10 mai

Un profil pour deux nous offre un Pierre Richard touchant

De Stéphane Robelin (2017)

Avec Pierre Richard, Yaniss Lespert, Fanny Valette, Stéphane Bissot, Stéphanie Crayencour
Comédie, Romance
1h41

Cote : **

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Pierre Richard est au centre d'Un profil pour deux


Un profil pour deux entame sa troisième semaine dans nos salles avec une centaine de séances à Bruxelles et dans les différentes provinces wallonnes.

Le film reprend un thème assez peu abordé au cinéma : comment nos aînés utilisent-elles les nouvelles technologies ?
Pierre Richard joue le rôle de Pierre Stein, grand-père veuf qui souhaite apprendre les bases de l'informatique afin de faire des rencontres. Tout bascule lorsqu'il décide de se faire passer pour plus jeune, beaucoup plus jeune qu'il ne l'est, et obtient un rendez-vous avec une jeune et jolie demoiselle : Flora (l'envoutante Fanny Valette). Ce sont ses talents de poète, sa culture générale et ses connaissances qui lui ont permis de la séduire, elle qui ne connaît pas son visage.

Le film est riche en enseignements. Il nous montre notamment qu'il est possible d'avoir encore des objectifs - sentimentaux ici - même passé un certain âge. Et que l'envie d'apprendre ne diminue pas forcément au fil du temps, que du contraire.
Comme le dit Pierre Richard, « il est important de rester curieux et de garder son âme d'enfant. » Il pense avoir gardé celle-ci. Nous confirmons !

Si le reste du casting est moins célèbre que le célèbre Grand blond avec une chaussure noire, il apporte une jeunesse intéressante à l'ensemble.

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La très réussie scène du petit-déjeuner, pour le moins cocasse


Un des points forts du film est certainement son scénario, assez bien ficelé. On pourrait en effet s'attendre à une histoire fort prévisible mais il n'en est rien. Les divers rebondissements permettent au spectateur de ne jamais décrocher et de rester attentif d'un bout à l'autre à l'évolution de l'intrigue.

Nous retrouvons par moments un humour absurde, que les comédiens ont pris, semble-t-il, un vrai plaisir à faire vivre à l'écran.
Enfin, nous avons été ravis de retrouver des paysages bien de chez nous, le film ayant été tourné en partie à Bruxelles.

Raphaël Pieters et Jean-Philippe Thiriart

06:09 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : un, profil, pour, deux, pierre, richard, fanny, valette, stephanie, crayencour | |  Facebook | |  Imprimer |

28 juil.

Nos futurs - Interview de Pio Marmaï

Cette semaine, sort en salles le nouveau film de Rémi Bezançon : Nos futurs. Dans son cinquième film, après, notamment, Le Premier jour du reste de ta vie et Un heureux événement, le réalisateur français dirige un beau duo d'acteurs principaux. Pio Marmaï, son désormais acteur fétiche, qui fait partie du casting des deux films susmentionnés. Et un nouveau venu : Pierre Rochefort, le fils de... Jean, qui tient là son deuxième rôle principal, après celui endossé dans le film de sa mère, cette fois, Nicole Garcia : Un beau dimanche. Notons que les deux comédiens au cœur de Nos futurs ont auparavant chacun partagé l'affiche avec la même actrice, une certaine Louise Bourgoin. C'était dans Un Heureux événement pour Pio, dans Un beau dimanche pour Pierre.

Notre critique du film Le Premier jour du reste de ta vie est ici !
Pour celle d'Un heureux événement, c'est par  !

Mais place, à présent, à notre interview de
Pio Marmaï...

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Avant le cinéma, c'est vers le théâtre que vous vous tournez.
Qu'ont ces deux arts en commun selon vous et qu'est-ce qui vous plaît le plus dans chacun d'entre eux ?

Le sens du jeu, le ludique et le partage. C'est aussi le fait de s'amuser avec ses partenaires et le travail d'équipe. C'est quelque chose que j'ai toujours vécu et aimé, cette notion de travail collectif au service d'une œuvre ou d'un texte. Mais il y a aussi une très grande distance entre les deux. Je retravaille au théâtre au mois d'octobre, après sept ou huit ans d'absence sur les planches. C'est quelque chose d'assez anxiogène pour moi ; ça me fout complètement les jetons ! Et ce n'est pas un texte facile en plus.

Dans le cinéma, il y a quelque chose de très intime et de la retenue. Et en même temps, il y a une certaine rapidité d'exécution qui fait qu'on doit être efficace tout de suite. Il y a peut-être moins ça au théâtre. Mais au théâtre, il y a quand même cette présence des gens, ces regards, qu'on ne retrouve pas au cinéma. 800 personnes qui vous regardent d'un coup, c'est plus écrasant qu'une caméra. Mais pour moi, il y a une complémentarité de ces deux arts. Même si je suis plus un acteur de cinéma maintenant puisque j'ai fait une vingtaine de films.

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Pio Marmaï dans Nos futurs


Comment Rémi Bezançon vous a-t-il présenté le personnage que vous interprétez dans Nos Futurs, Thomas ?
Et comment avez-vous abordé ce rôle ?

Il me l'a présenté de manière très simple en me disant qu'il avait écrit un scénario avec un personnage que je lui avais inspiré, qu'il avait écrit pour moi. Je lui ai bien évidemment dit « oui ». Je n'allais quand même pas planter le mec avec qui j'avais fait deux films auparavant et avec qui ça s'était super bien passé ! (il rit) Rémi [Bezançon], c'est le mec qui m'a mis dans le milieu, qui m'a permis de travailler dans celui-ci, et qui m'a donné envie de faire du cinéma. Et en même temps, à l'époque, je n'en avais rien à foutre du cinéma. Ça a vraiment été un hasard pour moi. Un hasard heureux bien sûr. Ensuite, ce qui a fait que j'ai accepté ce rôle va au-delà du scénario. C'est de l'ordre de l'amitié, des rapports humains. Étant donné que c'est un personnage qui me ressemble très fortement puisqu'il l'a écrit en pensant à moi, il fallait être au plus proche de ce que je peux être tout en gardant en permanence une énergie très rythmée, quasiment excessive et hystérique parfois. C'était tout le temps « Moteur, moteur, moteur ! » Je devais en permanence être la locomotive de ce qui se passait, quelque chose de difficile à générer jour après jour. Parmi les différents personnages du film, c'est le seul qui n'a pas grandi. Ou moins que les autres en tout cas.

Pourriez-vous nous parler de votre rapport à votre partenaire de jeu principal dans Nos Futurs, Pierre Rochefort ?

Avec Pierrot, ce fut assez simple. Ce n'est pas évident de jouer des personnages qui sont meilleurs amis depuis des années. C'est quelque chose que l'on arrive à créer entièrement ou pas du tout et c'est, aussi, quelque chose qui existe dans la vie ou pas. On aura beau essayer de fabriquer quelque chose, si on ne s'entend pas hors plateau, je pense que ça transpire différemment à l'image. Ça diffuse moins. C'est vrai que lui et moi nous sommes tout de suite très bien entendus. Je ne le dis pas toujours. C'est parfois plus compliqué avec certains partenaires. Ce n'est jamais l'enfer absolu non plus bien sûr ! Mais là, en l'occurrence, ça s'est très bien passé. Ça a participé à cet esprit, à cette énergie que l'on retrouve dans le film. C'est aussi pour cela que ce duo, il a du sens à mon goût. Parce qu'il s'agit de deux énergies très différentes. Le fait que l'on se soit entendu et que l'on s'entende toujours aussi bien, c'est qu'il y a un échange profond. Ce ne sont pas juste deux énergies qui se rencontrent pour travailler ensemble.

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Pierre Rochefort, partenaire de jeu de Pio Marmaï dans le nouveau Bezançon


Dans Nos Futurs, on retrouve Zabou Breitman avec délice. Elle y campe la mère de votre meilleur pote.
On a l'impression qu'elle n'a pas changé depuis Le Premier jour du reste de ta vie, film dans lequel elle jouait votre mère, cette fois...

Ça fait tellement longtemps maintenant qu'on a tourné ensemble ! (NdA : « Le Premier jour du reste de ta vie » a été tourné en 2008.) On a fait plein de trucs chacun de notre côté depuis lors... En réalité, je ne garde pas vraiment de relations avec les personnes avec lesquelles j'ai travaillé. Ce n'est pas possible à la base.

Vous avez été nominé à deux reprises au César du Meilleur jeune espoir masculin.
C'est important à vos yeux cette reconnaissance des professionnels du cinéma français ?

D'un côté, oui. Mais en même temps, ils ne me l'ont pas filé, les mecs ! Ils m'ont nominés, ok. Deux fois, ok. Mais ils ne m'ont pas filé le truc ! (il rit)
Je ne fait pas mon travail pour avoir des prix. Mais là, je viens d'avoir le prix du Meilleur acteur à l'Alpe d'Huez. C'est le premier prix que je reçois et ça m'a fait très plaisir. Cela ne sert à rien de dire que l'on se fout des prix. C'est très agréable. Sinon, on verra plus tard pour d'éventuels autres prix.

Vous êtes désormais l'acteur fétiche de Rémi Bezançon.
Ça vous évoque quoi ?

Disons que j'avais un CDD de trois films donc c'est vrai que là, on arrive à la fin du contrat. (il sourit) Ce qui est agréable, c'est que c'est à chaque fois différent car les rôles qu'il me propose ne se ressemblent pas. On n'est pas sur des acquis. Il essaie toujours de proposer du neuf. Il y a toujours du désir dans le travail, mais aussi un profond respect. De lui par rapport à mon travail mais aussi de moi par rapport au sien. C'est peut-être ce qui l'aide à écrire quelque part et ce qui me donne, à moi aussi, l'envie de travailler. Je suis très heureux d'être dans la période dans laquelle je suis aujourd'hui. Très heureux de travailler avec lui depuis huit ans. Il m'a installé dans le cinéma. C'est grâce à lui aussi que je travaille avec de bons metteurs en scène. C'est quelque chose qui se construit véritablement. Et ça porte ses fruits. Cette patience, elle commence à payer.

Vous avez tourné avec Kristin Scott Thomas, Catherine Deneuve, mais aussi Isabelle Huppert.
Que retenez-vous de ces trois grandes actrices françaises ?

P
eu de gens m'ont impressionné. Mais je dois admettre que ce sont quand même trois femmes qui m'ont profondément touché. Ou en tout cas aidé dans la manière qu'elles ont d'être généreuses avec les autres acteurs. Malgré leurs filmographies impressionnantes, elles ont su rester généreuses. Elles aiment profondément le jeu et ont beaucoup d'humour. Et ça, ça me plaît !

 

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L'indétrônable Chuck Norris dans Braddock... 3 !

 

Rémi Bezançon fait bien souvent dans ses films des références à d'autres films. Nos Futurs n'échappe pas à la règle avec le fameux dialogue entre Braddock et Little John.
Alors, vous, vous êtes plutôt Braddock ou Little John ?

M
oi, je suis 100% Braddock. Avec moi, c'est donc « les pieds dans la gueule » ! Je suis complètement comme ça. Je suis Mawachi-Geri, je suis Kung Fu, je suis muscu, je suis voitures de sport... Je suis le beauf, la beauferie incarnée ! (il rit)

Le film raconte l'histoire de deux potes qui veulent faire un bond dans le temps pour avoir à nouveau vingt ans.
Si vous pouviez avoir à nouveau cet âge magique le temps d'une soirée, que feriez-vous ?

C
'est une très bonne question ! Je pense que j'essaierais de baiser avec un mec.

Et là tout de suite, si je vous le propose ?

(Il se marre) Là tout de suite, moi, je dis « banco ! ». C'est parti !

(NdA : Heureusement peut-être quelque part pour les deux parties en présence, sommes-nous tentés d'écrire, les choses ne sont pas allées plus loin !)

12:08 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films, Interviews | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : nos, futurs, pio, marmai, remi, bezançon, pierre, rochefort | |  Facebook | |  Imprimer |

26 juil.

Nos futurs - Interview de Pierre Rochefort

Cette semaine, sort en salles le nouveau film de Rémi Bezançon : Nos futurs. Dans son cinquième film, après, notamment, Le Premier jour du reste de ta vie et Un heureux événement, le réalisateur français dirige un beau duo d'acteurs principaux. Pio Marmaï, son désormais acteur fétiche, qui fait partie du casting des deux films susmentionnés. Et un nouveau venu : Pierre Rochefort, le fils de... Jean. Il tient là son deuxième rôle principal, après celui endossé dans le film de sa mère, cette fois, Nicole Garcia : Un beau dimanche. Notons que les deux comédiens au cœur de Nos futurs ont auparavant chacun partagé l'affiche avec la même actrice, une certaine Louise Bourgoin. C'était dans Un Heureux événement pour Pio, dans Un beau dimanche pour Pierre.

Notre critique du film
Le Premier jour du reste de ta vie se trouve ici !
Pour celle d'Un heureux événement, c'est par  !

Mais place, à présent, à notre interview de
Pierre Rochefort...

001.jpg


Vos parents ont pour noms Nicole Garcia et Jean Rochefort, deux grands du cinéma hexagonal.
Quels traits d'acteur avez-vous hérité d'eux à votre sens ?

On ressent beaucoup, dans le cinéma de Nicole, une affection toute particulière pour la psychologie des personnages, pour ce qui est intérieur, pour les hommes blessés. Ce sont des choses qui peuvent s'apparenter à cette première couleur que j'ai pu donner sur ces deux films : Un beau dimanche et Nos futurs. Et il y a ensuite une autre partie beaucoup plus fantasque et plus rigolote qui sommeille encore pour l'instant en moi. Mais je sais qu'elle est présente. J'ai fait beaucoup de théâtre et je sais donc que je peux faire appel à cette partie de moi quand il le faudra. Mais dans le cinéma français, quand les réalisateurs savent qu'on sait bien faire quelque chose, ils sont du coup séduits par cela et nous demandent cette chose-là. Il faudra donc par après transformer l'essai et faire quelque chose de différent. Il faudrait en tout cas que cette proposition d'un rôle différent arrive un jour.

Ce côté fantasque, vous le tenez plutôt de Jean Rochefort alors ?

C'est en effet ce au quoi je pense assez rapidement. Mon père a néanmoins fait beaucoup de films sombres, comme Le moustachu. Et il y en a beaucoup d'autres.

 

01.jpgJean Rochefort dans Le moustachu


Avant de vous lancer entièrement dans le cinéma, vous étiez actif sur la scène hip-hop française.
Quelles sont vos plus grandes influences et quels sont vos incontournables en rap belge ?

Pas mal comme question ! (il rit) Il y a un mec que j'ai vu à Paris. Il m'a énormément impressionné. Il s'appelle Akro, du groupe Starflam. Je fais l'impasse sur Benny B ! Je me souviens très bien de l'entrée sur scène d'Akro à l'Olympia. C'était avec Assassin, dont il faisait la première partie. Son entrée sur scène a été pour moi une claque terrible. J'ai ensuite fait l'acquisition d'un CD,
Archives belges, cinq CDs de hip-hop belge de l'année 1995 à aujourd'hui. De Puta Madre est génial, CNN aussi ; il y a énormément de groupes que j'aime beaucoup et que j'écoute de temps en temps.

Avant le cinéma, c'est vers le théâtre que vous vous êtes tourné.
Qu'ont ces deux arts en commun selon vous et qu'est-ce qui vous plaît le plus dans chacun d'entre eux ?

Ce sont deux choses très différentes. Le théâtre s'apparente quelque part à un sport car on traverse une pièce de théâtre un peu comme un athlète. Il y a tout ce qui est répétitions, il y a un travail du corps qui est impressionnant. Le cinéma est beaucoup plus arrêté, plus réfléchi peut-être. Par moments, j'ai un goût fantastique pour le théâtre mais je n'ai pas eu de proposition depuis un petit bout de temps. J'avais beaucoup de passion pour cet art quand nous jouions des pièces avec des copains. On avait fait le Festival d'Avignon pendant trois ans d'affilée et monté d'autres pièces par-ci par-là pour les jouer une, deux, trois, quatre fois parfois. C'est quelque chose que j'aime énormément et j'y retournerais avec grand plaisir. Mais le cinéma, c'est magnifique aussi ! Mais c'est plus étrange. C'est comme un moteur qu'il faut actionner pour être efficace d'un coup. Très vite, on reprend nos billes et on a une autre scène à jouer, par à-coups. Ce qui n'existe pas dans le théâtre, où l'on traverse en deux heures tous les sentiments, toute la pièce. Et puis il n'y a pas de filet.

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Pierre Rochefort dans Nos futurs


Vous avez participé à un atelier de clown.
Votre personnage dans Nos Futurs, Yann, est loin d'en être un, à la base.
Comment avez-vous abordé ce rôle ?

Avec cette même couleur un peu étrange, une couleur de l'intérieur. Il faut essayer de faire vivre un bouillonnement intérieur de retenue, de contrôle. Yann, c'est un personnage qui est complètement anesthésié dans la vie, qui suit un chemin rectiligne. Il n'est pas heureux, pas épanoui. Il a du mal à avancer. Et au moment où commence le film, il est sur le point d'imploser. Toutes ses failles explosent de partout. C'est seulement l'arrivée de Thomas, joué par Pio [Marmaï], qui va lui permettre d'y trouver un jour un chemin vers une quête, vers un élan de vie. Quelque chose qu'il cherchait mais qu'il n'arrivait pas à trouver. Cela parce qu'il n'avait pas répondu à une série de questions fondamentales de son enfance. Sans rien révéler du film, bien entendu. (il sourit)

Pourriez-vous nous parler de votre rapport à votre réalisateur, Rémi Bezançon, et de celui à votre partenaire de jeu principal dans Nos Futurs, Pio Marmaï ?

J'ai eu une chance dingue de rencontrer ces deux là, ce duo déjà formé au cinéma, et cette famille. Parce qu'il s'agit vraiment d'une famille. Ce qui est formidable avec Rémi [Bezançon], c'est déjà le fait qu'il est très fidèle au travail. Donc quand je l'ai rencontré, j'ai rencontré Pio. Mais j'ai aussi rencontré toute l'équipe de tournage. Des gens vraiment soudés. Et on a l'impression d'embarquer à bord d'un bateau qui file tout droit vers un horizon important. Il y avait là une énergie de vie à l'intérieur de ce groupe qui était passionnante. Quant à la façon de diriger de Rémi, elle est assez égale à lui. Il est très doux, très délicat. On lui montre où on en est quant à la scène, ce qu'on en a compris. Et lui nous apporte une échelle pour nous emmener là où il nous attend. Il a toujours les mots-clés qui permettent de développer des choses et de nous inspirer profondément.

Et Pio, c'est un être incroyable ! Il est d'une énergie que l'on peut qualifier de rebondissante et de folle. Il bouscule vraiment le quotidien de tout le monde. Et sur le plateau et en tant que personnage dans le film, bien entendu. Il a vraiment un élément déclencheur dans
Nos futurs vis-à-vis du personnage de Yann. Et dans la vie, il est aussi cela. Je pense que ce tournage sera un de mes plus grands souvenirs de vie, en plus d'être un passage professionnel.

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Pio Marmaï, partenaire de jeu de Pierre Rochefort dans le nouveau Bezançon

On vous souhaite d'en avoir plein d'autres !
Rémi Bezançon fait bien souvent dans ses films des références à d'autres films. Nos Futurs n'échappe pas à la règle avec le fameux dialogue entre Braddock et Little John.
Alors, vous, vous êtes plutôt Braddock ou Little John ?

Il faut que je vous dise quelque chose... Je connaissais le personnage de Chuck Norris, le bonhomme, la barbe, etc. J'avais vu quelques images mais ce n'est pas ma génération. J'ai l'impression que si j'étais né un poil plus tard, j'aurais pu le connaître ne fût-ce que par curiosité. Personnellement, j'étais les pieds dans le combat Stallone-Schwarzenegger. Par conséquent, le côté un peu kitch de Braddock m'est apparu tardivement. On a regardé 20-30 minutes de ce film-là.

Portés disparus... 3 !

Exactement ! Et on a vu à quel point cela n'avait pas vieilli.

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L'indétrônable Chuck Norris dans Braddock... 3 !


Le film raconte l'histoire de deux potes qui souhaitent faire un bond dans le temps pour avoir à nouveau vingt ans.
Si vous pouviez avoir à nouveau cet âge magique le temps d'une soirée, que feriez-vous ?

Okay si c'est le temps d'une soirée parce que sinon, je ferais un total rewind. Complètement. Franchement, j'irais voir s'il n'y a pas un grand concert de hip-hop justement, pour y revenir, ou de soul, qui a lieu le soir-même.

La Cosca est toujours là.

Exactement !

NTM, un peu moins par contre...

C'est sûr que NTM n'est plus là du tout.
Je lis justement un livre de Stephen King qui me fascine, en ce moment. C'est 22/11/63 . C'est son avant-dernier bouquin et ça raconte l'histoire d'un mec qui remonte dans le temps pour essayer de changer les choses. En y réfléchissant un peu, si on me donnait comme cela une soirée de mes vingt ans, j'essaierais de faire quelque chose qui pourrait aider l'humanité plutôt que de passer une soirée avec des potes et de boire des coups. Comme aller empêcher quelqu'un de faire quelque chose. Parce que quoi qu'il arrive, même aujourd'hui, je peux aller rameuter des copains sur Facebook et leur proposer de venir faire une soirée comme quand on avait vingt ans.

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Patrick Dewaere et Gérard Depardieu dans Les valseuses


En matière de jeu, vos sources d'inspiration principales semblent être François Cluzet, Sean Penn et Jean-Louis Trintignant.
Qu'est-ce qui vous fascine le plus chez chacun de ces acteurs ?

Je rajouterais aussi Patrick Dewaere à ces trois-là. C'est assez étrange... C'est une sorte de constance. Je veux dire par là que ce sont des acteurs qui ont une très grande filmographie et qui, à chaque film, parviennent à remettre tout le mystère de leur personnalité à eux sur la table. Et il n'y a pas un seul de leurs films dans lequel on peut se dire qu'ils n'ont vraiment pas été bons. Le film peut être moins bon. L'histoire peut être moins intéressante. Mais eux sont toujours à la bonne place. Ils ont une sorte de vérité pure, une vérité des acteurs que j'envie beaucoup. Et tous leurs personnages sont, quoi qu'il arrive, crédibles et cohérents. Et humains. Alors qu'il y a des acteurs qui mettent parfois trop de choses ou, au contraire, pas assez. Et qui, du coup, passent à côté de leurs personnages ou des films dans lesquels ils jouent.

Vous avez joué dans deux films belges, Rapt et 38 témoins, signés par le même réalisateur, Lucas Belvaux.
Que vous a apporté ce metteur en scène ?

J'ai justement rencontré son acteur principal dans Pas son genre (NdA : Loïc Corbery, de la Comédie-Française), avec qui j'ai longtemps discuté.
Lucas est celui qui m'a mis le pied à l'étrier quelque part car il m'a offert mes premiers rôles, des rôles de policier, peu éloignés de mon univers à la base un peu étrange. Mais j'étais ultra stressé car je découvrais votre pays, la Belgique, que je ne connaissais pas bien. Je n'avais, en plus, que cinq-six jours de tournage puisqu'il s'agissait de petits rôles. Les petits rôles, ce sont les pires en un sens. C'est pour cela que je respecte énormément les acteurs qui les interprètent. C'est très difficile d'être à l'aise parce qu'on débarque au sein d'une équipe qui est déjà soudée. On n'a pas le temps de parler aux gens, de vraiment les rencontrer. On doit être bon sur ce qu'on est donc, du coup, on se met une sorte de pression énorme sur les épaules. Vraiment. Mais ce sont deux tournages qui m'ont formé. On s'entend très bien, Lucas et moi, à chaque fois que l'on se voit. Et j'aimerais énormément travailler à nouveau avec lui.

09:00 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films, Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nos, futurs, pierre, rochefort, remi, bezançon, pio, marmai | |  Facebook | |  Imprimer |

07 févr.

Les Magritte, c'est ce samedi soir en clair sur Be tv !

Voilà maintenant quatre ans que les professionnels du cinéma belge membres de l'Académie André Delvaux décernent les Magritte. Ces équivalents des Oscar (qui a dit des César ?) - à la belge, francophone surtout - seront décernés pour la cinquième année aux acteurs qui ont véritablement fait le cinéma belge lors de l'année écoulée. Entre mi-octobre 2013 et mi-octobre 2014 pour être précis, les points de repère étant bien sûr ici les dates de sorties des films nationaux dans les salles du royaume.

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Charlie Dupont, Maître de cérémonie des Magritte 2015

Aux commandes de la cérémonie cette année...

- Charlie Dupont en MC, après deux éditions animées par la belle Helena Noguerra et deux autres par l'efficace Frabizio Rongione ;


- François Damiens en président que l'on devine déjà un rien déjanté ; et

- l'acteur français aux racines... belges Pierre Richard en bel invité de marque. Il se verra remettre un Magritte d'honneur en reconnaissance de son immense talent, de sa très grande singularité, et de l'empreinte qu'il a laissé et continue de laisser sur le cinéma hexagonal et européen, à tout le moins. Une évidence même donc que le grand acteur burlesque des Grand blond avec une chaussure noire, La chèvre, et autres Fugitifs se voit décerner un trophée qui porte le nom d'un peintre avec lequel il aurait dû... très bien s'entendre !

Sur Be tv et...

La cérémonie de remise des Magritte du cinéma sera diffusée ce soir en direct et en clair sur Be tv à partir de 19h50. Avec, tout d'abord, un retour sur la descente des marches. Suivi de la cérémonie à 20 heures précises.

La programmation de la chaîne aura d'ailleurs de très belges couleurs puisque celle-ci a choisi à raison de programmer, tout ce week-end, pas moins de huit films nommés aux Magritte 2015.

Épinglons au passage deux de ces diffusions TV sur Be 1 :

- la comédie dramatique Les rayures du zèbre, ce samedi à 15 heures, et
- notre favori pour les Magritte techniques : le thriller L'étrange couleur des larmes de ton corps, ce samedi toujours, à 22h20 cette fois.

Tout le programme de ce week-end spécial est accessible ici.

 

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Les rayures du zèbre, projeté ce samedi à 15 heures sur Be 1

 

... à l'UGC De Brouckère !

Autre nouveauté cette année : la cérémonie sera diffusée en direct devant près de 800 personnes dans la très belle salle de l'UGC De Brouckère qu'est le Grand Eldorado. Après un accueil VIP : bulles et walking dinner. Et avant la projection en avant-première et en présence de l'équipe du film de Tous les chats sont gris, de Savina Dellicour. Le tout pour le prix d'un ticket de cinéma !

La très prometteuse réalisatrice belge dirige, dans ce premier long-métrage, les acteurs Anne Coesens, Bouli Lanners et Manon Capelle. Le film ne sort que dans trois mois. Nous aurons un tant soit peu don d'ubiquité ce soir puisque nous couvrirons également l'événement UGCien sur place, en parallèle à notre présence en salle de presse du Square, au Mont des Arts, où se tiendra la cérémonie.

C
ette projection aura une couleur très noir-jaune-rouge, donc, mais aussi très bleue... Magritte ! Avec une Anne Coesens élue Meilleure actrice lors de la première édition des Magritte pour sa performance dans Illégal, d'Olivier Masset-Depasse. Et un Bouli lauréat des Magritte du Meilleur réalisateur et du Meilleur film en 2012 (Les Géants), mais aussi du Magritte du Meilleur second rôle masculin l'année suivante.

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Bouli Lanners dans Tous les chats sont gris, après les Magritte ce soir à l'UGC


Nos favoris pour les Magritte

Voici les
acteurs du cinéma belge qui devraient, si ça ne tenait qu'à nous, repartir, ce soir, avec un Magritte sous le bras...

Meilleur film : Deux jours, une nuit
Meilleur réalisateur : le duo Jean-Pierre et Luc Dardenne (Deux jours, une nuit)
Meilleure actrice : Émilie Dequenne (Pas son genre)
Meilleur acteur : Benoît Poelvoorde (Les rayures du zèbre)

Meilleur scénario original ou adaptation : Henri (Yolande Moreau)
Meilleure actrice dans un second rôle : Christelle Cornil (Deux jours, une nuit)
Meilleur acteur dans un second rôle : Olivier Gourmet (La Marche)
Meilleur espoir féminin : Ambre Grouwels (Baby Balloon)
Meilleur espoir masculin : Marc Zinga (Les rayures du zèbre)

 

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L'étrange couleur des larmes de ton corps, un de nos favoris

 

Meilleur premier film : Post partum
Meilleur film flamand : Marina (du réalisateur limbourgeois Stijn Coninx)
Meilleur film étranger en coproduction : Je fais le mort (du metteur en scène français Jean-Paul Salomé)
Meilleur long-métrage documentaire : L'âge de raison, le cinéma des frères Dardenne (d'Alain Marcoen et Luc Jabon)
Meilleur court-métrage : La bûche de Noël (de Stéphane Aubier et Vincent Patar)

Me
illeure image : Manu Dacosse (L'étrange couleur des larmes de ton corps)
Meilleur son : Dan Bruylandt, Mathieu Cox, Olivier Thys (L'étrange couleur des larmes de ton corps)
Meilleurs décors : Julia Irribarria (L'étrange couleur des larmes de ton corps)
Meilleurs costumes : Jackye Fauconnier (L'étrange couleur des larmes de ton corps)
Meilleure musique originale : Wim Willaert (Henri)
Meilleur montage : Marie-Hélène Dozo (Deux jours, une nuit)

08:30 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Présentations de festivals | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : magritte, cinema, prix, be, tv, poelvoorde, francois, damiens, embrouille, pierre, richard, dardenne | |  Facebook | |  Imprimer |

12 sept.

Mariage Cathou et Bilou... En cinémascope !

Quand Jean-Pierre Jeunet, Sergi López, Béatrice Dalle et Lloyd Kaufman s'associent, au BIFFF, à En cinémascope pour souhaiter à Cathou et Bilou (alias Catherine Leroy et Pierre Thiriart) un beau mariage, ça donne... ceci !

Bon visionage et... B(V)IFFF les Mariés, Vive Cathou et Bilou !

 


19:33 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Interviews, Les " acteurs " du cinéma vous parlent ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mariage, catherine, leroy, pierre, thiriart, bifff, cinemascope, cathou, bilou | |  Facebook | |  Imprimer |