étant bien sûr présents également dans la catégorie Meilleur... premier film. Cependant, un de leurs metteurs en scène, Guillaume Senez, manque à l'appel pour le Magritte du Meilleur réalisateur.

À
 signaler : l'absence des frères Dardenne et de leur Fille inconnue, qui en aura étonné plus d'un.


Du côté des comédiens

Si Virginie Efira fait figure de favorite pour le Magritte de la Meilleure actrice pour son rôle dans Victoria- elle est également nominée dans la section Meilleur second rôle pour le Elle de Verhoeven -, les choses sont moins claires du côté masculin. Le Magritte du Meilleur acteur pourrait ainsi aller tant au Cowboy François Damiens et à l'acteur-réalisateur Bouli Lanners (Les premiers, les derniers) qu'à - soyons fous - Jean-Jacques Rausin. Ce dernier interprète un premier rôle pour la... première fois dans Je me tue à le dire. Les votants ont choisi de l'inscrire dans cette catégorie alors qu'ils auraient pu le cantonner à celle du Meilleur espoir. Un signe ? Nous l'espérons de tout cœur !

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La belle Virginie Efira, présidente ce soir et nominée à deux Magritte
© Rick Mc Pie


Le Magritte de la Meilleure actrice dans un second rôle devrait échoir aux sympathiques Anne Coesens (La taularde) ou Catherine Salée (Keeper) , à moins que Virginie Efira ne passe à côté de celui de la Meilleure actrice dans un premier rôle. Auquel cas c'est à elle que reviendra plus que probablement le trophée évoqué, tant elle est convaincante dans le vénéneux thriller du réalisateur de Basic Instinct. Le Magritte du Meilleur acteur dans un second rôle devrait quant à lui aller à David Murgia, hallucinant en jeune homme touchant dans le film de Bouli.

Rayon Meilleurs espoir, Martha Canga Antonio, déjà lauréate d'un Ensor dans le nord du pays, mérite également d'être récompensée aux Magritte pour son interprétation à fleur de peau dans Black tandis que Yoann Blanc, très convaincant dans Un homme à la mer, pourrait de l'avis général bénéficier de l'effet La Trêve, série-événement de la RTBF signée Matthieu Donck.


La suite de nos pronostics

Nous faisons les paris, peut-être un peu fous, que, ce soir :

- Black sera élu Meilleur film flamand,
- La tortue rouge, Meilleur film étranger en coproduction,
- Xavier Seron, Meilleur scénariste,
- Olivier Boonjing, Meilleur chef-op - et donc lauréat du Magritte de la Meilleure image - pour son travail sur Parasol (on lui doit également la superbe photo en noir et blanc de Je me tue à le dire),
- Arnaud Calvar, Julien Mizac et Philippe Charbonnel, Meilleur ingés sons (Je me tue à le dire),
- Julie Naas, Meilleur monteuse (Je me tue à le dire),
- Pornography (d'Éric Ledune), Meilleur court métrage d'animation,
- Le plombier (de Méryl Fortunat-Rossi et Xavier Seron), Meilleur court métrage de fiction,

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Bien entouré par les réalisateurs du Plombier, déjà récompensés l'an dernier pour L'Ours Noir - © Sandrine David


- Intégration Inch'Allah (de Pablo Muñoz Gomez, réalisateur de Welkom), Meilleur documentaire,
et que le Magritte des Meilleurs décors et celui des Meilleurs costumes seront décernés respectivement à Paul Rouschop (Les premiers, les derniers) et à Nina Caspari (Black).

Et, enfin, que l'ingrédient majeur d'un film qu'est sa musique originale aura fait partie de la recette du compositeur Hannes De Maeyer (Black).

Au final, seul un Magritte est déjà connu : le Magritte d'honneur, qui viendra saluer le talent de l'acteur français André Dussolier.


Des programmations spéciales Magritte en TV

Sur Be 1 HD, ces samedi 4 et dimanche 5 février avec notamment :

- Le tout nouveau testament à 14h30 ce samedi 4, et
- Les premiers, les derniers à 21h ce dimanche 5.

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Les scénaristes de Tango Libre, diffusé ce mercredi sur La Trois
© Simon Van Cauteren


Sur la chaîne La Trois de la RTBF avec notamment :

Tango libre de Frédéric Fonteyne, avec Jan Hammenecker, sur un scénario de Philippe Blasband et Anne Paulicevich, ce mercredi 8 février à 22h50.

Excellente cérémonie des Magritte du cinéma à toutes et à tous !

Jean-Philippe Thiriart

21 déc.

Ce jour-là, c'était Clap de fin au 31e FIFF !

Aujourd'hui, rapatriement sur En cinémascope d'un article non publié au terme de l'édition 2016 du Festival International du Film Francophone de Namur !
Non-publication due à divers soucis de mise en ligne.

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Le 6 octobre dernier s'est clôturée l'édition 2016 du Festival International du Film Francophone de Namur. Avec l'annonce du palmarès des différentes compétitions : les Prix remis par le Jury Junior et le Public, et les récompenses décernées dans les catégories Clips, Nationale Fédération Wallonie-Bruxelles, Officielle Courts métrages, Première Œuvre de fiction et Officielle Longs métrages, bien sûr.

Plus tôt, avaient été décernés les Prix Off :

- le Prix Cinevox du Meilleur Long Métrage belge, à Noces de Stephan Streker,
- le Prix de la Critique, à Even Lovers Get the Blues de Laurent Micheli,
- le Prix Be TV - Long Métrage, à Orpheline du Français Arnaud des Pallières, qui allait s'avérer être le grand gagnant du FIFF 2016,
- le Prix Arte - Court Métrage, à Les Dauphines de la Belge Juliette Klinke,
- le Prix Format Court - Court Métrage International, à Une nuit à Tokoriki de la Roumaine Roxana Stroe,
- le Prix RTBF - Court Métrage belge, à Les Dauphines, encore, et
- le Prix BeTV - Court Métrage belge, à Lulu, des Belges Michiel Blanchart et Louise Dendraën.

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Sandrine Bonnaire en interview-express, juste avant l'annonce du Palmarès

 

Le grand gagnant de la soirée est sans conteste Orphelines, du Français Arnaud des Pallières. Prix Be TV - Long Métrage, donc, mais, surtout, Bayard d'Or du Meilleur Film et de la Meilleure comédienne ! Ou des Meilleures comédiennes plutôt puisque ce sont les quatre actrices principales du film qui ont été récompensées pour leur travail sur le film du réalisateur de Michael Kohlhaas. Adèle Haenel et Solène Rigot - toutes deux invitées du Festival cette année - ainsi que Adèle Exarchopoulos n'ont pas manqué de laisser des messages de remerciement tandis que la jeune Vega Cuzytek était présente à Namur pour recevoir son Prix.

Deux autres films se sont vus doublement récompenser. Une jeune fille de 90 ans, des Français Valeria Bruni Tedeschi et Yann Coridian, repart avec le Prix Spécial du Jury et le Prix du Public Documentaire. Quant au film roumain Illégitime, ce sont les Bayard du Meilleur scénario pour Alina Grigore et Adrian Sitaru (également réalisateur du film) et du Meilleur comédien pour Adrian Titieni qu'il reçoit.

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Arnaud des Pallières, grand gagnant avec Orpheline, et sa jeune actrice, Vega Cuzytek

 

Ci-dessous, le reste du Palmarès du 31e FIFF.

Compétition Officielle Longs métrages

- Bayard de la Meilleure photographie ; Ma vie de courgette du Suisse Claude Barras, et
- Mention Spéciale : Le Voyage au Groenland du Français Sébastien Betbeder.

Compétition Première Œuvre de fiction

- Bayard de la Meilleure première œuvre de fiction : Diamond Island du Cambodgien Davy Chou, et
- Prix Découverte : Tramontane du Libanais Vatche Boulghourjian.

Compétition Officielle Courts métrages

- Bayard d'Or du Meilleur Court Métrage : Que vive l'empereur de la Française Aude Léa Rapin,
- Prix spécial du Jury : Villeperdue du Français Julien Gaspar-Oliveri, et
- Mention pour Oh What a Wonderful Feeling.

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Bouli Lanners, Président du Jury Officiel et un des précieux trophées


Compétition Nationale Fédération Wallonie-Bruxelles

- Prix du Meilleur Court Métrage : Angelika de Léopold Legrand,
- Prix spécial du Jury et Prix de la Meilleure photographie : La Saison du silence pour Tizian Büchi et Camille Sultan, respectivement,
- Prix d'interprétation : Hajar Koutaine dans À l'arraché d'Emmanuelle Nicot, et
- Mention pour Corps de Benjamin D'Aoust.

Compétition Clips

Prix du Meilleur clip : Drifted, de Dent De Cuir.

Prix du Public

- Prix du Public Long Métrage Fiction : Il a déjà tes yeux du Français Lucien Jean-Baptiste, et
- Prix du Public Court Métrage : Villeperdue.

Prix du Jury Junior

Enfin, le Prix du Jury Junior est allé à notre coup de cœur de ce FIFF 2016 : la claque qu'est 1:54, du Québécois Yan England, qui n'aurait pas volé une place en Compétition Officielle.

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Rendez-vous l'an prochain à Namur !


À vos agendas : la 32e édition du Festival International du Film Francophone de Namur aura lieu du 29 septembre au 6 octobre 2017 !

Jean-Philippe Thiriart

Crédits photos : Mazin Mhamad

10:48 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Bilans de festivals | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fiff, festival, international, film, francophone, namur, bonnaire, bouli, lanners, orpheline, bruni, tedeschi | |  Facebook | |  Imprimer |

26 mars

Les Premiers, les Derniers - Interview de Bouli Lanners

Tourné en... scope, Les Premiers, les Derniers est au cinéma depuis quelques semaines déjà. Il est toujours à l'affiche à Bruxelles et dans chacune des provinces wallonnes, à l'exception du Brabant wallon. Le métrage a remporté deux Prix lors de la dernière Berlinale, où il était inscrit dans la section Panorama. Son réalisateur et acteur principal, le Liégeois Bouli Lanners, nous a accordé un entretien chez le distributeur du film pour évoquer ce film plein de lumière. Le voici enfin retranscrit ci-dessous ! Les photos prises ce jour-là sont consultables sur notre compte Instagram.

Et n'hésitez pas à consulter nos autres articles autour de Bouli Lanners ! :

- son interview pour Les Géants
- celle de Fabrice Adde (vu il y a peu dans The Revenant) et la sienne pour Eldorado
- les quelques bons mots du fan de scope qu'est le réalisateur liégeois pour... En cinémascope
- notre critique express d'Ultranova, et
- l'interview tout aussi express de Bouli aux Magritte 2012.


Bouli Lanners et En cinémascope...


Synopsis du film

Dans une plaine infinie balayée par le vent, Cochise et Gilou, deux inséparables chasseurs de prime, sont à la recherche d’un téléphone volé au contenu sensible. Leur chemin va croiser celui d’Esther et Willy, un couple en cavale. Et si c’était la fin du monde ? Dans cette petite ville perdue où tout le monde échoue, retrouveront-ils ce que la nature humaine a de meilleur ? Ce sont peut-être les derniers hommes, mais ils ne sont pas très différents des premiers.

Notre cote : ***

Notre interview de Bouli Lanners

Dans Les Premiers, les Derniers, vous interprétez le personnage de Gilou. N'est-ce finalement pas, parmi tous les rôles que vous avez joués, celui qui est le plus proche de vous ?

Oui, c'est le plus proche. C'est même carrément une mise à nu. C'est un personnage qui est très proche de ce que je suis, de mes peurs existentielles, de cette référence que j'ai à la mort et puis surtout, aussi, de l'espoir que j'ai encore en l'homme. Parce que je crois toujours encore fondamentalement en l'homme et je ne pense pas que ce soit la fin du monde du tout. Même si le film parle un peu de ça.

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Bouli Lanners et Albert Dupontel, unis par une amitié sincère à l'écran comme dans la vie


On retrouve une fois de plus dans votre film de grands paysages, de longues étendues... Pourriez-vous nous parler de votre travail sur le cadre ?

Le cadre est donc très proche de ce que je fais en peinture. Il raconte l'histoire. Dans la grammaire du cinéma, c'est le cadre qui permet de faire la mise en scène. Ici, il y a une référence directe à ma peinture dans les couleurs, dans le cadre, avec une ligne d'horizon très basse. Avec un format : le scope, qui est le format récurrent de mes films. Et avec également une absence de verts dans les gammes de couleurs, en restant dans les bleus outremers, les bruns foncés, les terres de Sienne. Et puis avec un horizon et un ciel très haut. Le cadre correspond donc à la peinture et est influencé par celle-ci même s'il ne s'agit pas ici d'une peinture mais bien d'une fiction.

Le travail que vous avez effectué sur le son est intéressant lui aussi. Après avoir travaillé sur Les Géants avec The Bony King of Nowhere, vous privilégiez cette fois-ci une couleur musicale différente...

La musique, ici, c'est plus du dark folk. vraiment une espèce de folk sombre, qui vient directement des 16 Horsepower, un groupe que j'ai beaucoup écouté pendant l'écriture du film. Pascal Humbert en est un des maîtres d'œuvre. Il est revenu en France entre-temps pour former Détroit avec Bertrand Cantat. On a donc contacté le groupe, qui a fait une session d'enregistrement de laquelle on a retiré un seul morceau. Cela m'a permis, par la suite, de retravailler avec Pascal Humbert. Et on a repris des musiques issues des formations avec lesquelles il a évolué. Il faut savoir qu'il a vécu aux États-Unis pendant 22 ans. Outre les 16 Horsepower et Détroit, il a fait partie des Wovenhand et de Lilium. Et puis il a fait toutes les musiques additionnelles pour uniformiser toutes ces musiques, pour faire le liant entre elles.

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Les Premiers, les Derniers est-il un western moderne ? Si oui, quelles sont vos grandes influences dans ce genre à part du cinéma ?

Je pense que Les Premiers, les Derniers aborde une thématique qui n'est pas propre au western mais utilise, dans la forme, les codes du western. Dans la mesure où il faut que ça reste quelque chose qui soit formellement attractif quelle que soit la thématique. Et parce qu'il faut se faire plaisir. Je voulais faire un beau film et le western permet aussi très fort d'utiliser les paysages. Quant aux influences, il n'y en a pas une en particulier. Je veux dire par là que j'ai des influences qui ne sont pas liées au western. J'ai vu beaucoup de westerns quand j'étais jeune et j'en ai revu pas mal dernièrement. Et il y a quelque chose de récurrent dans tous ces films, que j'utilise ici même si mes références cinématographiques sont plutôt liées à des films comme les films de Jim Jarmusch. Ou même de Wim Wenders, qui faisait déjà des films américains tout en les faisant en Allemagne. Ou même Kaurismaki, dont le cinéma est certes très finlandais mais avec aussi beaucoup de références aux films américains. Je suis donc plutôt influencé par des cinéastes qui ont eux-mêmes été influencés par le western.

Vos dialogues sont justes et concis, laissant une grande place aux regards. Que disent-ils de vos personnages dans ce film-ci ?

Ici, les regards parlent beaucoup d'amour. Il y a beaucoup de bienveillance d'un personnage à l'autre. Il y a de l'amour entre deux personnages : entre Esther et Willy, c'est de l'amour pur. Il y a de l'amitié : une vieille amitié forte et sincère entre Cochise et Gilou. Donc là, c'est une autre forme d'amour : de l'amitié avec de la bienveillance. Et puis, il y a le regard de Jésus sur Willy, le regard de Jésus sur Gilou, le regard de Clara sur Cochise, le regard de Clara sur Esther... Tous ces regards sont remplis d'amour, d'humanité et de bienveillance. Et mon film parle de cela.

Vos personnages, parlons-en justement, sont interprétés par d'excellents acteurs. Vous avez ainsi réuni ici, à vos côtés, un casting cinq étoiles avec notamment les acteurs Albert Dupontel, David Murgia, Serge Riaboukine, et Mes-sieurs Michael Lonsdale et Max Von Sydow. Ainsi que les actrices Suzanne Clément et l'incroyable Aurore Broutin.
Comment définiriez-vous, en quelques mots, le jeu de ces comédiens ?

Je crois que j'ai un des plus beaux castings dont je puisse rêver. Avec trois générations de comédiens : Max et Michael, les anciens ; toute une génération de comédiens de mon âge - Albert, moi-même et Suzanne Clément, que l'on connaît à travers les films de Xavier Dolan. Et puis il y a les amis : Serge Riaboukine, Philippe Rebbot, Virgile Bramly, Lionel Abelanski...
Et alors il y a les découvertes : Aurore et David. David, c'est le comédien belge qui va monter. Son physique a quelque chose de presque pasolinien. Son jeu est d'une gamme incroyable. Il accroche l'image. Il écrit aussi des seuls-en-scène et a un collectif : le Raoul Collectif. Et puis il a fait Le Discours à la nation, une pièce de théâtre qui tourne beaucoup. C'est quelqu'un qui est très investi aussi socialement et artistiquement dans son pays et qui tourne beaucoup à l'étranger.
Et puis Aurore, c'est la petite perle, celle qu'on trouve par hasard et qui incarne à merveille un personnage très complexe - le personnage d'Esther est très difficile à interpréter. Elle le fait avec une immersion totale et est donc parfaite. Pour la connaître un peu, je peux vous dire qu'elle n'est pas du tout comme le personnage du film : c'est une espèce de guerrière du nord, comme Corinne Masiero.
Je pense par conséquent que ce sont des comédiens en devenir, qu'on va revoir plus tard. Et j'ai une qualité de jeu assez exceptionnelle dans ce casting. J'ai travaillé avec des comédiens qui incarnent les personnages dans leur chair, d'une manière absolue, ce qui permet alors les silences. Les personnages existent aussi dans les silences. Mais un personnage qui existe dans les silences, c'est un personnage qui doit être fortement incarné et, ici, j'ai des comédiens qui incarnent très fortement les personnages.

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Mes-sieurs Michael Lonsdale et Max Von Sydow font partie du casting cinq étoiles du film


Pourriez-vous s'il vous plaît évoquer votre rencontre avec Michael Lonsdale, que vous avez eu un plaisir communicatif à retrouver avant la sortie du film à la Cinematek pour un échange avec le public ?

Tout à fait ! Parce que quand Michael Lonsdale parle, il est intarissable. D'abord, il a une voix qui envoute et puis, surtout, il a des anecdotes incroyables à raconter. C'est toute l'histoire du cinéma qui défile quand il parle de Marguerite Duras, de Mocky, de sa vie au Maroc quand il était jeune, de la guerre, de ce qu'il a vécu... On a juste envie de se taire et de l'écouter. Donc j'étais bien moi, ce jour-là, à l'écouter dans mon fauteuil à la Cinematek ! C'était super. Ça aurait pu continuer d'ailleurs. La rencontre avec Michael, c'était comme ça : on rencontre un monsieur, quelque qui dégage quelque chose, qui a une aura très forte, et qui dégage aussi énormément de bienveillance et de douceur. Parce qu'il donne beaucoup, Michael Lonsdale. Il est âgé mais, malgré tout, il fait des conférences, il fait des lectures, il fait des rencontres. C'est quelqu'un qui reste très impliqué dans la vie et donc pour quelqu'un comme moi, c'est important de rencontrer quelqu'un comme lui. Parce que ça me redonne du kick. Ça me relance. Et j'en ai parfois besoin.

Le cinéma français a son acteur espagnol attitré : Sergi López. Le cinéma belge a, lui aussi, son acteur... français cette fois, récurrent : je pense à Serge Riaboukine. Vous jouiez à ses côtés dans Je suis mort mais j'ai des amis, présent aux Magritte et aux César cette année. Ici, vous le dirigez en plus. Un double malin plaisir alors ?

Diriger les amis, c'est toujours plus facile parce qu'on peut tout leur dire. Et puis, on les connaît. Ça permet aussi de connaître leurs failles, de savoir aussi à quel moment ils sont fragiles. De savoir ce qu'il faut faire pour arriver à ce qu'on veut. C'est un plaisir quand on a des amis qui sont de bons comédiens. Évidemment, si on doit faire tourner des amis qui sont de mauvais comédiens et qu'on doit essayer d'en tirer quelque chose, ça ne marche pas bien. Mais quand ses amis sont de bons comédiens, c'est un vrai plaisir de travailler avec eux, tant c'est facile de les diriger.

Votre film est dédié à la mémoire d'Alain Peeters et Didier Toupy, décédés il y a peu. Quels souvenirs gardez-vous de ces deux compagnons de route ?

Alain Peeters, il fait partie de cette famille de cinéma qui est la mienne, celle avec laquelle je travaille depuis le début. C'était notre chef-électro. On l'appelait « le sergent ». Parce qu'un tournage, même si je n'ai pas fait la guerre, c'est un peu comme aller au front : il y a quelque chose de très hiérarchisé, un groupe humain très fort qui doit être uni contre pas mal d'ennemis : les impératifs, les imprévus, la météo, le temps qui passe, etc. Alain Peeters avait ce côté rassurant d'un sergent qui protège ses troupes. Vous voyez : ce mec un peu plus costaud que les autres, qui va au front et qui les protège. On avait besoin de lui donc il nous manque beaucoup. Sa mort a été une vraie déchirure pour pas mal d'entre nous. C'est le premier membre de notre équipe que nous avons perdu.
Et puis Didier Toupy, c'était ma mascotte. On le retrouve dans tous mes films. C'est avec lui que j'ai fait mon premier film : Travellinckx. C'était une figure quasi légendaire à Liège et il est mort à la fin du mixage. J'ai donc perdu deux des amis qui font partie de cette famille parce que j'ai l'âge auquel on commence à perdre des gens. Et donc finalement, le film, qui parle de cette échéance, répond à la question : il faut continuer à vivre pleinement le temps qui nous reste à vivre !

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Jean-Philippe Thiriart

Crédits photos :
- Interview : Sandrine David pour En cinémascope
- Film : O'Brother Distribution