19 juil.

Des singeries plus humaines qu'il n'y paraît

De Matt Reeves
Avec Andy Serkis, Woody Harrelson, Steve Zahn
Science-fiction
2h20

Cote : ***

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La Planète des singes - Suprématie
(War for the Planet of the Apes) est la suite de La Planète des Singes : les origines (Rupert Wyatt, 2011) et de La Planète des Singes : l’affrontement (Matt Reeves, 2014). Il poursuit et clôture la saga, temporairement du moins. Celle-ci avait démarré en 1968. Deux ans plus tard, une première suite directe de quatre films fut initiée, jusque 1973. Si le premier - Le Secret de la Planète des Singes - fut une réussite, le dernier - La Bataille de la Planète des Singes - remporta un succès bien moindre. Il aura fallu attendre le génial Tim Burton pour trouver un réalisateur capable de s’essayer à un reboot de la saga. C'était en 2001. Le relatif échec du film ne permit cependant pas au réalisateur d'Edward aux mains d'argents de rempiler pour une suite.

Il s’agit donc ici du neuvième film de la franchise. L’histoire reprend des personnages déjà présents dans la première suite du film originel. On retrouve en effet César. L’histoire qui nous est donnée à voir est bien ficelée, empreinte d'une certaine profondeur. Le réalisateur a pris le parti de jouer sur la corde raide entre le bien et le mal. Dès les premiers instants, se pose la question de savoir s’il existe un camp de « gentils » et un camp de « méchants ». On se rend vite compte que les choses sont bien plus complexes. Le film nous plonge  ainsi au sein de l’organisation des singes et de leurs préoccupations premières : la vie en harmonie avec des hommes qu’ils savent supérieurs à cet instant.

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Les événements les pousseront à devoir se révolter pour leur survie. Le film possède des moments assez lents qui sont rares dans ce genre de productions où l’action semble toujours plus importante que le temps de la réflexion. Le colonel (Woody Harrelson, Hunger Games) est sans doute caricatural dans son manque d’empathie mais on comprendra le mal qui le ronge. Dans ce film somme toute assez sombre, l’humour joue un rôle de contre-balancier et le côté attachant de certains  personnages permet de vivre le film au plus près.

La Planète des Singes - Suprématie n’a pas tout misé sur les effets spéciaux comme c’est trop souvent le cas. C’est sans doute cela aussi qui en fait sa force. Plusieurs thèmes actuels de nos sociétés (perte d’un être cher, désir de vengeance, abus de pouvoir…) sont abordés et certaines réponses apportées peuvent nous aider à nous situer en tant qu'êtres humains. D’autres questions restent sans réponse. Le cinéma joue parfois un rôle formateur et c’est sans doute à cet instant qu’il devient le plus intéressant. Il nous rappelle parfois, à juste titre, que quel que soit notre pouvoir, tout comme l’empereur César, nous ne sommes que mortels.
Cette Planète des Singes n'est sans doute pas découvrir avant l'âge de 10 ans, pour l’appréhender avec le recul nécessaire à sa bonne compréhension.

Raphaël Pieters et Jean-Philippe Thiriart


09:31 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : planete, des, singes, suprematie, war, for, planet, apes, cesar, andy, serkis, sirkis, matt, reeves, tim, burton | |  Facebook | |  Imprimer |

14 févr.

Honoré à la Berlinale, Tim Robbins nous parle de la peine de mort

Depuis Berlin.

Peu après 22 heures, hier soir, nous avons eu la chance de tendre notre micro à Tim Robbins. Le producteur, réalisateur et acteur lauréat d'un Oscar, de deux Golden Globes et d'un Prix d'interprétation à Cannes, était présent dans la capitale allemande pour recevoir une Berlinale Kamera. Le Festival International du Film de Berlin décerne ce Lifetime Achievement Award aux acteurs du cinéma qui l'ont à jamais marqué. L'Américain a gentiment accepté de répondre à nos deux questions, sur la peine de mort et sur son travail de réinsertion des prisonniers de différentes prisons californiennes.

 

 Tim Robbins répondant à nos questions - Copyright Denise Reese, de Ruptly TV


C'est dans le cadre de ce bel honneur que le natif de West Covina, en Californie, a choisi de présenter le film dont il est le plus fier : Dead Man Walking. Film qui a valu à Sean Penn, à Berlin déjà, l'Ours d'Argent du Meilleur acteur et à Susan Sarandon... l'Oscar de la Meilleure actrice ! C'était en 1996.

Vingt ans plus tard, l'inoubliable comédien de L'échelle de Jacob, The Shawshank Redemption et Mystic River, entre autres, a tenu à remercier de tout son cœur le Festival, les festivaliers, les Berlinois et, plus généralement, l'ensemble du peuple allemand, pour tout l'amour qu'ils lui ont donné.

Robbins a évoqué, avec émotion, sa première venue à Berlin en 1985. Époque à laquelle il n'avait pu passer Checkpoint Charlie et se rendre à l'Est pour la seule et bonne raison qu'il avait, dans sa voiture, une cassette des... Rolling Stones. Il a confié, non sans humour, avoir été convaincu d'une chose, ce jour-là : « Un jour, le Mur ne pourrait que tomber. Pour la bonne et simple raison qu'on ne peut pas craindre le rock'n'roll ! ».

Merci Monsieur Robbins.
Pour votre amabilité.
Pour votre contribution au patrimoine cinématographique.
Pour votre engagement.
C'est rare et précieux.

Jean-Philippe Thiriart