10 mai

Un profil pour deux nous offre un Pierre Richard touchant

De Stéphane Robelin (2017)

Avec Pierre Richard, Yaniss Lespert, Fanny Valette, Stéphane Bissot, Stéphanie Crayencour
Comédie, Romance
1h41

Cote : **

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Pierre Richard est au centre d'Un profil pour deux


Un profil pour deux entame sa troisième semaine dans nos salles avec une centaine de séances à Bruxelles et dans les différentes provinces wallonnes.

Le film reprend un thème assez peu abordé au cinéma : comment nos aînés utilisent-elles les nouvelles technologies ?
Pierre Richard joue le rôle de Pierre Stein, grand-père veuf qui souhaite apprendre les bases de l'informatique afin de faire des rencontres. Tout bascule lorsqu'il décide de se faire passer pour plus jeune, beaucoup plus jeune qu'il ne l'est, et obtient un rendez-vous avec une jeune et jolie demoiselle : Flora (l'envoutante Fanny Valette). Ce sont ses talents de poète, sa culture générale et ses connaissances qui lui ont permis de la séduire, elle qui ne connaît pas son visage.

Le film est riche en enseignements. Il nous montre notamment qu'il est possible d'avoir encore des objectifs - sentimentaux ici - même passé un certain âge. Et que l'envie d'apprendre ne diminue pas forcément au fil du temps, que du contraire.
Comme le dit Pierre Richard, « il est important de rester curieux et de garder son âme d'enfant. » Il pense avoir gardé celle-ci. Nous confirmons !

Si le reste du casting est moins célèbre que le célèbre Grand blond avec une chaussure noire, il apporte une jeunesse intéressante à l'ensemble.

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La très réussie scène du petit-déjeuner, pour le moins cocasse


Un des points forts du film est certainement son scénario, assez bien ficelé. On pourrait en effet s'attendre à une histoire fort prévisible mais il n'en est rien. Les divers rebondissements permettent au spectateur de ne jamais décrocher et de rester attentif d'un bout à l'autre à l'évolution de l'intrigue.

Nous retrouvons par moments un humour absurde, que les comédiens ont pris, semble-t-il, un vrai plaisir à faire vivre à l'écran.
Enfin, nous avons été ravis de retrouver des paysages bien de chez nous, le film ayant été tourné en partie à Bruxelles.

Raphaël Pieters et Jean-Philippe Thiriart

06:09 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : un, profil, pour, deux, pierre, richard, fanny, valette, stephanie, crayencour | |  Facebook | |  Imprimer |

22 févr.

Deux jours, une nuit, grand gagnant des Magritte 2015 !

Au surlendemain des César et à l'approche des Oscar, nous vous proposons de revenir sur la victoire des Dardenne aux Magritte du cinéma. Avec trois Magritte - Meilleur film, Meilleurs réalisateurs mais aussi Meilleur acteur pour Fabrizio Rongione - les Dardenne sont (enfin) récompensés par leurs pairs, belges francophones. Parole est donnée ci-dessous à Jean-Pierre Dardenne et Frabizio Rongione.

Il est aussi à signaler que les frères sont directement impliqués dans une autre victoire : celle de
Marina, Magritte du Meilleur film flamand, qu'ils ont coproduit pour Stijn Coninx. Enfin, deux autres statuettes avaient une couleur très dardenniène ce jour-là : celles décernées à « leurs » acteurs Émilie Dequenne et Jérémie Renier, élus respectivement Meilleure actrice (Pas son genre - Lucas Belvaux) et Meilleur acteur dans un second rôle (Saint Laurent - Bertrand Bonello).

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Deux jours, une nuit, grand gagnant des Magritte 2015


Interview de Jean-Pierre Dardenne


Félicitations pour ces trois Magritte ! On va dire même quatre, avec Marina. Voire six puisque deux acteurs que vous avez fait naître au cinéma, Jérémie Renier et Émilie Dequenne, ont aussi été récompensés.

L
uc et moi, nous sommes très contents pour Jérémie parce que c'est un excellent comédien. Ainsi que pour Émilie. Depuis que nous la connaissons, je pense que le rôle qu'elle joue dans le film de Lucas Belvaux était un grand rêve pour elle. Il y a tellement longtemps qu'elle rêvait de pouvoir chanter au cinéma et d'avoir un rôle aussi flamboyant !

Jérémie Renier joue très bien, lui aussi, en Pierre Berger très froid dans le film de Bonello.

Il est bien dans ce rôle, Jérémie. Et il arrive à vivre dans des univers vraiment tellement différents. En Claude François, il était formidable ! C'est un grand comédien. Tous les grands comédiens arrivent à disparaître derrière leur personnages. Et Jérémie a cette faculté-là. C'est un comédien très inventif.

Est-ce que c'est important d'être sacré chez soi ?

Je pense que c'est une bonne chose parce que ce sont des gens du métier qui votent pour l'un ou l'autre film. Il y a eu un nombre plus important de personnes qui ont voté pour Deux jours, une nuit. Et cela nous rend heureux.

Est-ce que votre film précédent, le très lumineux Le gamin au vélo, ne méritait pas davantage de récompenses ici que le seul Magritte du Meilleur espoir masculin pour Thomas Doret ?

Ça, c'est une autre histoire.

Vous serez présents aux Oscar. Qu'est-ce que tout cela vous évoque ?

C'est bien pour le film et pour la comédienne d'être nominés. C'est une belle reconnaissance pour le film. Il y a tellement de films qui se font sur une année que d'être là, parmi les nominés, pour notre film, c'est formidable.


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Jean-Pierre Dardenne, lauréat, avec son frère, Luc, des Magritte du Meilleur réalisateur et du Meilleur film


Des projets, je suppose ?

On y travaille. Si on pouvait tourner cette année-ci, ce serait une bonne chose. Nous verrons bien.

À côtés de vos réalisations, des productions ou des coproductions se dessinent-elles à l'horizon ?

Oui, nous travaillons sur d'autres films. Mais c'est plutôt Delphine Tomson que nous qui s'en occupe.

Une ardeur d'avance ?

Ah, Olivier Gourmet ? (Il rit) Je ne sais pas ; nous verrons...

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Fabrizio Rongione, Magritte du Meilleur acteur


Interview de Fabrizio Rongione

Félicitations pour ce Prix ! C'est la première fois que vous recevez un prix pour la qualité de votre jeu d'acteur. C'est important de recevoir celui-ci en Belgique, pour votre travail dans un film des frères Dardenne et pour celui-ci en particulier ?

Vous savez, j'ai toujours l'impression d'apprendre mon métier. Et si je reçois un Magritte aujourd'hui, c'est peut-être parce que je maîtrise un peu mieux mon métier qu'avant. C'est mon impression en tout cas. Même si j'ai le sentiment que je dois encore apprendre des choses. Sinon, par rapport au travail, le rôle se prêtait peut-être plus à recevoir un prix. Quand j'ai fait Le silence de Lorna, j'étais tellement méchant que c'était un contexte tout à fait différent...

Si les frères vous ont fait naître au cinéma, ils vous ont sans doute aussi permis de développer votre jeu et de découvrir des éléments qui constituent le comédien que vous êtes mais que vous ne vous connaissiez peut-être pas ?

Tout à fait ! Chaque film que je fais avec eux constitue une expérience totalement différente par rapport à d'autres réalisateurs parce qu'ils vous amènent toujours dans des endroits que vous n'avez pas l'habitude d'explorer. Vous vous surprenez vous mêmes quand vous travaillez avec eux. Vous vous surprenez à dire et à faire des choses et à bouger d'une certaine manière comme vous ne le faites pas dans d'autres films. Il y a beaucoup de choses qui vous échappent quand vous travaillez avec eux. Ils sont tellement braqués sur le corps ! Le corps est très important chez les frères et c'est donc lui qui exprime des choses. Et il vous échappe. Plus de mental avec eux !

Qu'est-ce que chacun des frères apportent à l'édifice ; comment présenteriez-vous Luc et Jean-Pierre ?

Je vous dire un truc.... Autant il y a dix ans, je pouvais peut-être dire que Luc était plus cérébral et Jean-Pierre, plus instinctif autant aujourd'hui, avec l'âge, ils se ressemblent de plus en plus. (Il rit.) Ce n'est donc pas évident de les distinguer.

09:18 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Bilans de festivals, Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : magritte, cinéma, belge, prix, dardenne, deux, jours, une, nuit, rongione | |  Facebook | |  Imprimer |