30 avril

NICO 1988 : une icône en quête perpétuelle de simplicité

De Susanna Nichiarelli
Avec Tryne Dyrholm, John Gordon Sinclair, Anamaria Marinca
1h33
Biopic musical

Cote : ***

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L’Italienne Susanna Nichiarelli réalise avec Nico 1988 son plus gros succès. La metteuse en scène transalpine fait le choix de baser sa biographie haute en couleurs sur les dernières années de vie de la chanteuse Nico. Cet axe apporte beaucoup au film puisqu’il peut se focaliser d’autant plus sur la profondeur des personnages, l’histoire, elle, étant bien connue d’une large partie du public.

C’est l’actrice danoise Tryne Dyrholm qui interprète Nico. L’actrice de 46 ans a déjà une belle carrière derrière elle et est connue du public francophone pour son rôle dans la série Les Héritiers, visionnable sur Arte voici bientôt deux ans. Elle incarne ici à merveille le rôle d’une Nico en fin de carrière. Pas facile pourtant de jouer avec subtilité le rôle d’une artiste toxicomane, ô combien talentueuse et en recherche permanente de différenciation. Après le passage de Nico dans le groupe The Velvet Underground, l’artiste imposée au groupe new-yorkais par Andy Warhol aura une carrière solo moins appréciée à l’époque mais aujourd’hui reconnue par l’ensemble de la critique rock.

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L’histoire nous raconte donc la fin de cette carrière solo entreprise par Nico après son passage dans le Velvet. On y voit une chanteuse, jadis mannequin, ravagée par les années et par la drogue et dont les questionnements n’ont jamais été aussi importants. La mélancolie de cette femme, qui a toujours rejeté le fait d’être promue au rang d’icône, est jouée à merveille par l’actrice danoise. Sans tomber dans le pathos, Susanna Nichiarelli et Tryne Dyrholm nous montrent non pas Nico mais Christa Päfgen, une femme qui a refusé l’image de symbole, s’est empressée de vivre sa propre vie et dont la soif d’individualisme était plus importante encore que la toxicomanie.

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On apprécie également la façon avec laquelle la relation qu’entretenait Nico et son fils est traitée. Le téléspectateur pourra se faire sa propre idée sur cette relation. Les non-dits sont importants et pourtant adéquats tant la complexité des personnages incarnés est importante.

Enfin, la mélancolie semble tenir une place particulièrement centrale dans ce film et cela s’explique aisément si l’on s’intéresse à la source d’inspiration de nombreux artistes.


Sa mise en scène de qualité et, surtout, la contribution remarquable de son actrice principale, Tryne Dyrholm, font de Nico 1988 un film à voir au plus vite !

Raphaël Pieters

12:53 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nico, 1988, the, velvet, underground, tryne, dyrholm, biopic, musical, susanna, nichiarelli, rock | |  Facebook | |  Imprimer |

13 déc.

THE PARTY, des performances d’acteurs au service d’un huis-clos brillant

De Sally Potter
Avec Patricia Clarkson, Bruno Ganz, Kristin Scott Thomas, Timothy Spall, Cillian Murphy
Comédie dramatique
1h11

Cote : ***

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On doit à la réalisatrice londonienne Sally Potter The Tango Lesson (La leçon de tango) en 1997 et The Man who cried (Les larmes d’un homme) en 2000. Elle a également dirigé, dès 2007, le Carmen de Bizet, production de l’English National Opera au London Coliseum dès 2007.

The Party se déroule dans la capitale anglaise. Janet, la cinquantaine bien entamée, vient d’être nommée ministre de la santé. Afin de fêter sa nomination, son mari Bill et elle réunissent quelques amis pour un dîner. Mais ce monsieur fera une révélation qui choquera l’ensemble des invités et remettra en question toutes leurs idées politiques, économiques et sociales. Les convives seront-ils capables de sortir sans heurt de ce dîner qui s’apparentait pourtant à une fête ?

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Les acteurs sont magistraux. On ne présente plus Kristin Scott Thomas, à la carrière remarquable. Mais le casting ne s’arrête pas à cette icône du cinéma franco-anglais. On retrouve en effet à ses côtés Bruno Ganz (La chute), Timothy Spall (inoubliable Peter Pettigrow dans Harry Potter), Cillian Murphy (Inception, de Nolan - réalisateur qui en fit aussi son Epouvantail dans la franchise Batman) ou encore Patricia Clarkson (La ligne verte ou Shutter Island). Ces comédiens et leur jeu rendent ce huis-clos fort captivant.

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L'équipe du film sur le red carpet de la Berlinale 2017


L’ensemble du film se déroule dans une poignée de mètres carrés, tel une pièce de théâtre. On voyage toutefois ici à travers le temps et l’espace grâce à la performance des comédiens de The Party. Les sujets abordés sont délicats et les situations, bien que très inconfortables, prêtent par moments à rire. Mais à rire jaune. On sent ainsi la situation devenir hors de contrôle et tragique sans toutefois pouvoir imaginer où cela va mener l’ensemble des personnages. Pour un grand final tout à fait inattendu.


La réalisatrice propose une mise en scène pour le moins intéressante. Avec des pièces de la maison utilisées à bon escient. Ce qui permet de passer très facilement de l’une à l’autre sans perdre le fil de l’histoire. Mais la grande force de ce film, comme de tout huis-clos, réside donc dans la justesse avec laquelle les interprètes des rôles assignés par Sally Potter jouent des partitions qui leur correspondent. Les dialogues qu’elle met dans leur bouche sont truculents et apportent à ce film un
caractère raffiné indéniable.

Raphaël Pieters et Jean-Philippe Thiriart

08:13 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the, party, sally, potter, kristin, scott, thomas, timothy, spall, bruno, ganz, cillian, murphy | |  Facebook | |  Imprimer |

19 août

THE CIRCLE ou le film qui n'avait pas lieu d'être

De James Ponsoldt
Avec Emma Watson, Tom Hanks, John Boyega, Karen Gillan
Thriller
1h50

Cote : *

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Mae (Emma Watson) est engagée chez The Circle, une gigantesque entreprise à la tête du réseau social le plus puissant du monde. Elle va rapidement grimper les échelons de la hiérarchie jusqu’à ce que Eamon Bailey (Tom Hanks), le fondateur de l’entreprise, lui propose de participer à un programme de test bousculant les limites de la vie privée.

En une phrase : Facebook c’est des méchants et vous allez tous finir à poil sur internet si ça continue, peu importe ce que vous en pensez.

Mais est-ce vraiment ça The Circle ?

Impossible d’identifier le message du film, la morale que voudrait nous transmettre le réalisateur. Ici, pas d’évolution des personnages, pas d’éléments venant perturber ou modifier leur façon de penser. Leurs décisions paraissent si éloignées de la réalité qu’il est impossible de ressentir quoi que ce soit pour eux (coucou John Boyega).

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Vous vous souvenez d’Indiana Jones et les Aventuriers de l’Arche Perdue ? Vous vous rappelez que le film arriverait à la même conclusion sans son personnage principal ? Eh bien The Circle souffre du même syndrome. Emma Watson n’est là que pour accélérer un peu un processus qui semble inévitable. L’archétype du personnage-fonction pour lequel, comme précisé plus haut, on aura du mal à avoir de l'empathie.

The Circle se termine d’une manière abrupte après presque deux heures de vide. Il laisse le spectateur sur sa faim, qui se demandera peut-être où sont passées les 10 dernières minutes qui aurait pu lui permettre de corriger les aberrations d’un scénario sans réel intérêt.

Où est ce foutu bouton « dislike » ?

Antoine Leroy

 

09:02 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the, circle, emma, watson, tom, hanks, facebook | |  Facebook | |  Imprimer |

29 juil.

Quand Noé nous emportait dans son arche... psychédélique !

Enter the Void - Sortie DVD

Cinéart / Twin Pics – environ 2h35
DRAME FANTASTIQUE
Interdit aux moins de 16 ans.

De Gaspar Noé (2009).
Avec Nathaniel Brown, Paz de la Huerta, Cyril Roy.

LE FILM : ****
LES BONUS : ****

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DO Enter the Void!


Expérience ?
Trip ?
Orgie ?
OVNI ?

Un peu les quatre à la fois que ce Enter the Void, le dernier Gaspar Noé avant son tout nouveau bébé, Love. Notons que film était présenté en compétition à Cannes.

Avec Enter the Void, le Français nous emmène à la découverte des cheminements croisés d'un petit monde d'expatriés naviguant tant bien que mal dans le grand Tokyo au travers de la vie de son personnage central, Oscar, jeune occidental à la dérive. Il y parvient, notamment, via la manière dont il utilise sa caméra, subjective d'un bout à l'autre du métrage. Celle-ci nous expose ainsi l’univers très glauque et l’entourage restreint du protagoniste central du film, constitué notamment de sa sœur, à qui il est uni par une histoire tragique et de très puissants liens fraternels.

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Oscar, personnage central d'Enter the Void


Son chemin de vie chaotique, son ennui, son désœuvrement, son déracinement, son fourvoiement psychologique et sa descente, enfin, dans la marginalité, se cristallisent rapidement, à travers ses expériences hallucinatoires, en un voyage psychédélique flirtant avec la spiritualité. Ce voyage nous apporte des réflexions sur le mystère et les tentatives de recherche du sens de la vie et sur de grands thèmes tels que la fraternité, l'amour, la sexualité, l'amitié, la fidélité, la trahison, les errances, ou encore la réincarnation et l'éternelle répétition polymorphe des traumas et malédictions.

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Esthétiquement, Enter the Void se démarque, outre par le choix d'une caméra exclusivement subjective donc, incarnée par un seul personnage, par la greffe originale d'un univers sombre dominé par les drogues et le sexe avec celui, criard et exotique, d'un Tokyo inondé de rouge et d'enseignes lumineuses bariolées au goût douteux.

C
e qui nous a principalement marqué, est, d'une part, l'esthétique et la photographie uniques du film ; et de l'autre, la technicité et la créativité géniales des mouvements de caméra, dont le rythme rapide et saccadé, parfois brutal, empoigne le spectateur dès les premières secondes du voyage et le lache, vidé (le titre du film dans certaines salles belges était Soudain le vide), à son autre extrémité.

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Un des films les plus forts de ces dix dernières années, Enter the Void n'est
 pas une oeuvre à regarder en famille le dimanche après-midi. Ce n’est pas La Mélodie du bonheur ; c’est rien de l’écrire… Le film met bien souvent mal à l’aise et est par moments peut-être trop provocateur. On pourrait alors se demander quel intérêt Gaspar Noé a eu à filmer certaines scènes. Mais tout apparaît finalement comme étant fort logique car le réalisateur de Seul contre tous va toujours au bout de son propos. Il parvient ainsi à choquer les spectateurs les plus difficiles à… choquer justement ! Et le moins que l’on puisse écrire est que le bougre réussit cette entreprise avec brio.

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Tiens, tiens, un LOVE Hotel...


Les bonus

Le coffret 2 DVDs vaut vraiment le détour pour tout qui veut aller plus loin que le film.

Tout est psychédélique, jusqu’au menu des deux galettes.

La première propose deux versions du film. La version cinéma, d’abord. Soit 2h34 quand même, et une version alternative (2h19).

Quant au deuxième DVD, il offre 55 minutes de bonus, à savoir :

- huit scènes coupées, certaines excessivement courtes ; d’autres, plus longues ;
- un making-of des effets spéciaux, qui permet de prendre conscience du travail énormissime ayant permis l’arrivée à bon port de ce porte-avion noéien ;
- pas mal de séquences hallucinatoires, permettant de créer chez le spectateur l’illusion qu’il vient de prendre de la DMT ;
- VORTEX ;
- Énergie, un court-métrage de Thorsten Fleisch à ne pas regarder, tout comme et même encore d’avantage qu’Enter the Void, si vous êtes épileptique ;
- différentes bandes annonces, coup de poing, du film, tant françaises qu’internationales ;
- une vingtaine de projets d’affiches et de visuels du film ; et pomme d’amour sur la pièce montée…

- le scénario original du film sur la partie .rom de la galette !

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Psychédélique, on vous disait !


Seul bémol : l’absence de commentaires du réalisateur sur son dernier bébé. Peut-être s’agit-il d’un parti pris. Dieu, euh pardon… Noé seul le sait !

10:57 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de DVDs, Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : enter, the, void, gaspar, noé, love, cannes | |  Facebook | |  Imprimer |

14 avril

BIFFF 2014 - Day 5 : Zombies Vs. Journalistes en images !

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17:15 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Photos | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bifff, festival, international, film, fantastique, bruxelles, zombifff, goal, of, the, dead, foot | |  Facebook | |  Imprimer |