11 mai

Weekend spécial Jean-Pierre Mocky au Nova, en présence du réalisateur

Ces samedi 12 et dimanche 13 mai, Jean-Pierre Mocky sera présent au cinéma Nova, où cinq de ses films seront projetés. Le Ciné-club de l’INSAS et le Nova fêteront ainsi joyeusement le réalisateur français, qui viendra discuter de ses films après trois des cinq séances. Des discussions que l’on devine déjà mémorables, animées par Guillaume Maupin et Noël Godin.


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Jean-Pierre Mocky, à la fois réalisateur et acteur principal
dans Solo


Figure inclassable du cinéma français, Jean-Pierre Mocky se distingue par la diversité de ses productions, leurs diffusions particulières, l’éventail d’acteurs et de collaborateurs présents dans ses films - unique dans le cinéma français - et la longévité de sa carrière qui va de 1959 jusqu’à aujourd’hui. Sa filmographie est l’une des plus étonnantes de l’espace francophone. Acteur puis assistant réalisateur, Mocky, que rien n’arrête ni ne fait taire, a écrit, réalisé, produit et distribué ses films, passant par le pire comme le meilleur, refusant sans cesse les compromis et se foutant toujours des bienséances.

Outre une projection organisée à l'INSAS le samedi 12 mai, cinq de ses films, provenant de diverses décennies et représentatifs des nombreuses facettes du phénomène Mocky, seront donc projetés au Nova ce weekend. L’occasion d’un voyage transversal dans le cinéma français, pour aller y goûter d'un sentiment de liberté foutraque, excitant et souvent hilarant.


Programme du weekend

Samedi 12 mai à 20h
La cité de l’indicible peur
(1964, FR, 35mm, 85')
en présence de Jean-Pierre Mocky et suivi d'une discussion

Farce jubilatoire, peuplée de bons mots, de personnages absurdes et inoubliables, entre cinéma français de papa et épisode foutraque de Scoubidou, adapté de Jean Ray, dialogué par Queneau, interprété par Bourvil, Francis Blanche, Raymond Rouleau, Jacques Dufilho, Jean-Louis Barrault, Jean Poiret (un casting de rêve donc), un chef d’œuvre de Jean-Pierre Mocky, emblématique de sa première période.


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La cité de l'indicible peur avec Bourvil, acteur-fétiche
de Jean-Pierre Mocky


Samedi 12 mai à 22h
Une nuit à l’assemblée
(1988, FR, 35mm, 88')

Michel Blanc, militant naturiste, à poil pendant cette heure et demie, tente de tirer au clair une sombre histoire de corruption de légion d’honneur. Mocky fit reconstruire l’intérieur de l’Assemblée nationale en studio et invita la quasi intégralité de ses acteurs fétiches, plus quelques belles prises (Darry Cowl, Bernadette Lafont, Josiane Balasko, etc.) dans ce film qui, sorti une année d’élection présidentielle, lui valut des ennuis et l’obligea à tourner dorénavant sous les radars. Un classique du cinéma de Mocky !

Dimanche 13 mai à 17h
Robin des mers
(1987, FR, 35mm, 80')
en présence de Jean-Pierre Mocky et suivi d'une discussion

Armé de son courage et de sa perspicacité, le jeune Robin des mers se lance dans une véritable entreprise : retrouver du travail pour tous les chômeurs de son village. Robin croisera sur sa route des politiciens véreux (comme souvent dans les films de Mocky) mais aussi des foules en colère, un énarque en slip dans un arbre, des foules joyeuses... Un conte enivrant et plein d’humour (malheureusement trop méconnu) entre drame social, western et comédie.


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Le trop méconnu Robin des mers, projeté dimanche à 17h
en présence de Mocky


Dimanche 13 mai à 19h
Solo
(1969, FR, 35mm, 89')
en présence de Jean-Pierre Mocky et précédé d'une discussion

Solo est le premier volume d’une trilogie informelle qui se continuera avec L’Albatros (1971) et L’Ombre d’une chance (1973). Ces trois films, uniques dans le parcours de Mocky, constituent un pan beaucoup plus noir, sec, nerveux de son univers. Alors que l’on fête l’anniversaire de Mai 68, Solo, réalisé un an après les événements, semble déjà sonner le glas de l’utopie révolutionnaire. La désillusion imprègne le film et Vincent Cabral, le héros, interprété par Mocky lui-même, impuissant assiste à la débâcle. Un polar politique, violent et lumineux.

Dimanche 13 mai à 22h
Dossier Toroto
(2011, FR, vidéo, 64')

Le professeur franco-japonais Toroto, inventeur d’un sérum pour faire grossir des tomates et des lapins, engage un jeune apprenti qui ingurgite par inadvertance ledit sérum et se retrouve pourvu d’un membre gigantesque – ce qui ne va pas sans provoquer certaines convoitises… Une « connerie », du propre aveu de Mocky. Fauchée et foisonnante, cette farce underground dynamite les convenances dans un capharnaüm jouissif…


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La farce underground Dossier Toroto, diffusée dimanche à 22h


Où ? Au Cinéma Nova, Rue d’Arenberg 3 à 1000 Bruxelles - www.nova-cinema.org

Bon weekend Mocky au Nova !

Jean-Philippe Thiriart

31 déc.

Doyenne des actrices françaises, Gisèle Casadesus nous a quittés en 2017

C’était il y a un peu plus de trois mois, le 24 septembre 2017 pour être précis.
Ce jour-là, Gisèle Casadesus tirait sa révérence dans sa belle ville de Paris. Une ville qui avait vu naître la doyenne des actrices françaises 103 années plus tôt.
C’était il y a un peu plus de quatre ans et demi, le 10 juin 2013 pour être précis.

Ce jour-là, Gisèle Casadesus était sur le point de fêter ses 99 ans, elle qui était née le 14 juin 1914, à la veille de la Grande Guerre. Elle nous avait alors accordé un très agréable entretien dans le cadre de la sortie belge de l’avant-dernier long-métrage qu’elle tournerait : Sous le figuier, de la Belge Anne-Marie Etienne. Un film qu’elle porte véritablement, entourée à l’écran par l’actrice française Anne Consigny et les acteurs belges Jonathan Zaccaï et Marie Kremer.

Gisèle Casadesus aura passé 80 années de sa vie devant les caméras de grands réalisateurs comme Pierre Billon, Michel Deville, Roger Vadim ou encore Claude Lelouch. Avec, pour partenaires à l'écran, des acteurs tels que Jean Marais, Louis De Funès, Jean-Louis Trintignant, Romy Schneider et Michel Serrault. Si Gérard Depardieu livre une très belle prestation dans La tête en friche, c’est en partie grâce à elle. Celle qui était aussi une très grande actrice de théâtre lui donnait la réplique dans ce film de Jean Becker.

Dans Sous le figuier, Gisèle Casadesus est et restera pour toujours Selma, une dame âgée en fin de vie désireuse de la quitter auprès de ceux qu'elle aime.

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© Simon Van Cauteren


Je vous ai trouvée très touchante dans Sous le figuier à travers votre personnage, Selma. Est-ce que vous vous retrouvez en elle ?

Oui. C'est un personnage qui m'a plu d'emblée. Les sentiments que ce personnage exprime sont en conformité avec beaucoup de choses que j'aime et dans lesquelles je crois. Quand Anne-Marie Etienne m'a proposé le rôle, j'ai tout de suite lu le scénario et je lui ai répondu immédiatement que j'étais d'accord. Je n'ai pas eu de mal à entrer dans ce personnage parce que j'aimais ce qu'il était et ce qu'il représentait.

Selma distille de nombreux conseils à celles et ceux qui l'entourent. Est-ce qu'il y aurait un conseil que vous donneriez à une jeune comédienne ou à un jeune comédien désireux de suivre vos pas ?

Je me suis toujours gardée de donner des conseils ; je n'ai jamais donné de leçons. Mais il faut toujours regarder devant soi, jamais derrière. Être comédien, c'est une grande joie. Et je suis ravie de pouvoir jouer la comédie et d'exercer ce métier.

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© Riccardo Vaz Palma


Vous avez une carrière très riche, vous qui tournez depuis bientôt quatre-vingts ans. Vous avez été dirigée par de grands réalisateurs et avez tourné avec des acteurs phares du cinéma français. Lesquels vous ont le plus marquée ?

Quand j'ai tourné mon premier film, j'étais toute jeune : je sortais du Conservatoire. C'était un film de Marcel L'Herbier : L'aventurier. Et le jeune premier était Victor Francen, qui était très connu à l'époque. Marcel L'Herbier était un monsieur imposant. Moi, j'étais toute jeune et je pensais beaucoup à rire. Mais il fallait respecter les horaires, être sérieuse. Ça me faisait rire parce qu'il me grondait comme si j'étais une gamine. (elle rit) Il me disait ainsi : « Gisèle, il faut être sérieuse ; on tourne ! ». J'étais donc un peu impressionnée par ce qu'il était.
Parmi les autres réalisateurs, j'ai tourné avec Gleize, j'ai tourné avec Cayatte...
 (NdA : Maurice Gleize a dirigé Gisèle Casadesus dans « Graine au vent » (1943), tandis que André Cayatte l'a eue devant sa caméra avec « Verdict » (1974)). Mes rapports ont toujours été cordiaux et sympathiques avec les réalisateurs.

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© Simon Van Cauteren


Et quant aux acteurs ?

Ah, ça, les acteurs, j'en ai beaucoup fréquentés ! Notamment au théâtre. D'abord au Théâtre-Français (NdA : l’autre nom de la Comédie-Française) : je pense à Madeleine Renaud. À Pierre Fresnay, que j'ai rencontré au Conservatoire. Ça m'a beaucoup impressionnée ! Et au niveau des acteurs de cinéma, j'ai beaucoup aimé Raimu, qui m'avait fait engager pour tourner avec lui dans L'homme au chapeau rond. Puis j'ai tourné avec Gabin. Je ne le connaissais pas. Ça m'amusait beaucoup parce qu'on m'avait dit qu'il était de mauvaise humeur. J'arrivais à la fin du tournage de Verdict, avec Sophia Loren. Il avait été très correct avec moi. Mais il avait une bronchite, le pauvre ! Et le tournage était un peu mouvementé parce qu'il se mettait en colère ; il n'aimait pas le chef-opérateur. Il me prenait à témoin et je ne savais plus où me mettre. Sans ça, vis-à-vis de moi, il était très aimable.

Une partie de Sous le figuier a été tournée en Belgique, à Bruxelles. Vous nous disiez avant le début de l'interview que la Belgique occupait une place spéciale dans votre cœur. Pouvez-vous nous en dire davantage ?

Quand j'étais petite fille, j'allais beaucoup à Liège car mon père avait été directeur musical de l'Opéra de Liège. Quant à Bruxelles, je m'y rendais souvent : nous venions jouer régulièrement au Théâtre du Parc et aux Galeries. C'est toujours une joie pour moi de venir ici, en Belgique !

Jean-Philippe Thiriart

 

09:33 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films, Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gisele, casadesus, 2017, actrice, francaise, sous, le, figuier, theatre, francais | |  Facebook | |  Imprimer |

25 août

36 Quai des Orfèvres

Cote : ***

Ce polar français signé par l’ex-flic Olivier Marchal tient diablement bien la route. Le réalisateur sait de quoi il parle et ça se sent. Le duo Auteil-Depardieu fait mouche et on ne voit pas qui aurait pu défendre mieux qu’eux les personnages qu’ils interprètent à l’écran. Si le scénario semble par moments un rien énorme, le film n’en reste pas moins crédible.

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08:52 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 36, quai, orfevres, daniel, auteuil, gerard, depardieu, olivier, marchal, polar, francais | |  Facebook | |  Imprimer |