23 janv.

BOWLING KILLERS ? A Killing Comedy ce mardi 23 janvier à 23h55 sur La Trois !

Ce mardi 23 janvier à 23h55, La Trois diffusera la pépite qu'est le court-métrage de genre Bowling Killers. Réalisé par Sébastien Petit, le film faisait parties des courts nominés au Magritte du Meilleur Court-métrage voici quelques années.
Nous vous proposons, à cette occasion, un retour sur notre interview du réal !

Une copie du film non étalonnée, non mixée, sans la bonne musique... Et pourtant, nous avions déjà beaucoup apprécié le Bowling Killers de Sébastien Petit, que nous avions été les premiers à découvrir, après Sébastien, dans sa version la plus avancée. Nous avions bien hâte de découvrir le film sur grand écran, le samedi 7 avril 2012 au BIFFF. Rendez-vous vous allait être donné à partir de 13h30 dans le cadre du ColectIFFF.

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Sébastien, les riffs de guitare très sobres de ton film, l'ambiance, et le look et le style de tes personnages donnent à Bowling Killers un côté très western. Comment définirais-tu ton film : western horrifique, gore, slashé ?

Gore, certainement, dans le sens où c'est un film qui a été réalisé pour les 30 ans du Festival du Film Fantastique. Le scénario, je l'avais déjà avant mais du coup, on l'a un petit peu adapté au style du Festival car il y a un côté très sanglant dans le film. Le terme « gore » est donc un terme qui convient bien.

 

Bowling Killers 4.jpgSébastien, sur le tournage du film

 

C'est donc un film de commande quelque part ?

De commande, c'est beaucoup dire. C'est plutôt un hommage qu'on a voulu faire parce qu'on ne nous a rien commandé en réalité. C'est un groupe de fans du BIFFF qui se sont associés et qui ont décidé, pour les 30 ans, de faire un cadeau. Et chacun a produit un court-métrage.

Les dialogues que tu mets dans la bouche de tes personnages sont très naturels. Durant les répétitions, est-ce que tes acteurs ont fait évoluer ta continuité dialoguée ?

Tout à fait ! Ça a évolué pendant les répétitions parce qu'entre les dialogues sur papier et ceux qu'on entend lors de la mise en bouche, on se rend compte qu'il y a parfois une nette différence qui fait que ça ne marche pas nécessairement, que la mise en bouche n'est pas adéquate. On a du coup adapté les dialogues avec Gérald (Wauthia) et Steve (Driesen) pour que ça roule comme sur des roulettes.

La mise en scène et les dialogues sont très tarantiniens à mon sens...

Cool !

Et un de tes acteurs - je suis persuadé que tu verras duquel je veux parler - fait immanquablement penser au Walter du Big Lebowski des frères Cohen. Est-ce que c'était voulu tout ça ?

C'est vrai que Tarantino est un de mes cinéastes préférés. On s'est forcément un peu inspiré de la façon dont il écrit ses dialogues. J'adore tous ses films. Mais de là à arriver à savoir le faire, c'est autre chose. Par contre, le côté frères Cohen, Big Lebowski, je crois que c'est plutôt le côté bowling qui fait penser à ça, côté qui est arrivé par après. On avait déjà le scénario et c'est un ami, Youssef (Seniora, réalisateur de Trapped dans le cadre du ColectIFFF), qui réalise aussi un autre court métrage, qui m'a fait penser à ça au mois de septembre-octobre 2011. Et on a ramené ce côté bowling après, ce qui donne peut-être le côté Big Lebowski, qui est présent aussi.

 

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Ton film est très belge au final, évoquant la mésentente entre flamands et francophones...

Oui, on en rigole. Les guéguerres communautaires me fatiguent. Je devais donc trouver un sujet qui soit à la Tarantino. Comme Tarantino fait justement toujours aussi un peu des dialogues qui sont décalés par rapport à la scène qu'il nous donne à voir. Finalement, on a deux tueurs à gage et une troisième personne qui se prennent la tête et qui causent des problèmes communautaires. Comme c'est quelque chose qui m'emmerde, ça a été le sujet de prédilection. Du coup, ça a été super facile à écrire : ça partait tout seul.

Filmer en caméra subjective semble avoir été assez évident pour toi. Est-ce que tu peux nous parler de ce procédé filmique ?

On l'a décidé dès le départ. C'est un peu le concept du film en fait. On ne dévoile rien vu que c'est la première image du film : on voit juste les deux tueurs et la troisième personne est la caméra, c'est-à-dire que le spectateur est à la place de la victime. Le film ne compte en fait que neuf plans-séquences.

Le montage s'en est donc trouvé simplifié ?

Oui, tout à fait !

 

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Alors, question immanquable : le BIFFF, ça représente quoi à tes yeux de festivalier, de jeune ayant grandi avec le Festival, au même titre que les 11 autres réalisateurs du ColectIFFF d'ailleurs ?

C'est le seul festival de ce style-là. Je veux dire par là que je le trouve très populaire. Dans les autres festivals, on croise souvent des gens de la profession. J'en ai quand même fait pas mal mais c'est le seul qui, à mes yeux, crée un tel engouement populaire. C'est le seul où l'on rencontre vraiment tous les fans du genre abordé, en l'occurrence la science-fiction. Il y a une ambiance qui est unique ici et je n'en loupe donc aucun car on a l'impression d'être en famille !

Est-ce que faire partie du ColectIFFF était une évidence pour toi ?

Non car je pense que je suis le dernier à être arrivé dans le CollectIFFF. Je ne fais pas partie de ceux qui ont participé à sa création. En fait, je bosse régulièrement comme assistant-réal dans l'audiovisuel et c'est un de mes potes qui faisait partie du ColectIFFF qui m'y a fait entrer. C'est Emre Olcayto (NdA : qui, pour le CollectIFFF, a réalisé Sanctuary's Battle). Il m'a parlé de ce groupe et comme il n'y avait pas encore le nombre de films nécessaires, m'a proposé de les rejoindre. Et j'ai évidemment été super emballé ! Je connaissais aussi quasi la moitié des autres membres du ColectIFFF - c'est un tout petit groupe en réalité.

 

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Est-ce que tu as travaillé sur fonds propres ?

En fait, j'ai une petite société de production avec des amis : Boîte Noire. Elle nous permet de produire nos courts métrages, nos projets personnels. Comme mon film a été tourné en une seule nuit, j'ai pu avoir une équipe sans trop de difficultés. Du fait de travailler dans le milieu, je connaissais aussi des gens. Et comme ça ne durait qu'une nuit, les gens sont plus facilement libres que s'il s'agit de partir pour une semaine de tournage. Et puis surtout, le ColectIFFF a amené, via Stéphane Everaert, un sponsor qui est Eye Lite qui a pratiquement donné tout ce dont on avait besoin niveau lumières. On a également eu une caméra à prêter. Bref, le film était quasiment budgétisé ! (il rigole)

Comment est-ce que tu définirais le cinéma de genre en Belgique ? Est-ce qu'il a sa place ?

Justement, peut-être pas assez. C'est en ça que le BIFFF est vraiment important pour ce genre de cinéma, que j'adore personnellement. Ça draine beaucoup de public d'ailleurs. Je crois que le BIFFF est le festival qui draine le plus de public. C'est quand même impressionnant. Et pourtant, le Festival a encore du mal à se faire reconnaître, notamment auprès de la Communauté française. Ça change justement puisqu'un des réalisateurs du ColectIFFF qui a fait un film de science-fiction a reçu l'aide de la Communauté française. Mais ce n'est pas encore vraiment courant. Ça existe mais c'est toujours des micro-budgets parce qu'on n'a pas les moyens financiers pour faire un court-métrage classique. Mais on sent que ça bouge un petit peu en tout cas.

 

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Un petit mot pour ton attaché de presse, Philippe Pokam Echterbille, sans qui nous ne serions pas en train de t'interviewer aujourd'hui ?

Philippe Pokam Echterbille ?!

Son totem, c'est hippocampe, mais par chez nous, tout le monde l'appelle « Pokam »...

Nous, on l'appelle « l'ADSL ». Ça date des études supérieures...
Et bien Phil, merci de m'avoir présenté En cinémascope !

Jean-Philippe Thiriart

09:09 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans BIFFF, Critiques de films, Interviews, Présentations de festivals | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : bowling, killers, sebastien, petit, bifffn, colectifff | |  Facebook | |  Imprimer |

11 avril

Le CollectIFFF ? Un hommage explosif à leur BIFFF !

 

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Voici quelques années maintenant que Stéphane Everaert est le présentateur attitré des séances du Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF). C'est aussi un des initiateurs d'un projet un peu fou : le CollectIFFF. Malgré la tentative du gaillard de nous obtenir un exemplaire presse du DVD du même nom, rien n'y a fait : nous avons du acheter cet obscur objet du désir. Ô rage ô désespoir ? Que nenni ! Car 20 euros - c'est son prix - pour un produit au contenu aussi explosif que varié et au package aussi léché, c'est correct pour le moins.

Jacquette cartonnée comprenant, outre les 12 courts métrages du groupe de trublions, un DVD bonus reprenant les interviews des réals, le tout séparé par un beau livret en papier glacé d'une petite trentaine de pages. Voilà pour le produit.






Mais quid de l'idée qui lui a permis de voir le jour ? Parlons-en justement...

Elle a jailli voici deux ans - soit une année avant les 30 ans du BIFFF - dans l'esprit de dix-neuf potes. Qui décident de réaliser une série de courts métrages de genre. Au bout de l'aventure, douze verront le jour, les différents CollectIFFFeurs s'aidant mutuellement sur les différents films réalisés.

Cet « All in One Deadly Horror Action Packed Show » comprend douze « Kick Ass Movies » réalisés par autant de jeunes réalisateurs et réalisatrice. Car oui, que ce serait ce monde de brutes sans une femme ? Une femme dont le film est malgré tout assez... brutal ! Elle, c'est Katia Olivier. Son film, Belgian Psycho.


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N'hésitez pas d'ailleurs à lire nos interviews de deux CollectIFFFeurs bien sympas, réalisées l'an dernier avant et pendant le Festival. Leurs noms ? Sébastien Petit pour Bowling Killers et Jérôme Vandewattyne pour Stlutterball. AKA respectivement Seb et Jerry. Au petit jeu de savoir qui du chat et du souriceau va manger l'autre, la réponse est toute trouvée : aucun des deux ! Tous deux, et cela est valable pour l'ensemble de leurs camarades de jeu, sont en effet parvenus à atteindre un but bien précis : rendre, dans des styles très différents, un très bel hommage au cinéma qui les passionne. Le cinéma de genre. Mais, surtout, à un des Festivals majeurs en la matière. Celui-là même qu'ils fréquentent depuis un p'tit temps et qui n'a pas manqué de sculpter leur cinéphilie ou cinéphagie - c'est selon - fantastique... Le BIFFF, bien sûr !

Une fois l'objet acquis, nous sommes évidemment partis à la chasse aux dédicaces des différents artisans du CollectIFFF. Avec une démarche sensiblement comparable au gosse que nous étions voici une bonne vingtaine d'années. Un gosse qui venait de recevoir, après maintes supplications, son album Panini du Mondial Italia 90 et qui n'avait qu'une envie : le remplir au plus vite !


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Bowling Killers



Comptez, au total, environ 2h de film, et un peu plus encore de bonus...

Et comme le dernier numéro du Cinémag Fantastique de la bande à Damien Taymans (les Quentin Meignant , Alan Deprez, et autres Jonathan Lenaerts, pour ne citer qu'eux) est gratuit à l'achat du coffret (demandez votre bon !), ce serait un tort de se priver...


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Le tout est en vente au Little shop du BIFFF.

Ajoutons, enfin, que le trailer off du BIFFF 2011 - She's a slut, signé Jérôme Vandewattyne - figure également sur le DVD.

Plus d'infos sur le site du CollectIFFF : www.collectifff.com .
Pour l'achat hors-BIFFF, envoyez un mail à sales@zenopictures.be .

Et pour les interviews de Sébastien et Jérôme, c'est ici :

- http://encinemascope.skynetblogs.be/archive/2012/04/04/bo... , et

- http://encinemascope.skynetblogs.be/archive/2012/04/07/sl... !


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Avec Sébastien Petit

 

17:15 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de DVDs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : colectifff, bifff, bowling, killers, slutterball, everaert, olivier | |  Facebook | |  Imprimer |

07 avril

Slutterball : Interview de Jérôme Vandewattyne

Jérôme Vandewattyne, c'est le réalisateur de She's a Slut, trailer-off du BIFFF 2011. Cette année-ci, il nous revient avec Slutterball, présenté dans le cadre du CollectIFFF. Interview...

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En cinémascope : Jérôme, quelles sont tes influences en général et pour Slutterball peut-être en particulier ?

Jérôme Vandewattyne :
Slutterball et She's a Slut sont un petit peu deux courts à prendre en un dans le sens où l'un est un peu la suite de l'autre. Mes influences, ce sont les films Grindhouse des années 70. Avec principalement les Midnight Movies de cette décennie. Donc j'entends par là des films du style de Pink Flamingos de John Waters, Eraserhead de David Lynch, etc. Et l'influence première, c'était surtout le film Rollerball, des années 70 à nouveau. Le but était de reprendre l'idée des jeux remis dans un esprit futuriste. Et de retransposer les choses mais avec des nanas sur des patins cette fois. Avec des personnages totalement loufoques et en gardant la totale liberté des films Grindhouse et typiquement de Russ Meyer, avec un mélange de sexploitation et de films d'action. Avec une partie de freaks aussi. Mais je pense aussi à Faster, Pussycat! Kill! Kill! du même Russ Meyer, et aux films Troma de Lloyd Kaufman.

Est-ce que tu peux nous parler des conditions de tournage, assez rock'n'roll je crois...

C'était compliqué parce que ça a été réparti sur plusieurs mois. On a commencé à tourner en septembre et on a eu fini fin mars. La deadline approchait à grands pas et ça a généré pas mal de stress. Dès le départ, j'ai su que je devais monter le film pendant que je le tournais.

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Comme Gus Van Sant dans Last Days...

Oui, tout à fait ! Ou même Lynch dans
Inland Empire qui, je pense, a également procédé de la sorte. Bien que lui réécrivait l'histoire, ce qui est un peu différent. Mais je n'ai pas la prétention de me comparer à Gus Van Sant. C'était plus dans le souci de l'organisation parce que c'était fort précipité. Si ça s'est réparti autant, c'est parce que je voulais que le niveau soit un peu supérieur à She's a Slut. Donc du coup, je voulais y mettre plus de moyens et de préparation mais le problème c'est que, comme toute mon équipe est entièrement bénévole, je ne pouvais pas avoir les gens à ma disposition comme je le voulais, tout le temps : il fallait à chaque fois trouver un jour qui arrangeait tout le monde et comme on était minimum entre 15 personnes, ce n'était pas évident. Des fois, on était un peu plus - une trentaine, surtout pour les scènes de roller. Ce n'était donc pas évident de trouver des emplois du temps qui arrangent tout le monde. C'est pour ça que c'était un peu rock'n'roll. Et puis je voulais aussi garder cette ambiance bon enfant donc on n'était pas trop formaté dans une façon de faire le cinéma, dans une façon scolaire, comme on peut l'avoir dans les écoles de cinéma belges par exemple. Je voulais par exemple avec mes techniciens qu'on discute de ce que je voulais. Et une fois qu'on arrive sur le tournage-même, je leur répétais exactement ce que j'attendais. Je leur donnais une deadline, donc une heure fixe : à telle heure, j'ai envie que les maquillages soient faits. Et une fois que c'était prêt, je leur ai laissé une liberté artistique aussi. Je trouve que c'est important. Je pense qu'on sent à travers le film que c'est complètement chtarbé !

+ Slutterball - Team Pic (photo Gilles Maret - retouche Jean-Michel Degoedt).jpg

Peux-tu nous parler des couleurs à présent ? L'étalonnage a été particulier dans le sens où tu as vraiment des couleurs flashy...

C'est une intention que j'avais dès le départ : dès l'écriture, je savais que je voulais que la scène où Rémi (Legrand) meurt, je voulais qu'il y ait plein de peinture dans tous les sens. C'était une intention de base et c'est pour ça que dans les maquillages et les costumes par exemple, on a vraiment poussé les couleurs un maximum pour qu'elles jurent. Au final, ça crée un univers un peu surréaliste en fait. Le but est qu'on ne sache pas trop bien où on est. Le ciel a été beaucoup retouché : il est souvent très bleu, très lumineux, un peu dans l'ambiance des Simpson. On a beaucoup joué avec les perruques : rouges, vertes, bleues.. On a aussi joué avec des lentilles de couleur au niveau du maquillage. Au final, ce qui est marrant, c'est qu'on se rend compte que le personnage qu'est Carlos, un pédophile, est peut-être bien le personnage le moins loufoque de cet univers-là. J'aimais donc bien cette contradiction pour qu'on se demande, au final, ce qu'on est en train de voir. C'était voulu.

Et au moment de l'étalonnage, j'ai vraiment souhaité qu'on pousse les couleurs au maximum et j'ai eu à un moment une hésitation quant à savoir si j'allais remettre les griffures de pellicule, comme c'était le cas dans She's a Slut, pour donner un effet Grindhouse, parce que je trouvais ça vraiment magnifique de voir cette succession de couleurs flashy qui piquaient limite les yeux. Je trouvais que ça donnait un univers tellement particulier que j'ai vraiment hésité à enlever ce filtre-là. Et au final, je voulais quand même respecter mes engagements de départ et mes intentions donc c'est vrai que le filtre atténue un peu ça. Et comme tu me dis que tu relèves les couleurs, je trouve ça cool parce que, au final, ça se voit quand même et c'est important !

C'est notamment ton groupe, VHS from Space, qui est présent à la musique...

Quand on fait des chansons pour mes films, ce n'est pas du tout notre style de base. Ça reste rock mais disons qu'on compose uniquement pour le film. On va commencer les concerts. Notre Myspace est prêt donc si les gens veulent aller écouter ce qu'on fait, c'est possible. (http://www.myspace.com/vhsfromspace) C'est donc, je le répète, différent des simples riffs très cons et très grunges qu'il y a dans Slutterball.

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Les génériques du film sont très léchés. Quelle importance revêtissent-ils à tes yeux ?

J'accorde vraiment énormément d'importance aux génériques parce que c'est, à mes yeux, un art à part entière : ça raconte quelque chose. Je trouve ça hyper dommage quand je regarde un super bon film mais que le générique n'est pas du tout travaillé. C'est bâclé et j'estime que le film doit être fait du début à la fin et assumé totalement. Le générique de Slutterball a été réalisé par Jean-Michel Degoedt. Ça représente directement l'univers, te situant où tu es - un truc complètement flashy, qui pète dans tous les sens. Comme la durée du film est un peu longue, on a mis des petites flèches en bas à droite du générique pour indiquer qu'on accélère un peu. On a en effet bien compris que c'était long. On va ressortir le générique et le mettre sur internet pour que les gens puissent le voir à la vitesse normale.

Le BIFFF, ça représente quoi à tes yeux, toi qui a grandi avec le Festival ?

C'est le lieu de tous les possibles. Un lieu de rencontre avec tous les professionnels aussi. Avec des fans du genre. C'est un peu la cour de récré des sales gosses. Dans la salle, on peut crier ce qu'on veut et les gens vont se marrer. Donc c'est cool. C'est un défouloir total et c'est pour ça que j'ai voulu rendre hommage à ce public complètement fou avec Slutterball. Surtout les séances de minuit. Comme tu le sais, les gens sont un peu pétés et ils gueulent n'importe quoi. Je voulais faire du cinéma un peu popcorn pour un peu les titiller...

Faire partie du ColectIFFF, est-ce que c'était une évidence ?

J'avais déjà l'idée de Slutterball un peu après She's a Slut. Je me suis dit que ce serait hyper cool de mettre des nanas sur des patins comme dans Rollerball. Mettre des nanas sexys qui poursuivent un gars. J'avais un peu émis l'idée à Youssef (Seniora) et Stéphane (Everaert) qui, eux, m'ont parlé du ColectIFFF. Slutterball, m'ont-ils dit, rentrerait complètement dans ce cadre-là. De là à dire que c'était une évidence, je ne sais pas... Ce serait hyper prétentieux. Je pense qu'ils me l'ont demandé parce que quelques personnes avaient apprécié She's a Slut. Ce qui est surtout intéressant dans le ColectIFFF, c'est que chaque réalisateur a une personnalité bien à lui. Tu m'as fait la réflexion que mon film était assez hard et c'était voulu. Je l'ai réalisé pour ce public, qui attendait des choses qui prennent un peu aux tripes et qui veulent se prendre des images ou des idées un petit peu fortes. Et au final, ça reste un film bon enfant avec un côté un peu punk.

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Pourquoi avoir choisi de filmer Jasmine Arabia en particulier ?

À la base, c'est quand j'ai fait lire mon scénario à Alan Deprez, mon assistant-réa, qui m'a dit que ce serait hyper-chouette que les assistantes de ma petite marionnette soient des actrices de films X. Comme Alan avait écrit
Le loup derrière la bergerie, il connait un peu tout ça et il m'a donné les contacts de Jasmine et de Lavandra May, une ex-actrice qui est à l'affiche du film Echap. J'ai contacté d'autres hardeuses mais Jasmine et Lavandra sont les deux premières à m'avoir vraiment répondu avec beaucoup d'engouement pour le projet. Et elles y ont vu un côté auto-parodique certes mais respectueux en même temps. Je voulais aussi travailler avec des femmes qui ont l'habitude de montrer leur corps devant le caméra. Et de se mettre simplement nues car il n'y a rien de porno dans le film. Mine de rien, ce n'est pas évident de trouver des filles qui se mettent facilement nues dans des films de genre en Belgique. On a vraiment cherché et puis on a pensé à aller vers des hardeuses et ça s'est vraiment hyper bien passé. Ce sont des noms connus et ça ajoute une plus-value au film. Il y aura peut-être un plus grand nombre de visionnages par ce fait-là et nous, on ne demande pas mieux !

En parlant de visionnages, She's a Slut en comptabilise plus de 4 000...

C'est vrai ? C'est super, d'autant que ça démarrait d'un travail de fin d'études dans une école de communication, l'ISFSC. Et c'était un premier essai. Les gens semblent avoir apprécié la petite blague. J'espère vraiment qu'ils aimeront Slutterball, qui est vraiment un cran au-dessus dans l'humour poisseux, dans la violence, et dans le sexy aussi. On a fait ça avec tout notre cœur en tout cas, que ce soit dans les maquillages, les costumes, la musique, les effets spéciaux, mais aussi au niveau des acteurs.

12:51 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : slutterball, vandewattyne, jerome, she, slut, colectifff, bifff | |  Facebook | |  Imprimer |