09 avril

Ils ne lui seront plus HOSTILES de sitôt

Deuxième semaine cinéma pour le film Hostiles, dont nous avons choisi de vous parler aujourd’hui. Scott Cooper réalise ici son quatrième film, certainement le plus abouti. Il avait déjà signé le très bon drame Strictly Criminal. Il s’attaque ici à un genre fort différent : le western.

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Et le résultat est tout bonnement époustouflant. Les acteurs principaux, Christian Bale et Rosamund Pike, sont au sommet de leur art. Certains penseront certainement à un simple copier-coller du très bon 3h10 pour Yuma mais force est de constater que ce western fait bien plus que lui arriver à la cheville. De plus, il convient de constater que les très bons westerns actuels sont rares alors que les films estampillés DC Comics et Marvel et autres films de super héros n’ont jamais été aussi nombreux.

L’histoire débute par une mission confiée à un gradé de l’armée américaine (Christian Bale). Il devra escorter un chef indien mourant (Wes Studi, vu dans Danse avec les Loups, Le dernier des Mohicans et Geronimo) alors qu’il s’est toujours battu contre ce chef des Cheyennes. Dans leur périple, ils seront rapidement rejoints par Rosalie Quaid (Rosamund Pike) dont la famille a été massacrée par des Indiens Comanches, ennemis jurés des Cheyennes. Les quelques hommes chargés de l’escorte seront rapidement forcés d’écouter les conseils des Cheyennes afin de faire face aux dangers qui les menacent tous.

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Si le jeu des acteurs est grandiose, c’est surtout les différents rebondissements de l’histoire qui en marqueront plus d’un. Le réalisateur n’a pas peur de montrer une image peu envieuse de l’Amérique de l’époque au niveau des préjugés et de la suprématie des blancs sur les autres peuplades qui habitaient pourtant le Nouveau Monde bien avant l’arrivée des premiers colons.

Le metteur en scène reste dans le western d’un bout à l’autre de son film sans s’entourer des autres genres. Mais cette volonté de ne pas s’éparpiller permet sans nul doute au spectateur de ne jamais perdre le fil conducteur de l’histoire. Le convoi formé d’Indiens et d’Américains pure souche peut apparaître comme externe ou en marge de la société mais cette alliance entre deux communautés qui jadis se détestaient est sans doute un exemple à suivre pour continuer à avancer face aux vrais dangers qui guettent.


Il s’agit sans nul doute à nos yeux du meilleur western de ces dix dernières années.

Raphaël Pieters

12:28 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films, Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hostiles, western, christian, bale, scott, cooper, rosamund, pike, strictly, criminal, wes, studi, danse, avec, les, loups | |  Facebook | |  Imprimer |

28 mars

INDOCHINE - interview du réalisateur Régis Wargnier - ce soir à 20h55 sur Arte

Le mercredi 20 avril 2005, le réalisateur français Régis Wargnier était à Bruxelles pour présenter Man to Man, sorti sur nos écrans une semaine plus tard. Une belle rencontre, que nous vous proposons de découvrir aujourd'hui, tandis qu'est projetée ce soir à 20h55 sur Arte son oeuvre majeure : Indochine.

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Comment sort-on d'un tournage finalement assez mouvementé ?

Alors, en tout cas, on n'en sort pas tout de suite parce que le système est tel que lorsque vous rentrez du tournage, vous enchaînez sur le montage. D'ailleurs, c'est peut-être mieux pour nous parce qu'on n'a pas ce sentiment d'abandon ou de perte que les techniciens ont quand ils rentrent en plus d'un voyage pareil où ils sont partis de chez eux. C'est un peu comme s'ils partaient en croisière. Et puis un jour, ils rentrent au port : ils sont heureux de rentrer et en même temps, il y a une nostalgie de l'aventure qu'on a tous partagée. Moi, j'ai la chance de la poursuivre.

Vous avez deux fois fait l'acteur dans les films d'autres personnes. Est-ce que l'idée de jouer un rôle - même mineur - un jour dans l'un de vos films vous trotte parfois dans la tête ?

Jamais. Jamais je ne jouerai dans l'un de mes films. D'abord, je ne me sentirais pas à l'aise devant mon équipe et mes acteurs. Je ne ferai jamais ça. C'est une marque de fabrique d'Hitchcock, c'est amusant. D'ailleurs, ça trouble quand on le voit passer dans des films. On se dit : « Ah tiens, le voilà ! ». Donc ça trouble un peu. Non, jamais, sauf incident majeur ou un petit rôle mais qu'on ne peut pas confier à n'importe qui... Si l'acteur n'est pas là ou qu’il y a eu un incident et qu’il faut le remplacer au pied levé. Mais je ne le désire pas.

Après maintenant plus de 30 ans de cinéma, dont 20 dans la réalisation, quels sont vos projets après ce film-ci ? Qu'en est-il du projet que vous aviez de raconter l'histoire de Saint Exupéry, avec éventuellement Edward Norton dans le rôle principal ?

Saint Exupéry, oui, c'est un projet que j'ai eu avant et sur lequel je ne me suis pas tout à fait entendu avec les Américains qui voulaient le produire, qui étaient d'ailleurs une boîte d'indépendants. Donc, je pense qu'ils étaient peut-être plus souples que les majors et en même temps je pense qu'ils n'avaient pas monté le financement et qu'il fallait aller au charbon comme si c'était un film européen. Je me retrouvais en Amérique mais il n'y avait pas l'avantage d'être en Amérique. Il fallait prouver qu'on avait les acteurs avant de pouvoir financer le film donc ça, c'est des méthodes qu'on a chez nous, en Europe en tout cas.

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Joseph Fiennes


Et puis je n'avais pas le même point de vue sur le personnage donc je n'ai pas été au bout de ce projet. Et oui, j'avais pensé à Edward Norton, ainsi qu’à d'autres d’ailleurs. C'est vrai que Norton est un acteur que je trouve tout à fait étonnant, même s'il ne ressemble pas à Saint-Exupéry. Mais il y a un moment de toute façon où les acteurs s'imposent dans un rôle. C'est intéressant parce que les éditeurs du livre qu'avaient utilisé les producteurs américains viennent de me relancer en me demandant si j'avais toujours l'intention de travailler sur ce film. Je ne leur ai pas répondu mais je vais répondre parce que j'essaie d'être bien élevé !
(il rit)

Sinon, j'ai donné mon accord à l'adaptation d'un livre de Fred Vargas, une femme auteur de romans policiers, ce livre s'appelle 
Pars vite et reviens tard. C'est un polar contemporain qui se passe à Paris. Ça va me changer ! En plus, les producteurs qui me l'ont proposé ont déjà fait travailler deux scénaristes sur une adaptation qui est assez réussie. Elle demande encore du travail mais ils sont sur la bonne voie. J'ai commencé à travailler avec eux, à réfléchir. Donc si tout va bien, je vais tourner ce film-là début 2006.

Vous avez été oscarisé en 1993. Dix ans plus tard et après l'échec financier d'Est-Ouest, votre dernier film, est-ce qu'une telle récompense pèse dans la balance à l'heure de chercher des financements pour une superproduction comme Man to Man ?

Non, je ne pense pas. Ce n'est pas une baguette magique. L'Oscar n'est pas une fée. Mais vous avez raison : Est-Ouest n'a pas démarré comme on l'aurait voulu. On n'a pas marché comme on l'aurait voulu en France mais finalement, c'est un film qui a quand même fait le tour du monde et finalement qui, à mon avis, est en train de remporter sa mise parce qu'il a été vu partout et qu'il est acheté par les télévisions du monde entier. Ce n’est pas tellement l'Oscar qui peut encourager les gens à financer des films chers pour un producteur français. C'est le fait que si j'ai fait Indochine ou Est-Ouest, je dois à peu près pouvoir gérer des productions de ce type. En plus, je parle bien anglais, donc je peux me lancer sur un film en langue anglaise et le passé de cinéaste que j'ai encourage les gens à me faire confiance, pas forcément sur la qualité du film mais en tout cas à me faire confiance sur le fait que je saurai aller au bout de la réalisation du film.

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Joseph Fiennes et Kristin Scott Thomas


Man to Man
 est peut-être, pour de nombreuses raisons, plus difficile à réaliser qu'Indochine. Pour Indochine, j'étais inconscient : j'avais fait deux films à petit budget à l'époque. Et tout d'un coup, je me suis retrouvé à la tête de cette machine. Je crois que j'avançais jour après jour sans me poser de questions sur ce qui m'attendait après. Autrement, j'aurais peut-être baissé les bras. Tandis que là, je suis tout à fait conscient de ce que représente cet argent, ce financement et la lourdeur de la production. Et ce n'est pas forcément mieux d'être plus conscient. En tout cas, on envisage les choses différemment. L'Oscar, ça fait plaisir, c'est un moment assez intense. On est dans le rêve mais je ne pense pas que ce soit déterminant dans la suite de ce que je dois appeler ma carrière.

Au cinéma, la fiction a presque toujours été votre moyen d'expression. Reconnaissez-vous un côté documentaire dans certaines de vos œuvres et la réalisation de documentaires à part entière vous tente-t-elle au cinéma ?

Oui, réaliser un documentaire me tenterait. C'est toujours pareil : c'est le sujet qui me détermine et là j'ai l'impression que le support m'est indifférent, que ce soit Beta, DV ou 35 mm. D'abord, 35 me demanderait peut-être un peu plus de moyens. En DV, on est deux ou trois. Pour vous répondre, je ne pense pas qu'il y ait d'aspect documentaire dans mes films. En tout cas, comme je traite souvent de sujets qui ont un contenu historique où là, en l'occurrence, scientifique et historique, mes films sont documentés. On ne peut pas raconter cette histoire de Man to Man sans avoir travaillé sur l'anthropologie, l'anthropométrie, la craniologie, le colonialisme, ce qu'on a appelé après les « zoos » humains. C'est un scénario qui, pendant sa fabrication, a demandé beaucoup de travail parallèle sur la documentation.

Vous avez dirigé de grandes actrices françaises comme Deneuve, Béart ou encore Bonnaire, avez-vous travaillé de façon particulière au niveau de votre direction d'acteurs avec la finalement très frenchy Kristin Scott Thomas qui, de l'avis général, crève véritablement l'écran ?

Il y a quelque chose d’inattendu. Elle a peut-être quelque part un petit peu un rôle d'homme, comme Deneuve dans Indochine. Ce ne sont pas vraiment des rôles d'homme mais on aurait pu les écrire pour des hommes. D'ailleurs, j'ai une anecdote à vous raconter... Delon m'avait demandé de travailler avec moi. Je lui ai dit : « Oui. Je ne sais pas ce que je vais faire mais bon... ». Et puis il m'a fait marrer. Je le retrouve deux ans après - Indochine était sorti - il me revoit et il me dit : « Hé, vous avez oublié que je vous avais demandé de travailler avec vous ? » Je lui dis que non. C’est là qu’il me répond : « Vous m'avez préféré Catherine Deneuve. ». Il ne m'a pas dit : « Vous m'avez préféré Vincent Perez. » Il m'a dit : « Vous m'avez préféré Catherine Deneuve » ! Il a bien réalisé qu’il n’était possible, pour lui, d’avoir un rôle fort dans le film que si on y avait vu un homme planteur et non une femme planteuse !

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Kristin Scott Thomas


C’est un peu la même chose avec Kristin et on le remarque dès le début du film : elle est dans la jungle avec un fusil, elle a une tribu de grands noirs qui travaillent pour elle, elle chasse... C'est très frappant. C’est très spécial de travailler avec Kristin. Elle est très exigeante donc il faut se préparer. Quand on rencontre une actrice et qu'on lui parle d'un film et d'un rôle, on la fait entrer dans un rêve. Kristin, elle prend le rêve et quand elle est sur le plateau, elle veut que ce soit à la hauteur du rêve. Donc elle est la première à rechercher, à batailler, à contester, à poser des questions, à chercher ailleurs... Je me souviens que le premier jour, le chef-opérateur, un Français, s'est exprimé en français sur le plateau. Et elle a dit : « Ah non non non, stop, attendez, attendez ! C'est un film en langue anglaise. Moi, je ne veux pas être schizo sur ce film. Je demande que la langue du tournage soit l'anglais. »

Et de manière très amusante et très féminine, il y a des moments où elle avait besoin d'être plus proche de moi parce que le tournage était dur. Parce que si les rapports avec les acteurs masculins étaient intéressants, ils n'étaient pas nécessairement toujours faciles. Ils étaient productifs mais ils étaient souvent durs. Et quand elle avait besoin de se rapprocher de moi, c'est elle qui parlait en français parce qu'en parlant en français, elle créait avec moi une intimité. C'est évident puisque les autres ne comprenaient pas notre langue. C'est elle finalement qui a baissé la garde sur l'exigence de la langue anglaise pour se rapprocher de moi.

E
t puis ce que j'aime beaucoup chez elle, c'est la joie que nous éprouvons une fois que j'ai indiqué une direction pour le personnage à un moment donné, dans une scène donnée. Une fois qu'on a le sentiment partagé, elle et moi, qu'on y est arrivé, on est très content. Elle dit toujours : « Maintenant, laisse-moi faire autre chose. » Et elle fait deux-trois prises totalement différentes qu'elle improvise. C'est bien parce qu'après, au montage, on se dit qu’on n'avait pas pensé à ça mais que ce qu'elle a fait est intéressant aussi. Et ça, c'est étonnant ! Mais elle a un secret. Qui n'est pas un secret d'ailleurs. (il sourit) Elle le dit, comme Catherine Deneuve d'ailleurs : elle aime jouer. Et quand on dit : « Moteur ! », elles aiment jouer. C'est un plaisir. Elles y vont, elles tentent, elles cherchent… C'est vachement intéressant.

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Est-ce que vous acceptez l'étiquette d'humaniste ?


Oui, ça me plaît, moi. J'aime bien ce mot-là parce que, quand même, « humaniste », « humanité », « humain »… C'est vrai que le film essaie de nous parler de l'homme, de ses errements, de ses erreurs, de ses chemins, de ses balbutiements, de sa recherche de la vérité, de son honnêteté, de sa malhonnêteté... Beaucoup de gens me parlent de cet aspect-là des choses. C'est marrant car j’ai vu écrit : « C'est une fresque humaniste. » Moi, j'achète ! Oui, c'est très agréable parce que je crois que c'est ce qu'on a voulu faire.

M
an to Man est votre premier film en langue anglaise. Quels sont les différents éléments qui ont orienté votre choix ?

La langue anglaise m'a donné un peu plus de travail parce que même si je parle bien l’anglais, ce n'est pas ma langue natale. Un tournage demande déjà beaucoup de concentration. Il faut rester sur son chemin et se souvenir du film qu'on a dessiné pendant tous les mois d'écriture et de préparation. Mais il faut aussi être prêt à ce que les choses changent. Il faut savoir où on va tout en acceptant qu'il y ait des incidents de parcours qui vont finalement apporter des choses auxquelles on ne s’attend pas. Et la présence de l’anglais nécessite une concentration supplémentaire, surtout dans la direction d'acteurs. Souvent, c'est un mot, un adjectif qui vont éclairer un acteur et l'emmener ailleurs. C'était donc assez compliqué. C'était peut-être plus fatigant qu'un autre film.

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Régis Wargnier

Si les acteurs et techniciens anglo-saxons sont extrêmement bosseurs, disciplinés et présents dans le travail, j’ai toutefois dû m’adapter au fait qu’ils n'ont pas le même rapport au film les Français qui travaillaient sur le film. Ces derniers sont avant tout des gens que je connais tous depuis longtemps. Les Français sont proches, sentimentaux et dans l'affect. Ils partagent avec vous et sont dans l'émotion de leur propre travail. Les techniciens anglais avec lesquels j’ai travaillé sont des gens remarquables et qui font excessivement bien leur métier mais ils le font sans mettre d'affectif dans celui-ci. Sur un film français, on est habitué à être entouré et cajolé, à partager. Les Anglo-Saxons sont des gens très agréables, dont je reconnais vraiment les qualités de travail, mais on ne partage pas autre chose que le travail.

Propos recueillis par Jean-Philippe Thiriart

08:00 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films, Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : indochine, man, to, regis, wargnier, kristin, scott, thomas, catherine, deneuve, oscar | |  Facebook | |  Imprimer |

26 févr.

Sortie Blu-ray de Blade Runner 2049 – un must

Retour Vers Le Futuristique Blade Runner

Synopsis
Los Angeles, 2019. La colonisation de l’espace a débuté. La Tyrell Corporation produit des esclaves androïdes dont les capacités surpassent celles de leurs concepteurs. Nommés replicants, ces androïdes sont déclarés hors-la-loi après une mutinerie loin de notre planète. Rick Deckard (Harrison Ford), un blade runner, est recruté afin de les éliminer.

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Blade Runner
est l’adaptation du roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? de Philip K. Dick (1966). Œuvre culte, ce grand film d’anticipation - ou hard SF - fait partie de ces désormais classiques qui ont donné ses lettres de noblesse à la science-fiction sur grand écran. Dans la foulée de Star Wars et du Alien que Scott venait de signer. De ces œuvres d’art qui ont inspiré plusieurs générations de cinéastes. Par les beautés visuelle et sonore (la BO signée Vangelis) qu’il nous donne à contempler, les questions qu’il pose en ayant l’intelligence de ne pas y répondre, et les enjeux auxquels il nous confronte.

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À l’issue du tournage de Blade Runner, Ridley Scott perd le contrôle artistique de son film, ce que d’aucuns pointeront comme la cause de son échec commercial à sa sortie en 1982. Il aura fallu pas moins de 25 ans et sept versions différentes de Blade Runner pour avoir enfin devant les yeux le director’s cut ultime de l’œuvre du cinéaste britannique. Signalons qu’il s’agit du premier film à bénéficier d’un director’s cut. C’était en 1992, soit dix ans après la sortie du métrage en salles. En 2007, allait néanmoins sortir un second director’s cut, réellement fidèle à la vision de Ridley Scott cette fois. La boucle était bouclée.

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Regard sur Blade Runner 2049


Synopsis
Los Angeles, 2049. La société est fragilisée par les nombreuses tensions entre les humains et leurs esclaves créés par bioingénierie. Lorsque l’officier K (Ryan Gosling), un blade runner, découvre un secret enfoui depuis longtemps et capable de changer le monde, les plus hautes instances décident que c’est à son tour d’être traqué et éliminé. Son seul espoir est de retrouver Rick Deckard, qui a disparu depuis des décennies.

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Une suite fidèle à l’œuvre originale


Le 7e Art se devait de donner une suite à Blade Runner.
Il aura fallu attendre 35 ans et un réalisateur de la trempe de Denis Villeneuve pour que la magie opère. Mission casse-gueule vu la qualité de l’original et les attentes générées mais mission accomplie, sur toute la ligne.

Le Canadien signe ici son dixième long métrage en vingt ans et le cinquième en cinq ans, depuis son arrivée à Hollywood avec le thriller poignant Prisoners en 2013. Nous l’avions découvert en 2010 avec Incendies, drame bouleversant porté par la Belge Lubna Azabal, pour lequel il nous avait accordé une agréable interview.
Le Canadien sait tout faire, navigant avec brio de la romance (Un 32 août sur Terre) à la science-fiction (Premier Contact et à présent Blade Runner 2049) en passant par le drame (Incendies donc, mais aussi Maelström), le thriller (Prisoners, certes, mais également Enemy) et le film policier (Sicario).

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Pour la première fois, Denis Villeneuve a dû composer avec l’univers d’un autre grand faiseur d’images. Pour parvenir à extérioriser son propre univers intérieur. Son Blade Runner est très référencé et fidèle à l’œuvre originale d’un point de vue tant visuel (la photo est signée Roger Deakins, déjà actif sur Prisoners et Sicario), sonore, que musical (Hans Zimmer à la BO). Mais il porte aussi sa patte.

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Cette superproduction est longue – 2h43 – mais elle est surtout captivante, de bout en bout. Et en prise avec la plus actuelle que jamais question de ce qui fait de nous ce que nous sommes, de ce qui nous différencie de ce que nous créons.
L’écriture du film fut collective et nous la devons notamment à Ridley Scott lui-même mais aussi à Hampton Fancher, le scénariste du premier Blade Runner, un gage de plus de la qualité de ce Blade Runner 2049.

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Le Blu-ray 4K Ultra HD et ses bonus


4 fois la résolution du format HD, une High Dynamic Range offrant brillants contrastes et noirs plus profonds pour l’expérience visuelle la plus dynamique possible, un large spectre de couleurs et un son immersif.
Voilà la promesse faite avec ce Blu-ray Ultra HD de Blade Runner 2049. Nous n’avons pas été déçus et recommandons par conséquent chaudement le visionnage de Blade Runner 2049 dans ces conditions idéales.

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Les bonus


Rayon bonus, le coffret Blu-ray - Blu-ray 4K Ultra HD nous régale de pas mal de bonus, à savoir :
- un making of d’une vingtaine de minutes sur la création du monde de Blade Runner 2049,
- trois courts-métrages qui font figure d’autant de prologues à l’histoire telle qu’elle se déroule en 2049 : l’impressionnante animation 2022: Blackout de Shinichiro Watanabe, et les deux fictions que sont 2036: Nexus Dawn et 2048: Nulle part où aller, et
- Blade Runner 101, bonus multiple qui présente L’évolution des réplicants, les Blade Runners, la Wallace Corp, un Bienvenue en 2049, le personnage de Joi, singulier et multiple, et Dans les cieux : Spinners, Pilotfish et Barracudas.

À lire aussi :
notre interview de Denis Villeneuve pour Incendies

Jean-Philippe Thiriart

07:47 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de DVDs, Critiques de films, Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : blade, runner, 2049, ridley, scott, denis, villeneuve, ryan, gosling, harrison, ford, alien, vangelis, star, wars, blu, ray | |  Facebook | |  Imprimer |

13 déc.

THE PARTY, des performances d’acteurs au service d’un huis-clos brillant

De Sally Potter
Avec Patricia Clarkson, Bruno Ganz, Kristin Scott Thomas, Timothy Spall, Cillian Murphy
Comédie dramatique
1h11

Cote : ***

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On doit à la réalisatrice londonienne Sally Potter The Tango Lesson (La leçon de tango) en 1997 et The Man who cried (Les larmes d’un homme) en 2000. Elle a également dirigé, dès 2007, le Carmen de Bizet, production de l’English National Opera au London Coliseum dès 2007.

The Party se déroule dans la capitale anglaise. Janet, la cinquantaine bien entamée, vient d’être nommée ministre de la santé. Afin de fêter sa nomination, son mari Bill et elle réunissent quelques amis pour un dîner. Mais ce monsieur fera une révélation qui choquera l’ensemble des invités et remettra en question toutes leurs idées politiques, économiques et sociales. Les convives seront-ils capables de sortir sans heurt de ce dîner qui s’apparentait pourtant à une fête ?

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Les acteurs sont magistraux. On ne présente plus Kristin Scott Thomas, à la carrière remarquable. Mais le casting ne s’arrête pas à cette icône du cinéma franco-anglais. On retrouve en effet à ses côtés Bruno Ganz (La chute), Timothy Spall (inoubliable Peter Pettigrow dans Harry Potter), Cillian Murphy (Inception, de Nolan - réalisateur qui en fit aussi son Epouvantail dans la franchise Batman) ou encore Patricia Clarkson (La ligne verte ou Shutter Island). Ces comédiens et leur jeu rendent ce huis-clos fort captivant.

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L'équipe du film sur le red carpet de la Berlinale 2017


L’ensemble du film se déroule dans une poignée de mètres carrés, tel une pièce de théâtre. On voyage toutefois ici à travers le temps et l’espace grâce à la performance des comédiens de The Party. Les sujets abordés sont délicats et les situations, bien que très inconfortables, prêtent par moments à rire. Mais à rire jaune. On sent ainsi la situation devenir hors de contrôle et tragique sans toutefois pouvoir imaginer où cela va mener l’ensemble des personnages. Pour un grand final tout à fait inattendu.


La réalisatrice propose une mise en scène pour le moins intéressante. Avec des pièces de la maison utilisées à bon escient. Ce qui permet de passer très facilement de l’une à l’autre sans perdre le fil de l’histoire. Mais la grande force de ce film, comme de tout huis-clos, réside donc dans la justesse avec laquelle les interprètes des rôles assignés par Sally Potter jouent des partitions qui leur correspondent. Les dialogues qu’elle met dans leur bouche sont truculents et apportent à ce film un
caractère raffiné indéniable.

Raphaël Pieters et Jean-Philippe Thiriart

08:13 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the, party, sally, potter, kristin, scott, thomas, timothy, spall, bruno, ganz, cillian, murphy | |  Facebook | |  Imprimer |

17 mai

Alien: Covenant - Papy Ridley fait de la résistance !

De Ridley Scott
Avec Michael Fassbender, Katherine Waterston, James Franco, Billy Crudup, Danny McBride
Science-fiction
2
h

Cote : *

 

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Ou comment condamner des milliers de personnes à cause d’incohérences scénaristiques.

Mais commençons par le commencement.

Avec
Alien, Ridley Scott avait frappé fort à la fin des années 70 ! Un vaisseau perdu dans l’espace, un alien tueur et un équipage pris au piège, voilà les trois ingrédients magiques d’une franchise qui a alimenté les angoisses des plus hardis d’entre nous.

Retour tout aussi spectaculaire en 1986 avec cette fois aux manettes James Cameron. Cette suite directe du premier volet délaissera quelque peu son aspect claustrophobique pour y ajouter une bonne dose d’action comme seul le réalisateur des Terminator et autre True Lies en a le secret.

S’en suivront deux autres films (en 1992 et 1997) réalisés par David Fincher et Jean-Pierre Jeunet, explorant toujours un peu plus loin la mythologie mise en place par Ridley Scott et Dan O’Bannon, scénariste du premier opus.

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Et puis, en 2012, arriva Prometheus. Alors que les fans attendaient depuis des années une suite directe à la saga Alien, on eut droit à une prequel menant aux évènements du premier opus. Et le moins que l’on puisse dire est que l’accueil fût (très
 ?) mitigé. Scénario sans queue ni tête, incohérences à foison, protagonistes sans charisme… le film se rattrapait néanmoins par une réalisation soignée et des images d’une beauté rare.

400 millions de dollars de recettes plus tard, ce mercredi 17 mai 2017, sort la
sequel de la prequel. (Huhu)

Et qu’est-ce qu’on en a pensé ? Nous allons vous le dire. Mais d’abord, voici le pitch :
« Les membres d’équipage du vaisseau Covenant, à destination d’une planète située au fin fond de notre galaxie, découvrent ce qu’ils pensent être un paradis encore intouché. Il s’agit en fait d’un monde sombre et dangereux, cachant une menace terrible. Ils vont tout tenter pour s’échapper. »

 

03.jpg


On ne va pas la faire longue : c’est beau. Le film à de la gueule. Juste équilibre entre CGI et décors naturels. Voilà pour le positif.

Alien: Covenant
souffre des mêmes défauts que Prometheus, un cran au-dessus encore. Le film croule sous les incohérences, à tel point qu’on en sort complètement au bout de 10 petites minutes à peine. Impossible de s’investir et de ressentir quoi que ce soit pour cet équipage profondément débile et dont chacune des décisions n’a ni queue ni tête. Enfin, comme dans Prometheus, nous avons droit à une philosophie de comptoir n’apportant rien à l’histoire et engendrant le plus souvent des dialogues à la limite du ridicule.

Rien de bien folichon côté ambiance non plus. Les frissons ne sont définitivement pas au rendez-vous.

Il est encore loin le temps où nous aurons enfin droit à un Alien digne de ce nom (Sigourney, reviens !). Et, par pitié, si un jour vous arrivez sur une planète inconnue, n’enlevez pas votre casque. Non, vraiment. C’est débile.

Antoine Leroy

18:06 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : covenant, ridley, scott, fassbender, franco, cameron, fincher, jeunet, alien | |  Facebook | |  Imprimer |