12 janv.

Projection de quatre beaux courts-métrages belges ce vendredi 12 janvier à Flagey – Interview de l’équipe du film LE CRABE

Ce vendredi 12 janvier à 19h30 (en présence des réalisateurs), quatre beaux courts-métrages belges seront projetés à Flagey : Le Crabe de Christophe Hermans et Xavier Seron, Sirène de Harry Cleven, Alice et moi de Micha Wald et Dernière Porte au Sud de Sacha Feiner.

Le Crabe, que nous vous présentons aujourd’hui via une interview de l’équipe du film, et les trois autres courts-métrages susmentionnés sont programmés dans le cadre de l’opération 50/50 : Cinquante ans de cinéma belge, Cinquante ans de découvertes, et des Quatre Saisons de Cinergie. La belle aventure 50/50 est organisée en partenariat avec la plateforme belge de vidéo à la demande UniversCiné qui propose, entre autres, pas moins de 900 films belges aux amateurs du cinéma de chez nous ou à ceux qui ont simplement envie de le découvrir.

Il y a dix ans, nous interviewions au Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF) l’équipe du court métrage Le Crabe, composée de ses deux coréalisateurs - Christophe Hermans et Xavier Seron, dont le premier long-métrage de fiction Je me tue à le dire en a épaté plus d’un. Et de ses deux acteurs principaux - Vincent Lecuyer et Jean-Jacques Rausin. Bien nous en avait pris puisque le film était magnifique et allait d’ailleurs remporter un très beau Prix dans la capitale wallonne : celui du Meilleur Court-Métrage de la Compétition Communauté française de Belgique.

le,crabe,xavier,seron,christophe,hermans,jean,jacques,rausin,vincent,lecuyer,cinema,belge,50,cinquante,flagey,je,me,tue,a,le,dire
Animal relativement dangereux dixit Xavier Seron, l’Autruche l’est-elle davantage que Bertrand (Jean-Jacques Rausin) ? Pas sûr…

On retrouve dans Le Crabe un plan qui présente une lumière dans un tunnel. Ce plan vient, je crois, de votre court-métrage de fin d’études Rien d’insoluble, Xavier Seron. Pourquoi avoir choisi de réinsérer ledit plan ?

Xavier Seron :
Je ne sais pas, je pense que ça s’est fait un peu de manière inconsciente. On avait ces plans. On s’est dit : « tiens, ça fait Rien d’insoluble ». On a réfléchi quant à savoir si on allait les garder ou pas et puis on les a gardés. Tout simplement.

En quelle mesure le travail avec les fluides vous intéresse-t-il ? Je pense au gros plan sur le distributeur de savon…

Christophe Hermans :
C’est simplement pour avoir une attaque au début de la séquence, avoir un côté un peu visqueux qui peut prêter à rire. Mais derrière cela, je pense qu’il n’y a rien d’autre. Pour ce plan-là en tout cas.

Peut-on y voir la jouissance pour Roberto (Vincent Lécuyer) de se débarrasser de son personnage ?

C. H. :
Il y a ça mais il y a aussi le fait que le personnage de Roberto enlève progressivement son maquillage de comédien pour redevenir l’homme voire l’enfant qu’il était autrefois.

le,crabe,xavier,seron,christophe,hermans,jean,jacques,rausin,vincent,lecuyer,cinema,belge,50,cinquante,flagey,je,me,tue,a,le,dire
Jean-Jacques Rausin et Vincent Lécuyer


Vincent Lécuyer et Jean-Jacques Rausin, en matière de direction d’acteurs, vous avez, j’imagine, été dirigés de façon très différente dans le sens où l’un de vous joue tout en retenue tandis que l’autre doit se lâcher un maximum…

Vincent Lécuyer :
En effet. C’est vrai que c’était très ciblé en fait. C’était vraiment très personnel. Ils me parlaient beaucoup de retenue justement comme vous dites, de donner le moins d’indices possible. Donc on était assez d’accord là-dessus.

Jean-Jacques Rausin : C’est un personnage qui est, avant toute chose, excentrique quelque part. C’est quelqu’un qui exprime une souffrance en se lâchant, en étant extravagant. Donc effectivement, il lui arrive d’avoir des excès.
Xavier m’avait déjà dirigé dans
Rien d’insoluble et dans d’autres courts-métrages. Ici, Christophe était là aussi et ça s’est très bien passé. Comme ils se connaissent très bien tous les deux, ils deviennent très complémentaires au niveau de la direction d’acteurs ou de leur travail en général. Et je connaissais déjà leur travail avant.

V. L. : La première chose qu’on voit de Jean-Jacques ou de moi est assez différente. Il faut donc trouver le point de rencontre de ces deux univers-là, de ces deux univers physiques, des voix et des énergies. Le point de rencontre, c’était un peu comme une histoire d’amour, de couple : l’admiration de l’un pour l’autre et la tendresse qui se dégageait. On a donc travaillé comme si c’était un couple quelque part, avec des énergies qui se séduisent.

J.-J. R. : Au début, pendant les répétitions, on s’est vraiment rendu compte de ce jeu de séduction, que le personnage de Bertrand et le personnage de Roberto étaient finalement très liés, avaient besoin l’un de l’autre. Bizarrement, Roberto avait aussi besoin de Bertrand. Je pense dès lors personnellement qu’il y a vraiment une histoire d’amour-séduction derrière.

le,crabe,xavier,seron,christophe,hermans,jean,jacques,rausin,vincent,lecuyer,cinema,belge,50,cinquante,flagey,je,me,tue,a,le,dire
Roberto et Bertrand, unis par un certain rapport de séduction ?

Jean-Jacques Rausin, j’ai beaucoup aimé la scène de la voiture où Bertrand mange des chips, boit de la bière et entonne avec beaucoup d’enthousiasme la chanson de Pim le lutin. On a le sentiment que vous avez pris un vrai plaisir à jouer cette scène. Est-ce que vous pouvez nous en parler ?

J.-J. R. :
Je me trompe peut-être mais je crois qu’on était parti sur des dialogues, sur quelque chose d’écrit, et puis on est parti sur des improvisations avec Xavier et Christophe. Ce qui était assez agréable, c’est qu’on avait une certaine liberté pour jouer et donc à partir de ce moment-là, ça donne évidemment aux comédiens des moments de bonne improvisation et donc l’occasion de se lâcher d’autant plus et c’est là que j’ai trouvé mon bonheur comme vous dites.

Qu’est-ce qui vous a poussé vous, Christophe Hermans et Xavier Seron, à travailler ensemble ?

C. H. :
On a commencé l’IAD en même temps, en 2001, et ça fait maintenant sept ans qu’on se connaît. On a toujours été assistant-réalisateur l’un chez l’autre, que ce soit moi dans ses fictions et Xavier dans mes documentaires. Et ici, outre l’amitié qui nous unit, on avait envie d’essayer une coécriture et une coréalisation. Il s’agit de notre premier bébé.
C’est un beau cadeau que Xavier m’a fait de pouvoir partager avec lui une coréalisation parce que je suis vraiment un amoureux de ses films et de son univers. Pouvoir m’unir dans l’écriture et dans la réalisation avec lui, c’était un réel bonheur. Pouvoir partager mon univers du documentaire et pouvoir l’unir à celui de Xavier, c’était vraiment très chouette. Avant toute chose, c’est le prolongement d’une amitié.

Combien de films aviez-vous réalisés jusqu’ici ?

C. H. :
C’est ma première fiction, après deux documentaires : Poids plume, mon fin d’études de l’IAD, et un autre court métrage documentaire intitulé Jeu de dames.

X. S. : Quant à moi, il ne s’agissait pas de ma première fiction. Il y avait eu
Rien d’insoluble avant, qui est mon fin d’études. Maintenant, quand on parle de films, avec Jean-Jacques, j’avais déjà eu une expérience avant mais c’est un film qui reste dans les murs de l’IAD : Je me tue à le dire. C’était mon film de troisième année et c’est depuis lors qu’on bosse ensemble lui et moi.

Pourquoi avoir choisi de tourner en noir et blanc ?

C. H. :
En réalité, c’est parce qu’on avait vu le court-métrage de Micha Wald Alice et moi en noir et blanc avec Vincent Lecuyer. Le fait est que Vincent ne voulait pas tourner dans un film en couleurs. Du coup, on a voulu négocier avec lui. Ça a pris pas mal de temps mais en fin de compte, comme Xavier avait déjà fait Rien d’insoluble et que Jean Jacques était habitué au noir et blanc… Vincent ne supporte pas la pellicule couleur, c’est épidermique. (ils rient)
Plus sérieusement, c’est le prolongement d’une esthétique qu’il y avait déjà sur le film Rien d’insoluble et puis c’est un désir commun qu’on avait, avec à l’esprit des films comme Pi d’Aronofsky, La liste de Schindler ou encore C’est arrivé près de chez vous. Il s’agit d’une esthétique qui nourrit un peu notre film.

Un petit mot sur cette image qu’on peut qualifier de granuleuse ?

X. S. :
Là, de nouveau, c’est une question de goût. Il y a vraiment ce goût du noir et blanc et du grain, d’une image qui n’est pas spécialement propre et qui se prête bien à cet univers, qui donne ce décalage. Comme disait Christophe, c’était déjà une image qui était là sur Rien d’insoluble et je crois qu’on a voulu encore aller plus loin et l’image est encore plus contrastée.

le,crabe,xavier,seron,christophe,hermans,jean,jacques,rausin,vincent,lecuyer,cinema,belge,50,cinquante,flagey,je,me,tue,a,le,dire
Une image pas vraiment propre mais tellement belle, c’est aussi ça Le Crabe

Et le travail sur le son, qui est vraiment superbe ?

X. S. :
On a pu compter sur d’excellents ingénieur du son et preneur de son. Ce sont des types fabuleux. Ils ont fait un gros travail et un beau travail de montage et puis de mixage, la filière classique du son. On a essayé d’avoir des ambiances et pas simplement quelque chose de purement naturaliste, qui serait de l’illustration de séquences. On voulait avoir un univers et appuyer ce décalage aussi.

Et n'hésitez pas à découvrir…

- notre interview filmée de Jean-Jacques Rausin lors de la première édition des Magritte du cinéma, où La Balançoire de Christophe Hermans était nommé au Magritte du Meilleur Court-métrage,


- notre interview de Xavier Seron et de ses acteurs au FIFF pour Je me tue à le dire, et

- notre interview filmée de l’équipe de Mauvaise Lune, court-métrage coréalisé par Xavier Seron et avec Jean-Jacques Rausin notamment aux Magritte.


Jean-Philippe Thiriart

06 févr.

Coup de projecteur sur le palmarès des Magritte 2017 et... 10 DVD à gagner !

La 7e édition des Magritte du 7e Art s'est tenue ce samedi au Square, à Bruxelles, où le tapis bleu a été déroulé avec faste pour les acteurs de la profession.

Au palmarès, un grand gagnant : Bouli Lanners et son très beau Les premiers, les derniers. Meilleurs film et réalisateur pour le sympathique Liégeois, mais aussi Meilleurs acteur dans un second rôle pour l'hyper talentueux David Murgia, décors (Paul Rouschop) et costumes (Élise Ancion). Cette dernière, costumière coutumière de tous les films de Bouli, avait cosigné avec lui le scénario de son film précédent : Les Géants, lauréat de cinq Magritte également voici cinq ans !

_DSC5438.JPG
Bouli Lanners, grand gagnant des Magritte 2017


Et quelques beaux deuxièmes :

- Keeper : Meilleurs premier film (Guillaume Senez) et montage (Julie Brenta) ainsi que Meilleure actrice dans un second rôle (Catherine Salée),

- Parasol : Meilleure musique originale (Cyrille de Haes et Manuel Roland) et meilleure image (le génial Olivier Boonjing),

- La tortue rouge, qui signe un sans-faute avec deux Magritte pour deux nominations (Meilleur film étranger en coproduction  pour Léon Perahia et Belvision, et Meilleur son pour Matthieu Michaux) et...

_DSC5404.JPG
Jean-Jacques Rausin, sacré Meilleur acteur


- Je me tue à le dire, bien sûr ! Le film des amis Xavier Seron (auteur du Meilleur scénario) et Jean-Jacques Rausin (élu Meilleur acteur) en aura en effet lui-aussi séduit plus d'un. Ajoutons que le même Xavier Seron a également remporté un autre Magritte, avec son ami et coréalisateur Méryl Fortunat-Rossi cette fois. Et ce pour la deuxième année d'affilée. Leur chaud chaud chaud Plombier succédant à son grand frère L'Ours Noir sur la liste des lauréats du Magritte du Meilleur court métrage.

_DSC5355.JPG
Avec les réals du Meilleur court métrage : Xavier Seron et Méryl Fortunat-Rossi


Grands oubliés : L'économie du couple et Black. Nominés respectivement cinq et quatre fois cette année, le film de Joachim Lafosse et celui du duo flamand Adil El-Arbi - Bilall Fallah auraient sans doute mérité mieux.


Je me tue à le dire : 10 DVD à gagner !

Pour bien continuer l'année, nous vous offrons 10 DVD de Je me tue à le dire avec la complicité d'Universcine.be.
Le superbe premier film du Belge Xavier Seron, nominé pas moins de 7 fois aux Magritte du cinéma.

Avec, en suppléments, des entretiens avec le réalisateur et son acteur, et les courts métrages Mauvaise Lune et L'Ours Noir, coréalisés par Xavier et Méryl Fortunat-
Rossi comme précisé plus haut.

magritte,cinema,belge,bouli,lanners,rausin,concours,dvd


Pour gagner, rien de plus simple !

Envoyez un e-mail à jeanphilippe.thiriartATgmail.com dans lequel vous précisez en une ou deux phrases pourquoi c'est... VOUS qui devez recevoir ce bel objet, ainsi que vos coordonnées postales.

Les gagnants ? Les auteurs des dix mails les plus convaincants

À vos claviers : clôture du concours ce vendredi 10 février à minuit.

Bons films belges et bonne chance à toutes et à tous !


Jean-Philippe Thiriart

magritte,cinema,belge,bouli,lanners,rausin,concours,dvd


Le détournement En cinémascopien de l'affiche du film de Kubrick et le visuel du concours sont l'oeuvre du graphiste Antoine Leroy, les photos illustrant l'article, celles de Sandrine David !

04 févr.

Les 7e Magritte du 7e Art, c'est ce soir !

C'est à 20 heures ce soir au Square que se tiendra la 7e cérémonie des Magritte du Cinéma. Ces Prix viendront récompenser, une fois de plus, les talents de notre 7e Art. À la barre, deux femmes, deux actrices : la passionnée et éclatante Virginie Efira dans le rôle de présidente et l'envoutante et multiple Anne-Pascale Clairembourg dans celui de la maîtresse de cérémonie.

Retransmises en direct et en clair sur Be tv et sa chaîne Be 1 ainsi qu'en streaming sur son site, les festivités verront 850 professionnels du cinéma belge récompenser le travail de leurs pairs : réalisateurs, acteurs et techniciens. Une bien belle occasion de mettre notamment en lumière certains métiers qui mériteraient de l'être plus souvent : directeur-photo, ingénieur du son, monteur - on en passe.

Dans le cadre d'un Cinevox Happening exceptionnel, le grand public pourra lui-aussi assister à la projection des Magritte dans un cadre unique : celui de la magnifique salle Grand Eldorado de l'UGC De Brouckère. Verre de bulles dès 19 heures, walking dinner après la cérémonie et... projection en avant-première de Paris pieds nus, la nouvelle comédie burlesque d'Abel et Gordon, présents pour l'occasion !

01.jpg


Et les nominés sont...

Cinq films se démarquent

Les premiers, les derniers du populaire Bouli Lanners mène sans surprise la danse avec huit nominations, ex-æquo avec le Keeper de Guillaume Senez, premier long présenté dans de nombreux festivals avant sa sortie chez nous.

Suivent, avec sept nominations chacun, les potes de l'IAD que sont Xavier Seron et Valéry Rosier. Tous deux ont déjà remporté le Magritte du Meilleur court métrage : le premier (en duo avec Méryl Fortunat-Rossi), pas plus tard que l'an dernier avec L'Ours Noir et le second, voici cinq ans, avec Dimanches. Cette année, c'est leur premier long métrage qui bénéficiera d'un beau coup de projecteur : Je me tue à le dire - notre grand coup de cœur de 2016 - pour Xavier et Parasol pour Valéry.

02.jpg
La joyeuse bande de Je me tue à le dire au Festival de Namur
© Sandrine David


N
otons que le huitième film - déjà - de Joachim Lafosse, le très applaudi à Cannes L'économie du couple, fait lui-aussi partie des favoris. S'il n'est nominé qu'à quatre reprises, il l'est dans les deux principales : Meilleur film et Meilleur réalisateur.

Les cinq films susmentionnés sont en lice pour le Magritte du Meilleur film, Je me tue à le dire, Keeper et Parasol étant bien sûr présents également dans la catégorie Meilleur... premier film. Cependant, un de leurs metteurs en scène, Guillaume Senez, manque à l'appel pour le Magritte du Meilleur réalisateur.

À
 signaler : l'absence des frères Dardenne et de leur Fille inconnue, qui en aura étonné plus d'un.


Du côté des comédiens

Si Virginie Efira fait figure de favorite pour le Magritte de la Meilleure actrice pour son rôle dans Victoria- elle est également nominée dans la section Meilleur second rôle pour le Elle de Verhoeven -, les choses sont moins claires du côté masculin. Le Magritte du Meilleur acteur pourrait ainsi aller tant au Cowboy François Damiens et à l'acteur-réalisateur Bouli Lanners (Les premiers, les derniers) qu'à - soyons fous - Jean-Jacques Rausin. Ce dernier interprète un premier rôle pour la... première fois dans Je me tue à le dire. Les votants ont choisi de l'inscrire dans cette catégorie alors qu'ils auraient pu le cantonner à celle du Meilleur espoir. Un signe ? Nous l'espérons de tout cœur !

03.jpg
La belle Virginie Efira, présidente ce soir et nominée à deux Magritte
© Rick Mc Pie


Le Magritte de la Meilleure actrice dans un second rôle devrait échoir aux sympathiques Anne Coesens (La taularde) ou Catherine Salée (Keeper) , à moins que Virginie Efira ne passe à côté de celui de la Meilleure actrice dans un premier rôle. Auquel cas c'est à elle que reviendra plus que probablement le trophée évoqué, tant elle est convaincante dans le vénéneux thriller du réalisateur de Basic Instinct. Le Magritte du Meilleur acteur dans un second rôle devrait quant à lui aller à David Murgia, hallucinant en jeune homme touchant dans le film de Bouli.

Rayon Meilleurs espoir, Martha Canga Antonio, déjà lauréate d'un Ensor dans le nord du pays, mérite également d'être récompensée aux Magritte pour son interprétation à fleur de peau dans Black tandis que Yoann Blanc, très convaincant dans Un homme à la mer, pourrait de l'avis général bénéficier de l'effet La Trêve, série-événement de la RTBF signée Matthieu Donck.


La suite de nos pronostics

Nous faisons les paris, peut-être un peu fous, que, ce soir :

- Black sera élu Meilleur film flamand,
- La tortue rouge, Meilleur film étranger en coproduction,
- Xavier Seron, Meilleur scénariste,
- Olivier Boonjing, Meilleur chef-op - et donc lauréat du Magritte de la Meilleure image - pour son travail sur Parasol (on lui doit également la superbe photo en noir et blanc de Je me tue à le dire),
- Arnaud Calvar, Julien Mizac et Philippe Charbonnel, Meilleur ingés sons (Je me tue à le dire),
- Julie Naas, Meilleur monteuse (Je me tue à le dire),
- Pornography (d'Éric Ledune), Meilleur court métrage d'animation,
- Le plombier (de Méryl Fortunat-Rossi et Xavier Seron), Meilleur court métrage de fiction,

04.jpg
Bien entouré par les réalisateurs du Plombier, déjà récompensés l'an dernier pour L'Ours Noir - © Sandrine David


- Intégration Inch'Allah (de Pablo Muñoz Gomez, réalisateur de Welkom), Meilleur documentaire,
et que le Magritte des Meilleurs décors et celui des Meilleurs costumes seront décernés respectivement à Paul Rouschop (Les premiers, les derniers) et à Nina Caspari (Black).

Et, enfin, que l'ingrédient majeur d'un film qu'est sa musique originale aura fait partie de la recette du compositeur Hannes De Maeyer (Black).

Au final, seul un Magritte est déjà connu : le Magritte d'honneur, qui viendra saluer le talent de l'acteur français André Dussolier.


Des programmations spéciales Magritte en TV

Sur Be 1 HD, ces samedi 4 et dimanche 5 février avec notamment :

- Le tout nouveau testament à 14h30 ce samedi 4, et
- Les premiers, les derniers à 21h ce dimanche 5.

05.jpg
Les scénaristes de Tango Libre, diffusé ce mercredi sur La Trois
© Simon Van Cauteren


Sur la chaîne La Trois de la RTBF avec notamment :

Tango libre de Frédéric Fonteyne, avec Jan Hammenecker, sur un scénario de Philippe Blasband et Anne Paulicevich, ce mercredi 8 février à 22h50.

Excellente cérémonie des Magritte du cinéma à toutes et à tous !

Jean-Philippe Thiriart

23 déc.

Le Be Film Festival ? C'est parti !

Cette année, le Be Film Festival vaut à nouveau le déplacement. Lors de cette grande fête annuelle du cinéma belge, de nombreux films sont proposés aux festivaliers. Les deux implantations traditionnelles que sont Bozar et la Cinematek sont les théâtres de projections de films issus d'une programmation riche et variée qui réjouit petits et grands.

Au rayon des nouveautés, le Be Film Festival est prolongé de pas moins de trois jours pour accueillir plus de films, des professionnels étrangers et des city-tripeurs venus des quatre coins d’Europe.

Jusqu'au 30 décembre, vous aurez l’occasion de découvrir les derniers bébés de Felix Van Groeningen, Nic Balthazar, Joachim Lafosse, Erik Van Looy, Geoffrey Enthoven, mais aussi des frères Dardenne (La Fille inconnue - aujourd'hui, vendredi 23, à 21h15 à Bozar) et de Bouli Lanners (Les premiers les derniers - jeudi 29 à 19h à Bozar).

Hier soir, les festivaliers ont pu assister aux débuts de Jenifer sur grand écran dans le cadre d'une séance d'Ouverture sold out depuis plusieurs jours.
À partir d'aujourd'hui, ils pourront applaudir Vincent Lindon, Louise Bourgoin, Albert Dupontel, Barbara Sarafian, Koen De Graeve, Fabrizio Rongione, Peter Van Den Begin, Bérénice Bejo, Arié Elmaleh, Koen De Bouw, Adèle Haenel, Sam Louwyck, Jérémie Renier, Titus De Voogdt, Isabelle Carré, pour n'en citer que quelques-uns, le tout sous le bienveillant parrainage de Madame Marion Hänsel.


Marion Hänsel01.jpg
La marraine du Be Film Festival 2016, Marion Hänsel, très sympathique et disponible réalisatrice de
En amont du fleuve, au FIFF, à Namur, en octobre dernier

À épingler particulièrement les mardi 27, mercredi 28 et jeudi 29, à 17 heures, la projection à Bozar des 16 courts métrages pré-sélectionnés aux Magritte du cinéma. Pour rappel, la cérémonie de remise des Magritte aura lieu le samedi 4 février 2017 au Square à Bruxelles. En cinémascope y sera, comme c'est le cas depuis la première édition, et vous fera partager cet autre beau moment du cinéma belge.

Parmi les courts évoqués, nous serons particulièrement ravis de revoir le film Le Plombier du sympathique duo Méryl Fortunat-Rossi - Xavier Seron, que nous suivons de très près depuis plus de dix ans pour ce dernier et depuis son association avec Xavier pour Méryl. Remember un certain Mauvaise Lune et l'interview de l'équipe du film aux Magritte ?

Pour info, l'hyper jouissif Je me tue à le dire, premier long métrage de Xavier Seron avec Jean-Jacques Rausin, Myriam Boyer, Fanny Touron et Serge Riaboukine, entre autres, est pré-nominé dans pas moins de neuf catégories aux Magritte 2017 : Meilleur film et Meilleur premier film, Meilleur réalisateur et Meilleur scénario original (Xavier Seron), Meilleur acteur et Meilleur espoir masculin (Jean-Jacques Rausin), Meilleure image (que l'on doit à l'incroyable Olivier Boonjing), Meilleur son (Arnaud Calvar, Julien Mizac et Philippe Charbonnel) et Meilleur montage (Julie Naas, qui est de tous les films de Xavier). À ne pas manquer donc !


avec Méryl et Xa02.jpg
Bien entouré par Méryl Fortunat-Rossi et Xavier Seron, lauréats du Magritte du Meilleur court pour l'excellent L'Ours Noir aux Magritte 2016


Le Be Film Festival sera également l'occasion unique de revoir sur grand écran un très grand film lors de la fameuse séance du « film préféré des Belges ». Le public a ainsi pu voter sur le site du Festival pour sélectionner son film préféré parmi une sélection alléchante de huit films. Le long métrage qui a reçu le plus de votes sera programmé le mardi 27 décembre à 21h15 à Bozar. Son titre ? The Broken Circle Breakdown ou Alabama Monroe à l'international. Un grand, un très grand film, après une autre bombe l'an dernier : C'est arrivé près de chez vous, l'ovni de la bande à Rémi Belvaux.

Le Be Film festival, ce sont donc des films présentés bien souvent en avant-premières et souvent en présence des réalisateurs, réalisatrices et autres acteurs et actrices des films présentés. En un mot, ou plutôt cinq : une belle fête du cinéma !

À l'extérieur des salles obscures, d'autres éléments participant aussi au succès du Festival sont une fois de plus présents : le Be Bar pour boire, danser et manger non loin des équipes de films, disponibles pour une bonne papote, une expo photo pour découvrir les coulisses des tournages et... le Père Noël himself pour la séance famille !

_DSC340303.JPG
Bouli Lanners recevant En cinémascope pour son film Les Premiers les derniers, projeté le jeudi 29 à 19 heures à Bozar


Infos pratiques

Quand ? Jusqu'au vendredi 30 décembre
Où ? À Bozar et à la Cinematek
Combien ? 28 euros pour le pass, qui donne accès à toutes les séances du Festival
10 euros pour la Soirée de ré-ouverture du Be Film (Sonar, le 26 décembre à 19h30 à Bozar)
7 euros pour une séance classique à Bozar ; 4 euros à la Cinematek

Plus d'infos sur www.befilmfestival.be

Excellent Festival à toutes et à tous !

Sandrine David et Jean-Philippe Thiriart


Crédits photos : Sandrine David

18 mai

Je me tue à le dire - Interview du réalisateur et de ses acteurs

Aujourd'hui, début de la troisième semaine de présence en salles pour LA comédie grinçante de 2016 !

C'était au FIFF, début octobre dernier. Avant la première projection officielle du film devant un public à part entière. Nous avions découvert Je me tue à le dire lors de la projection pour l'équipe du film au cinéma Galeries.
Et c'est à l'issue de sa présentation au Festival namurois que le premier long-métrage de Xavier Seron allait remporter son premier Prix : le Prix Cinévox, remis par un jury de cinéphiles encadrés par Cathy Immelen.
L'occasion était trop belle pour suivre l'équipe du film lors de son périple dans la capitale wallonne. Résultat : une bien agréable interview du metteur en scène bruxellois et de trois de ses acteurs principaux : la belle Française Fanny Touron, son charismatique compatriote Serge Riaboukine et le comédien principal du film : le Liégeois Jean-Jacques Rausin.

je,me,tue,à,le,dire,xavier,seron,rausin,riaboukine,touron


Xavier, vous êtes bien accompagné aujourd'hui !

Xavier Seron : Effectivement, Jean-Philippe !

Pouvez-vous nous présenter vos voisins de divan ?

Xavier Seron : On va commencer par l'extrémité, avec Serge Riaboukine, qui campe le personnage de Darek. À l'autre extrémité, nous avons Fanny Touron, qui incarne le personnage d'Aurélie. Et enfin, nous avons... Comment c'est encore lui ? Ah oui, nous avons Jean-Jacques Rausin, qui joue Michel Peneud. (il sourit)

Serge Riaboukine, connaissiez-vous l'univers de Xavier Seron avant de tourner avec lui ?

Serge Riaboukine : J'ai la chance d'avoir une belle-fille qui vit à Bruxelles et qui connaissait le travail de Xavier. Et quand j'ai dit que j'avais un projet avec lui, elle a sauté de joie et m'a dit qu'elle adorait ce qu'il faisait. Elle avait vu ses courts-métrages d'école et du coup, il me les a envoyés également. D'habitude, je n'aime pas regarder ce qu'ont fait les metteurs en scène avant de travailler avec eux parce que ça ne me donne pas toujours envie de les suivre. Mais vu ce que m'avait dit ma belle-fille, Alessia, j'ai regardé ses films et je me suis régalé. Parce que j'ai vraiment vu un auteur, et c'est rare. Il y a parfois des auteurs qui se révèlent dans des courts-métrages mais ce n'est pas fréquent. Là, c'était clair et net. Je dis ça alors qu'il est là, à côté de moi. Mais ça ne fait rien : il faut bien que je réponde honnêtement ! Et je crois que j'ai bien fait de regarder ses courts parce que ça m'a donné confiance dans le scénario. Son scénario, il faut rentrer dedans, quand on le prépare. Quand on l'a joué, par contre, c'est une évidence ! Désolé d'avoir répondu un peu longuement à votre question. Maintenant, je vais donner la parole à ma camarade du bout.

je,me,tue,à,le,dire,xavier,seron,rausin,riaboukine,touron


Pendant que vous lui passez le micro, je ne peux m'empêcher de penser à un certain Jaco Van Dormael, qui lui aussi a des scénarios pas évidents à aborder quand on les lit comme cela mais qui sont une évidence quand on voit les films sur lesquels ils débouchent. Alors, Xavier Seron, le futur Jaco Van Dormael ? Je vous pose la question...

Fanny Touron : Moi, je suis d'accord ! Personnellement, j'ai découvert Xavier Seron via le scénario, que mon agent m'avait transmis en me disant qu'il sentait que le rôle d'Aurélie pouvait me plaire. Je me suis alors dit qu'il avait une grande opinion de moi. (elle rit) C'est chouette ! Et du coup, je suis tout de suite tombée amoureuse du scénar et après, j'ai rencontré Xavier. Et Jean-Jacques. Et ça s'est bien passé. J'ai ensuite découvert les courts-métrages de Xavier et je les ai trouvés supers.

Avant de lui passer la parole, comment s'est passé votre travail avec Jean-Jacques ? Un comédien assez singulier, particulier même je dirais, Jean-Jacques, pour reprendre ce fameux terme employé aux Magritte en 2012 lors de l'interview de l'équipe de Mauvaise Lune. (Fanny Touron rigole)

Fanny Touron : Mais ne rougis pas, Jean-Jacques ! Hyper bien : c'est une équipe. Que ce soit Jean-Jacques, Xavier, Serge, tout le monde en fait. Après, c'est vrai que nous, les comédiens, pour le coup, on ne se rencontrait pas. On était vraiment avec Jean-Jacques. Mais très peu ensemble. Mais avec Jean-Jacques, c'était juste parfait ! Et pendant les scène, et en dehors : c'était à la fois très simple, très chouette et très drôle !

Cela se traduit par moments à l'écran. Mais si ce qui s'y déroule n'est pas toujours drôle, le film étant parfois très noir. C'est un alliage de différents éléments fort bien combinés. Je vous laisse passer la parole à Jean-Jacques qui va, si il le veut bien, nous parler du réalisateur qu'est Xavier Seron et puis l'ami aussi, parce que ça fait près de quinze ans que vous vous connaissez. Tout a commencé à l'IAD déjà...

Jean-Jacques Rausin : Oui, on se connaît depuis quelques années, tout comme on te connaît toi aussi, depuis quelques années, Jean-Philippe.

je,me,tue,à,le,dire,xavier,seron,rausin,riaboukine,touron


Avec une présentation il y a dix ans du premier court de Xavier, Rien d'insoluble...

Jean-Jacques Rausin : Oui, absolument. Ben écoute, ça fait plusieurs courts-métrages qu'on a faits ensemble. On a même fait une pub... (il rit) Enfin bref, on a fait beaucoup de choses ensemble et c'est une espèce de continuité du travail, pour arriver à ce long-métrage, qui est un peu la suite, je ne vais pas dire logique mais la suite de notre complicité. C'est un super cadeau aussi pour moi puisque j'ai le premier rôle. Mais tu sais déjà tout ça !

Mais nos lecteurs ne le savaient peut-être pas encore : ils le découvrent petit à petit, mon cher Jean-Jacques !

Jean-Jacques Rausin : C'est vrai, absolument !

Passons la parole à Xavier à présent. Xavier, pourquoi avoir choisi les comédiens qui vous entourent sur ce divan ? Jean-Jacques semble avoir été une évidence, et ça se confirme à l'écran, mais pourquoi Fanny Touron et Serge Riaboukine ?

Xavier Seron : C'était aussi des évidences. Fanny et Serge, je les avais vus dans d'autres films. La seule chose que je voulais voir, c'était comment ça fonctionnait avec Jean-Jacques. Comment les binômes Darek et Michel Peneud, et Michel Peneud et Aurélie fonctionnaient à l'image. Mais sur leurs qualités de jeu, je n'ai jamais eu aucun doute. Si ça n'avait pas marché, c'est que moi, je n'y serais pas parvenu. Mais eux, ils sont formidables !

Pourriez-vous nous parler de la genèse du projet. ça fait neuf ans que vous aviez ce projet en tête...

Xavier Seron : Oui, c'était un peu long ! (il rit) Mais c'est un projet qui est particulier, qui parle de la mort, de la maladie. Il ne fait pas partie de ces projets qui font rêver sur papier. Cela prend donc du temps à financer. Quant à la genèse, je pense que ce film s'inscrit dans le prolongement naturel de ce que j'ai pu faire avant, dans des courts. Je pense à mon film de troisième année.

Je me tue à le dire...

Xavier Seron : Oui. Un film qui n'est jamais sorti de l'école. L'histoire en elle-même n'a absolument rien à voir mais c'était déjà une réflexion par rapport à la mort sur le ton de l'humour grinçant et, quelque part, le long s'inscrit dans cette continuité-là. Toujours cette réflexion par rapport à la mort, à la maladie, et le ton de l'humour grinçant.

je,me,tue,à,le,dire,xavier,seron,rausin,riaboukine,touron


Faire un film en Belgique francophone n'est vraiment pas évident. En témoigne votre film, qui a mis des années à se faire. Pouvez-vous nous parler du tournage du film, qui s'est fait en deux parties ?

Xavier Seron : Si on décide de faire un financement classique, avec des aides, c'est évident qu'on ne fait pas un film juste avec la Belgique. Tous ces films se font en coproduction. Et donc là, ça s'est fait avec une coproduction française. Et du coup, on a tourné une partie du film en France, en Bretagne. Et c'était parfait parce que je connais un peu cette région et je m'y sentais tout ça fait chez moi. Belge ou Breton, je ne vois pas trop la différence, à part l'accent. Et puis ensuite, on a eu, c'est vrai, des petits problèmes de financement, qui nous ont contraint à faire une pause de dix mois entre les deux parties du tournage. Ce n'était pas évident. Et ma grande chance, c'est d'avoir eu une équipe absolument formidable. Quand on voit des gens en promo pour un film, on les entend souvent dire que tout était formidable mais là, c'est vrai. C'est le cas de le dire parce que si je n'avais pas eu une équipe formidable, avec des comédiens comme eux, ça n'aurait pas fonctionné. Ce n'était pas évident de récupérer tout le monde dix mois après. Et là, tout le monde était au rendez-vous. Il y a vraiment eu très peu de casse malgré cette pause de dix mois.

Avec des comédiens qui ont vraiment réussi à se replonger dans leurs rôles. Est-ce que chacun de vous pourrait nous dire ce qui les a attiré dans leur rôle en particulier et comment il vous a été présenté par Xavier ? Avez-vous échangé quelques mots sur votre personnage ou avez-vous directement été plongés dans le scénario ?

Fanny Touron : Ce fut directement le scénario. Moi, ce que j'ai aimé avec le travail de Xavier et sa direction d'acteurs, c'est qu'on a pas parlé de personnages. On était dans les situations des scènes et moi, j'aime travailler comme ça, sur l'instant. Et pas de caler en disant qu'Aurélie ou Darek sont comme ceci ou comme cela. Ce qui a été chouette, c'est que Xavier n'est pas du tout entré par cette porte. Et en même temps, on a vraiment bossé. Et moi qui suis française, et qui faisait là un film belge pour la première fois, j'ai beaucoup apprécié faire cinq jours de répèt à Rennes, où on a pu bosser les scènes. Et ça, c'est assez rare. Ça nous a permis, dans notre duo avec Jean-Jacques, une fois qu'on tournait les scènes, d'avoir déjà cherché des choses et essayé plein de trucs. On dit souvent au cinéma que si l'on répète trop avant le tournage, il n'y a plus la fraîcheur. Je ne suis pas totalement d'accord avec cela car je pense qu'on peut tout le temps réinventer.

je,me,tue,à,le,dire,xavier,seron,rausin,riaboukine,touron


Serge Riaboukine, est-ce que l'improvisation lors du tournage du film, ça vous parle ?

Serge Riaboukine : Oui, énormément ! Moi, je laisse une place énorme à l'improvisation parce que la forme du cinéma est une improvisation. Répéter, c'est une chose mais préparer, ce n'est pas pareil. Quand on fixe les choses, préparer, c'est une catastrophe. Pourquoi ? Parce que le temps n'est jamais le même. Du coup on a préparé un truc et puisqu'il pleut, on ne peut pas le faire là et on le fait ailleurs. Le décor peut nous échapper. Le positionnement de la caméra peut poser problème. Il y a toujours des improvisations sur un plateau donc si on est trop prêt, on est foutu. Après, on est mal à l'aise. Il faut être préparé à l'accident et moi, je suis en constant accident et j'adore ça, le déséquilibre. Je suis en constant déséquilibre. Et l'homme marche d'ailleurs en se déséquilibrant d'un pied sur l'autre. C'est exactement pareil : on est tout le temps en train de tomber et le meilleur moyen de ne pas tomber, c'est de marcher mais pas de courir. Oh mon Dieu, c'est beau ce que je viens de dire ! (il sourit) Je me suis donc fié à moi-même après tout. Et donc le bonheur d'un tournage, c'est quand il laisse une part à l'imprévu de façon consciente. Parce qu'il y a évidemment plein de metteurs en scène assez cons que pour être totalement inconscients de cela et ne laisser aucune place à l'imprévu. Et ça enlève beaucoup à leur film. Là, avec Xavier, ce n'est pas le cas : on rebondit sur les accidents, qui sont des chances finalement. Souvent, une contrainte technique va nous amener à inventer quelque chose sur un plateau et c'est ça qui est génial. Il ne faut pas répéter pour se renifler et trouver des choses ! (toute l'équipe rit) Les metteurs en scène qui réagissent bêtement sur ce plan-là, ils ne sont pas nombreux. Et ils ne m'engagent pas de toute façon, ceux-là. Je voulais dire autre chose. Quand j'ai découvert l'univers de Xavier, j'ai aussi découvert Jean-Jacques, qui est, je trouve, un acteur formidable, avec une puissance et une animalité dingue !

Un petit côté Serge Riaboukine ?

Serge Riaboukine : Oh non, pas du tout. Comment pourrais-je dire cela ? J'ai travaillé avec Javier Bardem et il me fait penser à Javier. Au niveau de la puissance, de la présence. Ils n'ont rien à voir hein sinon, évidemment. Lui, il n'a pas du tout l'accent espagnol. Et puis il ne fera jamais une carrière américaine. Non, je déconne. Ce qui est sûr, c'est qu'il a, à l'écran une présence masculine et virile incroyable. Quand il s'énerve à l'écran, qu'il se fâche, on ne sait pas où ça va aller : on est surpris. Alors qu'il y a plein d'acteurs qu'on voit venir quand ils s'énervent. Et puis on se fait chier.

je,me,tue,à,le,dire,xavier,seron,rausin,riaboukine,touron


Une réaction, Jean-Jacques Rausin ?

Jean-Jacques Rausin : Je suis ravi de cette interview ; ça me plaît beaucoup. Je propose même de la prolonger. (ils rient) Ça a déjà été un super plaisir de bosser avec Fanny et Serge. Quoi qu'il arrive à la projection maintenant, c'est une réussite que d'avoir réussi à trouver nos marques et il y a eu une symbiose. Et Xavier le sait. Il l'a dit : il y a vraiment eu un truc qui s'est passé. Et je vais faire un peu la synthèse de mes deux collègues. On parlait de préparation. Je trouve ça super de pouvoir préparer parce qu'à un moment donné, on a vraiment un bon canevas pour nos personnages et puis en même temps et là, je rejoins Serge, il faut vraiment laisser une place à l'accident, à l'improvisation. Et c'est quand on a des compagnons et un réalisateur qui laissent les choses se faire que ça fonctionne. Et c'est ce qui me plaît beaucoup au cinéma.

Serge Riaboukine : Pas dans la chorégraphie, cher monsieur : il s'agit de la respecter !

Jean-Jacques Rausin : C'est vrai que la chorégraphie n'était pas aussi évidente que ça. (ils rient)

Chez Électrochic...

Jean-Jacques Rausin : C'est vrai qu'elle était très importante, la chorégraphie ! Et les petits bouboules : petits bouboules à droite, petits bouboules à gauche...


Merci à tous les quatre pour ce premier film belge, un premier film sans les défauts d'un premier film, et les qualités d'un cinquième ou d'un sixième. Xavier, on vous souhaite beaucoup de films encore ! Et bonne suite à tous !

Propos recueillis par Jean-Philippe Thiriart

Crédits photos : Sandrine David

08:47 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je, me, tue, à, le, dire, xavier, seron, rausin, riaboukine, touron | |  Facebook | |  Imprimer |