30 mars

Interviews filmées de 17 « acteurs » du cinéma belge & Résultats de notre Concours

Nous vous proposons aujourd’hui de découvrir trois nouvelles vidéos, dans lesquelles nous donnons la parole à 17 « acteurs » du cinéma belge. L’opération « 50 ans de cinéma belge, 50 ans de découvertes » hisse haut les couleurs de notre cinéma jusqu’au 15 juin. À cette occasion, ils complètent pour nous la phrase « Le cinéma belge, c’est… ». Puis nous parlent de leur cinéma.

Bon visionnage !

 


 

 

 

Il y a peu, nous vous invitions à participer à notre concours cinéma belge.
Avec la complicité de notre partenaire UniversCiné, nous vous offrions 10 pass pour 5 films sur la plateforme universcine.be . Il vous suffisait pour rappel de donner votre définition du cinéma belge. Puis un tirage au sort a eu lieu.

Voici les définitions et les noms de nos gagnants :

Pour moi le cinéma belge c'est…

la magie de l’étonnement du surréalisme. - Michaël Renard

tellement Nous… - Chantal Bourgeois

comme la rencontre d’une locomotive à vapeur armée d’un saxophone et d’un cornet de choux de Bruxelles avec la folie zwanzienne d’une série de klettes génialissimes s’agitant devant un objectif… pour satisfaire le nôtre (d’objectif), c’est-à-dire être émerveillé.e.s devant une toile blanche, l’espace de quelques dizaines de minutes ! - Serge Dielens

prometteur et grandissant. - Sébastien Jacquemart

génial ! - Maryline Stoufs

un élément de la culture dans lequel il faut investir et qu’il faut surtout soutenir pour combattre l’impérialisme américain. - Morad Hamdane

l'exemple même d'une pluralité culturelle improbable et réussie. - Eric Pirard

comme une boîte de chocolats : on est souvent agréablement surpris ! - Julie Wittebort

le résultat d'une copulation entre une frite et une moule. Et quel brol ! - Julien De Smet

un art où on peut ressentir tellement de choses : la joie, la tristesse, le plaisir, le désespoir... Il est difficile de ressentir autant devant une autre forme d'art, tous les sentiments y passent. - Mourad Khlifi

A très bientôt pour un nouveau concours vous permettant de gagner 30 places pour le BIFFF et vive le cinéma belge !

Jean-Philippe Thiriart

12 janv.

Projection de quatre beaux courts-métrages belges ce vendredi 12 janvier à Flagey – Interview de l’équipe du film LE CRABE

Ce vendredi 12 janvier à 19h30 (en présence des réalisateurs), quatre beaux courts-métrages belges seront projetés à Flagey : Le Crabe de Christophe Hermans et Xavier Seron, Sirène de Harry Cleven, Alice et moi de Micha Wald et Dernière Porte au Sud de Sacha Feiner.

Le Crabe, que nous vous présentons aujourd’hui via une interview de l’équipe du film, et les trois autres courts-métrages susmentionnés sont programmés dans le cadre de l’opération 50/50 : Cinquante ans de cinéma belge, Cinquante ans de découvertes, et des Quatre Saisons de Cinergie. La belle aventure 50/50 est organisée en partenariat avec la plateforme belge de vidéo à la demande UniversCiné qui propose, entre autres, pas moins de 900 films belges aux amateurs du cinéma de chez nous ou à ceux qui ont simplement envie de le découvrir.

Il y a dix ans, nous interviewions au Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF) l’équipe du court métrage Le Crabe, composée de ses deux coréalisateurs - Christophe Hermans et Xavier Seron, dont le premier long-métrage de fiction Je me tue à le dire en a épaté plus d’un. Et de ses deux acteurs principaux - Vincent Lecuyer et Jean-Jacques Rausin. Bien nous en avait pris puisque le film était magnifique et allait d’ailleurs remporter un très beau Prix dans la capitale wallonne : celui du Meilleur Court-Métrage de la Compétition Communauté française de Belgique.

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Animal relativement dangereux dixit Xavier Seron, l’Autruche l’est-elle davantage que Bertrand (Jean-Jacques Rausin) ? Pas sûr…

On retrouve dans Le Crabe un plan qui présente une lumière dans un tunnel. Ce plan vient, je crois, de votre court-métrage de fin d’études Rien d’insoluble, Xavier Seron. Pourquoi avoir choisi de réinsérer ledit plan ?

Xavier Seron :
Je ne sais pas, je pense que ça s’est fait un peu de manière inconsciente. On avait ces plans. On s’est dit : « tiens, ça fait Rien d’insoluble ». On a réfléchi quant à savoir si on allait les garder ou pas et puis on les a gardés. Tout simplement.

En quelle mesure le travail avec les fluides vous intéresse-t-il ? Je pense au gros plan sur le distributeur de savon…

Christophe Hermans :
C’est simplement pour avoir une attaque au début de la séquence, avoir un côté un peu visqueux qui peut prêter à rire. Mais derrière cela, je pense qu’il n’y a rien d’autre. Pour ce plan-là en tout cas.

Peut-on y voir la jouissance pour Roberto (Vincent Lécuyer) de se débarrasser de son personnage ?

C. H. :
Il y a ça mais il y a aussi le fait que le personnage de Roberto enlève progressivement son maquillage de comédien pour redevenir l’homme voire l’enfant qu’il était autrefois.

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Jean-Jacques Rausin et Vincent Lécuyer


Vincent Lécuyer et Jean-Jacques Rausin, en matière de direction d’acteurs, vous avez, j’imagine, été dirigés de façon très différente dans le sens où l’un de vous joue tout en retenue tandis que l’autre doit se lâcher un maximum…

Vincent Lécuyer :
En effet. C’est vrai que c’était très ciblé en fait. C’était vraiment très personnel. Ils me parlaient beaucoup de retenue justement comme vous dites, de donner le moins d’indices possible. Donc on était assez d’accord là-dessus.

Jean-Jacques Rausin : C’est un personnage qui est, avant toute chose, excentrique quelque part. C’est quelqu’un qui exprime une souffrance en se lâchant, en étant extravagant. Donc effectivement, il lui arrive d’avoir des excès.
Xavier m’avait déjà dirigé dans
Rien d’insoluble et dans d’autres courts-métrages. Ici, Christophe était là aussi et ça s’est très bien passé. Comme ils se connaissent très bien tous les deux, ils deviennent très complémentaires au niveau de la direction d’acteurs ou de leur travail en général. Et je connaissais déjà leur travail avant.

V. L. : La première chose qu’on voit de Jean-Jacques ou de moi est assez différente. Il faut donc trouver le point de rencontre de ces deux univers-là, de ces deux univers physiques, des voix et des énergies. Le point de rencontre, c’était un peu comme une histoire d’amour, de couple : l’admiration de l’un pour l’autre et la tendresse qui se dégageait. On a donc travaillé comme si c’était un couple quelque part, avec des énergies qui se séduisent.

J.-J. R. : Au début, pendant les répétitions, on s’est vraiment rendu compte de ce jeu de séduction, que le personnage de Bertrand et le personnage de Roberto étaient finalement très liés, avaient besoin l’un de l’autre. Bizarrement, Roberto avait aussi besoin de Bertrand. Je pense dès lors personnellement qu’il y a vraiment une histoire d’amour-séduction derrière.

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Roberto et Bertrand, unis par un certain rapport de séduction ?

Jean-Jacques Rausin, j’ai beaucoup aimé la scène de la voiture où Bertrand mange des chips, boit de la bière et entonne avec beaucoup d’enthousiasme la chanson de Pim le lutin. On a le sentiment que vous avez pris un vrai plaisir à jouer cette scène. Est-ce que vous pouvez nous en parler ?

J.-J. R. :
Je me trompe peut-être mais je crois qu’on était parti sur des dialogues, sur quelque chose d’écrit, et puis on est parti sur des improvisations avec Xavier et Christophe. Ce qui était assez agréable, c’est qu’on avait une certaine liberté pour jouer et donc à partir de ce moment-là, ça donne évidemment aux comédiens des moments de bonne improvisation et donc l’occasion de se lâcher d’autant plus et c’est là que j’ai trouvé mon bonheur comme vous dites.

Qu’est-ce qui vous a poussé vous, Christophe Hermans et Xavier Seron, à travailler ensemble ?

C. H. :
On a commencé l’IAD en même temps, en 2001, et ça fait maintenant sept ans qu’on se connaît. On a toujours été assistant-réalisateur l’un chez l’autre, que ce soit moi dans ses fictions et Xavier dans mes documentaires. Et ici, outre l’amitié qui nous unit, on avait envie d’essayer une coécriture et une coréalisation. Il s’agit de notre premier bébé.
C’est un beau cadeau que Xavier m’a fait de pouvoir partager avec lui une coréalisation parce que je suis vraiment un amoureux de ses films et de son univers. Pouvoir m’unir dans l’écriture et dans la réalisation avec lui, c’était un réel bonheur. Pouvoir partager mon univers du documentaire et pouvoir l’unir à celui de Xavier, c’était vraiment très chouette. Avant toute chose, c’est le prolongement d’une amitié.

Combien de films aviez-vous réalisés jusqu’ici ?

C. H. :
C’est ma première fiction, après deux documentaires : Poids plume, mon fin d’études de l’IAD, et un autre court métrage documentaire intitulé Jeu de dames.

X. S. : Quant à moi, il ne s’agissait pas de ma première fiction. Il y avait eu
Rien d’insoluble avant, qui est mon fin d’études. Maintenant, quand on parle de films, avec Jean-Jacques, j’avais déjà eu une expérience avant mais c’est un film qui reste dans les murs de l’IAD : Je me tue à le dire. C’était mon film de troisième année et c’est depuis lors qu’on bosse ensemble lui et moi.

Pourquoi avoir choisi de tourner en noir et blanc ?

C. H. :
En réalité, c’est parce qu’on avait vu le court-métrage de Micha Wald Alice et moi en noir et blanc avec Vincent Lecuyer. Le fait est que Vincent ne voulait pas tourner dans un film en couleurs. Du coup, on a voulu négocier avec lui. Ça a pris pas mal de temps mais en fin de compte, comme Xavier avait déjà fait Rien d’insoluble et que Jean Jacques était habitué au noir et blanc… Vincent ne supporte pas la pellicule couleur, c’est épidermique. (ils rient)
Plus sérieusement, c’est le prolongement d’une esthétique qu’il y avait déjà sur le film Rien d’insoluble et puis c’est un désir commun qu’on avait, avec à l’esprit des films comme Pi d’Aronofsky, La liste de Schindler ou encore C’est arrivé près de chez vous. Il s’agit d’une esthétique qui nourrit un peu notre film.

Un petit mot sur cette image qu’on peut qualifier de granuleuse ?

X. S. :
Là, de nouveau, c’est une question de goût. Il y a vraiment ce goût du noir et blanc et du grain, d’une image qui n’est pas spécialement propre et qui se prête bien à cet univers, qui donne ce décalage. Comme disait Christophe, c’était déjà une image qui était là sur Rien d’insoluble et je crois qu’on a voulu encore aller plus loin et l’image est encore plus contrastée.

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Une image pas vraiment propre mais tellement belle, c’est aussi ça Le Crabe

Et le travail sur le son, qui est vraiment superbe ?

X. S. :
On a pu compter sur d’excellents ingénieur du son et preneur de son. Ce sont des types fabuleux. Ils ont fait un gros travail et un beau travail de montage et puis de mixage, la filière classique du son. On a essayé d’avoir des ambiances et pas simplement quelque chose de purement naturaliste, qui serait de l’illustration de séquences. On voulait avoir un univers et appuyer ce décalage aussi.

Et n'hésitez pas à découvrir…

- notre interview filmée de Jean-Jacques Rausin lors de la première édition des Magritte du cinéma, où La Balançoire de Christophe Hermans était nommé au Magritte du Meilleur Court-métrage,


- notre interview de Xavier Seron et de ses acteurs au FIFF pour Je me tue à le dire, et

- notre interview filmée de l’équipe de Mauvaise Lune, court-métrage coréalisé par Xavier Seron et avec Jean-Jacques Rausin notamment aux Magritte.


Jean-Philippe Thiriart

01 avril

Résultats de notre concours « Je me tue à le dire »

Les dix gagnants de notre concours DVD Je me tue à le dire sont :

- Jean-Louis Linchamps de Saint-Gilles,
- Ludovic Depelchin d'Auderghem,
- Catherine Salmon d'Ixelles,
- Nicolas Monfort de Saint-Gilles,
- Charles Hannoteau de Froidchapelle,
- Raphaël Pieters de Jambes,
- Yannick Tassart de Acquin Westbecourt (France),
- Kevin Blommaert de Nivelles,
- Jean-Claude Soetens d'Anderlecht, et
- Danièle Peto de Maransart.

Tous repartent avec un exemplaire de ce bel objet aux bonus alléchants. Félicitations à eux !

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Ils devaient pour rappel nous convaincre que c'était bel et bien eux qui devaient remporter le DVD du film de Xavier Seron.


EXTRAITS CHOISIS...

Mais cher Jean-Philippe, parce que :

1. le Père Noël est une ordure,

2. le Parrain sifflera trois fois,
3. en Suisse, on voit moins Pol en ski,
4. ils ont voté Donald et ils ont eu Dingo,
5. un Bayard d'or est remis a Marion en selle,
6. Divines n'est pas une comédie de Houda Benyamina,
7. le Seigneur vient de rappeler à Lui Monseigneur Lanneau,
8. l'épisode VIII de Star Wars se situe donc entre le III et le IV, et
9. Carmen Maura et Victoria Abril ne bronzent pas à la Costa Gavras.

 

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URGENT !!!

Aidez-nous !

La situation est très difficile pour moi et ma femme. Nous venons d'acheter un magnifique appartement et y consacrons beaucoup de temps pour le rendre le plus beau possible.


Malheureusement dans tout ce bonheur extrême, une tache noir persiste au tableau. « NOUS N'AVONS PAS DE LECTEUR DVD ».

Du coup nous n'achetons pas de DVD et sommes pris, de ce fait, dans un cercle vicieux infernal où ne savons pas encore qui des deux sera le premier. L'œuf ou la poule ? Le DVD ou le lecteur ?

Je suis certain que si par le plus beau de hasard nous avons la chance de gager le dvd de Xavier Seron, l'envie sera si intense de voir son premier film que nous ne pourrons que nous procurer au plus vite un lecteur.

Le maléfice sera alors brisé et une nouvelle ère pourra commencer où, de l'œuf ou la poule qui est le premier, enfin nous connaitrons la réponse. Nous pourrons enfin acheter d'autres DVD.

Nous serons alors parfaitement heureux pour passer des soirées cinéma inoubliables dans notre petit chez nous...


J’ai fait la rencontre de Nessy.

Mais tout le monde l’appelle Ciné.


Je l’aime (Ciné, ma) chérie.
Pour la Saint-Valentin, je n’ai que mon amour à lui donner car je n’ai pas d’argent.

J’aurais aimé gagner un VD.
Ou DVD.

Gagner au jeu-concours me permettrait de faire une heureuse et d’éviter de commettre un larcin…

Je me tue à le dire !


Bon en deux mots, pourquoi devrais-je gagner un DVD du film de Xavier Seron ?

C'est très simple, voilà une petite phrase pour vous convaincre :


Il n'y à Rien d'insoluble pour Le Crabe né sous la Mauvaise lune. Il lui suffit de savoir que même L'Ours noir au fond de sa grotte, pendant les 6 mois d'hiver, est un Dreamcatcher.

concours JMTALD - notre gagnant français Yannick Tassart qui, lui aussi, se tue à le dire !.jpg

Notre gagnant français au t-shirt qui... tue !



Je souhaite recevoir le DVD de Je me tue à le dire parce que j’ai adoré ce film et souhaite le faire partager en invitant des amis à le visionner chez moi.

La deuxième raison ,c’est que j’aime beaucoup le cinéma de Xavier Seron (J’ai adoré son court métrage Le plombier vu sur la RTB il y a peu) et le cinéma belge de manière générale.

La troisième raison,c’est que j’ai eu le plaisir de participer au tournage de Je me tue à le dire (bénévolement )et que je suis ravi de voir le succès de ce long métrage un peu partout dans les salles et festivals du monde et que j’estime que cette œuvre a une place toute indiquée dans ma collection.

À très bientôt pour un prochain concours ciné sur En cinémascope !
Dans quelques jours déjà en réalité !

Jean-Philippe Thiriart

 

16:26 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Concours, Critiques de DVDs, Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : concours, dvd, je, me, tue, à, le, dire, xavier, seron | |  Facebook | |  Imprimer |

18 mai

Je me tue à le dire - Interview du réalisateur et de ses acteurs

Aujourd'hui, début de la troisième semaine de présence en salles pour LA comédie grinçante de 2016 !

C'était au FIFF, début octobre dernier. Avant la première projection officielle du film devant un public à part entière. Nous avions découvert Je me tue à le dire lors de la projection pour l'équipe du film au cinéma Galeries.
Et c'est à l'issue de sa présentation au Festival namurois que le premier long-métrage de Xavier Seron allait remporter son premier Prix : le Prix Cinévox, remis par un jury de cinéphiles encadrés par Cathy Immelen.
L'occasion était trop belle pour suivre l'équipe du film lors de son périple dans la capitale wallonne. Résultat : une bien agréable interview du metteur en scène bruxellois et de trois de ses acteurs principaux : la belle Française Fanny Touron, son charismatique compatriote Serge Riaboukine et le comédien principal du film : le Liégeois Jean-Jacques Rausin.

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Xavier, vous êtes bien accompagné aujourd'hui !

Xavier Seron : Effectivement, Jean-Philippe !

Pouvez-vous nous présenter vos voisins de divan ?

Xavier Seron : On va commencer par l'extrémité, avec Serge Riaboukine, qui campe le personnage de Darek. À l'autre extrémité, nous avons Fanny Touron, qui incarne le personnage d'Aurélie. Et enfin, nous avons... Comment c'est encore lui ? Ah oui, nous avons Jean-Jacques Rausin, qui joue Michel Peneud. (il sourit)

Serge Riaboukine, connaissiez-vous l'univers de Xavier Seron avant de tourner avec lui ?

Serge Riaboukine : J'ai la chance d'avoir une belle-fille qui vit à Bruxelles et qui connaissait le travail de Xavier. Et quand j'ai dit que j'avais un projet avec lui, elle a sauté de joie et m'a dit qu'elle adorait ce qu'il faisait. Elle avait vu ses courts-métrages d'école et du coup, il me les a envoyés également. D'habitude, je n'aime pas regarder ce qu'ont fait les metteurs en scène avant de travailler avec eux parce que ça ne me donne pas toujours envie de les suivre. Mais vu ce que m'avait dit ma belle-fille, Alessia, j'ai regardé ses films et je me suis régalé. Parce que j'ai vraiment vu un auteur, et c'est rare. Il y a parfois des auteurs qui se révèlent dans des courts-métrages mais ce n'est pas fréquent. Là, c'était clair et net. Je dis ça alors qu'il est là, à côté de moi. Mais ça ne fait rien : il faut bien que je réponde honnêtement ! Et je crois que j'ai bien fait de regarder ses courts parce que ça m'a donné confiance dans le scénario. Son scénario, il faut rentrer dedans, quand on le prépare. Quand on l'a joué, par contre, c'est une évidence ! Désolé d'avoir répondu un peu longuement à votre question. Maintenant, je vais donner la parole à ma camarade du bout.

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Pendant que vous lui passez le micro, je ne peux m'empêcher de penser à un certain Jaco Van Dormael, qui lui aussi a des scénarios pas évidents à aborder quand on les lit comme cela mais qui sont une évidence quand on voit les films sur lesquels ils débouchent. Alors, Xavier Seron, le futur Jaco Van Dormael ? Je vous pose la question...

Fanny Touron : Moi, je suis d'accord ! Personnellement, j'ai découvert Xavier Seron via le scénario, que mon agent m'avait transmis en me disant qu'il sentait que le rôle d'Aurélie pouvait me plaire. Je me suis alors dit qu'il avait une grande opinion de moi. (elle rit) C'est chouette ! Et du coup, je suis tout de suite tombée amoureuse du scénar et après, j'ai rencontré Xavier. Et Jean-Jacques. Et ça s'est bien passé. J'ai ensuite découvert les courts-métrages de Xavier et je les ai trouvés supers.

Avant de lui passer la parole, comment s'est passé votre travail avec Jean-Jacques ? Un comédien assez singulier, particulier même je dirais, Jean-Jacques, pour reprendre ce fameux terme employé aux Magritte en 2012 lors de l'interview de l'équipe de Mauvaise Lune. (Fanny Touron rigole)

Fanny Touron : Mais ne rougis pas, Jean-Jacques ! Hyper bien : c'est une équipe. Que ce soit Jean-Jacques, Xavier, Serge, tout le monde en fait. Après, c'est vrai que nous, les comédiens, pour le coup, on ne se rencontrait pas. On était vraiment avec Jean-Jacques. Mais très peu ensemble. Mais avec Jean-Jacques, c'était juste parfait ! Et pendant les scène, et en dehors : c'était à la fois très simple, très chouette et très drôle !

Cela se traduit par moments à l'écran. Mais si ce qui s'y déroule n'est pas toujours drôle, le film étant parfois très noir. C'est un alliage de différents éléments fort bien combinés. Je vous laisse passer la parole à Jean-Jacques qui va, si il le veut bien, nous parler du réalisateur qu'est Xavier Seron et puis l'ami aussi, parce que ça fait près de quinze ans que vous vous connaissez. Tout a commencé à l'IAD déjà...

Jean-Jacques Rausin : Oui, on se connaît depuis quelques années, tout comme on te connaît toi aussi, depuis quelques années, Jean-Philippe.

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Avec une présentation il y a dix ans du premier court de Xavier, Rien d'insoluble...

Jean-Jacques Rausin : Oui, absolument. Ben écoute, ça fait plusieurs courts-métrages qu'on a faits ensemble. On a même fait une pub... (il rit) Enfin bref, on a fait beaucoup de choses ensemble et c'est une espèce de continuité du travail, pour arriver à ce long-métrage, qui est un peu la suite, je ne vais pas dire logique mais la suite de notre complicité. C'est un super cadeau aussi pour moi puisque j'ai le premier rôle. Mais tu sais déjà tout ça !

Mais nos lecteurs ne le savaient peut-être pas encore : ils le découvrent petit à petit, mon cher Jean-Jacques !

Jean-Jacques Rausin : C'est vrai, absolument !

Passons la parole à Xavier à présent. Xavier, pourquoi avoir choisi les comédiens qui vous entourent sur ce divan ? Jean-Jacques semble avoir été une évidence, et ça se confirme à l'écran, mais pourquoi Fanny Touron et Serge Riaboukine ?

Xavier Seron : C'était aussi des évidences. Fanny et Serge, je les avais vus dans d'autres films. La seule chose que je voulais voir, c'était comment ça fonctionnait avec Jean-Jacques. Comment les binômes Darek et Michel Peneud, et Michel Peneud et Aurélie fonctionnaient à l'image. Mais sur leurs qualités de jeu, je n'ai jamais eu aucun doute. Si ça n'avait pas marché, c'est que moi, je n'y serais pas parvenu. Mais eux, ils sont formidables !

Pourriez-vous nous parler de la genèse du projet. ça fait neuf ans que vous aviez ce projet en tête...

Xavier Seron : Oui, c'était un peu long ! (il rit) Mais c'est un projet qui est particulier, qui parle de la mort, de la maladie. Il ne fait pas partie de ces projets qui font rêver sur papier. Cela prend donc du temps à financer. Quant à la genèse, je pense que ce film s'inscrit dans le prolongement naturel de ce que j'ai pu faire avant, dans des courts. Je pense à mon film de troisième année.

Je me tue à le dire...

Xavier Seron : Oui. Un film qui n'est jamais sorti de l'école. L'histoire en elle-même n'a absolument rien à voir mais c'était déjà une réflexion par rapport à la mort sur le ton de l'humour grinçant et, quelque part, le long s'inscrit dans cette continuité-là. Toujours cette réflexion par rapport à la mort, à la maladie, et le ton de l'humour grinçant.

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Faire un film en Belgique francophone n'est vraiment pas évident. En témoigne votre film, qui a mis des années à se faire. Pouvez-vous nous parler du tournage du film, qui s'est fait en deux parties ?

Xavier Seron : Si on décide de faire un financement classique, avec des aides, c'est évident qu'on ne fait pas un film juste avec la Belgique. Tous ces films se font en coproduction. Et donc là, ça s'est fait avec une coproduction française. Et du coup, on a tourné une partie du film en France, en Bretagne. Et c'était parfait parce que je connais un peu cette région et je m'y sentais tout ça fait chez moi. Belge ou Breton, je ne vois pas trop la différence, à part l'accent. Et puis ensuite, on a eu, c'est vrai, des petits problèmes de financement, qui nous ont contraint à faire une pause de dix mois entre les deux parties du tournage. Ce n'était pas évident. Et ma grande chance, c'est d'avoir eu une équipe absolument formidable. Quand on voit des gens en promo pour un film, on les entend souvent dire que tout était formidable mais là, c'est vrai. C'est le cas de le dire parce que si je n'avais pas eu une équipe formidable, avec des comédiens comme eux, ça n'aurait pas fonctionné. Ce n'était pas évident de récupérer tout le monde dix mois après. Et là, tout le monde était au rendez-vous. Il y a vraiment eu très peu de casse malgré cette pause de dix mois.

Avec des comédiens qui ont vraiment réussi à se replonger dans leurs rôles. Est-ce que chacun de vous pourrait nous dire ce qui les a attiré dans leur rôle en particulier et comment il vous a été présenté par Xavier ? Avez-vous échangé quelques mots sur votre personnage ou avez-vous directement été plongés dans le scénario ?

Fanny Touron : Ce fut directement le scénario. Moi, ce que j'ai aimé avec le travail de Xavier et sa direction d'acteurs, c'est qu'on a pas parlé de personnages. On était dans les situations des scènes et moi, j'aime travailler comme ça, sur l'instant. Et pas de caler en disant qu'Aurélie ou Darek sont comme ceci ou comme cela. Ce qui a été chouette, c'est que Xavier n'est pas du tout entré par cette porte. Et en même temps, on a vraiment bossé. Et moi qui suis française, et qui faisait là un film belge pour la première fois, j'ai beaucoup apprécié faire cinq jours de répèt à Rennes, où on a pu bosser les scènes. Et ça, c'est assez rare. Ça nous a permis, dans notre duo avec Jean-Jacques, une fois qu'on tournait les scènes, d'avoir déjà cherché des choses et essayé plein de trucs. On dit souvent au cinéma que si l'on répète trop avant le tournage, il n'y a plus la fraîcheur. Je ne suis pas totalement d'accord avec cela car je pense qu'on peut tout le temps réinventer.

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Serge Riaboukine, est-ce que l'improvisation lors du tournage du film, ça vous parle ?

Serge Riaboukine : Oui, énormément ! Moi, je laisse une place énorme à l'improvisation parce que la forme du cinéma est une improvisation. Répéter, c'est une chose mais préparer, ce n'est pas pareil. Quand on fixe les choses, préparer, c'est une catastrophe. Pourquoi ? Parce que le temps n'est jamais le même. Du coup on a préparé un truc et puisqu'il pleut, on ne peut pas le faire là et on le fait ailleurs. Le décor peut nous échapper. Le positionnement de la caméra peut poser problème. Il y a toujours des improvisations sur un plateau donc si on est trop prêt, on est foutu. Après, on est mal à l'aise. Il faut être préparé à l'accident et moi, je suis en constant accident et j'adore ça, le déséquilibre. Je suis en constant déséquilibre. Et l'homme marche d'ailleurs en se déséquilibrant d'un pied sur l'autre. C'est exactement pareil : on est tout le temps en train de tomber et le meilleur moyen de ne pas tomber, c'est de marcher mais pas de courir. Oh mon Dieu, c'est beau ce que je viens de dire ! (il sourit) Je me suis donc fié à moi-même après tout. Et donc le bonheur d'un tournage, c'est quand il laisse une part à l'imprévu de façon consciente. Parce qu'il y a évidemment plein de metteurs en scène assez cons que pour être totalement inconscients de cela et ne laisser aucune place à l'imprévu. Et ça enlève beaucoup à leur film. Là, avec Xavier, ce n'est pas le cas : on rebondit sur les accidents, qui sont des chances finalement. Souvent, une contrainte technique va nous amener à inventer quelque chose sur un plateau et c'est ça qui est génial. Il ne faut pas répéter pour se renifler et trouver des choses ! (toute l'équipe rit) Les metteurs en scène qui réagissent bêtement sur ce plan-là, ils ne sont pas nombreux. Et ils ne m'engagent pas de toute façon, ceux-là. Je voulais dire autre chose. Quand j'ai découvert l'univers de Xavier, j'ai aussi découvert Jean-Jacques, qui est, je trouve, un acteur formidable, avec une puissance et une animalité dingue !

Un petit côté Serge Riaboukine ?

Serge Riaboukine : Oh non, pas du tout. Comment pourrais-je dire cela ? J'ai travaillé avec Javier Bardem et il me fait penser à Javier. Au niveau de la puissance, de la présence. Ils n'ont rien à voir hein sinon, évidemment. Lui, il n'a pas du tout l'accent espagnol. Et puis il ne fera jamais une carrière américaine. Non, je déconne. Ce qui est sûr, c'est qu'il a, à l'écran une présence masculine et virile incroyable. Quand il s'énerve à l'écran, qu'il se fâche, on ne sait pas où ça va aller : on est surpris. Alors qu'il y a plein d'acteurs qu'on voit venir quand ils s'énervent. Et puis on se fait chier.

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Une réaction, Jean-Jacques Rausin ?

Jean-Jacques Rausin : Je suis ravi de cette interview ; ça me plaît beaucoup. Je propose même de la prolonger. (ils rient) Ça a déjà été un super plaisir de bosser avec Fanny et Serge. Quoi qu'il arrive à la projection maintenant, c'est une réussite que d'avoir réussi à trouver nos marques et il y a eu une symbiose. Et Xavier le sait. Il l'a dit : il y a vraiment eu un truc qui s'est passé. Et je vais faire un peu la synthèse de mes deux collègues. On parlait de préparation. Je trouve ça super de pouvoir préparer parce qu'à un moment donné, on a vraiment un bon canevas pour nos personnages et puis en même temps et là, je rejoins Serge, il faut vraiment laisser une place à l'accident, à l'improvisation. Et c'est quand on a des compagnons et un réalisateur qui laissent les choses se faire que ça fonctionne. Et c'est ce qui me plaît beaucoup au cinéma.

Serge Riaboukine : Pas dans la chorégraphie, cher monsieur : il s'agit de la respecter !

Jean-Jacques Rausin : C'est vrai que la chorégraphie n'était pas aussi évidente que ça. (ils rient)

Chez Électrochic...

Jean-Jacques Rausin : C'est vrai qu'elle était très importante, la chorégraphie ! Et les petits bouboules : petits bouboules à droite, petits bouboules à gauche...


Merci à tous les quatre pour ce premier film belge, un premier film sans les défauts d'un premier film, et les qualités d'un cinquième ou d'un sixième. Xavier, on vous souhaite beaucoup de films encore ! Et bonne suite à tous !

Propos recueillis par Jean-Philippe Thiriart

Crédits photos : Sandrine David

08:47 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je, me, tue, à, le, dire, xavier, seron, rausin, riaboukine, touron | |  Facebook | |  Imprimer |

07 mai

Attention : nuit dangereusement à la morosité !

Comédie noire
Scénario et réalisation : Xavier Seron
Avec Jean-Jacques Rausin, Myriam Boyer, Serge Riaboukine, Fanny Touron
Image : Olivier Boonjing
Montage : Julie Naas
Musique : Thomas Barrière

Cote : ****

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Philippe Grand'Henry et Jean-Jacques Rausin


Il est enfin sur nos écrans ! Il, c'est le premier long-métrage de fiction du réalisateur belge Xavier Seron : Je me tue à le dire. Et le moins que l'on puisse écrire est que cette comédie qui manie l'humour grinçant avec subtilité, inventivité et une réelle efficacité nuit dangereusement... à la morosité ! Parmi les thèmes abordés : la maladie, la mort et l'amour fusionnel entre une mère et son fils.

Pas évident de présenter un Objet Filmique Non Identifié. Car c'est bien de cela qu'il s'agit : un film complètement barré, terriblement singulier, et qui porte la pate d'un grand auteur. C'est que Xavier Seron n'en est pas à son coup d'essai en matière de réalisation. Il a en effet, en solo ou en duos, scénarisé deux films : le court-métrage En compagnie de la poussière et le long-métrage documentaire Les parents. Et commis neuf autres, en tant que scénariste et réalisateur cette fois : son fin d'études Rien d'insoluble, les courts Le Crabe, Mauvaise Lune, L'Ours Noir, Les Tubes et Le plombier, le making-of L'Eldorado selon Jean-Jacques, le long-métrage documentaire Dreamcatchers et donc, à présent, son premier long-métrage de fiction : le bien nommé Je me tue à le dire.

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Le synopsis du film

Michel Peneud a décidé d'arrêter de fumer. Pourtant, ça ne l'empêchera pas de mourir. Il le sait. C'est inéluctable. Tout ça, c'est de la faute de sa mère. En lui donnant la vie, elle lui a donné la mort. Depuis qu’il a décidé de mettre en vente la maison familiale et de placer sa mère en maison de retraite, Michel commence à perdre des plaques de cheveux et une grosseur inquiétante est apparue à sa poitrine. Symptômes qui ne sont pas sans rappeler le cancer de sa mère. Désormais, Michel en est certain : il est foutu.


Une famille de cinéma...

Xavier Seron est sorti de l'école artistique renommée qu'est l'Institut des Arts de Diffusion de Louvain-la-Neuve (IAD). La promotion 2005 de cette dernière a donné naissance à une génération dont nous apprécions beaucoup le travail. En faisaient ainsi partie les réalisateurs Méryl Fortunat-Rossi (coréalisateur des quatre derniers courts métrages de Xavier), Christophe Hermans (coréalisateur du court Le Crabe), Matthieu Donck (réalisateur de La Trêve et Torpedo et coréalisateur du court Les Tubes), Jacques Molitor (En compagnie de la poussière) ou encore Valéry Rosier (Parasol).

Logique somme toute que l'un des principaux producteurs de Je me tue à le dire, Bernard De Dessus Les Moustier (pour Novak Prod, aux côtés d'Olivier Dubois), ait donné cours à Xavier lors de ses études à Louvain-la-Neuve. Il a toujours cru en lui, tentant de financer, depuis plusieurs années déjà, le projet de long-métrage de fiction porté par Xavier. Notons également que Je me tue à le dire est dédié à Karin Schayes, également professeur à l'IAD et emportée trop tôt par un cancer du sein.

C'est à l'IAD toujours que Xavier encadre des films de fin d'études. Un beau retour de manivelle que la monteuse de chacun de ses films (à l'exception de L'Ours Noir), Julie Naas (La Trêve, Un homme à la mer), effectue elle aussi.

L'acteur principal du film, Jean-Jacques Rausin, et sa monteuse Julie Naas donc, son directeur photo Olivier Boonjing, son monteur son Julien Mizac, le compositeur de la musique originale Thomas Barrière, et les acteurs Jean-Benoît Ugeux, Catherine Salée, Philippe Grand'Henry et Vincent Lécuyer sont tous des fidèles de Xavier, véritable fédérateur d'une décidément bien belle famille de cinéma.

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Myriam Boyer et Jean-Jacques Rausin


... et des petits nouveaux, dont de grands comédiens !

Petits nouveaux dans l'univers de Xavier Seron : les trois acteurs principaux du film qui entourent Jean-Jacques Rausin, pour incarner de façon très convaincante les personnages créés par le réalisateur, leur donnant véritablement chair. À commencer par le premier rôle féminin du film : le petit bout de femme géant par le talent et lauréate de deux Molière qu'est Myriam Boyer, qui joue la mère de Michel, personnage central du film, de façon à la fois juste et touchante. Mais aussi Serge Riaboukine, gueule de cinéma que les réalisateurs belges ont adoptée. Et enfin, la jolie Fanny Touron, qui interprète le rôle de la petite amie de Michel avec un peps rare. Nous nous en voudrions de ne pas signaler la présence au générique du génial Jackie Berroyer, en grande forme pour une dissertation pour le moins allumée. Ainsi que celle de Wim Willaert, qu'on retrouve toujours avec un réel plaisir.

Un an après sa réalisation, nous avions eu la chance de faire partie des quelques rares privilégiés à visionner le film de troisième année de Xavier à l'IAD, déjà intitulé Je me tue à le dire. C'était en 2005, peu après la sélection au Festival de Namur (FIFF) de son fin d'études, l'atypique et bouleversant Rien d'insoluble, qui disait déjà beaucoup de l'œuvre de Xavier. Ce premier court « officiel » avait auparavant été sélectionné à la Mostra de Venise en compétition internationale. Le talent du réalisateur bruxellois allait alors commencer à rayonner dans de nombreux festivals.

Le scénario de Je me tue à le dire était déjà bouclé en 2007. Il aura donc fallu huit ans - et un tournage en deux parties avec un budget très difficile à tenir - pour que le film se fasse enfin. Le parcours de Xavier illustre bien la difficulté de financer un long-métrage en Belgique francophone. Lauréat d'un prix dès sa première projection en festival - le Prix Cinévox, attribué par un public de cinéphiles en septembre dernier au FIFF -, Je me tue à le dire a déjà été auréolé de plusieurs autres récompenses, significatives elles aussi. À savoir celles du Meilleur Premier Film au Festival international du Film de Palm Springs en Californie, de la Meilleure image pour Olivier Boonjing au Festival international du Film indépendant de Buenos Aires, ainsi qu'une Mention spéciale du jury pour la « performance exceptionnelle » de Jean-Jacques Rausin, au Festival de la comédie de Monte-Carlo cette fois.

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Un acteur et un réalisateur heureux ! - Copyright Sandrine David


Un Jean-Jacques Rausin énorme !

Comédien fétiche de Xavier Seron, Jean-Jacques Rausin donne de sa personne dans Je me tue à le dire. Hormis son dernier court-métrage - Le Plombier, dont le tournage était concomitant avec celui de la série Ennemi Public - Jean-Jacques Rausin joue quasiment toujours le rôle principal des films de Xavier. Si l'acteur liégeois interprète dans Je me tue à le dire son premier... premier rôle, il a déjà tourné dans plusieurs longs-métrages belges (Eldorado, Au cul du loup) et dans de très nombreux courts-métrages belges (La Balançoire, En attendant le dégel, Welkom, La version du loup). Il est Fred dans les campagnes contre la violence conjugale FRED et Marie et Marie et Fred, le businessman endiablé d'une campagne de l'Union européenne pour l'éco-innovation et... depuis dimanche dernier, le flic ardennais que les spectateurs de la RTBF retrouvent chaque semaine en fin de soirée dans la série Ennemi Public.

Toujours impeccable dans des registres fort différents, Jean-Jacques Rausin a remporté plusieurs prix d'interprétation dont deux au FIFF. Pour deux films co-réalisés par un certain Xavier Seron : Le Crabe en 2007 et Mauvaise Lune (nommé aux Magritte du cinéma belge, le film vaudra à Jean-Jacques deux autres prix d'interprétation) en 2011. C'est quand il est dirigé par Xavier Seron, qui le connaît comme personne, que le comédien atteint le sommet de son art. C'est vrai à nouveau dans Je me tue à le dire, où il est de tous les plans et est juste énorme, drôle et émouvant à la fois.

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L'équipe du film au FIFF - Copyright Sandrine David


Un grand film !

Amoureux d'un noir et blanc généralement granuleux et fort contrasté depuis ses débuts, Xavier Seron utilise une nouvelle fois ce procédé filmique pour établir, dans Je me tue à le dire, un contraste entre le rire, l'humour, la joie et la vie, et ses théoriques contraires : les pleurs, l'ironie, la tristesse et la mort.

Je me tue à le dire nous a durablement marqué pour pas mal de raisons. Il est très intéressant visuellement avec certaines images que le cinéma ne nous a pas habitué à voir, truffé de scènes d'anthologie et de gags dont nous nous garderons bien de révéler la teneur, rempli de trouvailles géniales et de références exquises, impeccablement dialogué avec un savant usage de la voix off pour des phrases qui tuent, et composé d'une galerie de personnages plus truculents les uns que les autres. Tout à un sens et fait sens, aucun élément du film n'étant là par hasard, venant toujours servir le propos du réalisateur.

D'une durée idéale, le métrage s'accompagne d'une superbe bande son, proposant une musique empruntant au répertoire classique et au baroque en particulier, mais aussi à la chanson populaire française et belge. Et proposant aussi des compositions originales de Thomas Barrière et un morceau de Ela Orleans. Xavier Seron nous fait ainsi notamment redécouvrir Haendel, Bach et Purcell avec un regard neuf, tant leurs musiques se calquent à merveille sur les images du film.

 



On y va !

Michel Peneud nous explique dans le film que c'est quand sa mère a su qu'elle allait mourir qu'elle a commencé à vivre. Et puisque, pour reprendre les mots de Sergio Leone, « Le cinéma, c'est la vie » et que nous savons comme Michel que nous allons malheureusement tous mourir un jour, allons au cinéma pour y voir Je me tue à le dire. Évidemment !

Le film est à l'affiche jusqu'au mardi 10 mai au moins dans cinq salles du pays : à Bruxelles (UGC Toison d'Or et Cinéma Galeries), à Liège (Sauvenière et Churchill), à Mons (Plaza Art), et à Namur (Caméo). Allez le voir ce weekend si vous souhaitez qu'il reste un maximum sur nos écrans, les programmations de la semaine suivante se faisant généralement à l'issue de celui-ci. Et parlez-en autour de vous, on se tue à le dire !

Pour toutes les séances, c'est ici !

Enfin, n'hésitez pas à consulter notre compte Instagram, où figurent de nombreuses photos de l'équipe du film prises par Sandrine David au Festival de Namur notamment, où nous avons suivi Xavier Seron et les différents membres de son équipe présents dans la capitale wallonne !

Et à bientôt sur Facebook, Twitter et YouTube !

Jean-Philippe Thiriart

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En bonne compagnie, à l'issue de la projection pour l'équipe du film
Copyright Sandrine David

10:07 Écrit par Jean-Philippe Thiriart dans Critiques de films | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : je, me, tue, à, le, dire, xavier, seron, rausin, myriam, boyer, riaboukine, berroyer | |  Facebook | |  Imprimer |